ENTRÉES
Pour des propriétés de moindre étendue, le rond-point est encore une entrée de forme avantageuse, principalement en face d'un jardin régulier. Le parc de la Chaumette (fig. 134), à Saint-Leu (Seine-et-Oise), offre une
Fig. 134. — Entrée du parc de la Chaaraotte. — Ed. André, architecte.
entrée A, à grille et à double guichet, dans l'axe du château. Des corbeilles de fleurs BB et le parterre C rappellent la symétrie nécessaire à ces sortes de compositions.
Fig. 135. — Entrée du parc de Bagatelle (bois de Boulogne).
Je dois rappeler, à cette occasion, que l'usage de construire deux loges de concierge dans les demi-lunes de ce genre doit être absolument repoussé. L'une de ces loges est évidemment inutile; personne n'y est trompé. On voit qu'elle a été bâtie pour faire pendant, et l'on regrette la vanité d'une telle dépense. En cette circonstance, il vaut mieux placer la loge au milieu
soit à l'extérieur du rond-point, soit à l'intérieur, comme au parc de Bagatelle (fig. 135). Cette entrée grandiose, donnant sur les allées du bois de Boulogne, se compose d'un vaste rond-point en demi-lune, de 40 mètres de diamètre. Deux grilles ouvrantes A A donnent accès aux allées latérales qui conduisent au château. La loge B est entourée d'arbres, un espace sablé ce dégage la grille, et l'ensemble a un grand aspect.
Fig. 136. — Entrée du parc de M. do Bussières, à Bellevuc. — M. Goiidoin. architecte.
Un joli exemple d'entrée de ce genre, sur une échelle plus modeste, nous est fourni par la figure 136, reproduction de la grille du parc de M. de Bussières, à Bellevue (Seine-et-Oise). Ici, toutefois, on ne trouve qu'une grille ouvrante, mais le chalet est placé au milieu, entre les deux allées d'accès.
Les entrées en encoignure sont commodes; elles forment des pans coupés à la rencontre de plusieurs voies, et le carrefour voisin leur fournit le champ nécessaire pour la circulation des voitures. Toutefois, il est indispensable de leur donner une largeur suffisante. En A (fig. 137) la
Fi". 137. — Mauvais.
grille se trouve fixée sur l'angle même des deux pilastres BB, disposition détestable qu'il suffit d'indiquer pour la condamner. Le remède est facile :
il suffit d'agrandir le pan coupé
Fig. 138. — Bon.
(fig. 138). Le mur se retourne en C jusqu'aux pilastres B, et la grille A
se trouve ainsi fixée sur deux parties dormantes dont les côtés lui sont exactement parallèles. Si l'on ne peut changer l'emplacement des pilastres, on leur donnera une forme octogonale, avec laquelle toute direction de mur peut se raccorder.
Lorsque l'on arrive de deux côtés différents à l'habitation par des chemins étroits, il est d'usage de prévoir deux entrées et souvent les deux grilles sont établies comme en AA(fig. 139). C'est encore un mauvais moyen qui doit être repoussé. Il est préférable de revenir à une entrée unique ou de pratiquer deux entrées BB (fig. l/iO) de chaque côté de la loge A, placée exactement au centre de l'allée d'accès. Cette forme d'entrée est commode, et un architecte habile saura lui donner aisément une apparence séduisante.
Fiy. 139. — Mauvais. Fig. liO. — Bon.
Nous n'avons pas épuisé la série des formes diverses que peuvent recevoir, sous une main experte, les entrées de parcs privés ; mais il suffira d'avoir cité un certain nombre des plus usitées pour ouvrir la voie aux chercheurs de modèles nouveaux.
Parcs et jardins publics. — Il reste quelques mots à dire des entrées de parcs et jardins publies, qui doivent être conçues sur une plus vaste échelle et obéissent à d'autres règles.
Beaucoup de promenades publiques n'ont aucune entrée particulièrement accusée. Leur accès ordinaire est la simple prolongation des grandes voies de la ville.
D'autres, au contraire, sont entourées de clôtures et peuvent être fermées à des heures déterminées. Ces entrées sont généralement traitées avec simplicité. Un bon modèle d'entrée de jardin public à grille fermée est celui du Jardin d'acclimatation de Paris. Les grilles fixes en occupent le milieu, et des guichets avec tourniquets, placés aux extrémités, sont accompagnés de pavillons d'un agréable dessin.
A Sefton Park, Liverpool, on a établi deux grandes entrées d'un dessin particulier. Celle du côté de Prince's Park (fig. est comprise entre le grand boulevard extérieur et la grande allée de ceinture du parc. Cette entrée, dont le développement total est de 100 mètres, se compose d'un pavillon central A, de deux parties dormantes allant jusqu'aux grilles ou-
LARÏ DES JARDINS.
vrantes BB, et deux autres parties fixes C se prolongeant jusqu'aux deux entrées de piétons DD. Les coteaux boisés de Mossley Ilill et de nombreux
ornements du parc devant être vus de ce point, il était urgent d'ouvrir largement la perspective.
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Fig. 1 42. — Uuo ontrc'c du parc public de Luxembourg. — Ed. AïKb'é, architecte.
Dans le parc publie de la ville de Luxembourg, la situation était différente. Le parc étant coupé plusieurs fois par des avenues rayonnant du
centre de la ville, il fallul profiter de toutes les encoignures pour établir des pans coupés AA en arc de cercle. La percée dite de l'Arsenal (fig. 142) est spécialement conçue d'après cette idée, et en arrivant de la ville les ouvertures BB invitent le promeneur à pénétrer dans le parc.
Les entrées du bois de Boulogne n'offrent rien de particulier, à l'exception de la porte de la Muette. Elle est située en face du parc de ce nom, dessiné par Le Nôtre, et s'ouvre, comme celle de Sefton Park, sur une centaine de mètres de largeur, afin de dégager la vue du parc sur le bois et réciproquement.
Dans le parc central de New-York, une difficulté s'est présentée pour
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Fig. 143. — Entrée principale du Central Park, à New-York. — F. L. Olmsted et C. Vaux, architectes.
l'entrée principale, placée au coin de la 5" avenue et des SO"* et 60'^ rues (fig, 143). La réunion de ces voies ne pouvait offrir aucun point de centre. MM. Olmsted et Vaux se tirèrent fort habilement de cette difficulté en plaçant entre le bloc des 59« et 60^ rues une tour d'horloge ^ sur un terre-plein entouré d'arbres BB. Deux grilles fixes CC et deux parties ouvrantes DD permirent de réunir les deux courants de voitures sur une place centrale {Scholurs gâte), d'où une quadruple avenue E conduit dans le parc les voitures, les cavaliers et les piétons. Ceux-ci ont d'ailleurs une entrée indépendante et ombragée en F. Cette ingénieuse combinaison pourrait être imitée avec succès en Europe.
'I. Cette tour n'était pas encore élevée quand je visitai le parc en 1876.