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partie postérieure et latérale droite dela matrice

pourretourner l'enfant, Onécarted’abord l'épaule

de l'entrée du bassin, en la poussant sur la fosse

iliaque gauche, et lon opere du reste, en prenant

les mêmes précautions que dans le cas précédent.

1521. Dans la seconde espèce d'accouchement De l'accouoù l'épaule droite se présente, il faut introduire us s la main gauche en suivant la partie latérale droite pèce où l'une de la matrice, si on veut parvenir aux pieds et des épaules retourner l’enfant convenablement. On écarte * PrSente. l'épaule de l'entrée du bassin , puis la tête qui en est un peu plus loin, et on les dirige vers la fosse ilaque gauche, pendant qu’on incline légèrement le fond de la matrice du côté droit, en appuyant extérieurement sur le ventre dela femme.Quand on est parvenu aux pieds, on les entraine successivement ; et si l’on éprouve quelque difficulté à les dégager complétement, on éloigne l’épaule de nouveau du détroit supérieur. Du reste, on se conduit à l’ordmaire.

1522. Dans la seconde de l'épaule gauche, c’est

de la main droite qu'il faut aller chercher les pieds. On l'introduit vers le côté gauche de la matrice, et on écarte l'épaule ainsi que la tête, du détroit supérieur , en les dirigeant sur la fosse iliaque droite ; tandis qu’on incline le fond de la matrice de l’autre côté, par une pression convenable sur le ventre de la femme,au moyen de l’autre main. Après cela, on dégage les pieds avec les précautions ordinaires , et l’on continue d’opérercomme dans les cas précédens.

1923. Lorsque l’épaule droite se présente dans Del’acccula troisième position indiquée au $ 1516, il faut ne . introduire la main droite en suivant la partie pos- su A ne. térieure de la matrice, et en passant sous la poi- des épaules se trine de l'enfant, qu’on écarte dela colonne lom- Présente. baire de la femme, en la portant au-dessus des os pubis, Jusqu'à ce que l'épaule soit entièrement

dégagée du détroit supérieur; ensuite on va thercher les pieds en dirigeant les doigts vers le côté droit de la mère, et sur celui de l'enfant. Lorsque ces extrémités sont descendues dans le vagin , on tire presque uniquement sur le pied gauche en le tenantde plusieurs doigts seulement, tandisque des autres on repousse l'épaule de plus en plus audessus des os pubis, afin de favoriser le mouvement de flexion et de rotätion que le tronc doit exécuter pour que les fesses s'engagent plus librement. Après cet instant, on agit également sur les deux pieds , et l’on continue d'extraire l'enfant, comme dans le cas où ces mêmes extrémités se sont présentées naturellement.

1524. Lorsque c’est l’épaule gauche qui se présente, si on veut parvenir plus facilement aux pieds et les dégager de la manière la plus favorable, il faut introduire la main gauche à peu près dans un état moyen entre la pronation et la supination,ensuivantlecôté gauche de l'enfant de même que la partie latérale droite et antérieure de la matrice, jusqu'à ce que les doigts rencontrent ces extrémités. Alors on dégage successivement les deux pieds, en commençant par celui du coté de l'enfant que la main a parcouru, mais en observant deles faire passer l’un et l'autre sur la poitrine.On tire ensuite presque uniquement surle pied droit, pendant que du bout de quelques doigts on repousse encore l’épaule qui se présentoit jusqu'au dessus de la saillie du sacrum. Après cela, on agit

également sur les deux pieds avec les précautions

De la qua-

ordinaires.

Cp sis ’ , , 1525. La manière d'opérer laccouchement ne

devient pas plus indifférente dans la quatrième trième espèce

a j . k > position de l’une et de l’autre épaules, que dans he celle que nous venons de décrire. Quand c'est des épaules se l'épaule droite qui se présente, il faut introduire présente. la main droite en suivant la partie latérale gauche et antérieure de la matrice, conséquemment en la ramenant un peu au-dessus du pubis, jusqu’à ce que les doigts puissent accrocher les pieds, pour les dégager successivement.On observera de commencer, autant qu'il est possible, par le pied droit, et de les faire passer en descendant sur la poitrine de l'enfant et derrière le pubis de la mère. Aussitôt que l’un et l'autre seront parvenus dans le vagin, on tirera uniquement sur le pied gauche, pendant qu’on repoussera l’épaule en arrière et en haut, au moyen de quelques doigts, ainsi qu'on le remarque au $ 1524, surtout si l’on éprouvoit ‘quelque difficulté à faire descendre ce pied audelà. On agit ensuite également sur ces extrémités jusqu’à ce que les fesses soient dégagées, et l’on continue d'opérer comme daus les autres cas.

