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Si la cavité de la matrice, qui s’augmente

jusqu'au moment où commence le travail de l’accouchement , acquiert encore de l'étendue aprés ce temps, ce nest également qu'aux dépens de ces mêmes fibres devenues plus foibles. D'abord elles s’allongent et se distendent, puis elles paroissent se ranger à côté les unes des autres; ce qui rend les parois du globe utérin si minces en cet endroit, qu’elles n'ont souvent auprès de l’orifice que l'épaisseur d’une double ou d’une triple feuille de papier ordinaire.

Le terme 203. C'est par le même mécanisme que la dilade l'accou- tation de l'orifice de la matrice commence à s’opéchement peut : ; ie :

varier lon rer, et queles douleurs del’enfantement se déclal'ordre dans rent. Si la fin du neuvième mois de la grossesse quel se dé est presque toujours l'époque de ces douleurs, . pu- Cest que l’ordre du développement de la maties de la ma- trice , tel que nous venons de l’exposer, est presil que immuable; il ne peut varier, que le terme de l’accouchement , qui en paroït l'effet naturel, n’en soit avancé ou retardé.

20/4-+ Toutes lesfois que les fibres du fond et du corps de la matrice résistent trop au développement dans les premiers temps de la grossesse, l'accouchement , chez ces femmes, se fait avant terme, et tout aussi naturellement qu’au neuvième mois chez les autres, parce que les fibres du col sont forcées de se déployer prématurément , et ne peuventsupporter la réaction des premières au-delà de quelque temps. L'accouchement, au contraire , se fait plus tard, ou bien le travail en devient très long, lorsque le col de la matrice ne se développe pas complétement dans le temps assigné par la nature; soit parce que les fibres des

DES ACCOUCHEMENS. |. 119 parties supérieures sont alors plus extensibles et moins irritables qu'à l'ordinaire; soit parce que celles du col sont plus denses, où que cette partie se trouve dans un état de dureté squirreuse.

209. Cette double assertion n’est pas , comme on pourroit peut-être l’imaginer, le fruit d'une spéculation qu'on à voulu faire cadrer avec la théorie établie; c'est une vérité que l'expérience et l'observation ont démontrée plus d'une fois. Nous avons rencontré nombre de ces cas où l’accouchement prématuré a été uniquement la suite de la foiblesse organique, soit naturelle ou accidentelle du col de la matrice. En suivant le développement de cette partie, nous avions annoncé, sans crainte de nous tromper, que l’accouchement se feroit, tantôt au terme de cinq mois, tantôt à celui de six ou de sept, selon que ce développement étoit plus ou moins avancé à l'instant où nous examinions la femme , et dans un temps où le col utérin devoit encore avoir toute sa longueur, son épaisseur et sa fermeté naturelles : l'événement à constamment justifié notre jugement. Si le développement prématuré du col de la matrice accélère ainsi le cours de la grossesse et avance l’époque de l’accouchement, il nous paroït également prouvé que le défaut d'expansion de cette partie, dans le temps ordinaire, peut prolonger l’une et retarder lautre : comme on a remarqué fréquemment que sa compacité naturelle ou accidentelle prolongeoit singulièrement la durée du travail, lorsqu'il s'annonçoit au terme‘ordinaire. Les observations que nous avons recueillies sur cette cause de

naissance tardive, n'étant pas revètues de toute l'authenticité que nous aurions voulu leur donner, et qui paroitroit nécessaire pour entrainer la conviction ; nous les passerons sous silence , réservant de les faire connoiître dans un autre temps.

Différences 206. Quand on compare la matriceaux approeat ches de l'accouchement ; avec ce qu’elle étoit de la matrice avant la grossesse, on voit que l'extension qu’elle pendant a prise est moins l'effet d'un simple développe grosse ment que d’une espèce de génération ,eu plutôt

d’un accroissement de substance qui ne se fait pas toujours sans altération pour les autres parties du corps. Selon ZLevret , le solidé de la masse de la matrice dans l'état naturel , ou de vacuité, est d'environ quatre pouces et demi cubes; et dans les derniers temps de la grossesse, de cinquante-un pouces; de sorte, dit-il, qué le rapport de la plus petite matrice à la plus grande est à peu près Comme 9 est à 102, où comme 1 est à 11 et demi (1).

