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Lessutures, plus multipliées dans le fœtus

Etat des su-

qu’elles ne le sont dans l'adulte, n’offrent pour tures dans le.

ainsi dire rien, dans ce premier âge, de cequ’elles doivent être par la suite: car les os du crâne, bien loin dese recevoir alors parces espèces dé queues d'arondeentrelacées qu'on voit dans l'homme fait,

œtus,

De la fontanelle antérieure.

De la fontauelle postérieure,

ne sont unis partoutqu’au moyen d’une substance membraneuse, et laissent entre-eux des espaces, dont les plus grands sont nommés Fontanelles.…. 458. Les sutures les plus remarquables dans le fœtus sont la coronale, la sagittale, ou médiane, qui s'étend jusqu’à la racine du nez, la lambdoïde et les temporales ou écailleuses.

459. La fontanelle la plus considérable est celle qui se voit à l’union de la suture coronale avec la sagittale : on la désigne sous le nom de Bregma ou de Fontanelle antérieure : sa figure est à peu pres celle d’un losange. On a cru fort longtemps, et quelques uns le pensent encore aujourd'hui, qu’elle étoit douée d’un mouvement pulsatif : mais ce mouvement n'existe pas, surtout avant la naissance. | 460.Quandonytrouveroitquelquemouvement de cette espèce chez les enfans qui viennent de naître, pourroit-onen conclure qu'ilexistoit avant la naissance, la manière d’être étant si différente dans ces deux temps? L'enfant qui vient de naître respire, jette des cris plus ou moins aigus, et exerce des mouvemens de succion presque continuels. D'un côté le refoulement du sang vers le cerveau; et de l’autre, l’action des muscles crotaphites sur les os du crâne, dont les angles aboutissent à la fontanelle, peuvent bien y produire quelque tension alternative, et un mouvement pulsatif, qui n'existent certainement pas, et qui ne sauroient avoir lieu chez le fœtns renfermé dans le sein de sa mère.

461. Nous appelleronsaussi Fontanellelendroit ou se joignent les sutures sagittale et lambdoïde,

quoiqu'il n’y ait presque jamais d'espace membraneux, comime à la première. Cette nouvelle fontanelle, qui sera toujours désignée sous le nom de Fontanelile postérieure dans le cours de cet ouvrage, diffère essentiellement de la précédente, en ce qu’elle n'est formée que de trois angles osseux, et qu’elle n'est en quelque sorte que Je point de réunion de trois branches de sutures; tandis que l'antérieure l’est de quatre angles, et qu'autant de sutures y aboutissent (1).

4692. On voit à chaque extrémité de la suture -coronaleet de la lambdoïde d’autres espaces membraneux , qui sont encore autant de fontanelles. Celles qui se trouvent au bas de la dernière de ces sutures sont tres apparentes au tact ; mais celles de la suture coronaie le sont à peine, étant cachées profondément dans les fosses temporales, et couvertes par les muscles crotaphites.

463. L’articulation de la tête avec le tronc , sa situation naturelle et ses mouvemens, ne sont pas moins utiles à connoître que les choses précédentes. La première est une espèce de ginglyme qui ne permet que de tres petits monuvemens, soit

en devant , soit en arriere, et sur les côtés : si la

tête en exécute de plus grands sur le tronc, ils

© oo

(1) On rencontre quelquefois, quoique bien rarement, un quatrième angle à la fontanelle postérieure, celui de l'occipital étant alors partagé en deux, et dans ce cas il ÿ a également quatre branches de sutures qui viennent se rendre à cette fontanelle. Malgré cela elle diffère tellement de la première, qu’il est presque impossible de s'y tromper, même quand on ne pourroit les toucher toutes deux et les comparer.

Des fontanelles latéra-

les,

De l'articulation de la tête, et de ses mouvemens.

234 L'ART dépendent du mouvement combiné de toutes les vertébres cervicales.

464. Ces mouvemens, quoique plus libres dans le fœtus que dans l'adulte, ont cependant des bornes qu'il est essentiel de Lie connoître, et de ne pas surpasser dans la pratique des accouchemens difficiles;surtout celles du mouvement de pivotou de rotation, qui dépend presque entierement dela torsion du pe L’étendue de ce dernier est telle, que la face ne peut décrire sans inconvéniens au: delà d’un quart ou au plus d’un tiers de cercle.

De la situa 465. La situation naturelle de la tête du fœtus ER à et de l’enfant nouveau-né est telle, que le menftus, et de la (ON 86 trouve beaucoup plus bas que locciput, manière dont et que l’axe du tronc passe un peu au-devant de be da la fontanelle postérienre , en traversant le crâne

6bliquement de sa base à son sommet, et de devant en arriere.

