CHAPITRE V
DU PRODUIT DE LA CONCEPTION, OU DES SUBSTANCES QUI FORMENT LA GROSSESSE.
420. Le produit dela conception est toujours si De lanature peu de chose dans le commencement, qu'on ne . ue peutabsolument pas distinguer ce qu'ildeviendra. a. a Ce n'est qu’en se développant qu'il prend ane forme et un caractère déterminés. Le plus souvent il en résulte un enfant avec ses dépendances; quelquefois il s’en forme deux, même davantage, ou seulement une masse rougeñtre qu’on appelle Môle.
SECTION PREMIÈRE
Du fœtus.
Lo1. Les rudimens du fœtus ne se montrent Des rudid'abord que sous l'aspect d’un nuage mucilagi- mens du fœneux, au milieu d'une petite vessie remplie d'eau e. claire et transparente; encore n'est-ce qu’apres quelques semaines qu’il se trouvé ébauché de la sorte.
92. L'illustre de Haller assure n'avoir rien pu temps observé de semblable sur la brebis avant le dix- où il paraît septième Jour, et que ce n’est qu'au dix-neuvième Pape qu’il a rencontré un fœtus muqueux, de la grosseur d’un petit ver, recouürbé en manière dé crois-
318 PIUL'ART
sant; ce qui luia fait penser que le fœtus humain
ne se formoit pas plus tôt. Les observations que la pratique m'a donné occasion de faire s'accordent * assez avec ce sentiment.
voluss as 4287 ar” examine avec soin plusieurs emfœtus au ter- bryons dont le volume égaloit au plus celui d’une me d'un mois. fourmi ; ils étaient recourbés.sur leur partie an-
térieure, comme le dit de Haller, et enveloppés d’un nuage muqueux. Considérés à l'œil nu., ils m'ont paru avoir plus de ressemblance avec l’os-
… selet de l’ouïe, connu sous le nom de Märteau,
| qu'avec toute autre chose, ayant comme lui. une grosse extrémité et une autre très déliée ; mais soumis à la loupe, on y découvroit tous les traits d’un fœtus parfaitement à terme. Parmi les femmes qui ont rendu ces embryons ,. les unes se croyoient grosses d’un mois seulement, et les autres de cinq semaines; plusieurs étoient du petit nombre de celles qui se.trompent rarement sur l'instant où elles conçoivent.
Volume du 424. J'ai vu un plus grand nombre de fœtus, fætus au ter- de la grosseur de ces insectes connus sous le nom me de six S6- Je Guépes.. Leur tête formoit plus dela moitié maines, ESHORES eu ê 130 pans ka, MOIIE
de leur volume; les yeux et la bouche étoient tres marqués ; les mains et les pieds paroissoient sortir immédiatement du tronc; les bras, les cuisses et les jambes étant à peine. visibles. Les uns étoient de six semaines, et les autres desept, au rapport des femmes qui les avoient conçus.
De la cap 425: Tous ces fœtus, tant du.terme d’un:mois se ‘le que de celui de six semaines; étoient,renfermés
” dansune espèce decapsulemembraneuse,comme : spongieuse extérieurement, ou garnie d’un düvet
très épais. Celle des premiers approchoit assez de *e la grosseur d’un moyen œuf de poule, et celle des autres étoit plus grosse.
426. Ces espèces d'œufs sont cn oielline ts formés de deux membranes; une externe, plus épaisse, et de la surface de laquelle s de le | duvet, ou espèce de chevelure dont on vient de | parler : c'est le Chorion; l’autre interne, mince | et transparente, appelée .Amnios, laissant voir | le corps du fœtus, au milieu des eaux limpides qu'elle contient.
427. Ces membranes sont moins adhérentes | ensemble au commencement de la grossesse que | l’extérieure ne l’est à la matrice : aussi voit-on | assez souvent dans les avortemens qui sefont dans les premiers temps, ces membranes se séparer l’une de l’autre, et sortir à des termes différens. Le chorion nes se déchire sur l’orifice dela matrice, et l’amnios, contenant les eaux et.le fœtus, s "échappe sans se rompre, tandis que le premier . n est expulsé que quelque temps apres.
