‹ L'art des jardinsChapitre 181 sur 341 · EAUX; CREUSEMENT · texte numérisé non relu

EAUX; CREUSEMENT

ques, etc., qui renferment des bassins destinés à l'arrosage, sont également dignes d'attention. L'eau doit y être abondante, facile à puiser et à proximité des cultures. La forme, la contenance, la construction de ces récipients sont d'une grande simplicité. Quelques mots suffiront pour donner les éclaircissements nécessaires, dans les paragraphes relatifs à ces jardins.

Moyens pratiques d'exécution . — Creusement. — Le terrassement des cours d'eau et des bassins de toutes dimensions n'offre rien qui le distingue des mouvements de terre dont il a été parlé précédemment, excepté s'il est nécessaire de travailler dans l'eau ou la vase , dans des conditions exceptionnelles. Si le terrassement consiste en un déblai et un remblai ordinaires, si les terres ne doivent pas être emportées au loin pour former des monticules, relever des massifs ou combler des dépressions du sol, on doit compenser le travail de manière à éviter les longs transports. Relever les berges, assainir le terrain d'alentour par une couverture de terres provenant de la foudle, varier l'aspect des rives par quelques saillies , conformément aux règles précédemment posées, telles seront ces opérations élémentaires. Nous avons examiné les circonstances dans lesquelles on doit , adopter le travail à la brouette, au camion, au tombereau, au wagon, en régie ou à l'entreprise.

Mais il arrive fréquemment que le creusement d'une pièce d'eau ou les modifications du lit d'une rivière nécessitent des travaux spéciaux. Le terrain est profondément détrempé, un marais mouvant doit être attaqué, les eaux envahissent de toutes parts les tranchées, etc. Au lieu de commencer le travail l'été, comme dans la plupart des cas, on peut l'entreprendre l'hiver seulement, lorsque les grandes gelées auront solidifié le sol. Ce moyen, cependant, est précaire ; il dépend d'un hiver plus ou moins rigoureux que les travaux soient exécutés ou ajournés. On peut aussi attaquer le travail par fractions séparées, laissant des digues de vase entre les points creusés, pour isoler les eaux, que l'on pompe sans interruption. On doit veiller à terminer chaque jour l'excavation entreprise le matin; on la trouverait noyée le lendemain. Parfois, cependant, ces précautions sont insuffisantes devant l'abondance des eaux. 11 faut alors procéder au dessèchement . Les eaux courantes seront d'abord détournées par des fossés ou rigoles étanches, quiles empêcheront d'inonder le chantier. Au début de la dérivation, un batanleau solide peut être nécessaire. On le construit simple ou double. Simple, il se compose, soit de pieux taillés en queue d'aronde et enfoncés côte à côte avec faces alternantes s'emboîtant mutuellement, soit de pilotis distants de 1 à 2 mètres l'un de l'autre, et reliés en travers par des planches solidement fixées dans des rainures. Si cette muraille de bois est insuffisante, on en forme une autre parallèle, à 50 centimètres de distance, on les relie fortement par des traverses croisées à la partie supérieure, et l'on garnit l'intervalle de matériaux favorables à l'étaachement, fascines, mottes de gazon, foin, terre argileuse, etc. Quelquefois un simple clayonnage d'osier

sur (les pieux, appuyé par des mottes de gazon en amont, est suffisant .

Les eaux courantes étant détournées, si les infill rations sont telles ([ue tout travail de dessèchement et de formation du /v/r/^Vr ' devienne impossible, il faut procéder à ['épuisement. Les appareils ordinaires d'épuisement sont : le seau, l'écope, la pelle hollandaise, la vis d'Archimède, les pompes à chapelet, etc. Le seau et l'écope ne s'emploient que pour épuiser de petites quantités d'eau. La pelle hollandaise est une auge de bois qu'un balancier fait alternativement plonger, s'emplir et rejeter les eaux au dehors. Un homme peut élever 120 mètres cubes d'eau par jour, à 1 mètre de hauteur, avec cet instrument. La vis d'Archimède, cyhndre pourvu de cloisons hélicoïdales, s'emploie aussi communément; le travail ([uotidien d'un homme, avec cette vis, produit environ le même cube d'eau qu'avec la pelle hollandaise. Les pompes à bras ou à vapeur et les norias sont également très-usitées pour les grands travaux d'épuisement; les eaux provenant de ces appareils sont envoyées, soit sur le sol par une rigole, soit, par un conduit formé de deux planches clouées en angle, sur un point plus bas que celui où l'on veul travailler à sec.

Lorsque la masse principale des terres a été extraite, suivant les niveaux fixés avec soin pour faciliter l'écoulement des eaux au moment des curages, il reste à pohr le fond du bassin ou radier, et à le rendre étanche. Si le sol est imperméable, cette opération est élémentaire ; elle consiste à examiner les fissures qui auraient pu se produire, à s'assurer que les plantes aquatiques envahissantes ont été toutes enlevées, à donner le dernier règlement et à pilonner le sol aux endroits mous. Aucun revêtement n'est nécessaire, et il suffît tie bien préparer les berges. Cette préparation se fait au moyen de la terre glaise préalablement battue et triturée, connue depuis des siècles sous le nom de rorroi. Pour comljattre l'usure de ces rives, rongées par les eaux sous l'elfort du vent, traversées par les trous des rats d'eau, il faut surveiller de temps en temps leur état d'entretien, el, dans tous les cas, leur donner une épaisseur de 20 à 25 centimètres. Si le radier doit être également glaise, 15 centimètres lui suffiront.

Berges. — Les berges des rivières, et surtout celles des pièces d'eau dormante, seront en pente douce si l'eau est assez abondante pour que son afflux dépasse la perte par évaporation, et presque à pic au contraire, si le niveau des eaux doit baisser pendant l'été. On évite ainsi la vue de plages boueuses et fétides, et les herbes aquatiques sont moins envahissantes. Mais de tels bords sont dangereux pour les enfants ; il ne faut pas que la profondeur totale atteigne 1 mètre; au miheu, elle peut être plus considérable, et cela est même nécessaire pour la conservation du poisson. Ces berges pourront être solidifiées, si le terrain n'a pas de consistance, par quelques pieux clayonnés

1. On nomme rmlicr le l'ond étanclio d'un bassin ou d'une rivière, maçonné ou baltu et propre à recevoir l'eau.

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