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Le Livre de la nature; en allemand. Augsbourg

LES JARDINS CLASSIQUES

mcnts de ses avenues et de ses parterres, l'influence du goût italien, qui procédait de l'antiquité, et qu'appliquaient le Rosso et le Primatice, artistes décorateurs par excellence. A cette époque, les jardins, en Italie, inspirés par les souvenirs de l'ancienne Rome, se composaient d'une infinité de carrés exigus, à périmètre à peu près identique, et à dessins intérieurs variés. Castellan a fait remarquer que ces jardins cadraient à peu près avec la description que Pline le Jeune nous a laissée de ses villas. A voir les plans de Fontainebleau qui nous ont été transmis par Androuet-Ducerceau', on reconnaît que les petits parterres tourmentés, les allées symétriques et peu arges, les bordures de gros buis, de jolies et nombreuses statues, des bassins et des volières, des eaux abondantes, en faisaient tous les frais. On y voyait le « jardin des Pins », le « jardin des Ruis », les « douze carrés des Ifs », tout près du château, les « carrés des jeux de paume », etc., le tout coupé en divisions mesquines, mais entretenu avec soin et planté avec goût. Saint-Germain, Madrid près de Paris, RJois, Villers-Cotterets reçurent des embellissements analogues, dont les traces ne sont pas venues jusqu'à nous, mais qui étaient évidemment conçus dans le même style.

Fontainebleau resta en cet état jusqu'à Henri IV. Le roi gascon y apporta des modifications capitales, et chargea un ingénieur italien, nommé Francini, de l'exécution de ses plans. Il modifia le jardin des Ruis, remplacé par celui de rOningeric, fit construire un réservoir voûté, une immense volière et le grand canal du parc, j)lanter de belles allées d'arbres, etc. Les parterres reçurent des améliorations importantes; l'ancien jardin du roy s'appela jardin du Tibre.

C'est à ce moment qu'apparaît pour la première fois un nom qui a joué un grand rôle dans l'art des jardins en France, celui des Mollet.

Le jardinier du duc d'Aumale, à Anet, en Normandie, fut le premier en date dans cette petite dynastie horticole. Son maître l'avait en haute estime Vers la fin du xvi*' siècle, les jardins d'Anet étaient considérés comme les plus beaux de France, par leur bonne tenue et le nombre des fleurs qu'on y cultivait. Le second jardinier, Claude Mollet, élevé auprès de lui dans la pratique du jardinage, fut nonnné ensuite jardinier du roi Ilem-i IV. Il créa en France les parterres à broderie, et dans un livre un peu naïf qu'il écrivit en 16U, il publia les dessins de ceux qu'il avait exécutés, à Fontainebleau d'abord, puis à Saint-Germain-en-Laye, en 1595. Ses trois fils, qu'il paraît avoir fait instruire plus (|u'il ne l'avait été lui-même, l'aidèrent à réaliser ses conceptions. Dans rédition de ses œuvres que je possède % on voit qu'il réunit les anciens parterres morcelés et en forma des dessins

1. Des plus excellents bàtimenls de France, par J. Androuet-Ducerceau. l vol. in-4", 1576-1579.

2. CI. Mollet. Théâtre des plans et jardinages. Paris, in-4", 1663.

plus homogènes, divisant généralement le jardin en quatre parties principales avec compartiments bcrlongs et oblongs de diverses inventions, et plaçant une fontaine au milieu. Il fit planter au jardin des Tuileries des palissades de cyprès par les soins d'un habile jardinier nommé Guillaume Moisy, qui lui avait été donné par le roi lui-même ; mais ces plantations furent détruites par l'hiver de 1608 et remplacées par des haies de buis, {Buxus sempervirens, L.) qui ont prévalu depuis ce temps dans le centre et le nord de la France.

Le trait caractéristique des créations de Claude Mollet est d'avoir élargi

Fig. G. — Parterre de broderie (Renaissance française).

le cadre et le tracé des jardins de son temps, et d'avoir ainsi préparé l'avènement de ce style grandiose de Le Nôtre qui n'empruntait à l'Italie que les formes, non les proportions.

« Le temps passé, dit Claude Mollet, il y a environ quarante ou cinquante ans qu'il ne se faisoit que des petits Compartiments dans chacun quarré d'un Jardin de diverses sortes de Desseins, qui se représentent encores à présent au livre de la Maison rustique... Depuis que j'ay eu l'honneur de recevoir les instructions de très illustre personnage, le feu sieur du Pérac, grand Architecte du Roy, lequel après son retour d'Italie, qui fut en l'année 1582, Monseigneur le Duc d'Aumalle, grand amateur de braves

LES JARDINS CLASSIQUES

hommes, retint icelui Sieur de Pérac pour son Architecte et lui donna commandement sur tous ses Chasteaux et Maisons, particuhèrement en son Chasteau d'Annet, lequel estoit en ce temps-là le plus beau Chasteau de France ; de sorte qu'iceluy Sieur du Pérac prit la peine luy-mesme de faire des Desseins et des Pourtraiets de Compartimens, pour me montrer comme il falloit faire de beaux Jardins; de telle manière qu'un seul Jardin n'estoit, et ne faisoit qu'un seul Compartiment my-party par grandes roiales. Si bien que telles inventions paroissoient bien davantage que ce que feu mon père et les autres Jardiniers avoient accoustumé de faire : Ce sont les premiers Parterres et Compartimens en Broderie qui ayant esté faits en France, c'est pourquoy j'ay tousjours continué depuis de faire des grands volumes, parce que l'expérience monstre la vérité... * »

Claude Mollet avait encore dessiné, en 1595, les jardins de Monceaux et le parterre qui avoisine l'étang de Fontainebleau; il avait établi un labyrinthe dans le goût de l'Italie et de l'antiquité, et de plus planté de nombreux arbres fruitiers dont il traite amplement dans son ouvrage et dont les descriptions sont surtout précieuses pour les pomologues.

De ses trois fils, l'un, André Mollet, lui succéda comme intendant des jardins du roi de France, sous Louis XIll, i)uis devint jardinier du roi Jacques P'' d'Angleterre. 11 a laissé plusieurs ouvrages, parmi lesquels on compte le Jardin de pl/iisir, etc.

Après lui, Boyceau de la Baraudière fut nommé intendant des jardins des maisons royales. Dans un petit livre intitulé Traite du jardinage et imprimé à Paris en 1688, il fixe pour la première fois les dimensions des voies de promenade. Les allées couvertes doivent être moins larges que les découvertes, « afin de trouver cette grâce agréable qui s'y doit rencontrer ». Dans les allées à pahssades, celles-ci doivent avoir les deux tiers de la largeur tlu chemin.

Les routes et allées longues de plus de trois ou quatre cents toises^ seront larges de sept à huit toises, et plantées d'un double rang d'arbres.

Les allées de jardin de deux cents toises de long auront cinq toises de large; ceUes de cent cinquante, quatre toises, celles de cent, trois et demie; celles de cinquante, trois toises, celles de trente, deux toises ainsi que pour le tour du jardin et les promenoirs en berceaux ou treillages. Les autres allées de l'intérieur du jardin, plus courtes, doivent diminuer de largeur.

Parmi les autres préceptes contenus dans le livre de Boyceau, on remarque le mode de décorer les parterres avec des « compartiments, feuillages et passements moresques, arabesques, grotesques, guillochés, rosettes, gloires, targes, écussons d'arbres, chiflVes et devises ' ». Puis une étude

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