207. La matrice, en effet, nes’étend pas comme la vessie urinaire ; si ses parois ne conservent pas touteleur épaisseur naturelle àmesure qu’elle acquiert plus de capacité, du moins en perdent-elles si peu, que plusieurs auteurs ont cru qu'elle restoit la même dans tous les temps. A la vérité, pendant que ceux-c1 ont avancé que la matrice, en se développant, né perdoit rien de son épais: seur, d’autres ont soutenu que celle-ci diminuoit insensiblernent depuis les premiers temps de la

(1) L'Art des accouchemens ; troisième édit., pag: 309.

DES ACCOUCHEMENS. *. 4465 conception jusqu'à celui de l'accouchement; et quelques uns, d’une opinion absolument con:

traire, ont assuré que, loin de diminuer, elle augmentoit dans les mêmes proportions que la ca. vité utériné devénoit plus grande. |

208. Tant de séntimens sur une chose de fait ont pu näitré du liéu de là matrice qu'on à examiné ét du temps où l’on a cherché à en éstimer l'épaisseur. Il est bien certain d’ailleurs que les parois de cet organe ne présentent pas la même épaisseur chez toutes les femmes , dans les derhiers temps de la gestation, ni chez la même femme à la fin de chaque grossesse ; car indépendamment des différences qu’on peut regarder comme individuelles, il en est d’accidentelies qui tiennent à un degré de dilatation plus ou moins grande dans Chaque grossesse, et à la quantité de fluide qui se porte vers la matrice, ‘pour en nourrir et en développer la substance.

209. Pour juger de cette épaisseur vers la fin de la grossesse, il faut examiner la matrice dans sa plus grande dilatation, c’est-à dire avant que les éaux de l'ainios n’en soient évacuées; car elle augmènte en raison de ce que cet organe sé contracié et diminue de capacité, dans les premiers Mmomens qui suivent l'accouchement : il faut l’observer dans toutes ses régions, parce qu'il yen a où elle’ést constamment plus considérable, et d'autres où elle se trouve constamment moindre. Le lieu où est attaché le placenta ést toujours celui où cette épaisseur est plus grande, et le voisinage de l’orifice celui où elle est plus petite. Si elle n’augmente pas dans le premier lieu,

pendant la grossesse, on peut assurer qu'elle se conserveau moins telle qu ‘elleest partout ailleurs, avant la conception ; mais c’est le seul ou elle paroisse se conserver en cet état, Elle diminue dans le reste, et très manifestement dans l'étendue du col; de manière qu’elle n'excède pas pour l’ordinaire au bord de lorifice, comme nous l'avons dit plus haut, celle de plusieurs feuilles de papier à écrire.

210. En admettant avec Mauriceau, par exemple, que l'épaisseur des parois de la ne diminue à mesure que le développements’en opère, il ne faut pas croire qu'elle devienne telle qu'il la publié, plutôt d'apres l'opinion de quelques uns de ses prédécesseurs, que d’ apr és sa propre expérience. Excepté dans le voisinage de lorifice, ou elle est tres mince aux approches de l’accouchement, on l'a trouvée partout au moins de la moitié de ce qu'elle étoit avant la grossesse.

211. La plusgrande épaisseur qui se remarque à l'endroit où le placenta s’est en quelque sorte greffé, a fait croire à plusieurs accoucheurs, et Hétoet a Levret, que cette portion de la matrice se développoit moins que le reste , et conservoit en conséquence plus de densité (: ); mais en les suivant pas à pas, l’on est tenté d’embrasser l'opinion contraire , et de penser avec Deventer que cette portion sétend plus que les autres. Levret lui-même semble le prouver en assurant que le fond de la matrice conserve beaucoup

(1) Observations sur la cause des accouchemens laborieux, part. Î, pag. 120, 130, etc.

