‹ L'art des accouchemensChapitre 84 sur 136 · AT, L7 COLLIER LL TP · texte numérisé non relu

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quelquefois il est très gréle, et d’autres fois tres seur du eorgros : sa grosseur, dans ces derniers cas, dépend don.

bien moins de celle des vaisseaux que de l’engorgement de son tissu cellulaire, Ce mème tissu

peut se putréfier sans que les vaisseaux ombi-

licaux en soient altérés : d'ou l’on voit que des

enfans peuvent naître vivans quoique le cordon

soit putréfié,

Explication de la septième planche.

Fig. I. Nœud simple du cordon ombilical.

Fig. IT. Nœud composé dont il est parlé au Ghéari. | ; |

Fig. III.Lemêmenœud,vusousuneautre face.

Fig. IV. Le même nœud dans son état de dé- -veloppement.

SECTION VII

Des eaux de l'amnios.

526. Les eaux contenues dans la cavité de l’am- péseaux qui | nios sont pour l'ordinaire claires et sans odeur entourent la désagréable; quelquefois blanchâtres, comme Feu,

laiteuses, et chargées de flocons d’une matière qui paroîit caséeuse; ou elles sont bourbeuses, épaisses comme une bouillie limpide; tantôt d'une couleur grisâtre, tantôt verdätre ou brunâtre, et d’une odeur singulièrement fétide (1). D VUS SEMERRNEERE MAN" EPL PARLES

(x) Elles étoient grisâtres et d’une consistance de boue chez une femme qui accoucha dans mon amphithéâtre, et elles exhaloient une odeur si forte et si désagréable, qu'on ne put rester auprès du lit.

256 L'ART -De leur na- D27. Dans l’état naturel, ces eaux ont tous les caracteres de la liqueur du péricarde, de la plèvre et du péritoine , étant lymphatiques comme cette dernière et légèrement grasses au toucher. Elles exsudent des membranes parun mécanisme absolument semblable à celui par lequel humeur péricardine est versée dans la poche où on la trouve. De leur 228. llestsans doute bien moins raisonnablede source. croire que ces eaux viennent de la transpiration du fœtus,et qu'elles contiennent une partie de ses urines, que de supposer des glandes dans le placenta pour les filtrer, ou des anastomosesentreles vaisseaux lymphatiques utérins et ceux du chorion,quoiqu'aucune de cessourcesnelesfournisse. 929. Ge qui prouve le plus qu'elles ne viennent pas du fœtus, c'est qu’on en trouve avantqu'il ne tombe sous les sens, et qu’elles sont déjà très abondantes dans un temps où il est encore très petit. Ajoutez à cela que le sac membraneux qui tapisse la plupart des môles en est toujours rempli.

530. La couleur de safran qu'on leur a remarquée dans une femme qui avoit fait usage de cette substance (1), et la propriété qu’elles ont de blanchir le cuivre dans celles qui ont reçu des frictions mercurielles pendant la grossesse (2), démontrent qu elles sont fournies par les vaisseaux de la matrice, et qu'elles viennent de la mère.

Des vraies 091. La plupartdes accoucheursen distinguent

et des fausses dedeux espèces :lesuncssontcontenues dans l’ameaux, d

ee

(1) Le baron pe HazLer, Traité physiol. sur la génér. (2) Levrer, l'Art des accouchemens , $ 320.

DES ACCOUCHEMENS. 297 mos, et les autres, selon eux, s’amassent entre cette membrane et le chorion. ou bien entre celui-ci et la matrice. Ils appellent ces dernières Fausses eaux ; et ce sont elles, disent-ils, que bien des femmes rendent quelque temps avant l'accouchement. Ces accoucheurs ne seroient-ils pas dans l'erreur; et les eaux dontil s’agitviendroientelles réellement de ces kistes particuliers qu'on a supposé dépendre de l'écartement des membranes? Nous pensons que, le plus souvent au moins, elles viennent de la cavité de l’amnios méme, et qu’elles s’écoulent par transsudation à travers les pores de cette membrane et du chorion.

532. Quoique la source des eaux de l’amnios ne setarisse pas dansaucun temps dela grossesse,elles sontcependant moinsabondantes relativementau volume de l'enfant, dans les derniers mois, qu'au commencement : mais leur quantité ahsolue est plus grande aux approches de l'accouchement qu’en aucun autre temps, excepté chez lesfemmes qui en perdentcommenous venons de l’annoncer.

