Les os pubis sont Joints entre eux par le
De la jonc-
moyen d'une substance qu'on a de tout temps tion des os désignée sous le nom de cartilage, quoiqu’elle Pubs entre
differe autant de celui-ci que du ligament. Selon °
quelques anatomistes, chaque os pubis est revêtu de son cartilage; leur jonction n’est pas une vraie synchondrose, mais une articulation serrée qui ne permet que des nouvemens insensibles.
38. En examinant cette symphyse avec soin, on remarque que chaque os pubis est en effet revêtu d'un cartilage à son extrémité antérieure; que ce cartilage est plus épais en devant qu'en arriere , et plus encore à sa partie supérieure et à linférieure que dans le milieu de sa longueur; que ces os ainsi revêtus sont liés entre eux au moyen d’une substance qui paroît ligamenteuse, et dont les fibres, la plupart transversales, vont de Fun à l'autre ; que ces fibres sont disposées de manière que les plus profondes sont les plus courtes et les plus superficielles les plus longues; qu’elles laissent entre elles des espèces de mailles remplies par des petits corps rougeàtres assez seniblables à ceux qui se voient autour des articulations, et qu'on prend communément pour des glandes synoviales. L'on observe de plus que cette substance fibreuse et ligamenteuse n’occupe pas toute l'épaisseur de la symphyse et ne lie pas les os dans toute létendue de la surface que présente leur extrémité antérieure, mais qu'il existe une véritable articulation de lespèce connue sous le nom d'arthrodie. Si l’on ouvre cette symphyse vers le dedans du bassin, après une toile celluleuse, mince et tres lâche qui se voit d’abord, on découvre nne mernbrane capsulaire dont les fibres les plus apparentes sont transversales ; ensuite deux facettes cartilagineuses , lisses, polies et humides, longues de six à huit lignes et larges de deux,
d’une figure un peu semi - lunaire, légèrement convexe à l’un des os et concave à l’autre. Ces facettes comprennent à peu près le tiers moyen de la longueur de la symphyse et le tiers postérieur de son épaisseur. Cette symphyse offre donc dans le tiers de son étendue, ou à peu pres, une véritable articulation , et dans le reste une synévrose et une synchondrose en même temps.
39. Cette substancecomposéeet articulaire étant détachée des os, forme une espece de coin dont la base cotistittiétoit le devant de la symphyse, et le tranchant sa partie postérieure; ce qui fait que ces os semblent se toucher vers l'intérieur du bassin , et paroissent écartés de plusieurs lignes, en défiär s. La base de cetté espèce de coin est à peu pres de quatre à six lignes de largeur vers le milieu de la longueur de “à symphyse, et de huit à dix tant à la partie supérieure que dans linférieure: tandis que le tranchant se trouve au plus d’une ligne. Son épaisseur, prise selon celle des os , est plus grande supérieurement qu'inférieurement, où cette substance, devenue plus mince, forme ce qu’on appelle le ligament triangulaire.
A6. Ce premier moyen d'union ne suffisoit pas pour donner à la jonction des os pubis la fermeté nécessaire au libre exercice des fonctions auxquelles le bassin est destiné; il falloit que des trousseaux ligamenteux et aponévrotiques vinssent la recouvrif et la fortifier de toutes parts, surtout Pere. PS Hidépendamment de cette substance ligamenteuse, épaisse et très forte, qui forine le devant de la symphyse, on y remarque des faisceaux de fibres tendineuses qui s’entre-
De la joncüon du sacrum avec les os des iles,
20 L'ART croisent de mille manières, et dont les unes viennent des muscles grêles internes et obturateurs externes, et Îles dires des piliers externes des anneaux inguinaux. Il faut ajou ter les piliers internes de ces mêmes anneaux, qui se croisent sur le haut de la symphyse, clés du côté droit s’attachant au pubis gauche, et celui du côté gauche au pubis droit. Nous remarquerons que l'expansion triangulaire qui termine la symphyse inférieurement, et qui forme le haut de larcade du pubis, paroît avoir d’autres usages que celui de servir à lier étroitement les os.
