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Le relâchement qui suit toujours la con

traction de la matrice, ou le calme qui succède à chaque douleur, présente autant de différences que ces mêmes douleurs. Il est ordinairement très long dans le commencement du travail, et à peine dure-t-il trois ou quatre minutes sur à fin

593. Ces diftérences, d’ailleurs, ne sont pas les mêmes chez toutes les femmes, ni chaque fois qu’elles accouchent. Chez quelques unes les contractions de la matrice se succèdent rapidement et avec force, et laissent peu d'intervalle : chez d’autres, au contraire, elles sont foibles et rares. Dans un accouchement elles suivront une marche accélérée, et dans un autreune marche tres lente, quoique chez la même femme , et c'est de là que dépend en général la durée plus ou moins longue du travail : tandis que sa force ou sa foiblesse est toujours en raison des obstacles qui rendent la sortie de l'enfant plus ou moins difficile, en supposant la femme d’une force et d’une constitution ordinaires.

594. Nous avons fait observer au $ 239 que toutes les parties de la matrice se contractoient en méme temps. Le resserrement qu'éprouve orifice dans le commencement du travail, et la roideur de son bord même pendant la douleur, prouvent clairement que la contraction de ce viscère est générale, et qu'aucune de ses parties, dans l’ordre naturel, n’est en repos, comme quelques uns l’avoient pensé, pendant que les autres agissent.

595. L'effet de la contraction de la matrice est d'en resserrer la cavité dans tous les sens. Si l'enfant, pressé de toutes parts dans un pareileffort,est contraint d'en sortir, c’est que la résistance qu’il

: éprouve n’est pas égale partout : il s'échappe toujours par l’endroit qui lui en oppose le moins.

596. Si l’orifice est presque toujours cette voie, c'est parce que les fibres sont plus rares dans son voisinage que partout ailleurs; qu'il est diamétralement opposé au centre qui sert comme de point d'appui à toutes celles qui forment la matrice; qu'il se trouve à la partie inférieure et sur le vide du bassin, où il n’est en aucune maniere fortifié par les parties ambiantes, comme lesont les autres régions de la matrice, et que tous les efforts de l'accouchement sont dirigés vers ce point.

597. Quand Forifice ne peut pas s'ouvrir, si toutes les parties de la matrice résistent également, la nature s’épuise en vain, et le travail cesse à la longue : mais si un point de cet organe se trouve plus foible , ilse déchire, et lenfant passe en totalité ou en partie dans l’abdomen.(oyez l'article sur la rupture de la matrice.) |

508. Ce seroit ignorer les principaux usages des muscles abdominaux et dn diaphragme, que.de leur refuser quelque part à l'expulsion du fœtus : ce seroit en même temps fermer les yeux à la lumière de l'expérience et de l'observation; car la preuve qu'ils y contribuent est si évidente, que personne ne peut la méconnoitre.

599. Exciter les efforts de la femme, lui recommander à chaque douleur de presser vivement en bas, n'est-ce pas avouer, en effet, la nécessité et l'efficacité de la contraction de tous ces muscles ? S'il en falloit d'autres preuves, eiles se trouveroient dans l'exemple des femmes, dont la matrice chargée de l'enfant a été expulsée presque en to-

Un grand hombre de muscles concourent par leur action à Pexpulsion

du fœtus, et

surtout ceux

de

men.

l’abdo-

28/ AMAFART talité de la cavité du bas-ventre, dans le moment des efforts qu'elles faisoient pour accoucher.

600.Ces efforts sont semblables en tout à ceux que fait la femme, dans un état de constipation, pour aller à la garde-robe. Ils déterminent la sortie des urines et des excrémens; ils produisent le refoulement du sang vers les parties supérieures, et donnent lieu à la rougeur de la face, à la pesanteur de la tête,aux vertiges, à l’assoupissement, etc. Ces efforts paroïssent soumis à la volonté dans les premiers temps de l'accouchement, la femme pouvant alors les suspendre ou les accélérer ; maïs il n'en est pas de même dans les derniers momens, et c’est souvent en vain qu'on cherche à fui persuader qu’il seroit avantageux de les modérer, pour donner plus de temps aux parties externes de se dilater, et éviter par là des déchirures dont les suites sont quelquefois tres désagréables : elle ne sent plus que le besoin de se délivrer, et celle qui a perdu toute connoissance auparavant fait les mêmes effortsque celle quien jouit pleinement.

6o1. Par ces efforts, les muscles abdominaux et le diaphragme ne contribuent pas seulement à l'expulsion du fœtus, mais en devenant en quelque sorte contigus à la matrice qu'ils pressent de toutes parts, soit médiatement, soit immédiatement, ils lui servent encore comme d’arc-boutant, et la mettent, dans beaucoup de cas, à l'abri de la rupture, qui auroit été sans cela bien plus fréquente qu’on ne la observée.

602.Ces muscles n’agissent jamais plusfortement sur la matrice et sur les autres viscères du basventrequelorsqueles parties osseuses auxquelles

DES ACCOUCHEMENS. 280 ils sont attachés deviennent fixes et immobiles ; c’est pourquoi la contraction d'un grand nombre d’autres muscles semble également nécessaire à l'accouchement; mais ces derniers n’y cooperent que d’une manière très indirecte.

