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IV PRÉFACE

la richesse agricole de l'hémisplière boréal, el la France, dans la production des fruits, a conquis une supériorité qui lui a valu le titre glorieux de « verger de l'Europe ». Depuis la fondation des cours d'arboriculture, le propriétaire trouve un véritable plaisir à soigner ses arbres, suivant les leçons qu'il reçoit des professeurs de cette science encore nouvelle et devenue rapidement populaire. Cette marche en avant est accélérée par les sociétés horticoles, les publications périodiques, de nombreux traités scientifiques et pratiques, des jardins-écoles, etc. Déjà, dans un grand nombre de départements, le cultivateur a remplacé les anciens fruits el légumes de qualité médiocre par des variétés nouvelles et perfectionnées.

Cette activité féconde a donc produit d'heureux résultats. Mais il ne s'ensuit pas que toutes les branches de l'horticulture contemporaine soient au même niveau. La cuhure, la pratique, la. science du jardinage, ont fait de grands pas; Varl n'a guère progressé. La « composition des jardins », comme on l'appelait à la fin du siècle dernier, ne s'est pas perfectionnée dans la proportion de sa popularité croissante.

L'explication en est naturelle : lorsque les parcs et les jardins étaient peu nombreux, les mêmes dessins se retrouvaient sans cesse, inspirés par le style de l'époque, appliqués par un petit nombre de spécialistes, dans des situations favorables. Le reste ne comptait pas.

Il n'en est plus de même aujourd'hui. L'exemple donné par les administrations des villes, dans la création et l'ornementation des jardins publics, a été suivi par de nombreux imitateurs. Les dessinateurs de jardins se sont répandus partout. Les uns devinrent de véritables artistes; les autres, inhabiles à bien voir ou à reproduire, transportèrent mal à propos dans les campagnes les modèles des jardins publics des villes. Ils suivaient, disaient-ils, la mode, et ce mot renfermait leur excuse. Tous, d'ailleurs, manquaient de règles, marchaient au hasard, et demandaient un guide.

Après Le Nôtre, les jardins symétriques avaient eu leur code, rédigé par Le Blond et quelques-uns de ses successeurs. Vers la fin du xvnp siècle et au commencement du xix% des artistes anglais, allemands et français, poètes ou peintres, écrivirent, à leur tour.

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