1526. Lorsque c’est l'épaule gauche quise présente dans la quatrième position, il faut insinuer la main gauche dans la matrice en la portant dans un état de supination sous la poitrine de l’enfant. On dégage cette épaule, en la soulevant au-dessus des os pubis ; on dirige ensuite les doigts vers le côté droit de la femme, et en suivant fe côté gauche de l'enfant jusqu'à la hanche , la cuisse et le pied. Après avoir amené celui-ci dans le vagin, on réintroduit la main pour prendre le second, sur lequel il faut tirer presque uniquement aussitôt qu'il est descendu au même point que le

sde : À

me a — —— ——

premier, alin de remplir plus facilement les vues qu'on se propose, On reprend apres cela l’autre pied , on les fait descendre en même temps, et on continue d'extraire l'enfant selon les préceptes donnés.

SECTION TILL

Des accouchemens où la main de l’enfant se présente la première.

Des accou- 1927. Nous avons cru devoir rapporter à cet chemesoüla article plutôt qu’à tout autre les accouchemens main de l’en- : ., : , ; .\ x fant se pré- Ou l’unedes mains de l'enfant s'offre la première à sente. nos recherches, quoiqu'elle puisse se présenter en

d’autres circonstances que celles où lépaule se trouve placée sur l'entrée du bassin, parce qu'il est rare, dans ces derniers cas, que la main s’erigage seule et s'échappe du sein de la femme, ce qui arrive au contraire le plus souvent dans les diverses erpèces d’accouchemens qui font le sujet des deux sections précédentes.

1598. Si l’on ne consulte que le langage des auteurs , comme le font les Jeunes praticiens , à qui celui de l'expérience est encore inconnu, on sera tenté de regarder les accouchemens ou l'enfant présente la main comme les plus difficiles qu'on puisse rencontrer.Mais lorsqu'on s’est frayé une roule à la vérité, par quelques années seulement de pratique, le mépris de tant de préceptes non moins inutiles qu’alarmans pour l'humanité, succède à la crainte qu'ils ont d'abord inspirée ; et l’on ne voit plus dans ces mêmes accouchemens

que des cas ordinaires ; abstraction faite de tout ce qui est étranger à leur nature, et qu'on ne peut imputer qu’à l'ignorance des personnes qui se livrent à la profession d’accoucher sans en avoir bien étudié les principes.

1529. Parmiles préceptes qui nous ont été transmis à l’occasion de ces accouchemens, il en est qui sont contraires aux principes de l'art, et d’autres aux sentimens d'humanité dont tous les hommes devroient être profondément pénétrés.

Rien ne sauroit excuser l'espèce de cruauté qu'on a souvent exercée envers les enfans dont le bras s'engage le premier, surtout celle qu'on n'exerce que trop fréquemment encore de nos jours, quoique l’art soit beaucoup mieux connu.

1530. Pour répandre plus de clarté sur ce qui concerne ces accouchemens, nous distinguerons les diverses circonstances où la main de l'enfant peut se présenter, ne devant pas agir de la même manière dans toutes.

1531. La main se présente assez souvent à l’ori- Des cas où fice de la matrice avant l'ouverture de la poche LE des eaux ; d’autres fois elle n’y paroit et ne sy di engage que longtemps après l'écoulement de ce fluide. Presque toujours, dans ces circonstances, c'est la tête qu'elle accompagne, et elle ne sauroit s’'avancer au-dehors que celle-ci ne s'engage fort avant dans le bassin; quelquefois aussi elle paroît en même temps queles fesses, ou avec toute autre région dela surface de l'enfant. Si elle dénote plus souvent la présence de l'épaule sur l’orifice de la matrice, que ces différèntes régions, quand elle s’est engagée profondément, c’est que l'épaule se

présente plus fréquemment que la plupart des autres parties ; la tête, les fesses etles pieds 3 dant en étant exceptés.

