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APPLICATIONS

Les détails principaux du tracé des allées ont passé sous nos yeux. Quelles applications les divers peuples de l'Europe en font-ils? Question complexe à laquelle on ne pourrait exactement répondre que par des exemples nombreux de plans empruntés à des artistes de goûts trèsdifférents. Il est donc difficile de donner les types des jardins modernes chez plusieurs nations.

Les trois plans qui suivent me paraissent cependant offrir des exemples caractéristiques du tracé favori des jardins en Allemagne, en Angleterre et en France. Une courte description critique en fera saisir les mérites et les défauts, en prenant pour base les règles précédemment exposées.

Trticc allemand. — Le plan allemand (fig. 172) se compose d'une liabi-

Fig. Wl. — Exemple d'un tracé do parc moderne allemand.

tation A à deux ailes, à façade extérieure donnant sur une rue. Une allée droite terminée par la statue G, reliée par un sentier à la loge G, s'étend

le long de la façade intérieure jusqu'aux communs B, et limite les parterres de fleurs D E, mêlés d'arbres et ornés de bancs couverts Q. Le parterre semi-circulaire F, à compartiments nombreux, occupe une grande partie du front du chcàteau et sa courbe extérieure, régulière, s'unit avec celles du jardin paysager. Le potager est porté en H. On remarquera une allée sinueuse plus large que les autres, partant des deux extrémités de l'allée droite et faisant le tour du jardin. Des allées secondaires et des sentiers serpentent à travers les massifs R disséminés sur toute la surface, et conduisent à l'embarca-

Fig. 173. — Exemple d'un tracé de parc moderne anglais.

dèreO, au kiosque M, au banc N, au Ipavillon K, au gymnase P. Des parterres I K L, en étoiles ou en compartiments variés, sont dispersés le long des allées.

La principale critique qu'il est permis de faire sur ce jardin porte sur les sections trop multipliées de la grande pelouse centrale, dont les trois allées auraient pu être supprimées avec profit. Les vues ne sont pas net-

TRAVAUX D'EXÉCUTION. — ALLÉES; APPLICATIONS

tement dirigées; les fleurs des parterres, distribuées au loin, sont mal placées; le tracé des carrefours laisse à désirer. Mais les plantations de massifs en bordure sont bien traitées et le bord des eaux off're une promenade agréable et variée.

Tracé anglais. — Le plan anglais, au contraire, présente une grande sobriété dans le tracé des allées (fig. 173). Il concentre autour du château A l'intérêt ornemental de la terrasse D, du parterre rectangulaire E, et reporte en B et C, près du back road et du jardin potager, les services utiles de la propriété, soigneusement masqués par des arbres et arbustes toujours verts. L'effet paysager, entièrement concentré dans la scène qui s'étend autour du lac, a été l'objet de la sollicitude de l'artiste. Tout est combiné pour dérouler aux yeux du promeneur, sur la terrasse H, le panorama d'une nature habilement arrangée. Un seul sentier, presque invisible, conduit au pavillon I et côtoie le bord antérieur du lac jusqu'au pavillon de pêche J. Des trois ponts K, un seul est utile, les autres ne servent que de points de vue. Aucun moyen de promenade sur l'autre rive, à moins de marcher sur les pelouses; partout une sobriété de chemins, qu'on peut dire excessive, pour rehausser l'aspect paysager du lieu.

Tracé français. — Le plan français, exposé à Paris en 1867, est tout autre (fig. 174). On voit que la préoccupation du dessinateur a été le tracé harmonieux de toutes les parties. La maison A, dessinée à l'espagnole avec son patio intérieur, est précédée par un jardin symétrique entouré d'avenues d'arbres, et orné d'un grand bassin central. L'allée de ceinture domine tout le tracé; sa forme est rigoureusement elliptique. Des allées secondaires s'y embranchent pour desservir les communs B, les bâtiments accessoires C, relégués sur les limites du parc, la maison du jardinier J et le jardin potager D. Les eaux partant d'un rocher artificiel I coulent en ruisseau tortueux, forment une pièce d'eau avec île au milieu de la grande pelouse et vont se perdre sous bois. Un réseau de sentiers multipliés à l'excès met en communication les unes avec les autres toutes les parties de la propriété, conduit au kiosque G, au pavillon H, et forme de nombreuses promenades ombragées. Ce tracé est fait avec talent, mais il représente plutôt ce que Loudon appelait le style jardincsque {çjardcncsque style) que le style paysager. Les scènes y sont morcelées à l'infini par des courbes gracieuses, mais sans cesse renaissantes et fatigantes; l'ampleur d'un paysage harmonieux et calme ne se déroule pas aux regards.

En résumé, ces trois plans dénotent trois hal)iles artistes.

Le premier présente une surface médiane morcelée à l'excès, et des vues peu étudiées ;

Le second confine le jardin aux alentours immédiats du château et sacrifie la promenade dans le parc à l'aspect paysager ;

Le troisième a tout fait céder à l'harmonie du tracé et il découpe en morceaux exigus les scènes du paysage.

Un terme moyen entre ces trois exemples permettrait d'arriver à une science plus exacte du tracé des jardins, sans perdre le caractère inlié-

Fig. Mi. — Exemple d'un trace de parc moderne français.

rent à chacun des styles qui viennent d'être signalés. Peut-être l'avenir nous découvrira-t-il de semblables jardins.

Formation des chemins. — Les moyens matériels de construire les chemins varient depuis l'établissement d'une route publique jusqu'à celui du plus petit sentier sablé. Nous les examinerons en commençant par les travaux les plus compliqués et les plus coûteux, qui ont trait aux routes et allées des parcs publics.

Boutes et grandes allées des parcs publics. — En France, les procédés de formation des routes employés par le service des ponts et chaussées sont généralement adoptés. Le principe ne varie pas; seules les applications ditTèrent, suivant le degré de solidité requis pour le chemin, les matériaux du pays et les ressources financières.

On doit apporter de grands soins à la formation des allées de jardins.

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