428. , Dans ce cas, la femme ne rend qw une espèce d'œuf membraneux, sur lequel on ne voit pas la moindre apparence de duvet ni de vaisseaux, et quand la membrane qui en est garnie vient à sortir, si on ne l’examine pas attentive- ment,on ne fa prend que pour un caillot de sang, parce qu'elle est recouverte d’une couche de.ce fluide ,.et que son tissu en est chargé partout.
429. Ce sont, sans doute; de pareilles observations quiont ri croire à quelques uns que l’œuf n'étoit pas tomenteux d’abord , et que la tache /anugineuse ne paroissoit manifestement qu'au
ss 20 ne 24: 9 à e* temps ou il avoit acquis le volume d’un œuf de poule, et le fœtus celui d’une mouche à miel (1).
Dsl 430. Le développement du fœtus est silent dans qu'on obser- le commencement, et si rapide ensuite, que la Der nature semble n’éprouver de difficultés que dans du fœtus, l'arrangement de ses premiers linéamens. Dès
qu'il est ébauché, son accroissement est si sensible d’un mois à l’autre , même de quinzaine en quinzaine, qu'on y remarque des différences considérables, et si étonnantes, qu'ona peine à se persuader qu’elles soient l’ouvrage d'aussi peu de temps.
431. Ces différences ne sont cependant pas absolument les mêmes dans tous les individus. On remarque, par exemple, autant de variété dans la longueur, la grosseur et la pesanteur d’un certain nombre de fœtus de cinq mois, toutes proportions gardées, que dans un pareil nombre parfaitement à terme; les uns sont plus grands,
-plus gros et plus pesans, les autres plus petits, plus grèles et plus légers ; de sorte qu'on ne peut déterminer exactement le temps de la grossesse, par les dimensions etle poids de l'enfant, comme quelques auteurs l'ont avancé.
De la lon 439. La longueurordinaire d'un enfant de neuf gueur du er mois est de dix-huit à vingt pouces, et les deux et de sa pe Extrêmes de seize à vingt-deux, même vingt-trois santeur. pouces. Leur pesanteur,vérification faite des tables
de Roederer, est de six à sept livres et demie. J'en ai vu quelques uns du poids de dix livres ou en-
(1) Levret, $ 338 et 339, édit. troisième.
viron, plusieurs de douze, et un seul de treize. Celui-ci avoit plusieurs dents très développées , et d’autres prêtes à percer ; son volume étoit si grand , que j'ai peine à croire qu'il en ait existé de quinze , et même de vingt-cinq livres, comme on l'entend débiter par des bonnes femmes {1}. J'eu ai trouvé également à terme, qui ne pesoient que cinq livres, d’autres qui n’étoient que du poids de quatre, et plusieurs de quatre moins un quart. Ces derniers paroissent plus communs que ceux de neuf livres, et ne se développent pas moins bien après leur naissance.
433. D'après ces observations, on doit conclure qu’il y a des enfans de huit mois plus gros et plus pesans que d’autres de neuf, et wrce versd. Malgré cela, l’accouclieur instruit par l'expérience ne les jugera pas du même terme. Il y a toujours dans l'extérieur du fœtus de huit mois, quoique plus gros qu'un autre parfaitement à terme, un carac-
(1) L’éruption de quelques dents avant la naissance n’est pas toujours une suite du développement extraordinairé de l’enfant, ni le présage d’une meilleure constitution, De tous les enfants que leur grosseur surprenante nous a fait mettre dans la balance, celui dont il est fait mention ici est le seul qui soit venu avec des dents. Une femme d’assez foible constitution accoucha accidentellement , au terme de sept mois, de deux enfans très délicats, dont l’un avoit deux dents, et l’autre trois : ils moururent daws les vingt-quatre heures. L'année suivante, elle accoucha d’un autre qui avoit également des dents , et elle nus assura que tous ses enfans naissoient de même, Une autre femme eut deux enfans à deux ans de distance, qui vinrent avec deux dents incisives à la mâchoire inférieure; ils ne vécurent que quinze à dix-huit mois.
