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Ed. André, Un mois en Russie, page 167, fig

ACCESSOIRES b'UTILlTE Eï D'ORNEMENT.

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tlans laquelle vivent et prospèrent de nombreux pigeons dont on visite les nids au moyen d'une échelle tournante. Des cases réservées l'entourent et reçoivent une collection variée d'oiseaux aux belles couleurs et aux chants harmonieux. Ces constructions doivent être solides et assez protégées pour délier les incursions des animaux sauvages qui en détruiraient les gracieux

Fig. 495. — Volière d'oiseaux chanteurs et pigeonnier combines.

habitants. Située au milieu d'un massif, ou au carrefour de plusieurs allées, une telle volière est une distraction charmante pour le promeneur et surtout pour la châtelaine.

On doit conseiller, pour la construction des volières, l'emploi de la pierre, de la brique et du fer, à l'exclusion du bois qui favorise la propagation des insectes parasites, si nuisibles aux oiseaux.

Si l'on désire élever des oiseaux exotiques, surtout ceux des pays chauds, la volière pourra être vitrée et chauffée l'hiver. Ce sera une sorte de serre ornithologique. Une chambre centrale, où l'on installera le calorifère, et où les approvisionnements seront placés pour être distribués quotidienne-

JARDINS

ment à la population ailée, servira à surveiller les divers compartiments rayonnants, vitrés sur trois faces, (jui contiendront la nombreuse famille de ce qu'on a nommé les « oiseaux des lies ». On en possède aujourd'hui des centaines d'espèces dont la plupart sont faciles à élever dans une demiliberté. On a beaucoup admiré, dans le jardin réservé de l'Exposition universelle de Paris, en 1867, le palais des colibris (fig. 496), serre-volière de ce genre, où les murs et les treillages étaient remplacés par des glaces derrière lesquelles s'ébattaient joyeusement de nombreux oiseaux des régions chaudes du globe.

Faisanderies. — Les faisanderies occupent une place assez importante dans les accessoires des parcs et des jardins. S'il nous fallait décrire les célèbres parcs aux faisans de Ferrières, où MM. les barons de Rothschild ont

Fig. 496. — Le palais des colibris, à l'Exposition universelle de 1807.

fait installer ce service d'une manière vraiment royale, on trouverait que de pareils exemples ne sont guère utiles à citer, puisqu'ils peuvent rarement être reproduits. Il paraît préférable de signaler le moyen d'établir la faisanderie dans des conditions plus modestes et plus pratiques.

La première condition est de choisir, dans le parc, un emplacement assez éloigné de la circulation pour que les faisans ne soient pas effarouchés et puissent élever en paix leurs couvées. Si l'on peut adosser les constructions à un mur, avec une façade au midi, diviser les cases de manière à isoler les couveuses, apparier les couples suivant les besoins de la reproduction et les expériences des croisements que l'on veut poursuivre ; si, de plus, un assez grand parc planté en taillis, taillé chaque année à un mètre de hauteur, coupé d'allées droites pour inspecter facilement les faisans, peut être établi derrière les cases, loin des regards indiscrets, et protégé contre la bête puante par des grillages maillés, légers et solides, on aura les éléments principaux d'une faisanderie installée suivant des principes ration-

THAVAUX D'EXÉCUTION. — PLANTATIONS. 8hl

nels. On y trouvera de quoi lâcher chaque année un bon nombre de faisans pour la chasse, et l'on pourra y ajouter, pour l'ornement, quelques-unes des espèces rares, faisans vénérés, vers icolores, de ladyAmherst, argentés, dorés, qui sont classés parmi les plus beaux oiseaux connus. La figure Zi97 représente une installation de ce genre.

Les chenils ne doivent pas être proches des poulaillers et des faisanderies; le bruit effarouche les oiseaux et fait tort aux couveuses. La construction des chenils est une spéciahté : on doit seulement recommander le grand air, l'exposition au midi, une cour au nord pour l'été, des constructions en

Fig. i97. — KiiisaiidiM'ii' du parc d'Kbcni'aiii (Suisse). Ed. André, architecte.

briques, faciles à flamber pour détruire la vermine, et des « lits de camp » en pente, un |)eu élevés au-dessus du sol.