1532. Il est tres rare que la présence de la main de l'enfant s’oppose à l'accouchement, quand elle accompagne l’une de ces dernières parties à l'orifice de la matrice, si le bassin de la femme est alors d’une bonne conformation, parce qu'il ya plus de largeur qu’il n’en faut pour le passage d’une tête ‘de volume ordinaire, au terme de la naissance. S'il ne peut en résulter que de foibles obstacles , chez presque toutes les femmes , dans le cas nibiie où elle s'engage avecla tête, et où elle continue de la précéder dans les progrès du travaii, ces obstacles he sauroient avoir lieu toutes les fois qu’elle se présente avant l’ouverture de la poche des eaux, ou à l'instant que cette poche s'ouvre; Car le plus souvent alors cette main se retire corbine d'elle-même, et la tête s’avance seule : ce qu’il est plus facile d'expliquer, que de comprendre comment, en pareil cas, cela n'arrive pas toujours,

1533: Quoique la présence de la main de l’enfant ne puisse mettre généralement que de foibles obstacles à la descente et à la sortie de Îa tête, il convient cependant de les prévenir; et il vaut mieux la repousser que de la laisser descendre , quand on la découvre de bonne heure. L’expérience nous a souvent démontré, même en présence de nos élèves, qu'il suffisoit, pour la faire disparoître , de la soutenir de l'éktrérhité d'un doigt en la pressant contre la tête et en la diriceant vers la face, pendant que la tête même s s'engageoit

dans le détroit supérieur. On ne la repousse pas, mais on l'empêche de descendre, jusqu’à ce que l'1 tête ait pris le dessous, aprés quoi elle remonte d'elle-même. On ne doit plus chercher à la faire remonter de cette manière lorsque la tête occupe le fond du bassin;il faut se contenter de détourner le bras des côtés de cette cavité, et de le conduire vers l’une des échancrures ischiatiques, s’il s’oppose fortement à l’accouchement.

1534. Ce n’est que dans le cas où le bassin est défectueux; dans celui où il est médiocrement resserré, que la sortie de la main de l'enfant peut apporter de grands obstacles à celle dé la tête qui se présenteen même temps. Alors il est de toute nécessité de repousser cette main au-dessus de la tête , si le moment le permet encore, c'est-à-dire si la tête n’est pas trop engagée et trop serrée : car, dans ce dernier cas, il est quelquefois plus à propos d'opérer l’'accouchementavec le forceps.

1535, On trouve bien plusd’exemplesen pareils cas del’application du crochet que de celle du forceps:il semble même qu'on n’aeu recours à ce dernier qu’une seule fois, et ce ne fut encore qu'après la perforation du crâne et l'évacuation du cerveau. Les deux observations suivantes tendent à démontrer que la présence du bras ne s'oppose pas à l'usage de cetinstrument, et queson utilité n’est pas moins évidente alors qu’en bien d’autres circonstances. Le 29 janvier 1776, je fus appelé pour observations unefemme d’une petitestature,dontle bassin avoit au plus trois pouces el un quart de petit diametre dans son entrée. Elle étoit àterme, et en travail depuis vingt heures ; les eaux étoient évacuées