4x. L’os sacrum est engagé à la manière d’un coin, entre la partie postérieure des os innominés auxquels il est uni. Quoique les anatomistes prétendent que cette union est semblable à celle des os pubis, cependant on y découvre une grande différence, car chaque facette articulaire y est revêtue d'une vraie lame cartilagineuse dans toute son étendue, et il ÿ a de part et d'autre des inégalités, des tubercules et des cavités, qui se recoivent mutuellement , tandis qu'on ne voit rien de tout cela dans la jonction des os pubis. Ces cartilages articulaires ne présentent pas la même épaisseur sur l’un et l’autre os ; celui qui appartient au sacrum ayant presque partout une ligne, et celui de l'os des iles étant tres mince. Ils sh blanchätres, comme striés en plusieur s endroits, et ae d’un peu de synovie. L’on ne de.
couvre nulle part dans l'étendue de ces surfaces articulaires de fibres de traverses qui aillent de l'un à l’autre os, comme il s’en remarque dans la connexion des os pubis : de sorte que ces articu-
lations ,\que nousnommerons souvent symphyses sacro-iliaques, tiennent toute leur force du grand nombre de ligamens qui les entourent.
42. La plupartde ces ligamens sont très courts, et ne s'étendent pas au-delà du bord des facettes articulaires ; les autres, beaucoup plus gros, plus longs et plus forts, se remarquent supérieurement, inférieurement et postérieurement, et ne semblent pas faire partie de ces symphyses, quoique leur plus grande force en dépende.
43. Les premiers peuvent s'appeler ligamens sacro-iliaques antérieurs; ils sont disposés en manière de bandes, la pluparttrès minces, qui passent transversalement du bord antérieur de là facette articulaire de los des iles au bord de celle du sacrum, Les plus fortes et les plus épaisses de ces bandes ligamenteuses se voient au-devant du sommet de l'échancrure sacro-sciatique, et au bas de la symphyse sacro-iliaque même.
44. Les ligamens supérieurs les plus remarquables sont au nombre de deux de chaque côté; l'un descend du bord inférieur des apophyses transverses de la dernière vertébre lombaire, au bord supérieur de la facette articulaire du sacrum et de celle de los des iles, en s’épanouissant sur le haut de la symphyse, et l’autre va de la pointe de ces mêmes apophyses à l'angle que fait en dedans la crête de l'ilium , d’où il avance un peu en devant en s’élargissant et en formant une espèce de petite faux au-dessus de la fosse iliaque.
45. Les ligamens inférieurs, un de chaque côté, connus sous le nom desacro-ischiatiques, naissent de quelques unes des inégalités de la partie posté-
rieure du sacrum, du coccix et de l'os des iles: ils sont larges et minces en arrière, mais ils se rétrécissent et deviennent plus épais en se portant en avant. Etant parvenus vers le milieu de léchancrure ischiatique, ces ligamens se partagent en deux branches, dont la plus courte se termine à l'épine de lischium , et la plus longue à la lèvre interne de la Re AE de ce même os, le long de laquelle elle forme , en s'avancant vers le pubis , une espece de gouttièr e ou de faux, quilui a fait donner le nom de ligament ANNE Ces deux bandes ligamenteuses laissent entre elles un espace triangulaire dans lequel passent quelques nerfs et le tendon du muscle obturateurinterne. 46. Les ligamens postérieurs, plus nombreux et plus courts, mais plus forts encore et plus tendus que ces derniers, vont des os ilium aux tubercules ne sacrum , qui représentent, par leur situation, les apophyses obliques de la deuxième, troisième et quatrième fausses vertebres dont cet os étoit originairement formé.