533. Rien ne varie davantage que cette quantité absolue des eaux de l’amnios : quelques femmes en versent à peine une chopine (1), même un demi-setier, au moment de laccouchement, tandis qued’autres en répandent plusieurs pintes,.

534. Elles nuisent beaucoup moins par leur abondance que par leur défaut , soit à la mere,

De la quantite des eaut,

soit à l'enfant; car les grossesses les plus doulou- |

reuses et les plus incommodes sont celles où ce

(1) Une livre.

Dr | 47

253 L'ART : | fluide manque: lon ne doit en excepter que le cas où cés eaux sont en si grande quantité, qu'il paroît y avoir hydropisie de matrice plutôt qu'une grossesse ordinaire. | De l'usage 539. Onles regarde comme l’un des instrumens des eaux. qe la nature emploie pour opérer la dilatation de la matrice pendant la grossesse, et pour en ouvrir l'orifice dans le temps de l'accouchement. Leur qualité lymphatique a fait penser aussi qu’elles étoient propres à la nutrition du fœtus. ( Yoyez $ 537 et suiv.) Elles facilitent ses mouvemens, elles lesrendent moins incommodes et moins douloureux pour la mèré, et diminuent pareillement limpression trop vive qu'auroient pu faire les corps extérieurs sur l’enfant. Enfin on a dit qu’elles étoient un des agens de la première inspiration, et qu’elles sérvoient à rafraichir le sang du fœtus, ce qui est assez difficile à comprendre (1).

SECTION VIII

De la manière dont l’enfant se nourrit durant la grossesse.

Opinion des 29306. Tous les physiologistes conviennent que auteurs sur le fœtus tire sa nourriture de sa mère, mais ils Ta ne sott d'accord ni sur la nature des fluides qu'il se nourrit EN reçoit, ni sur la maniere dont elle les lui transdans le sein met. Les uns pensent que ces fluides ne sont que de sa mère. d us blanes: 4 à d

| es sucs blanes , et les autres que c'est du sang.

On a au 237-Le penchant de l'enfant nouveau-né pour

(1) Davi, Traité sur la nutrition.

la succion , et la faculté qu’il a de l’exercer à l'in- que l'enfant stant même de sa naissance, avoient fait croire à . age quelques uns parmi les anciens qu’il suçoit cer- ns tains tubercules de la matrice; et analogie qu'on a cru trouver dans la suite entre la liqueur contenue dans lestomac de ces enfans et les eaux -de l’amnios, à fait penser qu'ils se nourrissoient de celles-ci.

538.Tous ceux qui sont dans l'opinion que l’en- Quelques fant se nourrit des eaux de l’amnios ne pensent R. < pas de même sur la manière dont il reçoit cette en nourriture; les uns assurent que c’est par la voie de T'amnios, de la déglutition, et les autres par celle de l'intus- ee susception. Ou a tort, dit un homme célèbre dont le nom sera transmis à la postérité la plus reculée (1), de croire quele fœtus puisse se nourrir par les pores ; et de nier qu'il avale la liqueur de l’amnios ; tandis qu’un autre(2), dont l'autorité peut être également citée, assure qu'il est permis de douter de la réalité de cette dernièrefonction, et qu'on ñe peut s'empêcher d'admettre l'intussusception : qui croira-t-On ?

539. En examinant attentivement les raisons qu’on apporte en faveur de lune et l’autre opinion , l’on voit qu’elles ne peuvent être admises, et surtout celle où l’on prétend que le fœtus se nourrit par la bouche , en avalant les eaux de l’amnios. Aucune expérience ne le démontre, et en admettant que la liqueur contenue dans l’estomac soit parfaitement seinblable à celle-ci, on

(1) Le baron de Haller. | (2) Levrer, Élémens sur l'art d’accoucher, $ 320.

