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Fig. 117. — Allée d'accès, d'après Scott.
conifères C. Quel([ues massifs DD et des arbres isolés sont destinés à orner le voisinage.
Aucun de ces dessins, à mon avis, n'est recommandable. Un procédé (]ui consiste à cacher à tous les regards une entrée de l'habitation où la vie intime n'a rien à dissimuler me paraît peu en rapport avec les idées larges de la vie moderne à la campagne.
Le système allemand, dans ses manifestations les plus intelligentes, me semble préférable. Les exemples suivants en font foi.
Dans la figure 118, proposée par M.L. Abel, l'entrée de l'allée A est suf-
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Fig. 118. — Allée d'accès, d'après L. Abel.
fisammcnt masquée de la maison, à laquelle on accède en B par une courbe d'un seul rayon. Les massifs DE en cachent les deux extrémités, et dans
■RAVAUX D'EXECUTION.
ALLEES
leur intervalle G, on peut avoir la vue réciproque de la route el de la maison devant laquelle est plantée la corbeille de fleurs C.
Le dessin de M. Meyer, du même genre (fig. 119), est très satisfaisanl.il
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Fig. 119. — Allée daccès. trapics G. Moyer.
serait meilleur encore s'il n'était coupé en C par une allée, inutile dans un espace si restreint. Les entrées AB sont habilement masquées, et la façade de la maison DD est ornée de corbeilles de fleurs d'un dessin
élégant et varié.
Au contraire, les voies dans le genre de celle que représente la figure 120 en A A, empruntée à M. Siebeck, doivent être repoussées comme reproduisant le défaut reproché tout à l'heure aux jardins paysagers modernes en France. Le grand espace sablé, nu, hors de proportion avec les allées, les pelouses, les massifs, le parterre G situé sur l'autre face de l'habitation B, les deux arbres isolés DD, placés comme deux sentineUes , sont autant de défauts qu'il suffit de signaler pour qu'on cherche à les éviter.
Il en est de même du dessin 121, dû à M. L. Abel, et dont l'effet sur le ^ " — — — terrain ne correspondrait pas à la Fig. i-20. — AUoo d'accès, d'après Siebeck. combinaisou architecturale imaginée par l'auteur. De la maison A, la vue couperait en deux parties égales le parterre G, entouré des pelouses BB, et dont le centre est occupé par un bassin. Une avenue curviligne DD, avec un rang d'arbres intérieur et deux extérieurs, donne des raccourcis désagréables, encore augmentés par les
coupures variées des parterres à compartiments. L'effet perspectif sur le terrain doit toujours inspirer le crayon de l'artiste sur son projet.
Ces combinaisons diverses montrent de quelle variété le débouché de l'allée d'arrivée sur l'habitation est susceptible. Toutefois, si les divers genres que nous venons d'examiner trouvent des applications satisfaisantes dans des circonstances spéciales, pour les grands parcs la voie d'accès dessinée dans la figure 63 (page 271), déjà citée, sera préférable. Son amorce I sur la route et la loge n sont masqués du château par les massifs T ; avant d'atteindre le groupe d'arbres isolés C, on a une première fois la vue de l'édifice, cachée de nouveau par le massif en écran L jusqu'à ce qu'on débouche sur le parterre U d'où le château se développe dans une direction
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Fig. 121. — Allée d'accès, autour d'un parterre, d'après L. Aboi.
angulaire. Cette voie n'a qu'une contre-courbe, elle forme un accès naturel et se relie harmonieusement aux voies de promenade du parc. Ces sinuosités modérées donnent un grand attrait aux voies d'arrivée ; et s'il est vrai, comme l'a dit Ilogarth, que la nature ait horreur de la Hgne droite, c'est dans les courbes douces et non dans les brusques crochets qu'il faut chercher cette ligne serpentine qu'il préférait. Je conseille de choisir le rayon de 30 mètres comme minimum pour les courbes des allées d'arrivée, si l'on ne se trouve pas en pays de montagnes, et l'emploi alternatif de sinuosités présentant à peu près le même degré de courbure.
