‹ L'art des accouchemensChapitre 61 sur 136 · partie antérieure à la postérieure, étant comme · texte numérisé non relu

partie antérieure à la postérieure, étant comme

légèrement aplati dans ce dernier sens. La fente dont il est parlé n’est pas exactement à son extrémilé, mais un peu en arrière, ce qui en fait paroitre la lèvre antérieure plus épaisse que l’autre.

10/4.Lagrossesse et l’accouchementeffacent ces caractères au point que le museau de tanche est un peu différent chez presque toutes les femmes qui ont eu desenfans. En général, il est plus gros, plus arrondi, et son orifice plus béant; son bord est plus ou moins inégalet comme festonné; tantôt On n y remarque qu’une seule échancrure, qui se trouve pour l’ordinaire au côté gauche, et tantôt il en existe plusieurs, parce qu'il y a eu plusieurs déchirures au moment du passage de la tête du

98 L'ART fœtus. Nousobserveronscependantque ces échan crures du bord de l’orifice de la matrice n’ont pas toujours lieu chez les femmes qui onteu des enfans, et qu’elles ne proviennent pas exclusivement de l’accouchement : de sorte que le museau de tanche peut avoir une forme aussi régulière chez des femmes qui ont donné des preuves de fécondité que chez celles qui sont encore dans l'état de virginité, et présenter chez ces dernières les inégalités qui naissent le plus fréquemment de l’accouchement.D'’après cesobservations,combienles inductions qu’on tire de l’état du col de la matrice ne paroîtront-elles pas hasardées, surtout quandil s’agit dela réputation, dela vie même d’unefemme accusée, longtemps après le crime présumé de suppression de part ou d’infanticide ? (7oy.$3/6.) 165. Ilarrive quelquefois quela matrice est double du côté de son fond, ou que sa cavité se trouve partagée par une cloison longitudinale qui s'étend depuis le milieu de celui-ci jusqu’à l'extrémité du museau de tanche, de sorte que l'extérieur n’offre rien de remarquable. Quoique les exemples en soient rares, ils le sont bien moins cependant que ceux de la superfétation, et seroient bien propres d’ailleurs à faire admettre la possibilité de celle-ci, quand on ne pourroit en citer un seul fait. Elle ne nousparoitadmissibleque dans ces sortes de cas(1). 166. Les artères qui se distribuent à la matrice viennent des spermatiques et des hypogastriques,.

(1) Voyez Superfétation, art, GROSSESSES COMPOSKES, vol. IT.

DES ACCOUCHEMENS. 0ÿ

C’est sur les côtés qu’elles en pénétrent le tissu, d’où leurs branches 5e portent en avant et en arrière , en faisant des contours aussi variés que

multipliés sur elles-mêmes, en formant là, comme

partout ailleurs , un grand nombre d’aréoles , et en s'anastomosant les unes avec les autres, c’està-dire , les spermatiques avec celles qui viennent des hypogastriques, et celles du côté droit avec celles du côté gauche. Les unes répondent aux veines qui les accompagnent, et les autres se rendent dans un genre de vaisseaux particuliers connus sous le nom de Sinus.

167. Ceux-ci forment comme autant de réservoirs où le sang déposé par les arteres est repompé par des veines qui le reportent dans le torrent de la circulation, à l'exception de ce qui s'en écoule périodiquement chaque mois, pendant un certain temps de la vie, par les orifices qui se remarquent

dans la matrice : évacuation qui constitue le flux

menstruel. |

168. Cette distribution des vaisseaux utérins nous offre l’explication d’un grand nombre de phénomènes qui s’observent tant en santé qu'en

maladie, et surtout pendant la grossesse : l’on ne devroit pas la perdre de vue dans la circonstance même ou l'opération césarienne estindispensable.

169. L’on ne peut douter de l'existence des vaisseaux lymphatiques dans la matrice; mais leur source et leur marche nesont pas aussi parfaitement connues que celles des premiers. Ils y sont simultipliés, et si volumineux dans les derniers temps de la grossesse, qu "on serait presque tenté de croire, dit le docteur Cruishank, que la ma-

Des sinus utérins.

