Les os pubis ne peuvent s'éloigner l’un de
De l’am-
l'autre, que la circonférence du bassin n’en soit Plation que
augmentée; c’est un fait si positif, que le moindre
peut donner l’écartement
doute à cet égart seroit une preuve d'ignorance des os du bas-
ou de mauvaise foi : mais de combien le diametre ‘!
en devient-il plus grand? Si cette circonférence étoit parfaitement ronde, chaque diametre qu’on y-pourroit imaginer recevroit un tiers de cette ampliation; mais comme elle est en général d’autant plus elliptique que le bassin s'éloigne davantage de son état naturel, tous ces diamètres ne s'accroissent pas dans les mêmes proportions, et
(1) Dissertation sur l’écartement des os du bassin, déja citée; par M, Louis, (2) Voyez le chap, de la section du pubis, tom. II.
Des cas où cet écartement paroitroit avoir quelque uti-
lite.
34 ù L'ART iln’y a, pour ainsi dire, que le transversal qui en devienne plus étendu.
64. L'augmentation de celui qui va de devant enarrière, ou du sacro-pubien, se réduit presque à zéro, quand l’écartement est médiocre. Des expériences multipliées ont fait voir que les os pubis devoient s'éloigner au moins d’un pouce, pour procurer deux lignes de plus à ce diametre, tandis que le transversal s’accroît de six lignes, et souvent au-delà.
65. Le bassin étant déjà plus large qu’il le faut pour l’accouchement, chez la plupart des femmes, l’écartement dontil s’agit ne sauroit être un avantage pour elles, et rendre leur délivrance plus facile. Loin de le regarder, avec quelques auteurs tantanciens quemodernes ‘1), comme un bienfait de la nature, il faudroit le considérer chez ces femmes comme une nouvelle source d’inconvéniens; car d'un côté nous voyons que la trop grande largeur du bassin les expose à nombre d’accidens (2), et de l’autre, qu'il en est beaucoup qui sont inséparables de l’écartement et.de la mobilité des os qui forment cette cavité :au lieu de favoriser l'accouchement dans tous ces cas, il le rend plus pénible et plus douloureux, comme Pobservation nous l’a démontré (3). Si on devoit en attendre
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(1) Voyez la Dissert. déjà citée sur l’écartement des os du bassin. x
(2) Voyez $ 86 et 87.
(3) Une femme de la meilleure complexion et d’un âge moyen, qui étoit accouchée de ses premiers énfans avec tant de promptitude que nous avions eu à peine le temps de nous rendre
DES ACCOUCHEMENS. 35 quelques avantages réels, à ne le considérer encore que sous le rapport du passage de l'enfant, ce ne seroit qu’à l'égard des femmes dont le bassin est vicié, et seulement de celles où le défaut de largeur, qui rend l'accouchement impossible, n’est que de deux lignes au plus; puisqu'un pouce d’écartement ne peut procurer que deux lignes d’accroissement au petit diamètre du détroit supérieur (7oyezle $ 64), qui est presque toujours celui d’ou naissent les plus grands obstacles à la sortie de cet enfant. Si l’on ne doit attendre d’un écartement d’un pouce, qui n’a jamais eu lieu entre les os pubis, sans que leur symphyse ne se soit déchirée, que deux lignes d’accroissement
dans ladirection du petit diamètre du détroitsupérieur, qu'obtiendra-t-on d’un écartement toujours beaucoup moindre, et si peu apparent chez la plupart des femmes, qu'on pourroit douter de son existence? Loin que cediametre en devienne plus grand, le cercle du bassin n’en paroït pas même augmenté. L'examen d'un grand nombre de
auprès d’elle, quoique peu éloignée, réssentit, dès les derniers mois de sa grossesse, des douleurs aiguës dans les symphyses du bassin , qui rendirent sa marche incertaine ; pénible, même claudicante. Ces douleurs, süpportables alors, devinrent si inquiétantes et si”Vives dans le moment de l'accouchement , et surtout pendant les efforts qué cette femme essayoit de faire pour accélérer sa délivrance , que rien ne put l’engager à sou— tenir ces derniers, ni la détourner de l'attitude qu'elle avoit prise machinalement, pour relâcher toutes les puissances musculaires qui s’attachent au bassin : ce qui rendit l'accouchement plus long et plus douloureux que les précédens, quoique l’enfant füt beaucoup plus petit que les premiers.