Kiosques, pavillons, etc. — La nombreuse série des kiosques, pavillons, tourelles, etc., suit de près les constructions qui viennent d'être énumérées. Ici la variété est sans limites. Il serait superflu de chercher à classer les diverses variétés de ces constructions d'agrément.. Elles varient considérablement suivant le temps et le pays, à ce point que l'on considère volontiers comme des œuvres de mauvais goût, en bloc, tout ce qui provient d'une époque éloignée. Les livres de Kraft, de Grohmann et Baumgartner, volumineux amas de plans et vues de constructions de ce genre à l'usage des jardins, en sont la preuve. On n'oserait recommander aujourd'hui aucun des dessins qu'ils contiennent et qui paraissçnt tous ridicules.

8i|8 L'AP.T DES JARDINS.

Cependant les constructions qui dénotent du style seront toujours appréciées. Ainsi le pavillon (fig. Zi98), érigé en 1867, à l'Exposition universelle de Paris, par MM. Penon frères, était un modèle de goût et de pure architecture Louis XVI. 11 ne présentait que le défaut d'avoir coûté cher.

De semblables dépenses sont souvent peu abordables, et l'on a recours au bois, au fer, à la brique, au treillage, et aux divers mélanges de ces substances, pour élever la plupart des structures servant d'abri et d'ornement, dans les parcs et les jardins. Une fantaisie peu limitée peut se faire place dans ces sortes de constructions, et le suffrage des gens de goût dira seul si le dessinateur a fait preuve d'une heureuse faculté d'invention.

Fig. 498. — Pavillon construit par MM. l'cnun frères, architecte. Exposition universelle de 18C7.

Une forme de kiosque des plus simples et des plus commodes qui s'emploient aujourd'hui est représentée par la figure 499. Il consiste en une armature de fer rond, à la fois solide et légère, se démontant facilement au moyen de pièces à goujons soigneusement repérées, et que l'on garnit à l'extérieur d'une couverture et de côtés de toile grise ou de coutil rayé. On peut orner le sol, à l'extérieur, au moyen de jardinières bordées de petits treillages de bambous, remplies de fleurs, et formant un cadre charmant à la salle libre du milieu. Une table et des chaises rustiques meublent cette retraite fort appréciée pendant les ardeurs du soleil, et que l'on peut déplacer à volonté.

Avec un peu plus de travail, il est possible d'élever, sur une butte servant de point de vue, des kiosques dont la silhouette est plus cherchée.

ACCESSOIRES D'UTILITÉ ET D'ORNEMENT. 8/i9

comme celui que j'ai construit, en J875, dans la propriété de M. H. Oppenheim, à Sèvres (fig. 500). La base est en pierre avec assises alternes de briques, le reste est en bois travaillé, avec balcon, salle fermée et vitrée en plomb, lambrequin de bois découpé, toiture de fines ardoises diversement colorées et imbriquées en écailles de poisson. L'intérieur du kiosque sert de fumoir; il est de plain-pied avec le balcon, auquel un escalier tournant

donne accès derrière le kiosque. La vue s'étend sur Paris, le cours de la Seine, les ombrap:es du parc de Saint-Cloud et ceux du bois de Boulogne ; elle embrasse un vaste et admirable panorama.

Une des plus agréables situations qui se puissent trouver pour installer un kiosque d'architecture légère est l'extrémité d'une terrasse, dans une encoignure, d'où le regard dominera un j)aysagc étendu. Le pittoresque de ces situations permet do rechercher, dans la construction, plus de fantaisie que de style. Les fers dits rustiques, imaginés, il y a quelques années, par

Ku. AMinÉ. 54

M. Jacquemin et mis en œuvre par M. Méry-Picard, peuvent trouver là une application dont la figure 501 montre un exemple. Ces petites constructions, entièrement à jour pour que la vue passe librement de tous côtés, doivent leurs qualités [)rincipales à ce qui serait un défaut en d'autres circonstances, la gracilité des matériaux.

