INTRODUCTION
Malgréles progres éclatans que l’art des accouchemens n’a cessé de faire depuis la fin du xvn° siècle, et les ouvrages multipliés qui ont paru sur cette matiere, nous avons pensé qu’il restoit encore quelque chose à faire pour son avancement, en faveur des Jeunes gens quise destinent à le cultiver. C'est à la sollicitation du grand nombre de ceux qui avoient suivi nos cours et quiles suivoient alors , que nous avons entrepris celuici, dont la première édition parut en 1781.-Nous nous y sommes livré d'autant plus volontiers qu'après avoir bien médité ceux qui étoientle plus connus , nous nous trouvions embarrassé sur le choix de celui qui leur convenoit Je mieux pour se préparer à nos leçons, ou pour se rappeler les choses qui n’échappent que trop facilement à ja mémoire (1); aucun ne renfermant un corps de
(1) Les mèmes considérations nous ont engagé à angmenter de beaucoup la seconde édition en faveur ges élèves qui n’asoient pu suivre nos cours, et qui attachoient quelque prix à cette perte, pour qu'ils pussent s'en dédommager; une pratique trop étendue ne nous permeltant pas de continuer l’en-
il INTRODUCTION.
doctrine complet sur la partie de l’art qui regarde Popération, et qui faisoit essentiellement l’objet de ces leçons. Il faudroitse les procurer tous, pour avoir la chaîne des principes qui constituent cet art; et encore resteroit-il quelque chose à désirer. L'erreur, dans la plupart, y est si voisine de la vérité, et les préceptes s’y trouvent enveloppés d’un nuage si épais , que leurs auteurs semblent n'avoir écrit que pour eux. Ajoutez qu'il n'y a pas un seul de ces auteurs qui soit parfaitement d'accord aveclui-même, qu'on ne trouve souvent en contradiction avec ses principes, qui ne soit arrêté à chaque pas, et qui ne s'écarte de la route qu'il a tracée ou qu'il a voulu tracer.
L'art d’accoucher est cependant un art de pratique , un art dont les principes sont certains, et dont toutes les opérations peuvent étre portées, pour ainsi dire, jusqu’à la certitude géométrique, l'accouchement n’étant en soi qu'une opération mécanique soumise aux lois du mouvement, «ll » s'en faut peu, disoit le savant /struc, vers le » milieu du siècle dernier, que l’art d’accoucher » n'ait atteint sa perfection ,etqueles opérations » qu'il faut faire dans l'exercice de cet art ne
seignement dle vive voix, ne nous laissant pas l'espoir de re-
prendre ce genre de travail qui avoit fait longtemps notre plus
douce jouissance, ni qu’un jour nous serions appelé à l’une . ; S "
des chaires de professeur d'accouchement, dans l'École de
Médecine de Paris, et que la confiance publique qui nous
avoit détourné de l’enseignement, nous feroit un devoir de
rentrer dans cette carrière, après huit années d'interruption ;
consacrées entièrement à l’étude et à l’exercice de l’art,