depuis dix-huit , et les douleurs se soutenoient avec force. La tête de l’enfant se présentoit bien, l’occiput étant tourné vers la cavité cotyloide gauche; mais elle étoit à peine engagée , quoique la grande tuméfaction du cuir chevelu la fit paroitre fort avancée. L’avant-bras placé entre le côté droit de cette tête et le pubis , la déprimoit profondément en forme de gouttière , et se trouvoit lui-même tellement étranglé, que la main en étoit singulièrement tuméfée et livide. Livrée depuis longtemps aux efforts pénibles de l’accouchement, la femme avoit le pouls vif et dur, le visage enflammé, la respiration génée , le ventre tendu et doulonreux. Apres l'avoir fait saigner une seconde fois , l'ayant été trois heures auparavant, J essayai de repousser la main de l'enfant; mais ne pouvant y parvenir, et présumant bien que ceneseroit pas sans de grandes difficultés que la femme accoucheroit quand je parviendrois à la repousser, à cause de l’étroitesse du. détroit supérieur et du mauvais état des forces qui étoient épuisées ; voyant en outre trop de danger à retourner l'enfant et à l’amener par les pieds, j’appliquai le forceps. Je conduisis cet instrument comme Je le prescris pour la position de la tête, qui avoit lieu , en plongeant ses branches à la profondeur au moins de sept pouces, pour la saisir convenablement, après lavoir repoussée un peu au-dessus du détroit, dans la vue de leur frayer un chemin plus facile, et j'amenai l’enfant vivant. I parut plus fatigué de la longueur du travail qui avoit précédé, que de l’opération; mais il se ranima tellement au moyen des soins que je lui

DES ACCOUCTIEMENS. 665

donnai, qu'il nele cédoit en force à aucun autre, une heureaprés sa naissance. M. Legrand, D. M, professeur d’accouchemens à Amiens, alors à Paris, fut témoin de cet accouchement.

1536. Mon frère accoucha une autre femme de Observation, la même maniere, le 25 juin 1785, en présence de MM. Assalini et Audeberty, médecins étrangers correspondans de l'académie dechirurgie de Paris, qui suivoient alors meslecons. La main de l’enfant étoit au-dehors depuis plus de cinq heures; elle étoit sortie jusqu’au coude, tuméfiée, livide et froide, ainsi que tout l’avant-bras, qui descendoit vers le côté droit du bassin et un peu derrière le pubis. La tête, volumineuse et solide, occupoit le fond du bassin ; elle avoit franchi le col de la matrice, et portoit au sommet une tumeur qui déroboit les sutures et les fontanelles à toutes espèces de recherches et empéêchoit d’en reconnoître la véritable situation. La femme étoit très foible, le pouls extrêmement petit, et les grandes lèvres, tuméfiées, enflammées, étoient garnies de phlyctènes. D’un côté, la femme étoitimenacée de succomber avant l’accouchement, si on ne l’opéroit pas de suite; et de l'autre, la vie de l’enfant n’étoit pas mieux assurée, et l’on ne pouvoit repousser sa tête pour l’amener par les pieds. Mon frère préféra le forceps, et conserva, par son moyen, les deux individus. Quatre jours suffirent pour dissiper la tuméfaction de l’avant-bras, de la main et de la tête de l’enfant; et le cinquième, la femme put rester levée.

1937. Il arrive très rarementqueles deux mains se présentent avec la tête, et plus rarement

encore qu’on soit obligé de repousser celle-ci et de retourner lenfant, par rapport à cette légere complication, à laquelle il est toujours facile de remédier. L'on ne doit prendre ce parti, souvent dangereux , quoique dicté de nos Jours par un accoucheur qui në manquoit cependant pas de talent (1), qu'autant que la présence du bras a détourné la tête de l’axe du bassin et lui a fait prendre une mauvaise position : encore faut-il, pour y être autorisé, qu'on ne puisse la rétablir dans sa position naturelle après avoir fait rentrer la main de l'enfant dans la matrice.

Opinion 1538. La présence de la main ou du bras sur . PNA pe l'orificedelamatrice,quelle qu’ensoitla direction, modernes sur NE prescrit aucune indication particulière avant ce cas. ouverture de la poche des eaux ; et l’on ne doit

avoir égard, après ce moment, qu'à la région principale que l'enfant présente et à sa position, pour se déterminer sur ka manière d'opérer. L'autetir quenous venons de citer, craignant que la main ou le coude de l'enfant ne s’engageût dans le vagifi, si les membranes venoient à s'ouvrir spontanément, a conseillé d'introduire une main dans la matrice, avant le mornent de cètte ruptüre, du côté opposé à celui où se trouve la tête, pour aller percer les membranes vers le fond, saisir un pied ou les pieds, et les amener dans le vagin (2). Nous n'entrevoyons pas trop quels seroient les avantages de ce procédé, déjà recommandé par Peu et Sinellie en d’autres cas, mais avec des restrictions

(1) M. Deleurie, nouv. édit., $ 7/9 et suiv.