Une construction analogue, dont la différence consiste en ce que le côté du fond reste fermé, est offerte par la figure 502. Elle est formée de matériaux semblables, sur les dessins du même constructeur. Cette forme de kiosque peut se nommer exèdre. On la place à l'extrémité d'un lac, adossée à un massif, et servant d'abri après les promenades en bateau. Des plantes grimpantes, courant autour des balustrades, peuvent voiler l'ossature en fer sans masquer les vues, et l'ensemble, reflété de loin, donne d'agréables aspects sur les eaux.

De pareils kiosques à jour, dont l'exèdre des îles du bois de Boulogne, entouré d'arbres, donnait autrefois un exemple excellent, peuvent être placés sur tous les points d'où la vue est belle.

Les pavillons et kiosques en bois rustique se rencontrent fréquemment dans les parcs et dans les jardins, mais ils se distinguent rarement par le bon goût. La plupart sont de bizarres fantaisies oîi le constructeur s'est

évertué à compliquer les dessins, à enchevêtrer les bois d'écorces diversement colorées, à multiplier ce qu'il appelle les ornements. Quelques règles, fort simples, suffiraient cependant pour éviter ces fautes :

Les constructions en bois rustique doivent présenter une grande simplicité de dessin et d'ornement;

Les bois qui les constituent doivent être de dimensions plutôt fortes et lourdes que trop faibles ;

Les couvertures, en paille ou en roseau, doivent être épaisses, unies, sans aucun ornement.

Le bois en grume fait le meilleur effet à la mise en place, mais il devient laid en peu de temps, lorsque l'écorce se soulève et pourrit. Il est pré-

férable d'employer des bois écorcés et passés à l'huile bouillante ou au sulfate de fer.

Un bon exemple de ces sortes de constructions, servant à la fois d'abri pour les bateaux par la saillie de sa plate-forme, et de cabane pour les instruments de pêche, est fourni par la figure 503. Un petit escalier avec palier servant d'embarcadère complète cet ensemble, dont l'effet est très agréable lorsque des plantes grimpantes, lierres, vignes-vierges, etc., courent sur les

Fifi. .jO'2. — Ejièdre, ou kiosque demi-circulaire à la tèle d"uii point de vue. M. Méry-Picard. architecte.

bois rugueux. Mais ces plantes hâtent la décomposition des bois, et l'on ne <loit les employer qu'avec modération.

Un des modèles les plus simples de kiosques rustiques est celui qu'on a nommé champignon. Il se compose d'un mât fixé dans le sol, surmonté d'un parasol de paille, de roseau ou de zinc, formant un toit conique. Souvent même on emploie comme support le tronc d'un arbre, ce qui produit des effets assez pittoresques. Le dessin figure 504, pris dans le Central-Park, à New-York, est à recommander comme exemple de ces kiosques, parce qu'il est construit de fortes pièces de bois, solidement ajustées. La toiture ellemême peut être revêtue de rontlins de bois méplats, et, pour que l'eau ne passe pas entre leurs joints, on les fixe sur une couverture de zinc.

Le modèle le plus commun de ces sortes de champignons, ordinairement situés au sommet d'une butte et auquel on accède par un escalier rustique,

ACCESSOIRES D'UTILITÉ ET D'ORNEMENT. 853 est représenté par la figure 505. Un banc est placé autour du niàt central.

Fig. 503. — Kiosque en b ù^ rustique, avec embarcadère. M. V. Petit, architecte.

plus élancé que dans le dessin précédent. Des plantes saxatiles sont dispersées

Fig. 504. — Kiosque-champignon, dans le Central-Parlc à Xew-York. M. C. Vaux, architecte.

entre les rocailles qui l'accompagnent. On peut rem|)lacer ce banc circulan-e par une table et installer autour de lui des sièges mobiles.

L'ART DES JAHDINS.