Le choix du côté de l'habitation où aboutit l'allée d'arrivée n'est pas indifférent. On recommande avec raison de soigner cette voie et ses abords,
ALLÉES
de chercher à produire une impression favorable sur l'étranger dès son entrée. Cependant il ne faut pas produire à la fois toutes ses richesses. La façade de l'habitation donne-t-elle au midi, sur les scènes variées du parc, on arrivera par le nord, n'ayant aperçu qu'une partie des beautés du heu. En pénétrant dans l'habitation, le paysage opposé se développera dans tout son imprévu et séduira davantage. L'Angleterre est remplie de ces charmantes surprises. En France, elles sont plus rares, mais on pourrait citer des provinces du centre qui en possèdent, notamment les châteaux de la Touraine. C. Downing, le grand paysagiste américain, a décrit les bords des rivières HudsonetConnecticut, dans les États-Unis, comme des exemples de ces doubles effets paysagers. Les propriétés y ont deux faces, le front d'entrée, plat, simple, froid, avec porche ou portique du côté de la route et de l'entrée, et le front de rivière ou opposé, qui se révèle dans toute sa beauté par les fenêtres principales.
Le meilleur tracé d'une allée d'arrivée serait la direction moyenne que prendrait un habile cocher pour déposer les voyageurs au perron de l'habitation. Il suffirait de régulariser ses courbes, de leur donner un rayon plus égal, pour obtenir un résultat rationnel et agréable.
On doit se garder de planter des arbres à distance régulière sur les bords d'une allée sinueuse. Si cette allée contourne un coteau dénudé, exposé au plein soleil, on ne se départira pas de cette règle, de crainte de couper les perspectives par des lignes confuses et des raccourcis mal venus. Quelques groupes alternés avec art, se prêtant par leur ombrage un mutuel appui, suffiront le plus souvent pour obtenir l'effet cherclié.
L'importance de l'allée d'arrivée est telle que je conseillerais volontiers de lui subordonner entièrement les allées secondaires qui sont en connexion avec elle. Il sera possible, le plus souvent, de les faire passer par-dessous, au moyen d'un pont ou d'un tunnel qui conduira l'allée de promenade en la tenant isolée de la circulation des voilures. Cette disposition, que MM. 01msted et Vaux ont si heureusement introduite dans le parc central de New- York, produit les meilleurs résultats.
Dès que l'allée d'arrivée est embranchée sur la route, elle doit se diriger, comme je l'ai dit, de la manière la plus naturelle vers l'habitation. Suivre la limite du parc eu allongeant le chemin pour donner l'illusion d'une plus grande étendue est une faute qu'un homme de goût ne commettra pas. Se rapprocher même de ces limites ne peut être toléré, à moins d'un obstacle insurmontable. La figure 122 montre un bon tracé par la ligne pleine A, et un mauvais par le trait ponctué B.
On soignera particuhèrement les bordures d'une allée d'arrivée. Dans aucune circonstance on ne la bordera de fossés ou de haies continues. Un simple caniveau, plus ou moins profond suivant la pente et la perméabilité du terrain suffira pour le drainage superficiel. Les
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massifs çà el là rencontrés sur son [lareours et les grands arides isolés en vaiieronl les aspects; des rochers ou des eaux pourront .ijouter à son etlet ])ittorcsque. Si l'un de ses bords doit former la clôture d'une partie
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Fig. l'22. — Tracés bon (A) et mauvais truiic allée crarrivée.
réservée au bétail eu liberté, une ligne de potelets de bois, percés et reliés par des fils de fer, et tracée parallèlement à la bordure, remplira cet office, mais on prendra soin tie placer cette ligne CC à une certaine distance de l'allée.
