L. Toiture épaisse en roseaux
M. Fenêtre d'aération et d'éclairase.
Statues, vases, etc. — Les vases et les statues ont leur place naturellement indiquée dans les jardins symétriques, soit dans les axes, au milieu des pelouses régulières, soit au centre des corbeilles de fleurs ou dans les encoignures. L'art de les placer fait partie de l'architecture proprement dite.
Dans les jardins paysagers, on doit en user avec modération. Des statues au milieu d'un vallonnement ou près d'allées curvilignes s'accordent mal
avec le paysage. Même dans les jardins publics, ces disparates sont choquantes. Il n'en est pas de même, cependant, quand ces ornements sont adossés à un fond de massifs et forment l'extrémité d'une perspective.
La statue de la feue princesse Amélie des Pays-Bas, dans le parc de Luxembourg, présente une de ces situations. La figure 515 en donne l'élévation, et la figure 516 le plan. En A s'élève le monument, au milieu d'un exèdre surélevé par quelques marches, au pied desquelles on a placé un massif d'arbustes toujours verts D, et des plantes à belles fleurs. Sur la grande pelouse en face, on a disposé en C des corbeilles de fleurs, et, à l'extrémité de cette partie du parc, une des grilles d'entrée s'ouvre à la fois dans l'axe de la statue et de l'avenue Marie. Les plantations du fond, dans la partie du parc naturellement boisée et coupée par plusieurs allées
pour faciliter la circulation de promeneurs, sont en épicéas d'un ton sombre relevé par la silhouette claire du tronc de quelques bouleaux.
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Fig. 51G. — Parc public de Luxembourg. Monument de la princesse Amélie des Pays-Bas. Plan des abords. Ed. André, architecte.
Sur les pelouses, au milieu de la verdure, les vases font également bon effet lorsqu'ils sont placés dans des jardins symétriques. On peut citer ceux
Fig. 517. — Vase en faïence avec piédestal de graïui. Parterre de Saumarez (Gueruesey).
qui ornent les jardins du Louvre, des Tuileries, du Luxembourg, de Versailles, etc. Ils forment d'excellents ornements des grands parterres
(fig. 517), surtout lorsque l'on étudie leur piédestal dans le style du vase même et qu'on les garnit de plantes àu pied et à leur sommet.
Sièges. — Les sièges, fixes ou mobiles, peuvent encore attirer l'attention de l'arcliitecte-paysagiste dans la formation des parcs et des jardins. Dans les tracés symétriques, leur place sera commandée par les axes et les extrémités. Dans les jardins paysagers, on les disposera, soit aux têtes des points de vue, soit dans les endroits ombragés, soit encore au sommet d'une montée rapide. Leur dessin peut être très variable : on fait des bancs et des chaises en pierre, en bois, en fer, en bois rustique. Le bon goût conseille de
chercher, à l'exception des chaises fixes, les modèles les plus simples, légers, et se détériorant le moins possible par les intempéries.
Abris en terre. — Parmi les ornements de parcs d'un dessin peu commun, je signalerai celui que j'ai observé dans les jardins des stations de chemins de fer à travers les grandes plaines de la Russie centrale. Dans ces steppes, le vent souffle avec une telle force qu'on a imaginé d'élever des buttes de terres creusées au centre, et dans lesquelles on entre pour trouver un abri et de la fraîcheur pendant les grandes chaleurs de l'été. On y pénètre par une galerie souterraine en communication avec le fond de la dépression. La figure 518 représente une butte de ce genre que j'ai vue, à Glasgow, en 1869, dans le Queen's Park, dessiné par Paxton. De la plate-forme supérieure, on jouissait d'une vue magnifique sur la ville et sur la vallée de la Clyde ; un mât de pavillon flottait au centre de cette étrange construction.
Grilles d'entrée et clôtures. — La question des entrées dans les parcs et les jardins s'impose par des considérations de premier ordre dont nous avons exposé les principales dans les pages 367 et suivantes. Il resterait à les examiner actuellement au point de vue du dessin même des portes et des grilles, qui touchent de plus près à l'architecture sans dépasser toutefois la compétence d'un architecte-paysagiste digne de ce nom.
