Loudon, Encyclop. of Gard., p. 28 [éd
et acquis une célébrité européenne. C'est de cette époque que datent les villas Médicis, Doria, d'Esté, Borghèse, Colonna, Mondragone, Aldobrandini, etc., qui rappelaient les noms des plus grandes familles italiennes, protectrices des arts et des lettres.
Florence prit une part prépondérante dans ce mouvement, et les jardins, chez elle, suivirent le progrès des autres arts. En ÏMiO, Luca Pitti fît bâtir par Brunelleschi, l'immortel auteur du dôme de la cathédrale florentine, le palais qui porte son nom et où naquit Marie de Médicis en 1573. Les jardins Boboli, que l'on admire encore derrière ce palais, furent tracés sous Cosme I" par le Tribolo et Buontalenti.
De ce temps datent les jardins Doria, à Gênes, construits sur les plans
Fig. .5 — Le Paradis terrestre, d'après Andi'cini (\v' siècle).
de l'architecte romain Montorsoli, et dont l'étendue médiocre, ainsi que j'ai pu le constater de visu, n'est pas en rapport ave les descriptions emphatiques qui en ont été faites.
D'autres villas furent encore créées en Italie, mais toujours on y vit préférer les ornements empruntés à l'architecture et à la statuaire et accorder peu d'importance à la décoration végétale.
Il fallait, pour obtenir ce résultat et entrer dans une voie oii désormais on ne s'arrêterait plus, qu'il se produisît un fait qui eut en Europe les plus grandes conséquences : la création des jardins botaniques.
C'est en 15^4 ou 15/i6, à Padoue, que le sénat de Venise fonda le premier jardin botanique, où deux siècles et demi plus tard, Gœthe conçut
LES JARDINS CLASSIQUES
sa théorie de la métamorphose des organes végétaux. Immédiatement après le jardin de Padoue, fut planté celui de Pise; celui de Bologne suivit de près. Les établissements analogues de Leyde et de Leipsig datent, le premier de 1577, le second de 1579.
Bientôt les facultés de médecine de Paris, dont plusieurs étaient dès lors célèbres, reconnurent l'utihté de ces institutions. Le jardin des plantes de Montpellier fut créé en 1593 par les soins du savant Bicher de Belleval, qui y consacra la plus grande partie de sa fortune et de sa vie. En 1605 la ville de Giessen, en 16-20 celle de Strasbourg, puis Alfort en 1625, léna en 1629, furent l'objet de créations analogues. A ces époques reculées, Paris ne possédait encore que le jardin planté par l'apothicaire Bobin en 1570, sous le nom de « jardin des simples », et où il enseignait la science des plantes à quelques élèves. Ce ne fut qu'en 1626 que le j'ardin royal des plantes médicinales — aujourd'hui Muséum d'histoire naturelle — fut fondé par Guy de la Brosse et devint le berceau glorieux du grand établissement illustré par les Bufîon, les Lamarck et les Jussieu.
Déjà Clusius, d'Arras, puis Mathias de L'Obel imprimaient à la description des plantes et à leur culture une direction salutaire : la botanique était véritablement créée. L'art des jardins devait se modifier considérablement avec les ressources qu'allaient mettre à sa disposition les horticulteurs européens et les explorateurs des régions inconnues de la terre.