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DES ACCOUCHEMENS. 25 ci. Ces articulations sont des énarthroses qui permettent des mouvemens en tout sens.
Explication de la première planche.
Cette figure représente un bassin bien conformé, et dont toutes les parties sont réduites à peu près à la moitié de leur grandeur naturelle. A, À, À, À, les os ilium proprement dits fl, à, Fe ones ilaques.
bb. bb, l'angle qui divise transversalement et
obliquement de derrière en devant la face in-
terne de l'os ilium en deux parties, et qui fait portion de la marge du bassin.
ce, ce, la crête des os des iles.
dd, les épines supérieures et antérieures des os des iles.
ee, ee, les épines antérieures et inférieures des
-0s des iles.
ff, l'angle que forme la lèvre interne de la crête
de l'os des iles vers l’extrénnté de ses deux tiers
antérieurs, et où vient s'attacher un ligament inséré de l’autre part à l’apophyse transverse de la derniere vertébre lombaire.
g, g, angle inférieur des os ilium , qui fait partie
de la cavité cotyloïde.
B, B, les os ischium.
h, h, les tubérosités des os ischium.
&, les branches des os ischium,
k, Æ, la partie postérieure des os ischium, qui fait portion de la cavité cotyloïde.
C, C, le corps des os pubis.
l, l, l'angle des os pubis.
m,m, extrémité postérieure des os pubis, qui
fait partie de la cavité cotyloïde.
ñn, la branche descendante des os pubis, qui
s’unit à celle des ischium.
D, D, D, l'os sacrum.
1, 2, 9, 4, les trous sacrés antérieurs.
0,0,0, la base du sacrum.
P» P; les côtés du sacrum.
g, la pointe du sacrum.
FE, le coccix.
F, la derniere vertebre lombaire,
r,r, les apophyses transverses de la vertèbre dont il s’agit.
s, s, ligament qui va de l'apophyse transverse de la dernière vertèbre, à l'angle de la Jevre interne de la crête des os des iles séigié par les lettres f j.
t, t, autre ligament qui descend de ces mêmes apophyses au bord supérieur des symphyses sacro-iliaques.
G, G, le fémur, ou l'os de la cuisse,
ARTS dadétedts res reçue dans la cavité coty- Joie:
u, u, les trous ovalaires.
FH, la symphyse des os pubis.
T1, 1, les symphyses sacro-iliaques.
K , la symphyse sacro-vertébrale,
SECTION VITE
De l’écartement des os du bassin dans l'accouchement.
53. Quelque solidement que soient articulésles os des iles et le sacrum entre eux, quelque multipliés que soient les moyens que la nature ait employés pour donner à cet ensemble la stabilité nécessaire au libre exercice des mouvemens du tronc et des extrémités inférieures, dont le bassin est en quelque sorte le centre, leurs symphyses peuvent néanmoins se relâcher , et s’affoiblir au point de jouir quelquefois d’une mobilité apparente; elles peuvent céder à l'impulsion des agens extérieurs, aux efforts mème de l’accouchement,s’allongerou se déchirer, et permettre aux os de s’écarter : ce qui sembleroit, dans l’un et l’autre cas, devoir procurer plus de capacité au bassin, et préparer à lenfantune issue plus facile. Telle est en effet l’opinion de la plupart de ceux qui ont écrit sur l’art des accouchemens depuis plus de deux mille ans. La sagesse divine, qui préside à tout, ne leur a point paru moins admirable dans cet écartement que dans la solidité, qu’il importoit d’ailleurs de donner aux symphyses du bassin; et, sans ce double bienfait de la nature, la femme, selon ces auteurs, n’auroit pu se transporter aussi commodément et aussi sûrement d’un lieu à l’autre, ni enfanter aussi facilement qu’elle le fait.
54. Tous les auteurs n'ont cependant pas eu la méme idée de l’écartement accidentel des os du bassin. Si les uns, admirateurs zélés des ressources
Opinions des auteurs à ce sujet,
Causes pré disposantes de l’écartement des 05 du bassin.
de la nature, entièrement occupée de la conservation de la mère et de l'enfant, n'y ont trouvé qu'un effet digne de sa prévoyance; d’autres l'ont regardé comme un état morbifique; et plusieurs en ont contesté jusqu’à la possibilité.
