DIVISION DE L'ACCOUCHEMENT, DE SES CAUSÉS, DE SES SIGNES, ETC
$ 572. La division générale de la grossesse;eñ Diftsren. vraie et en fausse, autant que l'usage, exige qtie ce de l'accounous distinguions l’accouchément proprement he 4e dit, de l'expulsion d’une môle ou dé tout autre pre corps qui seroit le produit de la conception.
573. Quoique la dénomination defausse couche ne convienne que pour désigner la sortie de ces dernières substances, on l’'emploie cependant aussi pour exprimer celle de l’enfant avant le térme de sa viabilité, au lieu du mot avortement qui conviendroit beaucoup mieux,
574: Quand on fait attention à la grande dis- Se proportion qui se rencontre entre plusieurs fœtus penfant pasdu même terme de grossesse, l’on ne peut s’em- se communépêcher de convenir que les uns ne soient viables A un peu plus tôt, etlesautres un peu plus tard, selon leur force et leur constitution individuelle; mais, en général, ils le sont tous d’autant plus qu'ils
Epoque où l’accouchement se fait le plus ordisairement.
Dénominations de l’accouchement ,
276 L'ART naissent dans un temps plus voisin de celui de leur parfaite maturité, et on ne les regarde comme viables qu'au terme de sept mois révolus (1).
57. Les causes qui déterminent la naissance de l'enfant, avant le temps fixé par la nature, peu vent influer sur sa viabilité. Celui de sept mois, par exemple, qui vient naturellement, offre plus d'espoir que celui de huit mois, dont la naissance n'est que l'effet d’une cause violente et accidentelle, d'une maladie aiguë ou chronique, etc.
576. L'époque la plus ordinaire d’accouchement est la fin du neuvieme mois de la grossesse; mais elle n’est pas invariable : on peut naître plus tôt on un peu plus tard. Des femmesaccouchent naturellement à sept mois ou à huit, et d’autres ont porté leurs enfans au-delà du neuvième, sans qu'on puisse soupçonner d'erreur dans leur calcul, ni les suspecter d'avoir marqué à Ja foi conjugale.
577. L'accouchement a reçu différentes dénominations, selon le temps de la grossesse où'il se
(1) Un enfant peut naître vivant et ne pas être viable, car pour être tel , il faut que tous les organes destinés à l'entretien de la vie soient dans un état de perfection qui leur permette de remplir ces mêmes fonctions. Nous avors vu beaucoup d’enfans naître vivans au terme de six mois, et pas un n’a survécu au-delà de cinq à six jours , malgré tous les soins qu’on s’est donnés pour les conserver; aucun du terme de cinq mois n’a été au-dela de quelques heures; et la majeure partie de ceux de sept mois n'ont point parcouru une plus longue car-— rière que les enfans de six, malgré tous les exemples qu'on cite pour faire croire le contraire : il y a eu souvent excès de crédulité, erreur ou mauvaise foi,
fait , et la manière dont il s'opère. On le nomme selon le ter- Fausse couche, avant le septième mois; Accou- me de la groschement prématuré, depuis cette époque Jus- us dc: qu’au huitième mois et demi; et Accouchement
à terme, toutes les fois qu'il ne se fait qu'à la fin
du neuvième. |
578. Parrapportàlamanière dontils’opère, on selon ta l'appelle Naturel, Contre nature et Eaborieux, etc. manière dent Ces distinctions scolastiques étant arbitraires, !*°P9: nous considérerons les accouchemens sous trois ordres principaux : 1° les accouchemens qui se font naturellement; 2° les accouchemens qui exigent les secours de l'art, et qu'on peut encore opérer avec la main seule ; 3° les accouchemens qui ne peuvent se faire qu'à l’aide des instrumens, ou dans lesquels il est utile de les employer.
579. Si l’action des organes de la femme ne suffit pas pour opérer l’expulsion du fœtus dans ce second et troisieme ordres , elle en commence au moins letravail; cequi faitque tous les accouchemens ont des causes communes et des causes particulières, que l’on peut encore distinguer en déterminantes et en efficientes.
580. Les causes communes, que nous allons 4 accoudévelopper, suffisent pour opérer les accouche- chemens ont mens du premier ordre. Quant aux causes par- re ticulières, comme elles sont différentes, non n seulement dans chaque ordre, mais encore dans culières. chaque espèce d'accouchement, il n’en sera fait mention que dans la suite.
ARTICLE PREMIER
SECTION PREMIÈRE
Des causes déterminantes de l’accouchement
Causes dé. D81. Les causes déterminantes de l’accoucheterminantes ment sont toutes celles qui peuvent exciter la D ar matrice à se contracter et à se délivrer des sub-
stances qui constituent la grossesse. Les unes sont accidentelles et produisent l'avortement ou l’accouchement prématuré; et les autres paroiïssent naturelles, en ce qu'elles agissent presque toujours au même terme, et rarement avant la fin du neuvième mois.
Opinions 82. Les physiciens ont pensé différemment de des auteurs ces dernières; les uns les attribuent au fœtus, et scæsuel les autres à la matrice même. Les premiers ont
cru que l'enfant excité par le manque de nourriture , le besoin de respirer, le poids incommode du méconinum sur le canal intestinal, ete., sollicitoit sa sortie et s’efforçoit de vaincre tout ce qui s’y opposoit, sait en provoquant l'action expulsive de la matrice, soit par ses propres efforts. Les autres ont imaginé que la matrice n’étoit invitée à se contracter que par l’acrimonie des eaux de l’amnios, ou la distension violente qu’elle éprouve à la fin de la grossesse, Mais ces opinions ont été si victorieusement réfutées, que nons pourrions ne pas nous en occuper.
583. Ce ne peut être ni le besoin de respirer ni le manque de nourriture qui portent le fœtus à
solliciter son expulsion, lorsqu'il est mort depuis quelque temps; ce n’est pas non plus l’impression que pourroient faire les eaux de l’amnios sur les parois de la matrice, quand elles seroient réellement acrimonieuses, ni la distension violente des fibres de cet organe, qui provoquent les efforts de l'accouchement, lorsqu'il se fait prématurément, puisque ces eaux ne touchent pas immédiatement la matrice, et que celle-ci n'est pas encore portée à son dernier degréde développement dans
le cas énoncé.