Salix Capnca, S. purpurea, S. rubra, 5. ritclliiia. eîc
5/iO L'ART DES JARDINS.
mélangées, donnent souvent lieu à de eharmantes scènes. 11 serait superflu de multiplier ces exemples , qu'il Tant étudier quand on les trouve complètement satisfaisants dans la nature.
Au milieu des rochers, c'est au contraire la multiplicité des espèces et leurs formes pittoresques qui donneront aux ari)ustes leur principal intérêt. Les ronces, les rosiers sauvages, les genêts, les épines-vinettes, les amélancliiers, les alisiers, les prunelliers, les groseilliers épineux, les genévriers, les pommiers et les pommiers sauvages, les cornouillers, les noisetiers, les sureaux et un grand non)bre d'espèces frutescentes déjà citées, bien que peu ornementales individuellement, prendront des aspects si variés par leurs contrastes, que des scènes charmantes en seront la conséquence. Un emploi judicieux des espèces indigènes peut largement suffire à l'ameublement végétal des paysages dans les grands parcs, et ces tableaux produiront de meilleurs effets d'ensemble qu'avec des j)lantations exotiques de choix.
Dans les montagnes, les espèces seront plus naines, plus rabougries, mais plus pittoresques [)eut-ètre, et de nondjreuscs formes inconnues aux plaines ou végétant différemment sur les hauteurs apporteront aux scènes de ces régions une physionomie aussi caractérisée qu'attrayante. Ici ce sera YdJpcnrosc ou pelit rhododendron des Alpes \ avec ses rameaux rampants terminés par de jolis bouquets rouge vif sur des rosettes de feuilles vertes et ferrugineuses; là son congénère, si commun aux Pyrénées-, distinct par ses feuilles ciliées ; puis la coronille' etlechamécerisier des Alpes S de plus haute taille, ombragés par des touffes de cytises^ et de merisiers à grappes Dans les formes naines on trouve des saules ressemblant à'des herbes'', la petite azalée des montagnes", les bruyères ^ la jolie menziézie^", les vacciniées", les genêts'- et les ajoncs qui se retrouvent aussi dans les sables, d'autres légumineuses variées; enfin, beaucoup de plantes frutescentes ou suffrutescentes demandant seulement à être placées dans un milieu convenabls pour prospérer et produire des effets pittores(iues.
Certaines espèces caractérisent une région entière, comme les pourpiers de mer les soudes en arbre et les tamarix au bord de la mer.
Plantes Itrrlxirccs. — Le grou|)ement des plantes herbacées, dans la nature, serait plus difficile encore à décrire, au milieu de leurs mélanges innombrables à travers les bois, les prés et les champs. Ces plantes nous séduisent plutôt par la diversité et l'éclat de leurs fleurs que par la beauté de leur feuillage, bien que l'effet décoratif ne manque pas à cer-
I. Hhoilodfiidron fo iiit/iiiciiin. — î. lili. Iiirsiiliiin. — .'i. Covonillu Emorus. — 4, Luniccra aljiiyciia. — o. C.ijlisus Laburntiin. — (i. Ccrasiis Pitdus. — 7. Sali.r lierbacea. — 8. Loixdenria procumbcm. — 9. Erica Telralix, E. riliaris, E. vagaim, etc. — tO. Dabœciii poliifdlia. — 1 1. Vdccininm Mijrlillici, V. ulitjiiiosum, V. Vilis idwa^Oxycoccus paliistris.
— 12. (icjiisla (jenniniica, G. tincloria, (S. sanillalis, etc. — 13. Ulex europœus, U. namts.
— U. Alrijtlcx lldliintis. — 1o. Siia'da frulicosa.— 16. Tci/narix (jallica.
TRAVAUX D'EXKCUTION. — PLANTATIONS. 5/il
taincs il'entre elles, comme les onopordcs', les bardanes -, le chardon- Marie S de grandes composées S les molènes % les berces ^ etc., et qu'elles puissent rivaliser, sous ce rapport, avec les espèces exotiques à feuilles ornementales. Par un examen attentif de la distribution des espèces herbacées dans les paysages naturels, on peut arriver à reconstituer dans les parcs les plus jolies scènes qu'elles font naître et qui sont trop peu imitées. Parmi les plantes fleuries de nos prés, éléments d'une décoration ({ue le voyageur Wallace déclarait n'avoir jamais vue égalée par les plus riches floraisons des tropiques, tout le monde a pu admirer les espèces suivantes, groupées dans le plus charmant désordre : salicaire'', reine des prés % campanules^ gentianes^", mauves", épilobes '-, eupatoires^\ jacées''', orchidées variées'', etc., dans tout l'éclat d'une l)rillante floraison. Très-peu d'espèces venues des pays lointains pourraient rivaliser avec elles, et nous nous les apprécierions ^davantage, si nous les voyions pour la première fois.
Dans les régions montagneuses, cette parure herbacée devient si variée qu'il serait impossible d'en donner l'idée sans entrer dans d'interminables détails. jNous retrouverons, en traitant des plantes alpines, l'occasion de signaler les plus remarquables d'entre ces végétaux des montagnes et d'en indiquer l'emploi dans les jardins.
Après avoir exposé le rôle ornemental rempli par les végétaux ligneux spontanés ilans la nature, et en avoir étudié les principaux éléments, nous pouvons en tirer des conséquences applicables à l'art des jardins, et examiner les divers moyens de les mettre en œuvre.