POLYGONES
de la périphérie.
partant du centre.
Degrés.
Degrés.
Triani,'le
GO
Cairé
1 kl < '
6" Tracer au cordeau un cercle ou un arc de cercle. — Opération élémentaire par excellence. Elle consiste à placer au centre du cercle un piquet, à fixer la boucle d'une ficelle égalant en longueur le rayon ou moitié du diamètre, et à promener circulairement l'extrémité de cette ficelle en traçant une ligne au moyen d'un piquet fixé au bout du cordeau libre.
7° Tracer une ellipse dont le grand axe seul est connu. — Divisez la ligne AB (fig. 79) en trois parties égales. Avec la longueur d'une de ces parties pour rayon, tracez des points E et F comme centres, deux cercles dont les circonférences se coupent en CD. g Les quatre centres de l'ellipse seront EF, CD. De C menez deux diamètres qui passeront par les centres EF et s'arrêteront sur les circonférences en IJ et autant ^.^ du point D. Du point C avec un cordeau dont l'extré-
mité opposée porte un piquet-traçoir, joignez les deux circonférences par un arc qui les rencontre en IJ, et vice versa du point D
eii GH. L'ellipse sera régulière, et c'est là sa forme la plus simple.
On peut encore tracer, d'une manière très-commode et expéditive, ce qu'on appelle Y ovale du jardinier. C'est une ellipse dont une seule dimension est connue, celle du grand diamètre. On l'emploie fréquemment pour la formation des corbeilles de fleurs généralement adoptées aujourd'hui.
Étant donnée une longueur AB, qui sera celle de la corbeille (fig. 80), prenez une distance AC qui sera environ le tiers de la ligne, et reportez-la en BD, en mettant un piquet aux points CD. Passez une corde double et libre autour des piquets CB, en laissant le piquet D au milieu, et, avec une pointe de traçoir commençant en B, suivez la ligne elliptique BE en tendant la corde qui tournera régulièrement autour des deux centres CD et formera une ellipse.
8" Tracer au cordeau une ellipse dont les deux axes sont donnés (fig. 81). — Il peut arriver que les deux axes d'une ellipse soient déterminés d'avance et qu'il faille en reproduire rigoureusement les dimensions.
Soit AB le grand diamètre d'une ellipse divisée en E en deux parties égales parle petit diamètre CD. Prenez la moitié de CD et mesurez sur AB une même longueur donnant A F. Divisez FE en trois parties égales dont vous reportez l'une en G sur FA. La longueur A G reportée sur BE donnera le point H. Construisez avec le cordeau deux triangles équilatéraux (voir paragraphe du procédé n" 3) ayant pour base commune G H et pour sommets IJ, et prolongez-en les côtés indéfiniment. Avec GA pour rayon tracez l'arc de cercle KAL et avec II B l'arc MBN. Vous compléterez l'ellipse en menant deux autres arcs avec I et J pour centres et touchant la circonférence aux points KM et LN.
Tel est le procédé le plus pratique, à ma connaissance, pour tracer les ellipses dont on connaît les deux diamètres. Naturellement les autres ellipses inscrites ou circonscrites seront faciles à tracer, puisque les centres seront identiques.
Les jardiniers trouveront à appliquer fréquemment les procédés pratiques et simples que je viens d'indiquer, et ces moyens suffiront, avec un peu d'intelligence et d'expérience, pour résoudre la plupart des petits problèmes du tracé des jardins géométriques, lorsque l'opérateur manque d'instruments.
Il reste à examiner quelques-unes de ces applications. Je prendrai, par exemple, les Hgnes mères du jardin fleuriste ou parterre que j'ai dessiné dans le parc de M. II. Oppenheim, à Sèvres (fig. 82).
Ce parterre peut être tracé au cordeau, sans le secours d'aucun instrument de précision.
TRACÉ SUR LE TERRAIN
La portion centrale et rectangulaire AA, avec ses plates-bandes A' A', présente l'occasion de mettre en pratique les procédés n" 1,2, 3, k, sur le tracé des perpendiculaires, la construction des triangles et des rectangles.
La partie B offre une application des tracés du cercle et des arcs de cercles n" 6.
En C, D, E, se trouvent des polygones de différents types, octogones, carrés, pentagones, inscrits dans des cercles et faciles à construire par les procédés n" 5 et 6.
La lettre F se rapporte au bassin central en forme de rectangle (n° h).
L'ellipse se retrouve dans la corbeille de fleurs G, et peut être tracée suivant l'un des trois modes indiqués n"' 7 et 8.
Enfin en H sont des lignes parallèles {n° h).
Les parterres de broderie présentent un dessin plus compliqué. Le meilleur moyen et le plus expéditif pour les reproduire est de quadriller complètement le plan avant de procéder au tracé (on appelait au xvn^ siècle ce mode d'opérer mailler). Si l'échelle est de 1 centimètre pour mètre, on trace ensuite sur le terrain autant de carrés de 1 mètre qu'il y a de carreaux d'un
Fig. 82. — Tracé d'un parterre.
centimètre sur le plan. La surface sera unie préalablement. On dessine alors au piquet pointu ou traçoir les arabesques du projet, et les planteurs de bordures, de buis ou autres plantes, suivent les petits sillons marqués en effaçant le quadrillage du dessous.
Le tracé des jardins réguliers d'utilité, vergers, potagers, jardins frui-
tiers, d'institutions, (l'écolcs, scientifiques, etc., est de la même simplicité, il ne diffère que par les proportions. L'angle droit y domine, et l'on doit apporter le plus grand soin à bien établir les axes et leurs perpendiculaires.
Une recommandation importante, dans le tracé détaillé des parterres et des jardins symétriques d'utilité, est d'employer une grande quantité de cordeaux. En effet, il arrive, en traçant seulement avec des piquets auxquels on enlève les cordeaux pour marquer d'autres lignes, que ces piquets se dérangent, se penchent, tombent, ou que leur épaisseur suffit pour motiver des erreurs sur de longs parcours. Je conseille donc de laisser les grandes lignes profilées par des cordeaux bien tendus et se coupant dans tous les sens, pour établir avec précision le tracé d'un jardin régulier.
Lorsque le tracé des jardins réguliers a lieu sur des terrains fortement inclinés, on prendra soin de l'effectuer d'après la projection verticale et non suivant le développement de la surface du sol naturel. Cette précaution est indispensable. Les points principaux, surtout les lignes d'opération, seront fixés en tendant les cordeaux horizontalement et en marquant par le fil à plomb la place des piquets sur le sol. Alors on plantera des piquets assez longs pour qu'une partie en soit visible pendant toute la durée des travaux, même si l'autre partie devait être couverte par les remblais. Si leur longueur première est insuffisante, on peut, sans les déplacer, leur ajouter à la partie supérieure un autre piquet ou une balise qui restera toujours apparente.
Il est très-important de vérifier les angles et le parallélisme des droites d'un jardin régulier avant de commencer les travaux de terrassement, de clôture, de maçonnerie. On évitera ainsi des fausses manœuvres et des erreurs de mesurage dans le tracé des détails.
En avançant dans les chapitres suivants de ce livre, on verra que le tracé des objets spéciaux dans l'ornementation des jardins est plus compliqué que les éléments exposés ci-dessus ne le feraient croire. J'ai voulu simplement indiquer des moyens faciles, et qui suffisent le plus souvent pour les travaux du tracé des jardins. Avant tout, il faut s'adresser au grand nombre des amateurs, et les complications dans les procédés et dans l'ornementation doivent être écartées.