55. Telle a été, de tout temps,ettelle estencore, en ce moment, la variété des opinions sur ce point. Il est bien certain-que les os du bassin peuvent s'écarter dans l'accouchement; mais cela n'arrive pas aussi constamment qu’on l’a cru, et l’expérience démontre même que cet écartement, loin d’être aussicommun, serencontre rarement; qu'il n’est pas plus ordinaire à la suite d’un accouchement laborieux qu'après un accouchement naturel, ni chez la femme dont le bassin est vicié, que chez celle qui la bien conformé. Nous l'avons souvent recherché dans tons ces cas, par l'ouverture du cadavre, et à peine s'est-il présenté sur une seule femme de manière à ne laisser aucun doute sur son existence. |
56. L'infiltration de la sérosité du sang dans le tissu ligamenteux des symphyses, doit être regardée comme la cause prédisposante la plus ordinaire de l’écartement des os du bassin; et tout ce qui peut donner lieu à cetteinfiltration en devient la cause éloignée. La pression quela matrice, chargée du produit de la conception, exerce pendant plusieurs mois de suite sur le tronc des vaisseaux qui se distribuent à ces symphyses, et sur ceux quirapportent le sang'et la lymphe des extrémités inférieures,ne peutseule produire cet effet; et pour qu'il ait lieu, ilfaut encore admettre uvealtération particulière des solides et des fluides quirende ces
derniers plus propres à s'infiltrer, et les premiers a se laisser pénétrer, Cette pression est à peu de chose près la même chez toutes les femmes dont le bassin est bien conformé , et cependant le relichement des symplhysesn airs pas chez toutes au moment de l'accouchement : elle est plus forte chez les femmes qui sont enceintes de plusieurs enfans, chez celles dont le bassin offre peu de capacité, et néanmoins l’infiltration dont il s’agit n’est pas plus ordinaire dans ces sortes de cas que dans les antres. À l'examen du cadavre d’un assez grand nombre de femmes dont le bassin étoit singulièrement difforme, nous avons trouvé les symphyses aussi serrées que dans l’état naturel, quoique ces femmes fussent mortes peu de jours après l'accouchement, et qu'il y eüt chez plusieurs une ‘infiltration considérable dans toute l'étendue des extrémités inférieures, et des parties extérieures de la génération. Quelles que soient les causes éloignées du relâchement des symphyses, il n’en est pas moins la cause prédisposante la plus ordipaire de l’écartement des os du bassin; etilétoit déjà connu pour tel du temps de Severin Pineau. (Voyez ses Opuscules d’Anat. et de Physiolog.)
57. Si le relâchement des symphyses, produit par | infiltration de la sérosité dans leur tissu, est généralement regardé comme la cause prédisposante de l'écartement des os du bassin, le gonflement des cartilages qui font partie de ces symphyses ne sauroit passer pour en être la cause immédiate : quel que soit le relâchement des ligamens, ces cartilages, qui incrustent l'extrémité desos pubisetles facettesarticulairesdesosdesiles
Causes immédiates de l’écartement,
et du sacrum, n’en présentent pas plus d'épaisseur. Ils ne peuvent donc pas agir comme autant de coins placés entre ces os, ainsi que le font les racines du lierre qui croissent et s'étendent dans la fente des rochers, ou les coins de bois sec fichés dans les trous qu’on yÿ a pratiqués à dessein d'en séparer de grosses masses (1). La structure des symphyses, mieux connue aujourd’hui, n'admet plus ces comparaisonsingénieuses; et l'explication du phénomene n’en devient pas, pour cela, plus difficile, Le coin qui écarte les os dü bassin n’agit pas entre les extrémités de ces os, mais dans le cercle que forme leur ensemble , dans le bassin méme : c'est la matrice chargée du produit de la conception , dans les derniers temps de la grossesse ; et dans celuide l'accouchement, c’est la tête de lenfant, poussée par l'action de la matrice et par celle des muscles abdominaux. Quelque grand que puisse ètre cet écartement en certaines occasions, on peut aussitôt rémettre les os dans leur contact naturel, et rendre les symphyses aussi étroites, mais non pas aussi solides qu'ellesétoient primitivement;ce qui ne pourroit avoir lieu si les cartilages étoient tuméfiés, comme on l’a publié. L'erreur de quelques auteurs sur la plus grande capacité du bassin et le plus grand contour des hanches chezles femmes. mêétne qui n'onteu qu’un seul enfant, est une suite de la première, et ne vient que de l'idée où l’on étoit que les cartilages
(1) Voyez Mémoires de l’Académie royale de chirurgie , tome IV. Dissertation sur l’écartement des os du bassin , par