Utilité de 466.81 laccoucheur doitavoir égard à à la structoutes ces ture de la tête, à ses insonsiciiee à sa situation a naturelle, à sa connexion avec le corps, et aux

mouvemens qu'elle peut exécuter, il ne deit pas avoir une connoissance moins exacte de la com: position du tronc et des extrémités, ainsi que de la direction et des bornes de leurs mouvemens. S'il ya du danger dans quelques cas à faire décrire à la tête de l'enfant un mouvement de rotation plus étendu que ne le comporte son articulation avec Le col, et celle des vertébres cervicales entre elles, il n "y en auroit pas moins, en d’autres circonstances, À dépasserles bornes que la nature à mises au mouvement de rotation du corps, la tête étant supposée alors immobile. Présumant que tous

ceux qui se livrent à l'étude de l’art des accouchemens sont instruits suffisamment en anatomie pour sentir toutes ces vérités, nous n'entrerons dans aucuns détails à leur sujet.

467. En rapprochant les connoiïssances établies jusqu'ici, tant à l'égard du bassin de la femme, que du corps de l'enfant qui doit naître, on y découvre les principes fondamentaux de l'art d’accoucher; on y entrevoit quelle doit être la marche de la nature dans le travail admirable de notre naissance, et quelles sont les règles que nous devons suivre en bien des cas pour l'aider ou pour opérer ce qu'elle ne pourroit faire soûvent sans danger pour la mére et pour l'enfant.

468. L'accoucheur qui a bien compris toutes ces choses aperçoit déjà qu’un enfant à terme ne peut sortir du sein de sa mère qu’en présentant à l’orifice de la matrice une des extrémités du grand diamètre de cette espèce de corps ovoïde qu’il décrit, comment ces mêmes régions doivent se placer, et de quelle manière elles doivent avancer pour qué l'accouchement se fasse plus facilement.

69. Pour que l’aceouchements opère avec cet avantage, la tête doit se présenter diagonaiement à l'entrée du bassin , l’occiput derrière l’une ou l’autre cavité cotyloïde, et le front devant et au dessus de l’unedes symphyses sacro-iliaques. Elle doit descendre en offrant de plus en plus la fontanelle postérieure, et de manière que l'occiput vienne s'engager dans la suite sous l'arcade du pubis, pendant que le front se portera du côté du sacrum etc. Les épaules doivent subir le même déplacement , en passant du détroit supérieur à

l’'inférieur, parce que leur largeur est plus grande que le petit diamètre de ces détroits n’a d’étendue.

470. Dans les accouchemens où l'enfant s’avance en offrant les pieds , les épaules et la tête doivent encore se présenter de même aux ouvertures du bassin, c'est-à-dire de manière que leurs plus grands diamètres soient toujours dans le même rapport avec ceux de cette cavité; mais la tête alors, au lieu de s'engager par son extrémité postérieure comme dans le cas précédent, doit le faire en présentant le menton, etc.

471. Cette marche dictée par le rapport des dimensions du bassin de la femme avec celles du corps de l'enfant, est aussi celle que suit la nature dans les accouchemens confiés àses soins, comme on pent s’en assurer par l'observation.

SECTION IV

Des secondines ou arrière-faix, et en particulier du placenta.

Des secon. 4792. Sous le nom de Secondines ou d’Arrière- ART faix, on comprend le placenta, les membranes et se forment. le cordon ombilical : nous y ajouterons les eaux,

pour avoir occasion d'en parler dans cette section.

473. Ce seroit improprement qu'on auroit dé- "signé toutes ces parties sous le nom générique de Secondines, si lon n'avoit eu égard qu'au temps de leur formation et de leur développement, puisqu'elles sont formées avant le fœtus, ou du moins qu'elles ont acquis déjà une sorte de perfection dans un temps où l’ébauche de ce dernier est à

peine commencée. Cette dénomination ne leur convient donc que parce que l'expulsion s’en fait après celle du fœtus, et qu’elles sont le dernier fardeau dont la femme ait à se délivrer.

474. Si l’ordre du développement des substances qui composent la grossesse est constamment tel que nous venons de le faire observer, si les secondines existent avant que le fœtus ne tombe sous nos sens, si on les rencontre souvent sans lui, et qu’il n’ait jamais lieu sans elles , onne peut douter qu’elles ne soient faites pour lui, et qu'elles n'aient à son égard des fonctions impor tantes à remplir.

435. D'après l’orûre du premier développement detoutesces parties, ilsemble égalementdémontré qu'elles ne se nourrissent que des sucs qui leur sont transmis par les vaisseaux de la matrice; au moins dans le commencement de la grossesse, où elles n’en reçoivent nullement du fœtus. Mais ces fluides doivent être tres ténus d’abord, et ce n’est qu'après un certain laps de temps que Île sang de la mère peut arroser ces parties.