En effet, il n'est pas indifféren t de concevoir le dessin d'une porte d'entrée d'une manière ou d'une autre. Pour une résidence de luxe, en face d'une avenue rectilignc et d'un château grandiose, des grilles de fer, d'un dessin ferme en rapport avec le style de l'édifice, des pilastres mâles et des parties dormantes assez étendues, seront naturellement motivés. Auprès d'une petite ferme d'agrément, au contraire, un mur de séparation pourra être couronné
Fig. 518. — Abri en terre, au du Queen's Park, à Glasgow (Écosse).
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d'une j^i'illc de fer léger, d'un dessin fantaisiste, et la communication sera établie par une porte à cadre de bois ornée au sonnnet de la même grille que la partie dormante (fig. 519).
Le mélange du bois et du fer travaillé produit souvent d'excellents résutats,au j)oint de vue utile et ornemental, pour les entrées de parcs et de jardins. Souvent il arrive que la grille en fer serait trop lourde et trop dispendieuse s'il fallait la mettre en rapport avec les dimensions massives d'un château important, ou trop grêle et de mauvais goût si l'on économisait le poids du fer. D'autre part, le bois rustique, (|ui convient surtout pour les entrées des parcs de chasse et pour les propriétés où l'élément pittoresque l'emporte sur le style, manque de noblesse et d'aspect architectural. On peut donc, avec succès, combiner le bois et le fer, l'un formant le cadre et l'autre l'ornement; le premier présentant des pleins qui s'accordent bien avec des
Fig. 519. — Porte d'entrée de la petite ferme, à Bois-Renault (Indre-et-Loire), Ed. André et P. Déchard, architectes.
pilastres d'un volume convenable et le second offrant des détails élégants et ajoutant de la solidité au bois en le décorant (tig. 520).
Les portes d'entrée des parcs et des jardins d'un aspect plus simple sont fréquentes en Angleterre; le pittoresque en fait tous les frais. Un cadre de bois avec quelques traverses et dés écharpes à silhouettes bizarres s'y rencontrent frétiuemment. La fantaisie n'est limitée en ce sens que par le bon goût. On emploie également le bois rustique pour les entrées des parcs de chasse, ou des bois de charpente équarris, avec les extrémités supérieures taillées à tête de diamant. On ajoute des Hases ou parties dormantes, pour appuyer ces sortes de barrières, et l'on peint le tout en blanc, pour le détacher sur le fond vert des bois.
Les clôtures des parcs sont également très variées. On les met généralement en raj)port avec le dessin des grilles d'entrée, au moins dans le voisinage de celles-ci. Nous avons déjà parlé des sauts de loup au point de vue de leurs profils (p. 133) et de leur plantation (p. (570). On peut ajouter (pie les dimensions ordinaires de ces clôtures sont de 3 mètres (au minimuux
L'Airr DES JARDINS à rouvcj-lurc supérieure, 2 mètres de hauteur, J'",50 de largeur au l'ond, et que le mur, bâti à fruit, doit être recouvert de gazon au sommet, de manière à être caché de l'intérieur de la propriété.
Les grilles qui entourent les parcs sont dispendieuses ; on les remplace le plus souvent par des murs ordinaires, hauts de 2 mètres à 2"", 50 dans les endroits où la pierre abonde, et, dans les régions forestières, par des paUssades de bois que l'on sulfate, et dont on enduit la base de goudron, après l'avoir à demi carbonisée. Ces clôtures finissent toujours par pourrir, après quek[ues années. Depuis quelque temps on les remplace assez généralement par des clôtures en fil ou en corde de fer, ou en ronce artificielle (fils
Fig. j'20. — Grille d'entrée en bois et fer, pour le parc de M. J. Frichon de Vorys, au Tertre (Indre). Ed. André, architecte. Élévation et plan.
de fer hérissés de clous). Ces cordes sont fixées à des supports en fer à T, et sont très-efficaces, même contre le gros bétail.