femmes mortes en couches, montre que l’écartement dont il s’agit s'étend on ne peut plus rarerement jusqu’à deux lignes; et nous ne lavons trouvé qu’une seule fois au-dessus de ce terme(1). 66. Maisen supposant quelart puisse procurer un écartement d'un pouce entre les os pubis,sans diviser leur symphyse, ce qui est impossible, quel est le praticien qui oseroit affirmer sans crainte de se tromper,que le volnme dela tête de l'enfant pe surpasse que de deux lignes l'étendue du petit diamètre du détroit supérieur? S'il est difficile d'apprécier au juste le degré d'ouverture du bassin, il est encore bien plus difficile de juger de la grosseur de Ja tête de l'enfant. Ce n’est qu’en prenant le terme moyen , entre les plus grosses et les plus petites, qu’on établit ordinairement le rapport de ses dimensions avec celles du bassin; mais un à-peu-prés dans le cas supposé ne peut tenir
lieu de la précision qui seroit nécessaire, Opinion 67. On voit tres clairement, d’après ces ré- : Fa flexions ,ce qu’on doit penser des moyens propomoyens pro- S6s par Severin Pineau, dans les vues de favoriser posés pour J’ampliation du bassin ; ainsi que de l'opinion des
favoriser cet Fes as | en écartement, ACCOUCNeEUrS qui se vantent d'avoir délivré par
(1) Le relâchement de la symphyse des os pubis étoit si grand , qu'on pouvoit les écarter de quatorze lignes et les re— mettre de même dans leur contact naturel. Le bassin étoit des plus grands , et le cadavre entierement putréfié. La femme étoit morte depuis trois semaines, mais peu d’heures après l’accouchement , puisque la matrice ne s’étoit nullement contractée sur elle-même, et n’avoit pas expulsé la totalité de l’arrièrefaix,
DES ACCOUCHEÈMENS, 37
ces moyens des femmes qui n'auroient pu l'être que par l'opération césarienne. ;
68. La proscription de la section de la symphyse du pubis, quoique pratiquée plusieurs fois depuis 1777 avec toute l'apparence du succès que son auteur pouvoit désirer, paroît une conséquence inévitable de ces mêmes réflexions : cette opération n'étant que le fruit de l'opinion qu'ont embrassée des personnes instruites, mais trop crédules, toucliant les prétendus avantages de l’écartement spontané des os pubis. (foyez la suite de cet ouvrage.)
69. Si nous avons démontré linutilité de l’écartement le plus ordinaire des os du bassin, quoique fort rare d’ailleurs, combien de fois expérience n'en a-t-elle pas fait connaitre le danger ? Quand méme il seroit au pouvoir de l’art de procurer cet écartement sans couper la symphyse ; quand cet écartement pourroit en quelques cas faire cesser l'obstacle à la sortie de lenfant, les suites de celui qui s’est fait spontanément ont-elles toujours été assez heureuses pour nous autoriser à lui donner la préférence sur d’autres moyens également propres à faire disparoître cet obstacle, et presque totijours exempts de graves inconvéniens, soit pour la mère , soit pour l’enfant ? |
70. Lorsque cet écartement s’est fait brusque- Des suites ment, des douleurs aiguës dans les lieux qui se de la diduesont entr'ouverts, l'impossibilité de marcher et . Le quelquefois même de remuer les extrémités infé- des moyens rieures , l’inflammation, la fièvre, les dépôts, la ‘208 qui
, ARE : : conviennent carie, la mort, en ont été les tristes suites. Lors- en pareil cas.
qu'ilne vient que du relâchement des symphyses, et qu'il n'est que léger, si les suites en sont moins fâcheuses, puisqu'une marche chancelante et douloureuse est tout ce qui l'accompagne, il ne donne aucune amplitude de plus au bassin.