476. Les secondines, dans les premiers mois de je ta nala grossesse, ne sont pas telles que nous les trou- ture des sevons à la fin : ce n’est encore , après plusieurs se- He maines , qu'une espèce de vessiemembraneusesur laquelle on aperçoit à peine quelque léger duvet, mais qui se recouvre bientôt d'un jlus épais, au point que les membranes ne paroissent plus à nu , si l’on n’écarte pas les houppes de ce duvet.

( Voyez $ 425.)

“AE Ces houppes filamen teuses et cotonneuses Du placenta,

qui recouvfent alors les membranes partout, se,

ramassent ensuite dans une étendue déterminée, et forment celte espèce de gâteau parenchymateux que nous connoissons sous le nom de Placenta ; de façon qu’au terme de l’accouchement , cette sorte d'éponge ou de gàteau ne couvre au plus qu'un quart du chorion.

478. Le placenta est donc une masse essentiellement spongieuse, épaisse vers son milieu et mince sur son bord, abstraction faite des vaisseaux ombilicaux qui viennent s’y rendre. Il est de sept à huit pouces de diamètre, et de douze à quinze lignes d'épaisseur dans son centre , au terme de l’accouchement.Ses dimensions varientcependant un peu, selon la constitution de la femme, la force

- de l'enfant, et le lieu de la matrice où il s’est en quelque sorte greffé. {

De la struc- 479. Ilest formé de plusieurs lobes, unis parun ture du pla- tissu lamineux si fin et si délicat qu'il se déchire ne avec la plus grande facilité, et qu'il suffit de plier ou rouler le placenta sur [lui-même pour séparer ces lobes les uns des autrès, et faire paroitre sa surface extérieure , ou ntérine , inégale et profondément sillonnée; quoique, dans l’état naturel , on n’y voie que des sillons tortueux, superficiels, couverts d’une lame membraneuse assez fine , et qui ont en cela même un peu de ressemblance avec les anfractuosités du cerveau.

Des rap- 480. Presque tous les anatomistes ont pensé ports du pla- qu'il s'élevoit des mamelons vasculaires de la sur- A R face du placenta, qui s'engageoient dans l’ermbou-

chure des sinus utérins, pour y pomper les fluides

nécessaires au développement du fœtus, et y re-

porter ce qui ne pouvoit être employé à ce déve: /

En

loppement; mais ce qu’on y trouve de plus remarquable , ce sont des cavités contiguës aux orifices de ces mêmes sinus utérins, au moyen du tissu cellulaire qui lie le placenta à la matrice. Ces cavités ne paraissent bien ,ilest vrai, qu'au moment où l’on sépare le placenta d'avec la matrice; car leur bord s’affaisse aussitôt, et elles n’offrent plus qu'une espèce de déchirure.

481. Par cette disposition, le sang utérin passe facilement dans les cellules du placenta, ou les veinesombilicales viennentle puiser pourle porter à l'enfant, pendant que les artères du même nom y rapportent ce qui est superflu. L'expérience, en effet, n’a pu démontrer encore que ces vaisseaux ombilicaux s’avançassent jusque dans les sinus de la matrice, ni que ceux de la matrice se plongeassent dans le tissu du placenta, et moins encore qu'il existat des anastomoses entre ces deux systèmes de vaisseaux. |

4892. La surface interne du placenta , ou sa surface fétal, est tapissée du chorionet de l’amnios. Iln’est,à proprement parler, que expansion du tissu cellulaire dela premiere de ces membranes, dont les lames sont autrement modifiées et arrangées que dans le reste de son étendue , comme la substance spongieuse qui rend les extrémités des os longs plus volumineuses que le corps de ces mêrnes os, nest que le développement de toutes les fibres qui forment la substance compacte. D'ou il suit que le placenta est tellement yniauchorion, qu’on ne peut l'en séparer, comme l'amnios qui s’en détache aisément.

A83. On remarque sur la face fétal du placenta

240 L'ART un plexus admirable d’arteres et de veines, dontle centrese trouve tantôt au milieu, et tantôt sur un point de sa circonférence ou sur un autre, sans qu'on puisse absolument assigner la cause de cette variété. On a peine à imaginer ce qui a fait dire à un accoucheur du plus grand mérite (1) que la réunion de tous ces vaisseaux se faisoit au milieu du placenta, toutes les fois que ce point répondoit au milieu du fond de la matrice; et sur son bord inférieur, lorsqu'il occupoit une région voisine de l’orifice de ce viscère. L'expérience à mille fois prouvé le contraire, et démontré que le centre de ce plexus, ou l'insertion du cordon ombilical, se trouvoit souvent au milieu du placenta, quoique celui-ci fût attaché dans le voisinage du col de la matrice; ou bien auprès du bord de cette masse, quoiqu’elle paroisse occuper la voûte supérieure de ce viscére. On peut assurer de même que le cordon s'implante également à tous les points du bord du placenta, et qu'ilnelefait pas plus souvent à celui qui est le plus près de l’orificede la matrice, qu’à ceux qui en sont les plus éloignés.