(2) Idem, $ 7h40.

bien essentielles ; ses inconvéniens se découvrent bien plus facilement, et quels que soient les premiers, ils ne les compenseront jamais.

1539. Il est bon, sans donte, d'empécher que la main ou le coude de l’enfant ne s'engage dans le vagin , au moment de l'ouverture de la poche des eaux, et surtout si l'enfant est mal situé ; mais il suffit, pour se procurer cet avantage, d'ouvrir les membranes sur l’orifice même de la matrice, ou d'opérer au moment de leur rupture spontanée , si elle se fait à temps: il n’est jamais nécessaire d'introduire la main derriere ces membranes , et d’aller les déchirer vers le fond de la matrice ou à l’endroit le plus éloigné de lorifice,

1540. Nous ne sommes pas toujours appelés d'assez bonne heure, il est vrai, pour opérer daiis ce moment d'élection; et souvent à l'instant où nous voyons la femme pour la premiére fois, la main de l'enfant est dehors , ou bien le bras se trouve fléchi dans le vagin, de sorte que c'est le coude qui s’avance ; souvent aussi cette extrémité est tuméfiée, livide, et l’on a déjà fait beaucoup d'efforts soit pour la rentrer dans là matrice, soit pour extraire l'enfant en tirant dessus. C'est en de pareilles circonstances que les personnes chargées du soin de terminer l'accouchement se sont conduites différemment, selon l’idée qu’elles s'étoient faite du genre de difficultés qui s’y opposoient, ou les principes qu’elles avoient adoptés:

1541. Les uns se sont persuadé qu’on pouvoit extraire l'enfant en tirant sur le bras; d’autres, qu'il falloit le faire rentrer dans la matrice, pour retourner l’enfant et l’amener par les pieds, plu-

Des cas où la main de l'enfant est dehors.”

Diverses mé thodes d’opérer proposées et mises en usage dans le

cas où la main de l'enfant est dehors.

On ne doit pas tirer sur la main de l'enfant pour l'extraire du

sieurs ont arraché cette extrémité, et quelquefois les deux, en la tordant sur elle-même pour la désarticuler plus aisément, ou bien l’ont amputée le plus haut possible, soit avec des tenailles incisives ou autrement, croyant l’amputation moins cruelle que l’arrachement ; tandis que quelques accoucheurs se sont contentés d’y faire de profondes incisions, dans la vue d'en procurer le dégorgement, quand elle étoit tuméfiée, ou lorsqu'elle paroissoit gangrenée. Un accoucheur du dix-septième siècle (1) conseilloit de passer un lacs autour du corps, au moyen d’un crochet mousse fenêtré, pour faire descendre les fesses de l’enfant, pendant qu’on repousseroit le haut de la poitrine; et de nos jours, un autre a proposé d'aller chercher la seconde main de l'enfant, lorsqu'on ne pouvoit entrer dans la matrice pour en dégager les pieds (2).

1542. Ces divers procédés, qui ne paroissent qu'une conséquence les uns des autres, n’ont pu être que le fruit de l'ignorance de la plupart des matrones, presqueseules en possession de l’exercice de l’art d’accoucher jusque vers le milieu du siècle dont nous venons de parler, ou de l'erreur des hommes qu’elles ont appelés à leur secours.

1543. Quand on connoît le rapport des dimensicns d’un enfant à terme dont le bras est sorti de la matrice, avec celles d’un bassin de largeur naturelle, on voit clairement ce qu’on peutattendre

(1) Peu, Pratique des accouchemens, pag. 4192. (2) M. Derrurie, Traité des accouchemens , onzième édition, pag. 311 et suiv.

des efforts qu’on exerceroit sur cette extrémité à sein de sa dessein d'extraire le corps. Si l’on y est quelque- "7

fois parvenu de cette maniere, c'est que l'enfant

étoit alors très petit et le bassin de la mere assez

grand pour le laisser passer en double ; ces faits

ne sont que des exceptions rares et ne peuvent

servir de règles.