Des vaisseaux Jymphatiques

utérins,

trice n’est qu'un composé de vaisseaux absorbans. Ce savant anatomiste anglais les divise en deux plans , dont l’un accompagne les vaisseaux hypogastriques, et l’autre les vaisseaux spermatiques. (Foyez Cruishank, Anatom. des vaiss. absorb, du corps humain. ) Des nerfs 170, Les nerfs de la matrice tirent leur origine ra des plexus rénaux et hypogastriques, des grands symphatiques ou intercostaux, et des sacrés, D'après ces sources nombreuses et les commumications de ces nerfs, l’on ne doit pas être étonné du rapport singulier de cet organe avectoutesles parties du corps, et de la variété des symptômes que produisent les maladies qui l’affectent.

SECTION II

Des parties dépendantes de la matrice.

Desligamens 171- Les parties dépendantes de la matrice de la matrice, SOnt les ligamens, les trompes, les ovaires et le

vagin.

Des ligamens 172. Les ligamens, au nombre de quatre prinlarges. Cipaux, sont distingués en largeseten ronds. On

ne peut avoir une idée bien claire des premiers, qu'en supposant un repli du péritoine qui divise transversalement la cavité du bassin , et dont les deux lames écartées dans le milieu renferment la matrice, tandis que rapprochées sur les côtés de cel organe, elles forment comme deux ailes, qui sont les ligamens larges. Leur bord supérieur forme lui-même, dans toute sa longueur, deux autres replis parallèles, que les anatomistesnomment

Ailerons, dont lun contient la trompe de Fallope, et l’autre l'ovaire, |

173. Le plus grand usage de ces ligamens n’est Usage des pas de fixer la matrice au milieu du in , puis- ligamens larqu'elle jouit de toute la mobilité que 4 étendhe de cette cavité peut lui permettre. Le péritoine, dans ces deux replis, paroit comme en réserve pour le temps de la grossesse; car on les voit diminuer, s’effacer pr esque entièrement , à mesure que ". matrice, qu'ils recouvrent its se développe et ent beaucoup plus olantiiotse.

174. C'est dans le tissu cellulaire qui unit les deux lames de ces ligamens que serpentent les vaisseaux sanguins qui vont à la matrice, ainsi que les troncs des vaisseaux lyun phatiques qui en reviennent , et que se forment la plupart des engorgemens, et des dépôts laiteux.

179. On y remarque aussi deux cordons, un de Desligamens chaque côté, appelés Ligamens ronds, qui naissent ns des angles supérieurs de la matrice, au-devant et un peu au-dessous du principe des trompes; qui descendent et se recourbent ensuite en montant vers les os pubis, pour sortir par les anneaux des muscles obliques et aller se perdre dans le tissu cellulaire, et aux tégumens des environs des aines, en se din en plusieurs brancheset en ietiat en cet endroit une sorte de patte d’oie.

176. Ces cordons paroissent bien plus vasculeux De leur strucet charnus.que ligamenteux. Les artères qui en- fuEs, trent dansleur composition viennent des spermatiques , et un filet des nerfs des plexus rénaux en fait également partie. Ils s’accroissent pendant la grossesse, s'engorgent etse développent comme le

tissu de la matrice même, ce qui leur donne une apparence vraiment charnue. C’est autant à leur engorgement qu'à leur distension et à leur tiraillement, qu'on doit attribuer les douleurs desaines qui tourmentent certaines femmes, soit dans les derniers temps de la grossesse, soit dans quelques

unes des affections morbifiques de la matrice. Autres li- 177. Indépendamment de ces quatre ligamens gamens de la brincipaux , on en voit encore deux autres, tant ae sur la partie antérieure de la matrice que sur sa partie postérieure, maisquine sont bien apparens qu'autant qu'on écarte ce viscère de la vessie et de l'intestin rectum : ce sont des replis semi-lunaires du péritoine, qu'il a plu à quelques anatomistes de nommer petits ligamens ronds.Ceux qui sont en arrière descendent des parties latérales postérieures et inférieures de la matrice, et vont se perdre, en remontant le long du rectum, vers les régions lombaires : on attribue communément à leur distension et à leur tiraillement les douleurs qui se font sentir de ce côté, dans les derniers temps de la grossesse et celuide l'accouchement, ainsi que dans le prolapsus complet de la matrice; mais ces douleurs dépendent-elles réellement de cette cause? Ceux qui se remarquent entre la matrice et la vessie sont un peu plus petits. L'usage des uns et des autres paroït le même

que celui des ligamens larges.