484.Quelquefoislecordonne s'avance pas même jusqu'au bord du placenta, et semble se terminer dans les membranes à une grande distance de là. Les vaisseaux ombilicaux s’écartent alors les uns des autres, se divisent en plusieurs branches, forment une espece de large patte d'oiïe , et gagnent ainsi le placenta , après avoir parcouru isolément

(1) Lerret, suite de ses observations sur les causes des accouchemens laborieux , quatrième édit., pag. 177 et suiv.

plusieurs pouces détendue. D’autres fois nous avons vu les vaisseaux ombilicaux se séparer à une plus grandè distance encore du placenta, former autour de Jui, et à cette distance, dans plus de la moitié de sa circonférence, une espèce de ceinture d'où de grosses branches d’artères et de veines alloient se rendre à leur destination , comme les rayons d’une roue vont se rendre au moyeu.

485. Le plexus vasculaire dont il est parlé au S 483 sert comme de base au cordon ombilical, et n'est formé que par les branches et les ramifica tions des artères et de la veine qui constituent ce cordon. Les ramifications de la veine présentent comme autant de racines très déliées quis’élévent dela substance même du placenta, si l’on n’a égard qu'à ladirection du sang, et qui se réunissent pour donner naissance à d’autres branches plus considérables, destinées elles-mêmes à ne former qu’un seul tronc qui est la veine ombilicale. Les artères sont la continuation des iliaques primitives du fœtus ; elles se divisent etsubdivisent dès qu’elles sont parventües au placenta, dans la substance duquel elles se plongent et se perdent par des extrémités excessivement déliées. Ces vaisseaux se répandent en manière de rayons sur toute la face interne du placenta, et y forment des aréoles et des anastomoses remarquables : quelques uns s’avancent sur lechorion et s’y ramifient de même. Non seulement quelques. branches des artères communiquent ensemble, s'unissent et se confondent, mais plusieurs d’entre elles le font aussi avec des branches veineuses : de sorte qu'il suffit en quelques cas d'injecter l’une des deux artères

Des variétés qu’on observe dans la forme du placenta.

ombilicales pour remplir de la même mantere, quoique imparfaitement il est vrai, tout le plexus LS il vient d’être fait mention.

486. L'on ne découvre pas de valvules dans la veine ombilicale,commeil s’en trouveen d'autres veines ; mais on en rencontre quelques unes dans les artères ; si ce n’est toutes les fois qu’on les recherche , du moins assez ordinairement.

487. Le placenta présente souvent des variétés, dont les unes ont rapport à sa conformation ou à la distribution de ses lobes ; les autres à l'insertion du cordon ombilical, et au nombre d’enfans qui composent la grossesse,

488. Plusieurs des lobes dont nous avons parlé au $ 479 sont quelquefois éloignés de la masse principale, avec laquelle ils ne communiquent qu’au moyen de plusieurs gros vaisseaux et des membranes : ce qui constitue comme autant de petits placentas. J'en ai vu deux à peu près de même volume et d’égale grandeur pour un seul enfant, mais ils étoient plus petits que quand il n’y en a qu'un. D’autres fois l’un étoit au plus de la largeur du creux de la main, et l’autre beaucoup plus grand. J'en ai rencontré qui avoient la forme d’un rein, le cordon étant inséré au milieu d’uneéchancrure, commelesont lesuretères, etc.

489. Le placenta semble encore affecter une autre forme, quand le cordon s'implante à l’un des points de son bord, n'importe de quel côté; et on lui donne alors le nom de placenta en raquette, parce qu'il a en quelque sorte la figure de celle-ci, Sion pouvoit reconnoitre toutes cès variétésavant de procéder à la délivrance, on éviteroit souvent

quelques unes des difficultés qu'on rencontre à l'opérer, et surtout lorsque le cordon est attaché au bord inférieur du placenta. ( foyez $ 940.)