71.Siles symphyses relàächées se raffermissent à la longue, si les os du bassin, chez la plupart des femmes , reprennent leur premiere stabilité, si la claudication disparoît, combien de fois n’at-on pas remarqué aussi que rien de tout cela n’avoit lieu, que l'impuissance de marcher, et même de remuer les cuisses et Les jambes, sans éprouver les plus vives douleurs, avoit subsisté pendant des années entières!
72. On seroit dans l'erreur si on se persuadoit qu'une pareille impuissance et de pareilles douleurs dénotent toujours de grands désordres dans la jonction des os du bassin. Nous sommes convaincu que ces accidens peuvent être la suite d’un très petit écartement et de la plus légere vacillation des os des iles. Une femme auprès de laquelle nous fûmes appelé étoit ‘détenue au lit depuis dix mois, en proie aux plus vives douleurs dans la jonction des os pubis et dans celle de l’un des os des iles aveclesacrum, toutesles fois qu'elle essayoit de remuer les extrémités inférieures, quoique rien ne püt nous faire connaitre l’écartement de ces symphyses: on observoit au plus un peu de mobilité dans celle du pubis. L'accident s’étoit annoncé au moment de l'accouchement, et lon accusoit la sage-femme d’avoir luxé ces os. La claudication qui résulte du relâchement des symphyses du bassin, quand elles ne se raffermis-
sent pas, n'est pas toujours aussi pénible, il est vrai ; si la femme éprouve de la douleur dans les
remiers temps, toutes les fois qu’elle essaie de marcher, elle en ressent moins dans la suite, parce que les parties qui constituent ces symphyses s’accoutument au tiraillement qui naît de la mobilité des os.
73. D’après ces observations, l’écartement des os du bassin ne paroîtra qu’un accident de plus, et quelquefois un accident très grave, puisqu'il
eut influer sur les suites des couches, même sur la vie de la femme, ou rendre son existence longtemps incommode. Les topiques astringens, les fumigations aromatiques, les bains froids, même à la glace, sont les moyens qui conviennent le mieux dans le cas de simple relâchement, pour redonner aux symphyses la force qu’elles ont perdue; mais on ne doit en commencer l'usage qu'après le temps des couches, dans la crainte de supprimer l'écoulement des lochies, En attendant ce moment , on prescrit le repos et on fixe les os du bassin par un bandage convenable, si la circonstance l'exige (1). Les indications sont diffé-
(1) Quelques tours de bande, étroitement serrés sur le bassin , suffirent chez une femme qui étoit accouchée depuis dixhuit ou vingt jours , pour la mettre dans le cas de marcher dans sa chambre, quoique auparavant elle ne püût se remuer dans le lit sans de grandes douleurs; on n’employa point d’autres moyens que ce bandage. Une autre femme accouchée depuis neuf mois, ayant fait usage sans succès de topiques astringens et dejfumigations aromatiques, ne recouvra la faculté de marcher ilibrement qu’au moyen des bains froids et presque à la glace. F
Division du
bassin.
Du grand
4o L'ART
rentes et bien plus urgentes dans le cas de rupture des symphyses : il faut prévenir l inflammation et ses suites, ouvrir les dépôts quand ils se manifestent , traiter les caries qui en proviennent quelquefois , etc.; heureux quand la femme en est quitte à ce prix.
SECTION IX
De la division du bassin et de ses dimensions naturelles.
74. Un rebord le plus souvent elliptique, rarement circulaire , et quelquefois d’une figure irréguliere, mais toujours plus ou moins incliné de derrière en devant, divise la cavité du bassin en deux parties , dont une tres évasée en forme comme le bord ou le pavillon, et lautre le
fond,