229 L'ART tère d’immaturité qui ne se voit pas dans ce dernier, et qu'il seroit trop long de décrire ici.
ss
si SECTION II.
De l'attitude et de la situation de l’enfant dans le sein de sa
mère.
De l'attitude 434. Le fœtusesttoujours recourbésursa partie du fœtus. antérieure, ayant la tête penchée sur la poitrine, les bras pliés, les cuisses et les jambes dans la plus parfaite flexion, les genoux écartés , les talons rapprochés lun Es l'autre et appliqués contre les fesses. Si on le trouve quelquefois dans une autre attitude, au moment de l'accouchement, ce n’est Merde ellemenE, et par l'effet du concours e plusieurs causes que nous exposerons dans la
suite, autant qu’elles nous seront connues, 136. Cette attitude naturelle n’est pas l'effet de la gêne que le fœtus é éprouve de la part des parois -dela matrice, puisqu'on lobserve des les premiers temps, ou l'embryon tres petit n° occupe, pour ainsi dire , qu'un point de la cavité utérine, qui en contiendroit cinq cents et plus du même volume. Cette attitude paroiït tenir à l'individu même: c’est à peu près celle de l’homme adulte et de tous les
animaux dans l’état de repos.
De la forme 430. Le fœtus ainsi replié forme un tout à peu Dares ovoide, dont lé plus grand diamètreestdedix EL al poucesouenviron, et le plus petit,quis étend d’ gne ses diamètres. épaule à l'autre, dé quatre pouces et demi à six -ponces au plus. Cette figure, qui avoit donné lieu
à Hippocrate de comparer l'enfant à une olive
renfermée dans un flacon, est tres intéressante à connoitre. En même temps qu’elle nous apprend qu'une des extrémités du grand diamètre de ce corps ovoide doit se présenter à l'orifice de la matrice pour qu'il puisse en sortir, elle nous fait voir aussi qu’elle est la principale cause des accouchemens contre nature, et ce qu’on doit faire en pareil cas. |
437. L'on n’auroit cependant qu'une congoissance très imparfaite de l'enfant, relativement à l'accouchement, si elle se bornoit à ses premières notions. Il faut encore connoîitre lastructure, les dimensions de toutes ses parties principales, les mouvemens dont toutes ces parties sont susceptibles, et s’habituer à distinguer les différentes régionsde la surface de cet enfant, en les parcourant de l'extrémité du doigt, sion veut se mettre en état de les reconnoitre lorsqu'elles se présentent les premières à l’orifice de la matrice, et de procéder avec méthode à l'accouchement,
438. Le peu de volume del’enfant, relativement à la quantité d’eau qui l'entoure et à l'étendue de la cavité de la matrice, dans les premiers temps de la grossesse, semble nous annoncer qu’alorsil n'a pas de situation fixe, et qu’il présente sur l’orifice tantôtunerégion de sasurface, et tantôt uneautre. Quelques considérations sur la forme du fœtus méme, jusque vers la fin du deuxième mois et demi; sursa pesanteur spécifique, et en particulier sur celle delatète respectivement au reste du corps; sur la longueur du cordon ombilical, et son insertion presque au bas du tronc, porteroient
à croire qu'il occupe la partie inférieure de la
De la situation du fœtus dans le sein de sa mère,
cavité de la matrice dans ces premiers temps, et qu'il y est couché sur le dos. D’après ces mêmes considérations, quine sont pas un foible argument contre la culbute , on pourroit assurer que la tête seroit constamment sur l’orifice, s1 l'enfant étoit suspendu au milieu des eaux par lecordon,comme quelques auteurs l'ont dit et représenté dans leurs planches,
489. Un accoucheur qu’on a regardé comme le plus célèbre de son siecle (1), croyoit cependant que, dans l’ordre naturel et après le quatrième mois de la grossesse, l'enfant avoit le plus souvent la tête en haut, les fesses en bas , et le ventre en devant ; tandis que dans le dernier mois, la tête étoit en bas, les fesses en hant, et le dos sous la partie antérieure de la matrice.