490. Dans le cas de jumeaux, l'on trouve quelquefoisautant de placentasisolés qu'ily ad'enfans: d’autres fois, et c’est le cas le plus ordinaire, ils sont unis dans une certaine étendue de leurs bords, et ne paroissent faire qu'une seule masse ; mais , malgré ce rapport plus intime, il n'existe presque aucune communication entre leurs vaisseaux , ce qui peut avoir des avantages,

491. Quoique les jumeaux semblent avoir un placenta commun dans ce dernier ças,ils n’en ont pas moins chacun le leur, comme dans celui où les masses sont isolées, éloignées les unes des autres ; et ils ont de même leurs membranes très distinctes, c’est-à-dire leur chorion etleuramnios (1).

492, Le placenta peuts’attacherindistinctement sur tous les points de la surface interne de la matrice. Le plus souvent il en occupe les régions moyennes; rarement le milieu du fond, et plus rarement encore la partie inférieure, ou le dessus de l’orifice ; de sorte que son centre réponde au centre de ceux-ci. Il m'a paru constamment plus petit dans le cas où il étoit attaché sur le col de la matrice, sans qu’on püt attribuer cette différence au sang qui s’en étoit écoulé avant l’accouchement; et, comme l’observe Levret, il estalors plus épais dans son milieu quis’élève en forme de gros mamelon , quand il est placé sur un plan verti-

(1) Voyez l’article des Jumeaux, à la fin de cet ouvrage,

Du placenta des jumeaux.

Lieu où s’attache le placenla.

cal (1). Tous les praticiens conviennent aujour-

d'hui des premieres vérités contenues au para-

se précédent ; mais la plupart en ont fait la base d'une multitude d'erreurs plus ou moins

préjudiciables aux progrès de Part,

493. Ce n’est pas l’adhérence du placenta à telle ou telle région de la matrice qui détermine lobliquité de ce viscere, ni les mauvaises positions de l'enfant, comme beaucoup d'auteurs l'ont pensé. Cette masse, en aucun cas, ne change ni la figure de la matrice , ni la forme extérieure du ventre. Nous avons combattu une partie de ces erreurs au $ 277 et suivans : nous tâcherons de détruire les autres dans la suite de cet ouvrage, à mesure que l’occasion d’en parler se présentera.

494. Aucunssignes extérieurs ne peuvent nous instruire surement, avant l'accouchement, dulieu qu'occupe le placenta ; si ce n’est lorsqu'il est sur le col de la matrice, ou tout-à-fait dans le voisinage, que le doigt peut nous le faire découvrir. Mais il est facile d'en juger après la sortie de l’enfant, en suivant le cordon jusqu’au-dessus de l'orifice, et en observant s’il descend de la partie antérieure, de la partie postérieure, ou bien de l’un des côtés de la matrice. Ce n'est qu'après la sortie du placenta qu’on peut juger de combien il étoit éloigné de lorifice, en faisant attention à la distance de l’ouverture due membranes du milieu de la face interne de cette masse. Comme cette ouverturerépond constamment à l’orifice de lamatrice,

————" mm,

(1) Levret, suite de ses observations sur la cause des accouchemens laborieux , édit. quatrième, pag. 68.

DES ACCOUCGHEMENS. 245

etquecelui-ciestdiamétralement opposé au centre du fond de l'organe, lorsqu'elle sera également éloignée de tous les points de la circonférence du placenta, on pourra assurer quele milieu de celuici répondoit au milieu du fond de la matrice : plus elle sera voisine du bord du placenta, plus celuici se sera approché de l’orifice.

499. Quelle que soit la force d'adhésion du Moyens d'uplacenta à la matrice, elle n’a lieu que par un si du ie tissu cellulaire plus ou moins dense et serré : l’on ares ne voit rien dans cette union de semblable à ces espèces d'engrenures dont quelquesuns ont parlé, et cette adhérence plus forte ou plus foible ne vient pas de ce que les mamelons de lun sont plus fortement ou plus foiblement engagés dans les sinus de l’autre.

SECTION V

Des membranes du fœtus.

496. Des deux membranes qui forment le sac Le1 mem. ovoïide qui renferme l'enfant {foyez $ 426), la brane appepremière, ou le chorion, est celluleuse extérieu- lée Choriou, rement, surtout auprès du placenta, où l’on trouve assez souvent un peu de graisse qui la rend plus épaisse, et en quelque sorte opaque.

497. Quoique le chorion, flottant dans l’eau, paroisse extérieurement hérissé d’une espèce de duvet très fin, dans toute son étendue, l’on n’est pas en droit de penser que chaque filet soit autant de vaisseanx lymphatiques; il semble plutôt que ce duvet n’est autre chose’ que le tissu cellulaire par lequel cette membrane étoit liée à la matrice :

2/6 L'ART sans qu'on puisse nier cependant qu’elle n’ait beaucoup de vaisseaux du genre dont il s’agit.