Des trompes 178. Les trompes sont deux conduits longs de de Fallope. quatre à cinq travers de doigt, et tortueux, qui naissent des parties latérales et supérieures de la matrice , et dont le nom désigne parfaitement la figure. [ls sont si étroits du côté de la matrice, que

DES ACCOUCHEMENS. 103 leur orifice admet à peine un très petit stylet; mais ils s’élargissent insensiblement jusque vers leur milieu , ou ils se rétrécissent un peu pour se dilater ensuite de nouveau, et se terminer par une espèce de pavillon dont le bord est garni de plusieurs languettes charnues, qui lui ont fait don-

ner le nom de Morceau frangé. Cette extrémité

est flottante dans la cavité du bassin. —

179. La structure des trompes paroit absolument la même que celle de la matrice; comme celle-ci, elles sont enveloppées du péritoine; on y découvre plusieurs ordres de fibres, et elles peuvent se développer et se contracter. Une des franges charnues qui bordent leur pavillon est attachéesur l'ovaire, et les autres paroiïssent destinées à le dilateret à l'appliquer étroitement à ce corps, pour en recevoir ce que la femme fournit à la génération. |

180. D’après la structure et le rapport des trompes avecles ovaires, leur fonction, telle qu’on puisse la supposer, paroitra toujours des plus admirables , et ne pourra s'expliquer qu’en accordant à ces conduits un mouvement vermiculaire, qui s'oppose à la rétrogradation du premier produit de la conception. Nous observerons de plus que les trompes établissent une communication de la cavité même du péritoine avec celle de la matrice, et par conséquent à l'extérieur, au moyen de celle-ci et du vagin.

181. Les ovaires sont deux corps blanehâtres, à peu près du volumeet de la figure d'une grosse fève de marais. Ils sont placés de champ dans lépaisseur de l’aileron postérieur des ligamens lar-

De leur structure etde leur usage.

Des ovaires,

De leur structureet de leur usage.

ges, et attachés par une espece de cordon ligamenteux aux partiessupérieures et latérales de la matrice , derrière l’origine des trompes. Ces corps sont plus gros dans le jeune âge que dans la vieillesse , temps où ils se flétrissent et se dessechent en quelque sorte. [ls sont un peu bosselés pendant le temps ou la femme est féconde , et, selon quelques auteurs, on y remarque, FENTE in suite, autant de petites cicatrices qu’elle a eu d’enfans.

182. on ne connoît pas trés bien encore ni la structure ni l'usage des ovaires ; on sait au plus qu'ils sont nécessaires à la génération et qu'il suffit d'en priver les animaux pour leur ôter la faculté de se reproduire. Le développement du fœtus s’y est fait quelquefois, et nous y avons trouvéune sorte de roche osseuse, garnie de neuf dents solides et bien conformées , qu’on auroit peine à ne pas regarder comme un reste de grossesse (1). Les anciens regardoient les ovaires comme des corps glanduleux, et leur donnoient le nom de Testicules : ils croyoient qu'il s’y filtroit une liqueur prolifique comme celle de l’homme. Les modernes, y voyant constamment un cer ain nombre de petites vésicules qu'ils ont prises pour des œufs, ont pensé que les ovaires n’étoient que les réservoirs de ces derniers.

183. L'idée qu'on a eue de ces organes a été le germe des diverses opinions qui se sont élevées sur le mystère impénétrable de la génération; celle des

(1) Nous en donnerons les détails dans la suite; et le fait pourra paroitre intéressant sous plusieurs rapports.

anciens a donné lieu au système du mélange dés deux semences, et celle des modernes au système des œufs.

184. Les trompes, les ovaires et les ligamens Vaisseaux de la matrice sont arrosés par les vaisseaux sper- 7. matiques , qui forment par leur division, dans la trompes, aux femme comme dans homme, une espèce de ovaireset aux

SE DEA .CLs ligamens de corps pampiniforme, d’où les: différentes bran- trice, ches vont à leur destination.