La plantation des bords d'une allée d'approche sera examinée plus loin
Fig. 123. — Tracé correct trune allée d'arrivée.
au ponit tle vue de l'emploi des espèces. Mais on j)eut indi(iuer dès à présent la variété comme la première des conditions à remplir, ])ourvu (pie les essences s'harmonisent avec celles du paysage environnant.
La iigure 1-23 montre l'aspect varié que donnent les arbres au parcours d'une allée d'arrivée. A l'entrée B, quatre platanes ombragent la grille du parc. D'épais massifs forestiers D, bordés d'arbustes à fleurs, entourent la maison du garde, dont les pignons se voient seuls du château. Des pins noirs d'Autriche se rencontrent en E, avant la déclivité qui conduit parmi les peupliers du groupe FF. Du pont ([u'ils accompagnent se voit, pour la première fois, la silhouette du château A. En G, le terrain se relève ; il est couvert d'énormes chênes aux branches pendantes. Une végétation saxatile couvre les rochers I, de chaque côté de l'allée qui a été taillée au milieu d'eux et d'où l'on voit en H la butte aux cèdres. Enfin de vieux hêtres Jlv appuient la masse du château.
L'allée d'arrivée (fig. I2!i) dessinée par M. Biihler pour le parc de Crcuzeau (Indre-et-Loire) est un bon exenqile de tracé à flanc de coteau. L'entrée est située en B, en un point d'où la pente se développe régulièrement jusqu'au
Fig. 124. — Allée d'ai-rivée du parc de Creuzeau (Iiidrc-et-Loii-e) .
sommet. L'allée côtoie la pente A A, traverse en D un carrefour ?- où les voies de promenade se croisent et sont enveloppées dans un épais massif, et atteint sans peine le château G.
La route d'accès des Touches, propriété de M. A. Mame, dans le même département, ofl"re une disposition plus remarquai )le encore. Elle franchit un coteau rapide, par une série de sinuosités harmonieuses développées au miheu d'un bois. La pente est régulière, encaissée dans des talus gazonnés et plantée de conifères ; elle peut être parcourue au trot. Gette belle allée est due au même artiste, dont j'ai vu, soit dans le Midi, soit en Vendée, plusieurs voies d'accès tracées avec de rares qualités de dessin.
Les Entrées. — Le parcours et l'arrivée des chemins d'accès ne sont pas les seuls détails à considérer. Il faut encore étudier le point de déj)arl, le raccordement avec la voie publique, et examiner les diverses manières de traiter l'entrée d'une propriété. Le choix des exemples serait considérable; nous ne donnerons que les plus caractérisés, en ayant soia d'indiquer aussi plusieurs dispositions à éviter.
Propriétés privées. — Si le chemin public sur lequel s'embranche l'allée d'arrivée présente un axe commun avec elle, il sera possible de placer la porte d'entrée A dans l'alignement du mur de clôture (tig. 125). Le pavillon de concierge B possède une vue étendue sur la route au moyen d'un bon-
FiR. 125.
Entrée dans l'axe du chemin extérieur.
window, ci la grille d'entrée est munie d'une seule porte-guichet. L'allée
d'arrivée C s'embranche à angle droit sur la route, et un sentier D permet aux piétons d'abréger le chemin vers l'habitation. Cette disposition est des plus simples ; elle présente de nombreuses variétés, avec ou sans loge de concierge. Le dessin des portes, grilles, barrières diverses, que nous étudierons au chapitre « Constructions », doit se rapporter au caractère et à l'étendue du parc, à la situation de fortune du propriétaire, etc.
Si le chemin public côtoie la clôture de la propriété sur un certain parcours, et si l'entrée est latérale, une modification sera nécessaire. Il faut prévoir assez d'espace pour tourner, et évaser l'ouverture (fig. 126) entre A et B. Ici la grille a deux parties dormantes C C; au milieu de chacune se trouve un guichet. Les murs se recourbent en arcs de cercle D dont les deux extrémités sont appuyées par deux pilastres surmontés de vases. La loge E est surélevée, on y accède par un escalier extérieur; le bow-ivindow a vue à la fois sur le parc et sur la route. Une corbeille de fleurs F sépare l'allée carrossable G d'un sentier de traverse H.