498. Le chorion ne forme point une gaine au placenta ; il passe sous cette masse, qui pourroit être regardée, ainsi que nous l'avons déjà dit au $ 482, comme l'expansion de son tissu cellulaire; si ce n’est que les fibres qui forment les lames dont cette membrane se compose, étant distribuées différemment dans le placenta, ÿ con-

- stituent une espèce d’éponge, que les vaisseaux ombilicaux font paroître plus organisée que le reste.

499. L’on ne trouve à l'extérieur du placenta qu'un feuillet membraneux très mince, qui ne recouvre que les sillons ou les anfracttiosités dont il a été paflé au $ 479, loin d'en couvrir toute l'étendue, comme le chorion même en tapisse la face interne. Si lés diverses lames dont cette membrane est formée sont assez écartées dans le voisinage du placenta, et en plusieurs endroits de sa surface interne, pour admettre un suc adipeux, même quelquefois en très grande quantité, elles se trouvent si rapprochées dans le lieu qui én est le plus éloigné, qu’elles semblent n’en former qu'une seule; ce qui fait päroître là cette membrane d'un tissu plus dense et plus égal extérieufement,

De lamem- 200, L’ainios est une membrane mince et parbrane appe- tout transparénte. Sa face interne est très lisse, et lée Amnios. fouche immédiatement aux eaux qui entourent

l'enfant. Elle est unie au chorion, par toute l’étendue de sa face interne, ait moyen d’un tissu cellulaire extrémement fin; de sorte cependant, que

DES ACCOUCHEMENS. D cette adhérence est plus foible encore à Pendroit du placenta qu'ailleurs, et que ces membranes se détachent très aisément l’une de l'autre dans ce même lieu. .

So1. Ces deux membranes se réfléchissent sur le cordon ombilical, et lenveloppent dans toute sa longueur. L’amnios formé toujours, à la naissance de ce cordon, un repli en manière de petite faux, dont les deux lames s’écartent très facilement aux moindres efforts que lon fait pour extraire le placenta; de sorte qu’il se forme là une cavité plus où moins spacieuse, qui à pu faire croire à des accoucheurs peu attentifs qu'il existoit dans le fœtus humain, comme dans celui de quelques brutes,une troisièmemembrane appelée Allantoïde (Joyez $ 566).

509. Quelques anatomistes ont pensé que l'amnios se bornoit sur le cordon à deux doigts du

lacenta, comme l’épiderme du fœtus le fait près de l’ombilic; mais si on ne peut la suivre plus loin, c'est qu’elle est intimement unie et confondue avec le chorion. |

5o3. Il ne paroît pas-impossible que ces membranés puissent se désunir et s'écarter dans une certaine étendue, pendant la grossesse, pour formér, comme Ja plupart des accoucheurs le pensent, une espèce de poche qui se remplit alors d’une liqueur qu’ils appellent Fausses eaux ; mais cela arrive si rarement, que nous n'avons pas encore observé cette poche à l'examen de Farrièrefaix, quoique nous ayons vu, comme ces accoucheurs, un assez grand nombre de femmes répandre parfois des flots d’eau à diverses époques de la

grossesse, sans que le terme de l'accouchement en ait été avancé.

Vices des D04. Les membranes sont tantôt d’un tissu très nor dense et tres serré, tantôt d’un tissu très fin et à l'accouche- très délicat, ou très lâche. Dans le premier cas ment. elles peuvent retarder l'accouchement, en résis-

tant trop longtemps aux efforts qui tendent à l'opérer. Dans le second, en se déchirant trop tôt, elles peuvent le rendre plus pénible et plus laborieux; non pas, comme le pense le vulgaire, parce qu'il se fait à sec, mais pour d’autres raisons que nous ferons connoître dans la suite (1). 505. L’extrême ténuité des membranes peut également donner lieu à l’accouchement prématuré, chez les femmes dont l’orifice de la matrice s'ouvre de très bonne heure, et surtout chez celles qui ont eu déjà plusieurs enfans; parce que trop foibles alors pour supporter le poids de la colonne de fluide qui presse dans cet endroit, elles se déchirent et lui permettent de s’écouler, quelquefois tres longtemps avant la maturité de la grossesse. Des exemples se présentent en foule à l’appui de ce que nous avançons à ce sujet.

De lamem. 206. On trouve dans les animaux, dont l’ourabrane Allan- que est ouvert dans toute son étendue, une troi- Re sième membrane, placée entre celles dont nous

venons de parler, et qu’on nomme Allantoïde : mais elle n'a pas la même étendue chez tous. Dans les uns, elle n’égale qu’une très petite portion de l’'amnios; en d'autres, à peu près la moitié, et en

(1) VoyezS 627 et suivant.

plusieurs la totalité de cette membrane : l'usage qu'onluiattribue estdeservirderéservoirà l'urine, jusqu'au moment de la naissance de ces animaux.