185. Le vagin est un canal membraneux, na- Du vagin. turellement étroit dans les vierges, et toujours assez court pour qu’on puissetoucher facilement le col de la matrice; mais ses dimensions varient selon les circonstances. Il peut s'étendre au point que sa longueur excède celle d'un demi-pied , et s’élargir de manière à contenirla tête d'un enfant; mais il revient à peu près à son état naturel'des que les causes qui l'en ont éloigné cessent d'agir: ce qui prouve que son tissu est tres élastique.

186. La partie antérieure dü vagin est beaucoup plus courte que la postérieure, parce que ce canal est un peu recourbé du côté du pubis, et que ses deux extrémités sont coupées en biseau. L'une d’elles embrasse le col de la matrice, environ cinq ou six lignes au-dessus de lorifice externe; d'ou la membrane intérieure de ce canal paroit se réfléchir sur le museau de tanche, pour se continuer dansla matrice même. L'autre extrémité du vagin en forme l'entrée; elle est entourée d’un plexus vasculaire très considérable, et de deux bandes charnues qui en sont les muscles constricteurs , et qui montent du-sphincter de l'anus au clitoris. £a pléthore et le gonflement du premier, joints à

106 L'ART la contraction de ces derniers, rétrécissent plus ou moins l'entrée du vagin, et quelquefois d’une maniere très remarquable.

187. Au milieu du réseau vasculaire dont il s’agit se trouvent deux glandes de la grosseur d’une petite feve de haricot, dont le canal excréteur, long de plusieurs lignes, vient s'ouvrir sur les côtés de l’orifice du vagin, et y jette quelquefois, avec force, dans l’orgasme vénérien, la liqueur qui est filtrée par ces glandes.

Delastrucm 188. La structure du vagin n'est pas encore ture du vagibä barfaitement connue des anatomistes. Les uns lui donnent une tunique charnue, composée de deux ordres de fibres, delongitudinales et de circulaires. Les autres, avec plus de raison, ne lui reconnoissent que deux membranes, indépendamment de la muqueuse, qui le revêt en dedans: savoir, un interne, beaucoup plus ample et d’un tissu plus serré, qui forme une infinité de replis ou de rugosités qui- diminuent singulièrement la capacité de ce canal, tandis que l’externe n’est que celluleuse. Ce sont les replis formés par la première, et que la nature semble y avoir mis comme en réserve pour le temps de l’accouchement, qui permettent au vagin de s’allonger et

de s’élargir selon le besoin.

189. Entre ces deux membranes, et principalementversl'extrémité inférieure du vagin,seremarquentun grand nombre de vaisseaux sanguins, et beaucoup deglandes ou follicules destinées à filtrer l'humeur muqueuse dont l'intérieur de ce canal est perpétuellement enduit. On y trouve de plus une sorte de tissu diploïque ou caverneux, dans

lequel le sang paroïts’épancher à l'instant de l'orgasme vénérien, comme ille fait dans le corps caverneux du chtoris.

190. L’axe du vagin n’est pas le même que celui de la matrice; ces deux parties forment, dans le lieu de leur jonction, un coude plus ou moins considérable, dont la partie saïllante regarde le sacrum et la partie rentrante le pubis; mais cette disposition n'étant plus la même dans le temps de l'accouchement, ne mérite pas une très grande attention.

191. Le vagin n’est point isolé au milieu du bassin ; ila des connexions très étroites, au moyen du tissu cellulaire, avec le canal de Purétre , une partie du bas-fond de la vessieet l'intestin rectum.

192. Ses vaisseaux naissent des artères et des veines honteuses communes , qui en envoient de même aux parties externes de la génération ; et ses nerfs viennent de la plupart des sources qui en fournissent à la matrice. ( Foyez 170.)

193. On a trouvé plusieurs fois des cloisons transversales dans le vagin, d’autres fois de longitudinales , qui sembloient en former deux conduits; et l’on a vu ce canal s'ouvrir dans le rectum , chez des femmes dont les parties externes de la génération manquoient, sans que cette conformation vicieuse les aitrendues stériles (Voyez Barbaut, tom. 1, pag. 59.)

Dela direcüon du vagin.

De ses vaisseaux.

Vices de conformation du vagin,

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