Dela jonc: 47. £.e sacrum n'est pas seuilementarticuléavec Le sx les os des iles, il l’est encore avec la colonne verla dernière tébrale et le coccix. Sa jonction avec la première vertèbre. se fait dans trois endroits différens: 1°il est uni
par cette empreinte cartilagineuse et transversalement oblongue qui se remarque au milieu de sa base, à une semblable empreinte du corps de la dernière vertébre lombaire, au moyen d'une substance capable de ressort; 2° par les deux petites
masses articulaires qui Lie comme adossées au bord postérieur de cette premiere empreinte , : de pareilles apophyses de la vertébre dont il s'agit.
48. La substance fibro‘cartilagineuse, élastique, qui unit le milieu de la base du sacrum à l’épine, est entièrement semblable par sa nature à celle qui se voit entre le corps de toutes les vertebres. Elle est très épaisse en devant, et très mince en arrière; ce qui rend plus obtus l'angle qui devoit nécessairement résulter de la disposition des facettes articulaires de ces deux os. Cette jonction sacro-vertébrale est entourée d'un grand nombre de ligamens, dont les uns sont à l’extérieur, et les autres cachés dans le canal vertébral.
49. Tout mouvement n'est point interdit à cette espèce de jonction; mais comme il ne dépend que de la compression de la substance intermédiaire, celui qu'on y remarque ne peut être que très petit. Si le bassin en exécute un plus grand sur letrone, il ne faut le regarder que comme un composé de celui qui se passe entre chaque vertèbre lombaire ét les dernieres du dos.
bo. Le mouvement qui se passe exclusivement dans Punion du corps de la dernière vertèbre Iombaire avec la base du sacrum, n'est jamais assez étendu pour que l’angle qui résulte de la jonction de ces deux parties en devienne plus aigu ou plus obtus (1); mais la convexité que décrit la colonne
Ed
(1) On seroit dans l'erreur si on croyoit, comme quelqu'un l’a pensé, que la saillie formée par l’union du sacrum et de la derniere vertèbre lombaire puisse être augmentée ou diminuée par ce mouvement; et cette erreur pourroit au moins conduire à priver la femme d’un moyen qui la soulage, pour Pordinaire, de Pimportunité des douleurs de reins qui la tourmentent assez souvent dans l'accouchement, Voyez le $ 612,
lombaire peut étre angmentée ou diminuée, au moyen du mouvement composé dont on vient de faire mention, selon qu'on renverse le tronc en arrière, qu on le courbe en avant, ou qù’on relève lés fesses quand on est couché sur le dos; ce qui mérite d'être bien observé dans la pratique des accouchemens : car on peut, par ce moyen, changer favorablement la direction de l’axe du bassin relativement à celui du corps de la femme, à celui de la matrice, et à la direction des forces expultrices, qu'on rend plus ou moins efficaces selon les circonstances, en faisant garder à la femme une attitude convenable.
.Dela jonc. 51. La jonction du coccix avec le sacrum est
don de semblable à celle qu’on nomme sacro-vertébrale,
sacrum, eu égard aux moyens qui la constituent. Elle.
ermet à cette appendice de se mouvoir, et de
céder plus où moins à la pression qu'elle éprouve
en différentes circonstances. Cette mobilité, qui
est très grande dans les premières années, s’affoi-
blit insensiblement et se perd avec l'âge. Soit
qu’elle diminue ou qu'elle se perde avant l'époque
de la vie où la femme devient stérile, il en résulte
dans certains cas, mais très rares, des obstacles à l'accouchement.
De lacon- D2. Le bassin a des connexions avec les extrénexion du mités inférieures, qu'il n’est pas aussi important bassin avec Par à] ‘ > Ge :
ke a des due l’accoucheur connoïsse, qu'on s'est efforcé cuisses. de le persuader. Leurs vices ne peuvent troubler
la marche naturelle de l’accouchement quand le bassin est bien fait, et le plus souvent ils ne sont
que la suite de la mauvaise conformation de celui-
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