507. On ne voit rien de semblable dans le fœtus humain, quoique plusieurs anatomistes assurent avoir trouvé et préparé celte membrane : mais quelques exceptions ne détruisent pas la regle générale. Nous Pavons recherchée sur un grand nombre d’arrière-faix, et à tous les termes de la grossesse, sans en avoir trouvé les moindres vestiges. À quoi serviroit une pareille poche, dans le fœtus humain, si au terme de la naissance, et méme longtemps avant, l’'ouraque n'est que ligamenteux (/’oyez $ 513)?

508. Quelques anatomistes font encore mention d’une autre membrane, qu'on pourroit regarder comme le produit de la conception, si elle existoit véritablement et séparément des deux premières dans tous les temps de la grossesse : on la nomme Décidua. Il faut en voir la situation et les rapports, tant avec la matrice qu'avec les autres membranes, dans les tables de Guillaume Hunter, le premier qui en ait parlé bien clairement, Cette membrane ne paroît exister manifestement que dans les premiers mois de la grossesse, et est plus remarquable vers le bas de la matrice que partout ailleurs. Elle s'identifie tellement avec le chorion, dans les derniers temps, qu’on ne Ja retrouve plus distinctement. Nous ne l’admettons en aucun temps comme une membrane particuliére, mais seulement comme un composé de plusieurs lames du chorion.

SECTION VI

Du cordon ombilical.

Structuredu Bog. Le cordon ombilical est connu de tout le cordon ombi- onde, mais sa structure ne l’est pas également. lical, F: x , » « :

Il est formé de deux artères, et d’une veine doit le diamètre est plus considérable que celui des premières. Cette structure n’est cependant pas constante, puisqu'on n'a trouvé quelquefois qu'une seule artère dans le cordon.

510. Ces vaisseaux, dont l’origine est connue d’après le $ 485, se contournent l’un sur lautre, à peu près comme les brins d’osier qui forment Vanse d’un panier; mais tanitôt ce sont les artères quirampentautour de la veine, comme la branche de lierre sur le tronc de l’arbre, et tantôt la veine qui en fait autant à l’ésard des artères. Souvent aussi cette veine se replie sur elle-inême, et forme desespèces d’anses plus ou moinsallongées, ou des espèces de nœuûuds qui sont sujets à devenir variqueux. Ces vaisseaux se trouvent étroitement liés par le tissu cellulaire du chorion, et ne jettent aucune branché dans la longueur du cordon.

511. Ils se divisent etsubdivisent sur la face interne du placenta, pour former le plexus dont nous avons parlé au $ 483; et ils s’écartent les uns des autres à la partie postérieure de l’anneau ombilical, La veine monte, en suivant la grande faux du péritoine, vers la scissure du foie, pour se plonger dans le sinus de la veine porté; et les artères descendent vers les parties latérales du

DES ACCOUCHEMENS. 251 bas-fond de la vessie, d’où elles se recourbent du côté des artères iliaques , dont elles sont presque toujours la continuation.

B19. La veine ombilicale, en s’approchant de Du canal sinus de la véine-porte, se divise quelquefois en veinenx: deux branchés, dont l’une, éonnue sous lenom du Canal veineux, va se rendre dans la veine cave inférieure. Quand cette bifurcation ne se fait pas ainsi, le canal veineux prend naissance du sinus méme de la veine porte; et c’est ce qu'on observe le plus souvent.

h13. Une aûütre éspèce de cordon s'élève du De lourasommet dé la vessie vérs l'ombilic du fœtus, où ilse termine: c’est l’ouraque dont nous avons déjà parlé au $ 506. Il est presque toujours ligamenteux dans toute sa lüngueur, et n'offre aucune cavité à quelque terme qu’on l'examine.

-h14. On ne découvre point de nerfs très appa- Le cordon rens dans le cordon, non plus que dans le pla- ho de centa et les membranes: aussi Ces parties sont- Re elles insensibles.

K15. Le chorionet l’amnios fournissent une Du lieu où

aîne commune aux trois vaisseaux ombilicaux ; le séoréon #6 et la peau du fœtus s’avance d'environ un travers RP de doigt sur le cordon, mais en s'itiincissant de naissance. plus en plus. C'est toujours dans l'endroit où elle se borne que le cordon se détache de lomibilic, n'importe à quelle distance il en ait été lié et coupé apres la naissance dé l'enfant.