Un autre mode de dessiner l'entrée, lorsqu'elle fait un angle aigu avec la route, est de la courber obliquement (tig. 1-27), de manière à olfrir aux voitures un tournant facile.
Dans ce cas, la porte A sera placée perpendiculairement à l'axe de l'allée intérieure à son point de départ, et les deux pilastres BB seront élevés à l'endroit où les deux courbes du mur <[uittent l'alignement moyen (le la clôture.
Les entrées entaillées dans la propriété , à bords rectilignes ou curvilignes , sont très-répandues , mais rarement bien comprises. Il faut éviter la disposition représentée par
FiR. 126.
Entrée parallèle an chemin extérieur.
Fig. 127. — Entrée en angle aigu avec le chemin extérieur.
la figure 128. L'arc de cercle est beaucoup plus satisfaisant; mais il rend l'entrée mesquine si son rayon est trop petit, ou vague, nue, d'un entretien difficile, s'il est trop grand. Un minimum de 5 mètres de rayon et un maximum de 15 mètres, suivant l'étendue des propriétés, sont deux limites
qu'il est imprudent de dépasser. Un rayon de 7'", 50 est une mesure assez généralement usitée et de proportions convenables (fig. 1"29). Les murs peuvent être traités avec soin, couronnés de dalles et les quatre pilastres A A bien étudiés. La surface sablée restera nue; un banc de pierre, cependant, peut être ajouté au milieu de chaque arc de cercle.
La même disposition, sur des proportions plus étendues, peut produire un bon effet (fig. 130). La grille X est à deux guichets. Les arcs du rondpoint mesurant 9 mètres de rayon, la partie comprise entre le mur circulaire et le trottoir B sera remplie par des arbustes à feuilles persistantes, maho-
nias, troènes, fusains du Japon, etc. Un évasement intérieur, devant la loge C, découvrira largement l'espace pour les piétons et le service des voitures, et les massifs compactes DD donneront à cette petite scène un vigoureux fond de verdure.
Le rond-point avec mur en forme de doucine (fig. 131), très-usité en Angleterre, est, à mon avis, une faute de goût, et il doit être exclu de la liste des modèles d'entrées de parc. On a cherché à remédier à son effet
FiO. AM)nÉ. 24
bizarre par une courbe pleine limitant le trottoir B jusqu'à la grille A, mais le dessin du mur n'eu reste pas moins disgracieux.
Je préfère de beaucoup l'entrée du parc de Leugny (Indre-et-Loire), placée au milieu des douves ou fossés en saut de loup qui limitent le parc sur la route de Bléré à Tours (fig. 132). Sur les deux côtés de ce fossé, large de 3 mètres, un mur à fleur de sol constitue une excellente clôture, qui ne
Fig. 132. — Entrée du parc ilo Leugny. — M. Biihler, architecte.
cache la vue nulle part. La barrière en bois A est d'un dessin élégant et l'ensemble du plus agréable aspect.
Parfois, les deux côtés de la route appartiennent au même propriétaire ;
Fig. 133. — Rond-point et grille du parc de la Mormaire.
il est loisible de dessiner le rond-point complet, avec ses côtés symétriques, et même de le planter en avenues d'arbres circulaires (fig. 133). La grille A est à l'une des extrémités, coupant un segment du cercle dans toute la largeur de l'avenue B. Les quatre bandes gazonnées ce, dont les deux intérieures sont plantées de marronniers, sont séparées ])ar un sentier D. La grille reste toujours ouverte et la loge du concierge est reportée à l'extrémité de l'avenue, près du château.
TRAVAUX D'EXl^CUTION.