ne pourroitencore en in{érer qu'ellesertde nourriture à l'enfant, et qu'il en use comimne nous usons des alimens. On ne seroit pas mieux fondé à soutenir cette opinion, quand on vérroit l'enfant rejeter véritablement de la liqueur de l’amnios, par levomissement au moment desa naissance,conme ilen rejette en effet quelquefois. Ds en ont vomiquelques gorgées en notre pr ésence, et quelquefois même mélangée de sang ou de méconium: les uns immédiatement apres leurnaissance, et les autres dans les premières heures : les parens, dans ces derniers cas, nousrappelant promptement au secours de leurs enfans. Plusieurs fois aussi nous avons été obligé de vider la bouche de lenfant qui étoit pleine de glaires sanguinolentes, de sang pur où de méconium, et de la laver an moyen d’un pinceau de linge trempé dans l’eau tiède. 940. L'enfant oil avalé, avant ou après sa naissance, les eaux de l'amnios quenous lui avons vu rejeter, tantôt pures el taniôt mélangées de sang ou de méconium ? lesavoit-il puisées à dessein d’y trouver un aliment, ou bien avoient-elles été poussées accidentellement dans sa bouche? Il est facile de répondre à toutes ces questions, quand on connoit l'espèce de frottement que la face éprouve à mesure que la tête se dégage ; la direction que les forces expultrices impriment aux fluides que contient encore la matrice dans Île dernier moment du travail, et la grande aptitude de l'enfant pour la succion HE déglutition aussitôt qu'il est né. C'est accidentellement que ces fluides , souvent mélangés , sont poussés dans la bouche; c'est toujours dans le dernier temps du

DES ACCOUCHEMENS. 201 travail de l'accouchement qu’ils y pénètrent ; et c'est par une suite de l'aptitude dont nous venons de parler qu'il en passe dans l'estomac, immédiatement après la naissance.

541. Les objections qu’on a faites contre l’opinion qui admet que le fœtus se nourrit par intussusception, ou par la voie de l'absorption, ne paroissent pas aussi bien fondées que celles qui se sont élevées contre la déglutition. Il est certain qu’ilpeut absorberune partie du fluide dans lequel il est plongé, et que celui de l’amnios a quelques propriétés nutritives : mais est-ce là la grande voie de nutrition? Ce que l'enfant puise de cette manière suffiroit-il à son développement dans un temps quelconque de la gestation? Les preuves négativessont trop évidentes pour les exposer ici.

542. Il est bien plus certain que le fœtus tire sa Le fœtus tire nourriture par le cordon ombilical que par toute age es autre voie ; et les preuves en sont si claires, que a personne n’oseroit les contester; mais la même variété d'opinions existe également sur la nature des fluides qui lui sont transmis par ce canal.

543. La difficulté de faire passer les injections, même les plus ténues, des vaisseaux utérins dans ceux du placenta, et vice versd, l'humeur laiteuse qu’on a vue s’écouler des cotylédons qui tiennent lieu de placenta chez les animaux rüuminans, ainsi que l’extrême délicatesse des vaisseaux de l’embryon dansles premiers temps, ont fait croire au ; plus grand nombre des physiologistesque l'enfant ne recevoit de sa mère que des sucs blancs.

544. C'est le fœtus , dans cette hypothese, qui forme son sang, comme on le voit dans le poulet.

En admettant que cela se fasse ainsi , à l’égard du sang qui cireule dans ses propres vaisseaux, parmi lesquels nous comptons ceux du placenta, d'ou vient celui qui remplitabondamment les cellules de cette masse dans les premiers temps de la grossesse, où le fœtus n’est encore qu’une espèce de gelée tendre et délicate , à peine apparente à la v ue, ainsi que celui dont on trouve cette masse si gorgée, dans les cas où on lui donne le nom de Môle ? Ce sont sans doute de pareilles observations qui ont fait croire aux uns que le placenta étoit l'organe de ja sanguification chez le fœtus ; et aux autres, que la mère lui transmettoit du sang tout préparé.

545. On ne peut raisonnablement nierle passage du sang des sinus utérins dans les cellules du placenta. Celui qui les remplit avant que l'embryon ne soit pour ainsi dire ébauché, et dans les cas même où il n'existe pas, ainsi que les pertes qui suivent le décollement de cette masse d'avec la matrice dans tous les temps de la grossesse, le démontrent clairement. Mais il est permis de douter que cesang parvienne jusqu'au fœtns dés les premiers momens de la grossesse, à cause de son extrème petitesse , et de la grande disproportion qui doit exister alors entre les racines de la veine ombilicale et le volume des globules rouges.