On a essayé de remplacer ces kiosques-champignons par des constructions similaires, au moyen des fers rustiques dont j'ai déjà parlé. La figure 506 en représente un exemple, entouré d'un banc formé des mêmes matériaux. Ces kiosques sont élégants, mais d'un aspect un peu grêle, et s'ils peuvent être admis dans les jardins publics ou privés, de petites dimensions, leurs formes trop artificielles doivent les faire éloigner des parcs paysagers. On peut varier de bien d'autres manières le dessin et la construction des kiosques, les construire en fil de fer ou en treillage, les réduii'e à desimpies supports de

Fig. 505. — Kiosque-champignon conique, en bois, avec toit en chaume.

plantes grimpantes ou leur donner l'importance d'un véritable édifice. Appliqués aux pavillons destinés aux musiciens jouant en plein air, dans les promenades publiques, ils peuvent revêtir des formes élégantes. Les grandes villes en offrent des exemples variés. Dans toutes les situations, on se préoccupera plutôt de la pureté de leur architecture que de la recherche dans les ornements; c'est ordinairement par le défaut de simplicité que pèchent ces constructions.

Vérandas, pergolas. — L'emploi des galeries treillagées, fréquent dans les pays du nord, est peu répandu en France, mais il se retrouve en Itahe, où l'on rencontre partout la constrution nommée pcrgolato ou pergola. On la couvre de plantes grimpantes et généralement de vignes. Depuis les simples assemblages de bâtons de la campagne de Naples jusciu'aux coûteuses galeries de bois travaillé des lacs de la haute Italie, on trouve ces pergolas d'une grande variété de dessin, formant parfois de longues galeries ombragées et chargées de raisins appétissants

ACCESSOIRES D'UTILITÉ ET D'ORNEMENT. 855 On peut les construire en fer et les couvrir de plantes grimpantes d'orne-

ment. La figure 507 représente une des ces pergolas avec pavillon central d'après un dessin fait pour un propriétaire du Grand-Duché de Luxembourg.

Fig. .')07. — Pergola en fer avec pavillon central. M. 0. André, architecte.

Chaque pilastre est destiné à une espèce particulière de plante grimpante ; seul le kiosque du milieu est couvert de vignes-vierges.

L'ART DES JARUIiNS.

A côté des vérandas peuvent se placer les colonnades, formées de supports en bois ou en fer reliés par des chaînes sur lesquelles on palisse des plantes grimpantes, clématites à grandes fleurs, rosiers multiflores, etc. Ces ornements, de même que les arceaux de verdure, peuvent produire un bon effet dans les jardins symétriques.

Balustrades-Treillages. — Les murs des terrasses, lorsqu'ils ne sont pas réduits à un sim])le appui ou à une balustrade au-dessus desquels la vue doit passer librement, peuvent être ornés de diverses manières, principalement lorsqu'ils sont situés dans les villes et doivent garantir des regards indiscrets.

Un des meilleurs arrangements de ce genre est celui de la maison de M. Lefuel, l'architecte du Louvre, rue du Rocher, à Paris. 11 est simple et se compose de travées ouvertes, dessinées par des arcades de treillage couvertes de plantes grimpantes. On peut encore recommander le dessin de la fig. 508, dont un modèle approchant se voit à Paris, rue de Vienne. En Allemagne, l'usage en est très répandu, et souvent les maisons sont pourvues, à chaque étage, d'un retrait formant salon à jour, treillagé d'une manière élégante et couvert de jolies plantes grimpantes, surtout de vignes -vierges et de vases suspendus. Les végétaux sont

contenus dans des caisses fixes ou mobiles, remplies de terre. Les installations de ce genre, que j"ai vues à Leipzig, en 1809, seraient dignes d'être reproduites. On voit aussi des arrangements de ce genre à Londres, et surtout à Bruxelles, oii l'art d'établir des fenêtres-jardins, dans des caisses ornées de faïences colorées, est depuis longtemps en honneur et récrée partout la vue des passants.

Ponts. — Les ponts, en outre de leur utilité marquée, sont classés parmi les plus agréables ornements du paysage. Ils doivent être d'un dessin peu compliqué, présenter une solidité suffisante, et être peints en blanc ou cou-

Fig. 510. — Pont rustique, à tablier sans clous, tenons ni mortaises.

leur de bois. En bois de charpente, ils peuvent présenter de johes formes, comme celui de la figure 509, construit dans un parc de la Touraine. Si l'on emploie les bois courbes, ce sera dans de rares circonstances et seulement pour servir de buttoirs (fig. 511).

