‹ L'art des jardinsChapitre 10 sur 341 · RÉSUMÉ HISTORIQUE DES JARDINS DE L'ANTIQIMTÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ HISTORIQUE DES JARDINS DE L'ANTIQIMTÉ

Le lieu de délices par lequel Dieu avait terminé sa création et où l'homme devait prendre place était le jardin par excellence, le Paradis. L'Écriture sainte nous le dépeint sous des couleurs d'une grande magnificence. « Dieu tout-puissant, dit Bacon, planta le premier un jardin, et c'est bien en effet le plus pur des plaisirs humains. » Le premier homme et sa compagne, dans l'état inetïable de leur pureté native, passaient leur temps à le parcourir, à le cultiver, à l'admirer, à en savourer les produits, à y louer l'auteur de toutes choses. Nous verrons plus loin comment, dans la description de ce séjour enchanteur, le poëte anglais Milton donna dans sa plus noble et sa plus riante expression l'idée des jardins de la nature, qui s'est implantée peu à peu dans notre civilisation et a inspiré les plus beaux jardins de notre époque.

Les peuples orientaux ont sucessivement placé l'Éden, soit entre le Tigre et l'Euphrate, soit auprès de Damas, soit même à Ceylan. Un auteur Scandinave va plus loin, dans une hypothèse qui ne saurait s'appuyer sur aucune vraisemblance : un patriotisme exagéré lui a fait écrire un livre pour prouver que le Paradis terrestre a dû être en Suède.

Les poètes du paganisme ont aussi chanté le premier et le plus beau des jardins. Il semblerait que toutes les nations se sont entendues pour choisir un Éden comme séjour de la suprême félicité. Le vieil Homère parle des îles de Chypre et de Cythère comme de délicieuses retraites où les plantes parfumées et les plus belles fleurs produisaient un éternel printemps. Il célèbre les fontaines aux ondes argentées, les gazons émaillés de violettes et de fleurs aromatiques, les pampres fertiles de la vigne, la grotte où Calypso chantait harmonieusement auprès des ombrages épais formés par les aunes, les cyprès et les peupliers*.

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