DES ACCOUCHEMENS. 117 d'épaisseur, malgré sa prodigieuse extension a la fin de la grossesse, lorsque le placenta y est attaché (1). |

213. S'il est démontré que les parois de la matrice ne conservent l'épaisseur qu'elles ontencore à la fin de la grossesse, que parce qu’il s’y porte plus de fluides, que leurs vaisseaux se dilatent, qu’elles deviennent plus spongieuses et plus humides, en un mot que le tissu s’en accroît, pourquoi ne pas admettre que le lieu où est attaché le placenta se développe autant que les autres, s'il ne le fait pas davantage : Une matrice saine se déploie uniformément dans tous ses points, mais selon qu'il y a plus de fibres et de vaisseaux dans chacun d’eux. Si on l’a trouvée quelquefois d’une forme irrégulière vers la fin de la grossesse, cette irrégularité, qui n’est souvent que momentanée, ne. tient qu’à la forme que prend Penfant dans ses mouvemens, où à sa position même; les parois de la matrice n'étant jamais assez tendues sur le

‘produit de la conception , pour qu'elles ne puissent pas se prêter à ces changemens de forme. Nous en excepterons le moment de ses fortes contractions ou des douleurs de Paccouchement.

214. Nous avons annoncé que les parois de la matrice s'épaississoient à mesure que sa capacité diminuoit et qu’elle se contractoit sur elle-même : l'instant où elles présentent le plus d'épaisseur semble donc celui qui succède à la délivrance. Cette épaisseur, incomparablement plus grande alors qu'avant l’époque de l'accouchement, s'ac-

croit encore dans les premiers momens, parce que le sang ne peut s'écouler dans les mêmes proportions qu'il se porte dans le tissu de la matrice, ;

21%. Selon le lieu qu’on examinera et le temps où l’on fera cet examen, on trouvera donc les parois de ee viscère plus é épaisses ou plus minces. Ceux qui ne feront attention qu à l'épaisseur que présentent les régions les plus voisines de l’orifice, aux appr ‘oches de l'accouchement, etsurtout d’un premier accouchement, ie avec Mauriceau, qui a été l’écha de Galien, d’Avicenne, d’Ætius, et autres, que la matrice s'amincit considérablement en se développant; tandis que ceux qui n’en jugeront qu après l accouchement.

Mécanisme 0 16. ee on cannoit la contexture de la Lg

de la dilata- triceet la résistance singulière qu’elle oppose dans

ss la ma- l’état naturel aux agens qui s'efforcent de la dilater, l’on ne peut, sans étonnement, la voir céder dans la grossesse, et permettre au fœtus de sy développer librement: plus cette résistance est grande, plus la nature doit paroïtre admirable dans cette opération.

217. La cavité de la matrice étant assez spacieuse pour contenir le produit de la conception dans les premiers jours, la nature ne semble employer ce temps qu'à humecter et à relàcher les fbresqui doivent prêter d'abord;eten n'attaquant ainsi que les plus foibles, dans le commencement, elle se ménage plus de temps pour soumettre les autres, et les disposer à remplir.les mêmes vues. Toujours économe dans ses moyens,

DES ACCOUCHEMENS. 119 elle n’emploie que des fluides pour opérer ces grands effets. Tandis que la petite quantité d'eau qui entoure l'embryon et qui distille continuellement dans la cavité de la matrice, agit contre tous les points de la surface interne de ce viscere avec une force relative à sa base et à la hauteur du courant qui la détermine vers ce lieu (1), les fluides qui circulent dans les vaisseaux dont l'organe est tissu n'exercent pas moins d'efforts pour le dilater et le développer, ainsi que l'ont annoncé plusieurs auteurs (2). | 218. Les fibres dela matrice, non seulement se Changemens développent et s’allongent pendant la grossesse, qu'éprouvent mais elles deviennent aussi plus moiles, plusspon- . nu : A 9 es pendant gieuses et plus rougeâtres; de sorte qu'on leur grossesse reconnoit partout, sur la fin de la gestation, le et après l'accaractère extérieur des fibres musculaires, étant COneReeoe d’ailleurs comme celles-ci très irritables et capables de contraction.