Réservoir D46. C’est dans le placenta, même que ces racn cines veineuses viennent puiser les fluides nécespuisent les SATES BU développement du fœtus, et non pas fluides desi- dans les sinusutérins.Sielles n’y pompent d'abord nés à la nu Que des sucs blancs et ténus, elles ÿ puisent dans

trition du fœtus. la suite le sang chargé de ces mêmes sucs nutri-

tifs, comme les veines honteuses et spléniques reprennent le sang épanché dans le tissu caverneux de la verge et de la rate (1).

547. Ilest bien vrai que le sang de la mere ne passe point immédiatement des artères utérines dans les veines ombilicales, et que celui du fœtus, rapporté par les artères qui accompagnent ces veines, ne se rend pas plus directement dans les veines de la matrice : il n’y a point d’anastomoses entre ces deux genres de vaisseaux ; mais il sy rencontre des cavités où le sang arrive de part et d'autre. | {ar

548. Ces réservoirs sont les sinus utérins, contigus aux cavités celluleuses du placenta dont nous avons fait mention plus haut. Les artères utérines y versent le sang de leur côté, comme les artères ombilicales le font du côté du-placenta; et les veines du même nom viennent l'y reprendre, les

RAA L ie) ip it ie ir à: Si t RLÉRR nt

(x) La circulation du sang de la mère au fœtus, et du fœtus

à la mère, nous paroît tellement hors de doute, malgré les nombreuses expériences et les observations multipliées d’après lesquelles plusieurs physiologistes la rejettent encore aujourd’hui, que nous ne pouvons nous empècher de l’admettre. Elle nous paroit démontrée par quelques unes de ces expé— riences , de ces observations même, et par un bien plus grand nombre d’autres. Cette circulation est si évidente, que les partisans de l'opinion contraire n’ont pu s'empêcher de l’admettre tacitement, comme on peut s’en convaincre par la lecture de leurs ouvrages. Nous sommes fâché que les bornes du nôtre ne nous permettent pas de discuter amplement ce point de physiologie, qui a fait constamment le sujet de plusieurs de nos lecons dans chaque cours d'accouchement , tant il nous a paru

intéressant.

264 L'ART unes pour les reporter dans la masse générale

des humeurs de la femme , et les autres pour le conduire au fœtus.

SECTION IX

De la circulation du sang dans le fœtus.

De la dr. 249. Le sang puisé par les racines de la veine culation du Ombilicale dans le tissu caverneux du placenta, sang du fx est versé dans le sinus de la veine porte, où il se

mele avec celui que cette veine a reçu d’ailleurs,

et de là il passe dans la veine cave inférieure, tant par le canal veineux que par les veines hépatiques, pour être transmis aussitôt dans l'oreillette gauche du cœur, par le trou de Botal, conjointement avec le sang qui revient des extrémités inférieures et de quelques unes des parties du bas-ventre et de la poitrine, tandis que l’oreillette droite reçoit de la veine cave supérieure celui qui revient de la tête et des extrémités supérieures {1).

550. L’oreillette gauche pressantle sang qu’elle a reçu de [a veine cave inférieure et des veines pulmonäires, le détermine à entrer dans le ven-

(1) Nous pensions avec beaucoup d’auteurs, lors de la pre- mière édition de cet ouvrage (*), que le sang des deux veines caves étoit versé dans l'oreillette droite, d'où il passoit en partie dans le ventricule droit, et en partie dans l'oreillette gauche ;

(*) Première édition , $ 809.

tricule gauche ; comme laction de loreillette droite pousse dans le ventricule du même côté celui qu’elle a recu de la veine cave supérieure : et ces deux ventricules ie renvoient de nouveau dans toutes les parties du corps , et au placenta méme.

551. Le ventriculé gauche le distribue partout sans exception, et dans le poumon méme, puisqu’il n’est aucune partie qui nereçoive ses artères de l'aorte et de ses principales divisions : mais le ventricule droit chez l'adulte ne le distribue qu'aux poumons. |

559. Chez le fœtus, le sans chassé par la contraction du ventricule droit se partage en trois colonnes presaue aussitôt.qu’il en est sorti, et de ces colonnes, les deux plus petites vont au poumon, tandis que Îa principale est transmise dans l'aorte inférieure par le canal artériel. Cette derniere colonne communique au sang qui à été poussé dans l'aorte par l’action du ventricule gauche, toute l’impulsion qu’elle à reçue elleméme de la force contractile du ventricule droit: de sorte que ce fluide circule dans l'aorte inférieure et dans toutes ses divisions, par la force impulsive des deux ventricules.

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