SENTIERS
aux visiteurs d'embrasser le panorama. Cette disposition, peu fréquente en Europe où des voies de retour sont presque toujours prévues, s'offre en toute sa beauté à la nouvelle place Michel Angiolo,à Florence, où conduit un superbe boulevard nouvellement planté, nommé Viule dci Colli, serpentant au milieu de charmantes villas. En Amérique, l'usage en est très-fréquent. A New-York, à Brooklyn, à Philadelphie, à Cincinnati, j'en ai vu de très-remarquables exemples. De vastes places macadamisées, connues sous le nom de concourse, y peuvent recevoir en grande affluence les spectateurs amis des belles perspectives.
Allées couvertes. — L'allée couverte de treillage, si connue en Italie sous le nom de pergolato (de l'ancienne pergola romaine, voy. p. IZi), est recherchée dans la région du Midi, mais peu appréciép dans le Nord. Cette sorte d'ornement est inconnue à Paris ; on en trouve quelques échantillons en Allemagne. Le Central Park de New- York en possède un spécimen de dimensions assez vastes, construit en bois rustique, couvert de plantes grimpantes, et abondamment pourvu de bancs de repos.
Allées en pente; sentiers. — Nous avons considéré jusqu'ici les allées sur un terrain plat ou modérément accidenté. Les pentes, ne dépassant pas 6 à 7 centimètres par mètre, ne présentent aucune difficulté de tracé ni d'établissement. Il en est autrement lorsque ces niveaux sont dépassés, circonstance fréquente dans les parcs et les jardins. On doit alors tenir compte des observations suivantes :
Toute allée contournant un monticule doit en embrasser la convexité, c'est-à-dire avoir son centre dirigé vers celui du monticule môme. Le tracé AA(fig.l62) sera rejeté. Si deux monticules distincts sont voisins, ils devront
Fig. 1G2. — Mauvais.
Fig. 103. — Bon.
être reliés à leur base par une allée à deux courbes opposées, concentriques chacune à l'axe de l'un des monticules. Essayer de mener une courbe unique B B à travers ces deux élévations du sol serait inutile. Leur milieu C, par une illusion d'optique constante, paraîtrait toujours brisé comme en D. La figure 1(53 donne le dessin correct d'une de ces allées AA
Ed. A.XDnÉ. 25
desservant deux mamelons séparés. Un sentier en colimaçon s'en détache en B et atteint le sommet du belvédère G en contournant les pentes et en montant avec elles.
Ces sentiers peuvent devenir escarpés, si l'on désire abréger la course et arriver vite au sommet. Ils seront alors pourvus d'escaliers en forme de rochers. Leur parcours sera masqué par des massifs compactes, afin que la Ugne ascendante qu'ils forment ne soit pas aperçue de loin. La figure Idli
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Fig. 16i. — Sentiers escarpés du parc clos Buttcs-Chauniont. Bulvi'dèrc du sud.
représentant la butte du belvédère du sud, au parc des Buttes-Chaumont, offre un exemple de divers sentiers de ce genre. Le premier sentier BB conduit au point de vue A par une courbe brusque, sur une rampe rapide interrompue par des paliers et des séries de marches ; les autres voies C contournent les pentes en colimaçon en montant régulièrement. Le restaurant D correspond avec ces sentiers par d'autres escaliers de rocailles.
Dans le même parc, le pavillon du concierge de la rue Fessart esl accompagné de blocs de rochers, taillés dans la formation gypseuse naturelle ou ajoutés artificiellement, et parcourus par un sentier pittoresque (fig. 165) orné d'une végétation variée. Si les roches sont disposées avec goût, d'une manière naturelle, on aura raison de multiplier des scènes analogues dans les parcs et les jardins accidentés.
Sentiers au bord des eaux. — Les sentiers qui longent les eaux seront l'objet d'une étude spéciale. Ils ne doivent pas suivre exactement les bords de la rivière, du lac ou du ruisseau (A, fig. 166). Leurs sinuosités seront
calculées de manière à conduire aux plus jolis endroits. Ici on leur fera côtoyer le lit d'un cours d'eau rapide, pittoresque, orné de plantes afiiia-
Fig. 165. — Escalier on roches, au parc des Buttcs-Chaiiniont.
tiques ; là, ils s'éloigneront momentanément pour revenir bientôt à travers un massif d'arbustes, ou passer sous le couvert d'u groupe de grands
Fig. 106. — Sentiers au bord des eaux. — A, A, mauvais. — B, C, bjn.
arbres ; ou les verra quitter la rive gauche du ruisseau, le fi'anchir à gué ou sur un pont rustique C, et varier ainsi leurs aspects à chaque pas.
S'il est nécessaire de rétrécir l'allée en arrivant au pont qui traverse un ruisseau, et dont la largeur doit être plus faible que la longueur, ce rétrécissement doit être brusque comme en A (fig. 167) ou se raccorder avec deux parties courbées du pont en B. Jamais on n'effectuera ce changement de largeur par une diminution graduelle, comme enCC, ce qui produirait un désagréable effet.
Le sentier au bord des eaux, dessiné pour le parc de la Motte-Farchat Nièvre), peut servir d'exemple. Une partie seulement de son long parcours
est représentée par la fig. 1(58. Il côtoie d'abord les eaux en B, à travers de grands arbres et des massifs qui ombragent l'embarcadère C. Puis il contourne le bras E qui forme une anse également couverte, sans perdre de vue le pavillon de pêche D, auquel on accède par un sentier spécial partant du pont rustique F. Une partie découverte G permet d'apercevoir de beaux points de vue, avant d'arriver au carrefour H, enveloppé de massifs, de
Fig. 1C8. — Sentiers au l)ord des eau\.
suivre une autre direction jusqu'au second embarcadère I et de déboucher devant le château A.
Promenades extérieures. — Nous avons vu que l'allée de ceinture doit être exclue des grands parcs et que les voies de promenades se réduiront à donner accès aux plus belles parties du paysage intérieur. Ces voies peuvent être dessinées de telle sorte qu'elles se poursuivent au loin dans la campagne, en dehors des limites du parc qu'elles prolongent. Elles seront dirigées vers les points les plus intéressants de la contrée, bois, fermes, belles cultures, prairies, ruisseaux, lacs, rochers, ruines,