Opinion des 449. Telle a été l’idée des anciens sur la posianciens et des tion de l'enfant , et telle est encore aujourd’hui Al: celle de la plupart des modernes. S'il n’y a pas du fœtus, et d'inconvéniens, comme quelques uns l'ont dit, la culbute. à admettre ce mouvement de culbute, nous en
trouvons bien moins à le rejeter, et nous pensons que l’oubli de cette erreur, trop accréditée encore parmi les gens de l'art, pourra conduire à des vérités plus importantes.
41.Ontrouvedequoicombattrelopinion dont il s’agit, dans ce que ses partisans eux-mêmes ont dit pour la faire adopter. En réfléchissant sur la position qu’ils font garder à l'enfant, tant avant qu'après la culbute, on voit qu’elleest la plus in-
(1) Levret, $ 426 et suiv.
DES ACCOUCHEMENS. 295 commode quil puisse prendre, celle qu'il lui seroit le plus difficile de conserver deux instans * de suite, si elle pouvoit avoir lieu fortuitement pendant un seul; qu'elle est contraire à la structure et aux rapports des parties, ainsi qu'aux lois de la gravitation des corps. :
442. Si on se rappelle l'extrême petitesse de l'enfant dans les deux premiers mois, relativement à la cavité de la matrice, le grand volume d’eau qui l'entoure, et en conséquence de ce volume d’eau, la mobilité dont il jouit, la manière dontilestrecourbé sur sa partieantérieure, l'excès de la masse et du poids de sa tête sur le reste du corps, on ne pourra Jamais concevoir qu'il puisse demeurer , pendant des mois entiers, accroupi et comme assis sur le bas de la matrice et au-devant de la convexité de la colonne lombaire de sa mere. Si on se rappelle en même temps la forme ovoide que conserve la matrice malgré son développe ment, et celle sous laquelle cet enfant se replie de plus en plus à mesure qu'il se rapproche du terme de sa maturité, on se croira bien mieux fondé encore à penser que la tête doit occuper la partie la plus basse de la cavité de ce viscère, des les premiers instans, puisque c'est elle qui constitue la petite extrémité du corps ovoide que décrit cet enfant, tandis que les fesses, les cuisses, les jambes et les pieds réunis, en constituent la grosse extrémité; comme le bas de la cavité de la matrice en° forme Ja partie la plus étroite, et le fond la partie la plus large. La position que les partisans de la culbute donnent à la tête de l'enfant après ce mouvement extraordinaire, n'est pas moins con-
traire au rapport de sa forme avec celle des parties . sur lesquelles ils la font appuyer : comment concevoir que lefront, quirépondaprés cette culbute à la saillie du sacrum, restera contre celle-ci pendant plusieurs mois, tandis que les côtés lui présentent des espaces bien conformes à sa rondeur? On verra dans la suite combien cette position est excessivementrare aumomentdel'accouchement.
443. En comparant les dimensions de la cavité de la matrice chez la plupart des femmes, avec celles du corps ovoïde que décrit l'enfantrepliésur lui-même, au septième mois de la grossesse, temps où la culbute s'exécuteroit, on y trouve un nouvel argument contrecemouvement:caron remarque que le grand diamètre de l'enfant, placé selon la longueur de la matrice, surpasse alors de beaucoup le diametre qui va de la partie antérieure de ce viscere à sa partie postérieure, ou de l’un de ses côtés à l’autre.