Une autre sorte de ponts en bois , d'une construction originale, est représentée par la figure 510, qui s'explique d'elle-même. Ce pont est assemblé d'une façon simple et ingénieuse, sans aucun clou, cheville, tenon ni mortaise. Le secret consiste uniquement dans la disposition des pièces de bois à résistances contrariées. Le tout est renforcé par le poids même

(le la construction. 11 suftît de quelques crans dans les rondins formant à la fois traverses et clefs pour que la solidité de cette construction soit à toute épreuve.

Les ponts en bois rustique sont fort usités. Ils sont pittoresques, faciles à construire, inspirés par les ponts naturels formés par les arbres tombés en travers des cours d'eau. Ils produisent le meilleur effet dans le paysage s'ils sont bien placés. On doit conseiller de les simplifier autant que possible. Deux poutres reliées par des traverses sur lesquelles on place des planches épaisses, et de simples parapets sans ornements, des arcs-boutants reposant sur les culées, si le pont a une grande portée, seront suffisants. Un

Fig. 511. — Pont en bois de charpente. Parc des Touches (Indre-et-Loire). M. Buhler, architecte.

des meilleurs modèles de ponts rustiques est celui qui relie entre elles les deux îles du bois de Boulogne.

Nous avons vu (pag. 508, fig. 295) comment on peut construire des ponts élégants, solides et très-pittorescfues, au moyen de rochers bien disposés.

L'art de l'ingénieur et de l'architecte s'applique également à la construction des ponts, mais les développements de pareils travaux nécessitent des études spéciales. Parmi les ponts à citer dans les parcs publics, se placent en première ligne ceux que M. C. Vaux a dessinés pour le Central- Park de New-York, et dont le total dépasse quarante.

Les ponts en fer surtout ont pris une place importante dans les parcs, depuis qu'à une solidité à l'épreuve on s'est préoccupé d'ajouter des formes agréables et des ornements d'un véritable mérite artistique. Ces ponts sont fabriqués maintenant à des prix très-modérés et de nombreux constructeurs à Paris se sont adonnés à cette spéciaUté.

Gymnases, jeux, etc. — Les places consacrées aux gymnases pour les enfants se rencontrent fréquemment dans les propriétés privées. Un espace

rectangulaire, de 6 à 8 mètres de largeur sur 15 de longueur, suftit ordinairement pour l'installation du matériel.

Dans quelques parcs, comme à la villa Pallavicini, près de Gênes, les balançoires et jeux divers sont établis avec un grand luxe.

Parmi les autres jeux à installer dans les propriétés privées, on peut encore citer le tir à l'arc sur les pelouses, le tir au pistolet, que l'on jilace entre deux murs parallèles, avec abri, pour éviter les accidents, les jeux de boules, sur un terrain uni et creusé latéralement en cuvette, etc.

Dans les parcs publics, ces objets ont une plus grande importance. On commence à s'en préoccuper en Europe, surtout en Angleterre, maisl'Amé-

t ^ PC io AO'^

Fig. .512. — Plan du gymnase public dans le Philip's Park, à Manchester (Angleterre).

rique du Nord nous a dépassés sous ce rapport, et nulle part les gymnases publics en plein air n'ont été aussi soignés que dans le Central-Park de New- York, où des emplacements spéciaux sont choisis à cet effet. On y a séparé les balançoires destinées aux petits garçons de celles des petites filles, que les parents et les gardiens viennent accompagner à ces endroits de divertissements et d'exercices hygiéniques. D'autres jeux, très-variés, sont épars sous le couvert de grands arbres : tous sont gratuits et placés sous la surveillance de la poHce du parc. L'affluence de la population enfantine de New-York à ces jeux est considérable.

A Manchester (Angleterre), on a installé un gymnase public dont le plan ci-joint (fig. 512) donnera l'idée. Il est circonscrit par l'allée J du Philip's Park, et entouré d'une petite grille. Un garde-portier, dont le logement est situé en D, est chargé de veiller au bon ordre. Les divers instruments de gymnastique sont distribués à des distances calculées. En G est le mât tour-

liant, en DE, les poutres auxquelles pendent les trapèzes, cordes à nœuds, échelles de cordes, barres de perroquets, cordes lisses, anneaux, etc. Le cheval de bois est placé en F, en G I sont les barres fixes, en II les doubles barres. Sur le sol on a répandu de la sciure de bois pour amortir les chutes. L'espace est assez vaste pour permettre les ébats des enfants, et souvent les adultes ne dédaignent pas de prendre part à ces exercices salutaires.