1544. Une femme, au terme de sa sixième gros- Ofservation. sesse, étant accouchée très heureusement d’un enfant bien portant, mais d’une médiocre grosseur, le 30 mai 1788, ressentit bientôt après de nouvelles douleurs qu’on prit pour des tranchées, et qui se soutinrent pendant trois jours consécutifs. Un chirurgien appelé à cette époque reconnut qu'il y avoit un second enfant dont le bras s'étoit engagé dans le vagin, au point que la main étoit dehors, et fitappeler mon frere, après avoir fait beaucoup d'efforts infructueux pour aller prendre les pieds. Trouvant alors la femme tresfoible, le visagerouge et enflammé,le ventretendu et plus grosque dans une grossesseordinaire deneufmois, la respiration laborieuse, le pouls petit et concentré, et voyant le bras gauche de l'enfant sorti au point que l'épaule débordoitles grandeslèvres, et que le hant de la poitrine paroissoit à la vulve, jugeant d’ailleurs d’après l’état de toutes ces parties que l'enfant étoit mort, mon frere ne crut pas devoir se mettre en peine de le retourner, et préféra de l’extraire, en tirant avec ménagemens sur l'extrémité: ce qu'ilobtintsansbeaucoupdepeine, et avec un tel succès pour la femme, qu'elle se rétablit en peu de jours. L'enfant étoit tres petit et putréfié: sans de pareilles conditions l’on n'eut

pu terminer l'accouchement de la manière dont

on l'a fait. et il auroit fallu retourner l'enfant. 1545.Si cette observation nous montre qu'ilest

des cas où il convient, pour le bien de la femme,

de s'éloigner des règles ordinaires , le Journal de

Médecine de Londres en fait connoître d’autres

qui ont paru mériter bien plus d'attention, puis-

que, les circonstances étant les mêmes, l'enfant a été expulsé par les seuls efforts de la nature, et s'est dégagé tantôt en présentant les fesses, et tantôt les pieds, quoique le bras füt au-dehiors depuis plusieurs jours, et l'épaule poussée jusqu’à la vulve. Cependant Thomas Denman, quia communiqué ces faits, et qui en avoit déjà recueilli une trentaine en 1765, n’en conelut pas moins que la meilleure manière d'opérer l'accouchement, lorsque le bras se présente, est de retourner l’enfantet de amener par les pieds ; quand on le peut, dit-il, avec l'espoir de le conserver, et sans nuire à la mère. Si le précepte d'opérer l'accouchement de cette maniere n’étoit fondé sur aucun fait, ceux que nous venons de citer suffiroient pour le bien étayer, puisqüe de trente enfans qui se sont tournés spontanément dans ces sortes de cas, pour nous servir des expressions de Denman, un seul est venu vivant,

1546. Il est bon sans doute de connoître de pareils faits, et l’on doit savoir gré à MM. Doublet et le Roux des Tillets, médecins de Paris, de nous avoir donné la traduction des observations de Denman (1). Mais qu'on n’aille pas conclure, SRE ent PERTE PSP Es Et ND ur Es pose css hu ci

(1) Journ. de méd, de Paris, t. zxut, p. 502; t. zxv, p. 79:

d'apres les réflexions de ce dernier, qu'il ne faille retourner l'enfant dont le bras se présente qu'autant qu’on a l'espoir de le conserver, et qu'il faut le laisser venir spontanément quand on a la certitude de sa mort, car cette conséquence seroit ficheuse pour un grand nombre de femmes, On ne doit le laisser venir ou Pextraire dans la position où il est, qu'autant que les choses sont avancées au point où on le remarque dans les observations de Denman, et qu'on le voit d’ailleurs disposé à sortir ainsi. Nous ne ferons aucune réflexion sur cette version spontanée de l’enfant, quoiqu’elle en fournisse un vaste champ.

1547. L’intention de faire rentrer le bras sorti La réducseroit bien plus louable, si on le pouvoit dans tous un ee les cas: mais , excepté celui où les eaux sont ré- plus souvent cemment écoulées, celui où par cela mêmeil seroit impossible, le moinsnécessaire de le faire, on letenteroitvaine- nd se ment, et les tentatives qu’on feroit à ce désséin + deviendroient d’autant plus dangereuses qu'on y emploieroit plus de forces, Aucun des moyens proposés pour faire rentrer le bras de l'enfant ne paroitra plus fécond en inconvéniens que l'espéce de béquille inventée par Burton, accoucheur anglais (1).