444. Leplus fort desargumensqu’on puisse faire contre la culbute est sans doute celui que fournit l'observation même. L'ouverture du cadavre, à quelque terme que ce soit de la grossesse, a fait connoître mille fois que la tête de l'enfant oceupoit presque toujours la partie inférieure de la cavité de la matrice, comme c'est elle le plus souvent qui se présente à l’orifice, dans le cas d’accouchemens prématurés. Si l'on a trouvé l'enfant placé différemment, soit à l'ouverture du cadavre, soit dans l'avortement, le rapport de ces cas à ceux où la tête se présentoit est à peu près celui qu’on observe au moment de l'accouchement, au terme de neuf mois,
445. La raison et l'expérience s'accordent donc à prouver qu'il n’y a point de culbute telle qu’on l'a supposée; que la situation de l'enfant varie à l'infini dans les premiers temps de la grossesse; qu'elle devient fixe et constante à mesure que celle-ci augmente, et qu’on ne doit en excepter que les cas où la matrice contient une très grande quantité d'eau. Chez ces dernières femmes, l’enfant conservant toujours la mobilité qu’il avoit dans les premiers temps de la grossesse, peut se retourner de différentes manières, même pendant le travail de l'accouchement, sans cependant prendre la position indiquée ci-dessus, qu'il lui est alors d'autant plus difficile de conserver qu'il estenvironnéd'une plus grande quantité d’eau (1). La situation la plus naturelle dé l'enfant est d’avoir la tête en bas, placée diagonalement sur l'entrée du bassin, l’occiput répondant à l’une des cavités cotyloïdes, et le front à la jonction sacro-iliaque opposée. Dans cet état, les fesses, les cuisses, les jambes et les pieds sont en haut, et inclinés vers le côté de la femme où le fond de la matrice
(1) Nous avons fait remarquer à nos élèves ces grands déplacemens de l’enfant dans le cours du travail même de l’accouchement sur deux femmes, dont l’une étoit à terme, et l’autre au cinquième mois seulement de sa grossesse. Chez l’une, enfant présenta successivement; et à diverses reprises , la tête, les pieds, le dos, l'épaule ou l’un de ses côtés, et offrit, à l'instant de l'ouverture des membranes, le ventre, les genoux et une anse de cordon. Îl paroïit que c’est pour avoir observé de pareils changemens de position que plusieurs auteurs ont conseillé de varier la situation de la femme, pendant le travail de l'accouchement , selon celle de Penfant,
s’est porté; de sorte que son grand diamètre coupe la colonne lombaire à angles aigus.
SECTION TIT
Division de l’enfant.
Division du 446. La surface de l’enfant pourroit être divisée fœtus. en trente-quatre régions, que nous réduirons cependant à vingt-trois, relativement à notre objet. Si quelques unes ne se présentent que rarement à l’orifice de la matrice au commencement du travail de l'accouchement, elles n’en exigent peutêtre que plus de soin de la part de l'accoucheur, qui, moins habitué à les reconnoître par le tact, pourroit les confondre avec d’autres et errer dans
les conséquences qu'il en tireroit.
447. Comme il est essentiel et même indispensable d'exposer en détail ces différentes régions, dans la troisième partie de cet ouvrage, où nous traiterons des accouchemens contre nature, nous n'en dirons rien ici, afin d'éviter quelques répé-
titions qui pourroient paroitre ennuyeuses.
De la strue- 448. De toutes les parties principales de l’enture de la tête fant, considérées par rapport à l'accouchement, la A + 1. tête doit passer non seulement pour la plus solide, tus. mais encore pour la plus volumineuse. Si la poi-
trine, dans son état uaturel, paroiït plus grande en quelque sens, sa structure est telle, qu’elle s’accommode toujours plus facilement à l'espèce de filière que lui présente souvent le bassin de la femnre : en effet, rien n’est plus mobile que la charpente du tronc du fœtus, à cause du grand
nombre de pieces dont elle est formée, de leur flexibilité particulière, de leur arrangement et de la maniere dont elles sont liées ensemble.
449. On remarque bien quelque chose de semblable dans la structure de la tête, puisqu'elle est également composée d’un grand nombre depièces osseuses , qui ne sont unies que par des parties membraneuses qui leur permettent de se rapprocher oùudes’écarter un peuselon les circonstances. Aussi la tête peut-elle, au moyen de cette dispasition et de la souplesse des os du cräne, se mouler en quelque façon à la figure du bassin, ainsiqu’on le remarque dans certains accouchemens difficiles. Mais il faut observer qu’en diminuant dans un sens, souvent elle s'augmente dans un autre,
etque ce changement de forme ne peut aller, en
aucun cas, aussi loin que celui de la poitrine.
450. Quoique la tête de l'enfant, au moment de la naissance, soit comme ovoide, on peut cependant y distinguer cinq régions , deux extrémités, quatre diamètres et deux circonférences.
451. De ces cinq régions de la tête, deux en forment le sommet et la base; les trois autres, les côtés et la face.