Les vastes parcs publics de l'Angleterre contiennent des pelouses réservées au jeu national du cricket, qui tient le premier rang parmi les sports à la mode. Cet exercice consiste à lancer des balles de cuir au moyen de longues battes de bois, conformément à des règles plus ou moins variées. Le terrain destiné aux parties de cricket ne demande aucune préparation préalable, si ce n'est d'effacer les aspérités du sol qui pourraient

Fig. 513. — Plan d'un terrain destiné au jeu du « croquet ».

faire trébucher les joueurs. Quelquefois on peut réserver un espace spécial pour cet objet, et c'est ce que j'ai fait dans le Sefton Park, à Liverpool, où le terrain consacré au cricket (pl. VIII), très vaste, a été entouré de plantations et circonscrit par une enceinte elliptique.

Le jeu de croquet, très répandu maintenant dans les familles, peut se placer même dans les petits jardins. Il a passé d'Angleterre sur le continent, et il serait originaire de France, au dire d'un certain nombre d'Anglais qui fondent cette opinion sur le nom d'aspect français. Au lieu de jouer le croquet sur une surface vague, on peut lui préparer dans le jardin un emplacement réservé, bien nivelé, sur un terrain solide, roulé, plaqué de gazon fin. Le croquet que j'ai installé dans le parc de Saumarez, dans l'ile de Guernesey (fig. 513), est entouré d'arbres et d'arbustes formant un abri et donnant de l'ombrage. En A est une allée gazonnée, en B des bancs de repos. C'est un kiosque où l'on serre les jouets. Le terrain D est enfoncé de 0'", 40 au-dessous du sol environnant. En E sont les piquets de départ;

en F, la sonnelle du milieu, et les barres placées à des distances calculées (mesurer avec l'échelle) indiquent la position des arceaux.

Glacières. — Les glacières sont un objet de première nécessité dans les résidences de luxe. De tout temps la glace a été recherchée pour les usages domestiques. Hippocrate en recommandait l'emploi, li60 ans avant l'ère chrétienne ; les anciens Romains en faisaient souvent usage et les nîvatœ potiones étaient fort appréciées chez eux. Ils connaissaient le moyen de conserver la glace, et savaient qu'eu répandant de l'eau bouillante dessus lorsqu'on l'empile, on chasse l'air contenu dans l'eau et l'on fait congeler le tout d'une manière plus uniforme. Du temps de lord Bacon, on savait déjà qu'en mêlant du sel marin ou du salpêtre avec la glace ou la neige, on pouvait en abaisser encore la température.

Mais, depuis qu'au xix^ siècle la glace est entrée dans la consommation générale, on s'est attaché à perfectionner les moyens de la recueilhr et de la conserver, et même d'en fabriquer facilement, économiquement, d'artificielle. Nulle part on n'a attaché autant d'importance à cette question qu'aux Etats-Unis, où l'eau glacée est appelée, à juste titre, <f la boisson nationale ». Dans les endroits publics, monuments, places, rues, gares, dans les wagons de chemins de fer, dans les parcs et les squares de toutes les villes, se trouvent des fontaines remplies d'une eau glacée offerte

gratuitement à tout venant. On s'est donc préoccupé, dans ce pays plus qu'ailleurs, des procédés de conservation pour la glace venue chaque hiver en blocs énormes des lacs Supérieur, Michigan, Ontario, etc. Aussi la glacière américaine a-t-elle prédominé partout. C'est une variante de la forme usitée en Amérique que donne la figure 514. Je la dois à l'obligeance de M. Dutreux, qui l'a installée avec succès dans son parc de Kockelscheuer, près de Luxembourg. La légende ci-jointe en expliquera la construction.

Fig. 51i. — Glacière américaine. M. Tuiiy Dulreiix, architecte.

Coupe et plan.

A. Mur vertical, en cône renversé à la base.

B. Puisard central pour recueillir l'eau.

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