219. Si la grossesse détermine de pareils changemens dans les fibres de la matrice, l'aceouchement et ses suites y font remarquer le contraire. Ces fibres se froncent et se raccourcissent pendant l'expulsion de l'enfant et de ses dépendances ; puis elles deviennent plus denses et plus pâles à mesure que leur dégorgement a lieu : de sorte qu’au bout de cinq à six semaines, même plus tôt, ce

(1) Puzos, Traité des accouchemens, pag. 26 et suiv. ; LevreT, l'Art des accouchemens , \roisième édit. , aph, 351 ; Davip, Traité de la nutrition et de l'accroissement, pag. À et suiv.

(2) Luvrer, ébid., aph. 256, 348, 352 ; Roënerer, Elémens de l’art des accouchemens , $ 67,

Changemens qui arrivent aux vaisseaux de la matrice pendant la grossesse.

viscere reparoit à peu près dans son premier état.

220. Les vaisseaux de la matrice ne sont point exempts des effets de la grossesse. Liés aux fibres qu'ils arrosent, ils se déploient en même temps, etleurs contours multipliés s’ effacent. Étant moins serrés d’ailleurs, et moins comprimés par ces mèmes fibres , quelques uns d’enx parviennent à un degré surprenant de dilatation.

291. Si cette dilatation ne s’observe pas dans toutes les régions de la matrice ou il y a des vaisseaux apparens, du moins la remarque-t-on constamment dans l'étenduequ’occupe le placenta: là où tous les accoucheurs savent que plusieurs des sinus dont ilest parlé au $ 167 deviennent assez grands pour contenir le bout du petit doigt, et les autres à peu près une moyenne plume à écrire. Ce ne sont pas seulement les vaisseaux sanguins qui se développent et s’élargissent pendant la grossesse, les vaisseaux lymphatiques le font bien davantage, si l'on n’a égard qu’à leur diametre primitif, puisque, selon le docteur Cruikshank, ils deviennent aussi volumineux qu'une plume d'oie, et paroissent d'ailleurs si nombreux, que la matrice ne semble qu'un amas de ces vaisseaux (1). Les nerfs se développent et s’accroissent comme les autres parties.

292. Les changemens que la grossesse apporte dans la direction et le diamètre des vaisseaux utérins, n’annoncent-ils pas ceux que la circulation doit y éprouver? À mesure que la matrice se dé-

(1) Voyez le lieu déjà cité de l'anatomie des vaisseaux absorbans,

DES ACCOUCTEMENS. 121

veloppe, que son tissu devient plus souple et plus spongieux, ses artéres, moins tortueuses et moins serrées, offrent moins d'obstacles au cours du sang, etle monvement de ce fluide y devient plus Jibre; elles en reçoivent alors une plus grande quantité, dans un temps limité; elles en transmettent davantage dans les veines, ainsi que dans les sinus ou réservoirs qui communiquent avec le placenta, et qui y déposent la portion destinée à vivifier le fœtus avec toutes ses dépendances.

293. Si ces premiers phénomenes sont autant d'effets naturels du développement de la matrice

endant la grossesse, Sa contraction, au moment de l’accouchement et après, en produit de nouveaux, d'autant plus intéressans à connoitre qu'ils peuvent nous diriger utilement dans la pratique, et surtout dans les cas d’hémorrhagie.

224. À mesure que ce viscère diminue, les vais- Deschangeseaux dont il s’agit se replient et deviennent tor- cena tueux, comme ils étoient avant la grossesse; ils . éprouvent une compression, non seulement d’au- apportent

tant plus forte que l’action de la matrice sur le EE corps qu’elle renferme est plus puissante et que matrice,

ce corps résiste davantage, mais encore que la

matrice se contracte sur elle-même et se rappro-

che de plus en plus de son état naturel.

295. Pendantle travail de l’enfantement,lesang parcourt les artères plus difficilement; il aborde plus lentement dans les sinus, ces sinus en reçoivent une moindre quantité dans le même espace

de temps qu'auparavant, et ils en transmettent moins dans les endroits indiqués au $ 222.

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