M. Louis.
qui font partie des symphyses se tuméfioient pendant la grossesse; rien n'est plus absurde et plus faux que cette assertion,
58. L’écartement qui se fait accidentellement au moment de l'accouchement n’est pas toujours lasuite du relichementetdel'allongementdu tissu ligamenteux des symphyses. Peu disposées à prêter ainsi dans quelques cas, où les obstacles au passage de Penfant sont très grands et les efforts qui tendent à Fexpulser tres soutenus, ces symphyses peuvent aussi se déchirer : ce qui permet aux os de s’écarter bien davantage qu'ils ne l’eussent fait à l’occasion du simple relàchement de leurs ligamiens. Mais alors si le passage en devient un peu plus libre, les suites en sont aussi bien plus fâcheuses; comme elles sont les mêmes, à peu de chose prés, que celles qu'on à souvent observées apres la section de la s du pubis, nous en ferons mention à l’article de cette nouvelle opération, où nous rapporterons quelques exemples de la rupture dont il s’agit. Pour quelemotrupturequenousemployonsicinelaisse aucune prise à l'erreur, nous ajouterons que ce n'est pas la symphyse des os pubis proprement dite qui se déchire, car aucun effort ne peut rompre ce tissu ligamenteux; la symphyse se détache de lun des os, et en laisse la substance à nu.
59. Les efforts naturels de laccouchement suffisent en quelques cas pour lopérer, mais plus souvent elle n’est due qu’à ceux d’un accouchement laborieux, à l’action du levier ou du forceps : on l’a observée aussi à la suite d’une percussion extérieure, ou d'une chute.
Rupture des symphyses.
Erreur de
Ja plupart des
auteurs su:
l'écartement
des os du bassin
6o. En se faisant illusion sur le principe de cet écartement, quelle qu’en soit la cause, on à dû nécessairement errer daus les conséquences qu'on en a déduites. On s’est tellement persuadé qu'il avoit lieu dans tous les accouchemens, qu'on a cru qu'il y devenoit absolument nécessaire, et que sans lui bien des femmes ne pourroient se délivrer qu'avec beaucoup de peine, et d'autres point du tout. « Ce seroit en vain, dit Severin » Pineau , que le col de la matrice et les autres » parties molles se dilateroient pour le passage de » l'enfant, si les os ne pouvoient s'écarter (1) : »autrement, ajoute Paré, l'enfant ne pourroit » passer par une voie aussi étroite (1). »
61. S'étant ainsi abusé sur la nécessité et les prétendus avantages de cette diduction, il a fallu compter avec Fernel (3), parmi les causes de l'accouchement difficile et laborieux, la résistance naturelle des symphyses, et surtout la sécheresse et la rigidité que l’âge y apporte nécessairement : l’on a attribué à l'état de ces symphyses des obstacles qui ne dépendoient que de la résistance du col de la matrice et des parties extérieures : on a recommandé de les humecter et de les relàcher par l'usage des bains, des cataplasmes, des linimens, des fomentations, etc.; mais que peuvent de pareils moyens, quand le canal du bassin trop étroit s'oppose à l'accouchement ?
. 62. Quelqu'un de bonne foi oseroit-il assurer
(1) Opuse, physiolog. et anatom., lib. II.
(2) Lib. XXIP, cap. XIII.
(3) Patholog., lib, VI, cap. XVI,
qu'il a obtenu une seule fois de ces moyens l'effet qu'il en attendoit, et qu’il a favorisé de cette manieredesaccouchemensqui n’auroient pu étre termincs que par l'opération césarienne, comme on Ja publié si souvent (1)? Nous nous serions dispensé de faire connoître l'illusion qu’on s’est faite à cet égard, si elle n’avoit entrainé quelques praticiens dans une erreur d’une bien plus grande conséquence (2), que l’intérèt de l'humanité et la gloire de l’art nous forcent de relever et de détruire , s’il est possible. Pour apprécier tous ces moyens et fixer le degréde confiance qu'on devroit y avoir, en supposant qu'ils puissent opérer le relâchement des symphyses du bassin, il faut déterminer l'amplitude que peut donner à celui-ci l'écartement des os qui le constituent.