1548. Larédnction du bras, toujours très difficile, et le plus souvent im possible, n’est essentiellement nécessaire dans aucun cas. Ce n’est pas la présence de l’extrémité qui s'est engagée dans le passage qui s'oppose àl'introduction dela main de

re,

(1) Son ouvrage a été traduit en français par un médecin de Ja Faculté de Paris, M, Lemoine , qui l’a eurichi d'excellentes notes,

La présence du bras dans l’orifice de la matrice n’est pas ce qui s'oppose à l’introduction de la main de l’accoucheur,

l’accoucheur: elle ne sauroit par elle-même l'empêcher de pénétrer, de parvenir aux pieds de l’enfant et de le retourner. C’est la contraction de Ta matrice même, la roideur de son col, et le peu de dilatation de son orifice, qui apportent ces grands obstacles qu’on y trouve quelquefois; comme il est aisé de s’en assurer, si l’on fait attentionälalargeurnaturelledu bassin de la femme, à l'extrême dilatation dont l’orifice de la matrice est susceptible, et à celle qu’il éprouve dans tous les accouchemens; surtout en comparant les dimensions de cet orifice porté à ce degré de dilatation, au volume de la main de l’accoucheur, y compris celui du bras de l’enfant.

1549. La grosseur de ce bras, même tuméfié au dernier point, ne peutJamais remplir entièrement le passage, et cette extrémité, jointe à la main de l'opérateur, ne surpasse jamais en volume la grosseur dela poitrine ou de la tête de l'enfant. Si l’oriice dela matrice est susceptible d’une assezgrande dilatation , et le bassin naturellement assez large pour donnerissueàces parties; sion lesa vues franchir ce double passage, quoique précédées ou accompagnées d’un bras, des extrémités inférieures même,comme dans les accouchemens où l'enfant vient en présentant les fesses; comment a-t-on pu croire que le bras, tuméfié ou non, pouvoit s’opposer à l'entrée de la main dans la matrice ? Comment a-t-on pu se persuader qu’il fermoit entièrement le passage, qu’on a eu raison de l’amputer ou de l’arracher, et que cette opération étoit indispensablement nécessaire?

1550. Lorsqu'on procède àl’accouchement, au

DES ACCOUCHEMENS. 673 moment de l'évacuation des eaux, si le col de la matrice est souple et bien dilaté, on y introduit la main et on retourne Fenfant avec autant d’aisance que si le bras n’y étoit pas engagé. Dans quelques circonstances où la présence de ce bras sembioitmettreles plus grands obstacles à lintroduction de la main, une perte étantsurventre inopinément, fit cesser ces obstacles, et procura l'avantage d'opérer sans peine nn accouchement dont on commençoit à regarder les difficultés comme au-dessus desressourcessalutaires de l'art, d’aprèsles efforts réitérés qu’on avoit faits en vain pour les surmonter. Cette hémorragie a-t-elle fait alors quelque chose de plus que de relâcherle col dela matrice, d’en affoiblir la résistance, et de dissiper le resserrement naturel ou spasmodique de tout le corps de ce viscère ? Et qu'y a-t-il en cela que l’art ne puisse opérer avec moins de danger que ne la fait accidentellement la nature?

1551. La véritable indication que prescrivent tant d'obstacles ne consiste qu'en cela même, C’est . celte souplesse qu'il faut d'abord procurer aux fibres-de la matrice, toutes les fois qu'elles ne sont pas dans cette disposition favorable et nécessaire à l'accouchement, avant de s’efforcer, et d'essayer même de retourner l'enfant, soit que le bras se présente où non. En remplissant ces premières vues, l’'accoucheur se préparera un accés facile vers les pieds de l'enfant, et ne se croira plus dans la triste nécessité d'arracher ou de couper le bras de cet infortuné. Il reconnoitra de même qu'il n’est pas nécessaire de faire rentrer cette extrémité pour terminer l'accouchement.

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