516. La longueur du cordon varie beaucoup : De la lonmais elleest communément de vingt à vingt-deux ie du corpouces. Les deux extrêmes que nous ÿ avons r'e- + marqués ont été de six à quarante-huit pouces :

mais on a vu un autre cordon de cinquante- sept pouces, formant sept tours entiers sur le col de l'enfant (1 x

917. Quand le cordon est beaucoup plus long qu'à l'ordinaire, il peut non seulement se contourner sur le col del enfant ou sur d’autres parties, mais encore se nouersur lui-même, comme on l’a tres souvent observé, sans que ces nœuds cependautpuissentoccasionner la mort de l’enfant,ainsi que plusieurs accoucheurs l’ont avancé, ni même influer snrson développement au point de le faire paroître plus petit au moment de la naissance.

518. Quelques uns se forment pendant la grossesse, et même de tres bonne heure; mais il est aussi des cas où le cordon ne se noue qu’à l’instant où l’enfant sort du sein de sa mére : il est facile, dans l'un et l’autre cas, d'expliquer le mécanisme de leur formation. Quel que soit le temps où ils se forment , ils ne peuvent se serrer assez étroitementavant l'accouchement, pours'opposer au cours du sang dansles vaisseaux ombilicaux : la raison en est si évidente, qu’il paroiït inutile de la rapporter ici.

b19. Si cette vérité est incontestable, il faut attribuer à une autre cause qu'à cesnœuds la mort de l'enfant qu’on a vu naître avec le cordon noué, ainsi que la délicatesse et la foiblesse de plusieurs autres. Quand Je cordon se noue d’un vrai nœud, dit Levret, l'enfant périt avant terme, ou bien il

(1) M. L’AHeritier, maître en chirurgie, a été témoin de ce fait à l'Hôtel-Dieu de Paris.

DES ACCOUCHEMENS. 253 naît du moins fort émacié. (Joy. l'Art des Accouchemens, $ 305). Cette opinion, que plusieurs accoucheurs avoient eue avant Levret, et que quelques uns ont adoptée depuis, n’a pu provenir d’une observation suivie. Huit ou dix exemples et bien plus d’enfans nés robustes au moment de leur naissance, quoiqu'il y eût un nœud au cordon, nous paroissent suffisans pour infirmer une pareille opinion.

520. Non seulement un simplenœud du cordon ne sauroit influer sur le développement de l’enfant, mais il peut s’y en former plusieurs avec aussi peu d’inconvéniens : en quelques casou nous en avons trouvé deux, l'enfant étoit aussi gros que de coutume.

521. Un simple nœud, méme plusieurs à une certaine distance l'un de l’autre, ne présentent rien qu'on ne sache expliquer, comme nous l'avons dit au $ 518 ; mais l'on ne conçoit pas aussi clairement comment le cordon peut se nouer jusqu'à trois fois dans le même endroit, et s’entrelacer en manière de natte, comme on le voit sur la planche VIT. Ce fait nous a paru si extraordinaire, que nous avons cru devoir faire graver la pièce, pour en donner une idée à ceux qui ne sont point à même de la voir en nature (1) : nousla conservons dans l’esprit-de-vin. L'enfant dont le cordon étoit noué de cette maniere, pesoitau moins septlivres, et étoittres bien portant (2). Letriple nœud étoit

(1) Voyez planche VII, fig. 2, 5 et 4.

(2) Cet enfant est né le 14 mai 1786.

De la gros-

environ à un pied de l’ombilic, et aussi serré que puisse l'être aucun autre nœud en pareil cas : le cordon, long de trente-six à trente-sept pouces, formoit en outre deux circulaires sur le col de l'enfant.

523. Le peu de longueur du cordon, soit naturelle, soit dépendante deson entortillement sur le col ou sur d'autres parties de l'enfant, ne peut mettre aucun obstacle à l'accouchement, avant que la tête ne soit dehors, quoiqu’on ait pensé le contraire : mais après la sortie de celle-ci, les circulaires qui entourentle col peuventse serrer assez, si l’on n’y fait pas attention, pour comprimer les vaisseaux Jugulaires et donner lieu au gonflement et à la lividité du visage. Il peut aussi en résulter quelques inconvéniens pour la femme, soit avant, soit pendant l'accouchement : comme le tiraillement et le décollement du placenta, la rupture même, partielle ou totale, du cordon. Il faut, à la vérité, pour que ces accidensaient lieu, que la matrice contienne beaucoup d’eau etque l’enfant puisse y faire de grands mouvemens.

b24. Nous ne connoissons aucun exemple, dont on ne puisse douter de la réalité, de la rupture du cordon, soit en totalité, soit en partie , avant le terme de l'accouchement, quoique Levret et autres en eussent cité plusieurs; mais nous sommes certain aujourd'hui, d’après notre expérience même, que cette rupture peut avoir lieu, et qu'il peut en résulter un épanchement considérable de sang dans la cavité même des membranes. (Joy. $ 1084.) | |

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