603. Pendant que les sterno-mastoidiens , les scaiènes , les grands et les petits pectoraux, les dentelés et autres retiennent la poitrine et l'empêchent d’obéir à l'action des muscles abdominaux, la plupart de ceux qui sont destinés aux mouvemens des cuisses et des jambes en font autant à l'égard du bassin. :

604. En jetant les yeux sur une femme livrée entièrement à elle-méime dans les derniers momens du travail de Paccouchement, il est facile de reconnoître que tous ces muscles agissent en méme temps. Des qu'elle éprouve leresserrement intérieur qui lui annonce la douleur, elle cherche à s'appuyer les reins, elle renverse en arrière le tronc et la tête, elle s’arc-boute des pieds et des mains contre les premiers corps solides qu'elle rencontre, et elle se roidit en poussant de toutes ses forces.

ARTICLE Il.

Des principaux phenomenes du travail de

l'accouchement.

° 605. Nous croyons qu'il est à propos d'exposer en particulier la plupart des phénomènes de lac-

couchement, tels que la douleur, la dilatation de

orifice de la matrice, la sortie des glaires san-

guinolentes, et la formation de ce qu'on appelle vulgairement la poche des eaux, avant d'indiquer l’ordre dans lequel ils se manifestent ; ainsi que d’autres dont il sera parlé dans la suite.

SECTION PREMIÈRE

De la douleur.

De la dou 606. La douleur est le premier phénomène PE gs sensible au travail dé l'accouchement : c'est elle de ses causes, Qui l'annonce, et aucune femmé ne peut enfanter

sans l'éprouver.

607. Elle paroît l'effet immédiat de la contraction de la matrice; mais il faut que cette action ait déjà passé par plusieurs degrés pour qu’elle se fasse sentir. Dans le commencement cette contraction est si légère, que la fémme n’en éprouve qu'une espèce de sensation intérieure assez semblable à celle du ténesme.

608. La violence des douleurs de l’enfantement ést toujours proportionnée à la force des contractions qui les déterminent. Comimne cés dernièrés sont très foibles dans le commencement du travail, les douleurs sont alors si légères, qu'il est passé en usage de les désigner sous le nom de Mouches. Si elles sont plus longues et plus aiguës sur la fin, c’est que l’action de la matrice est plus soutenue et plus forte, que les fibres de ce viscère sont plus tendues, qu’elles sont devenues plus sensibles, et qu'elles agissent sûr un corps qui leur résiste davantage. La violence et la distension qu'éprouve alors le bord de l’orifice n’en sont qu'une cause accessoire. |

DES ACCOUCHEMENS. 287 6og. Les douleurs de lenfantement ne se font pas toujours sentir de la même maniere. Tantôt

De la ma-

n'ere dont se font sentir les

elles commencent du côté des reins et vont se douleurs de

perdre en en-bas; tantôt elles se font sentir vers lombilic ou d’autres parties du bas-ventre, et passent du côté des lombes, où elles tourmentent cruellement les femrñes. Les meilleures sont celles qui portent sur l'orifice de la matrice ou vers le fondement,

610. C’est avec raison que les femmes redoutent ce qu’elles appellent douleurs de reins, bien plus que celles qui pressent vivement en en-bas, parce qu'elles avancent moins le travail, et qu’elles trainent toujours à leur suite, non ce calme satisfai-

l’enfantement.

Des douleurs de reins,

sant qui succède aux dernières, mais un malaise

et un accablement qui les rendent moins sup-

portables, et qui en font craindre la récidive, 611. Ces douleurs de reins s’annoncent souvent

des le commencement du travail, et d’autres fois

un peu plus tard ; mais rarement elles continuent

jusqu’à la fin. Il est difficile d’en assigner la vraie cause : les uns ont assuré qu'elles dépendoient du tiraillement des ligamens ronds postérieurs de la matrice, et les autres de l’obliquité de ce viscère. nous à paru qu’elles étoient plus ordinaires chez les femmes dont le placenta étoit attaché à la partie postérieure de la matrice, que chez les autres : cependant on ne peut les attribuer uniquement à cette cause.

612. On a cherché de tout temps à calmer ces sortes de douleurs. La saignée et les lavemens émolliens ont quelquefois réussi, mais le plussouvént ces moyens ont été employésinutilement, si

288 L'ART l’'onnefait attention qu'à l’effetqu'onenattendoit. Ce qui a paru Jusqu'ici le plus propre à soulager les femmes en pareil cas, c’est de les soulever pendant chaque douleur, us moyen d'une serviette roulée, passée sous les lombes.

Des fausses 019. Ilest un autre genre de douleurs, qui mé-

douleurs. ritent à Juste titre le nom de’Fausses douleurs re- Jativement à l'accouchement, parce qu’elles y sont étrangères. Quelquefois elles ont leur siége dans le canal intestinal, et souvent elles trompent les femmes incertaines du terme de leur grossesse , ou quin’attendent que le momentdel’accouchement; parce que leur effet se porte du côté da Lu osent comme celui des vraies douleurs de } nu

SECTION II

De la dilatation du col de la matrice,

De M 614. La matrice est presque toujours entr tation de l'o- ouverte avant le terme de l'accouchement. On en rifice de la découvre la cause en suivant pas à pas la marche cn « naturelle du développement de ce viscère, et en

faisant attention à tout ce qui se passe du En de son orifice dans les derniers temps de la grossesse.

615. La cause de ce premier degré de dilatation étant bien connue, doit jeter le plus grand jour sur le mécanisme de celle quis’opère dans le temps même du travail de l’accouchement, et nous faire voir qu'elle n'est pas l'effet immédiat de l’ espèce de coin que présentent à l’'ornifice les substances soumises aux contractions de la matrice.

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