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Composition des jxiysarjcs. Paris

3. Règle démentie ii chaque instunt dans les jardins du temps.

LES JARDINS CLASSIQUES

rées , de portiques, de treillages exagérés, de nombreux escaliers de pierre, mais au contraire y multi[)lier les pelouses, les escaliers de gazon, placer les pièces d'eau en l)as, pour qu'elles paraissent naturelles, et ainsi du reste ;

2° Ne pas rendre les jardins tristes et sombres, par trop de plantations élevées, mais découvrir les parterres et n'y planter que des arbustes bas et taillés ;

3° Ne pas tomber dans l'excès opposé, qui est de laisser un jardin absolument nu et sans ombrages, au moins dans certaines parties, de manière à tout laisser voir d'un coup d'œil dès le vestibule des bâtiments;

li" Faire croire à une étendue plus grande que la réalité en arrêtant habilement le regard par des palissades, allées, plantations, surtout en lisière, le long des murs, pour les cacher.

La proportion ordinaire des jardins était : un tiers ou moitié plus longs que larges, afin que les pièces fussent barlongiics et plus gracieuses à l'œil.

On devait encore suivre les dispositions générales suivantes : Descendre de l'habitation dans le jardin par un perron de trois marches au moins.

Le parterre devait être la partie la plus proche de l'habitation. Il fallait le creuser en boulingrin pour lui donner du relief et n'obstruer la vue par aucune plantation arborescente, ni haies ni palissades. On pouvait tout au plus le border sur son pourtour, s'il y avait à cacher une vue désagréable.

Les bosquets étaient destinés à faire valoir les autres parties des jardins. Ils accompagnaient les parterres par des compartiments, quinconces, salles vertes avec boulingrins, treillages et futaies au milieu; ils donnaient de l'ombre et de la fraîcheur. On devait en planter quelques-uns en végétaux à feuilles persistantes pour jouir de leur verdure pendant l'hiver.

L'extrémité d'un parterre devait être ornée de bassins ou pièces d'eau et se terminer par une forme circulaire de palissades percées en patte d'oie conduisant à de grandes allées. L'espace compris entre le bassin et la paUssade était occupé par des pièces de gazon garnies d'ifs, de caisses et de pots de fleurs.

Dans les jardins disposés en terrasses successives on ne terminait pas la vue par des palissades, mais on la laissait libre et occupée par une succéssion de parterres d'autant plus richement décorés qu'ils étaient plus près de l'habitation.

La principale allée était en face des bâtiments, et coupée à angle droit par une autre allée, toutes deux très-larges et avec leurs extrémités terminées sur les murs par des grilles, afin de prolonger la vue.

Dans les compartiments formés par ces allées on pratiquait divers dessins : quinconces, cloîtres, galeries, sailes vertes, cabinets, labyrinthes, bouhngrins, amphithéâtres ou fontaines, canaux, statues, etc.

L'AKT DES JARDINS.

11 fallait varier les emplacements et ne pas mettre tous les bois, cabinets et parterres d'un seul côté, mais les disperser dans les différentes parties du jardin.

On ne répétait les mêmes pièces des deux côtés que dans les endroits découverts, où l'œil pouvait les comparer et devait les trouver identiques.

On évitait les dessins mesquins. « Il vaut mieux, — dit avec raison un auteur du temps, — n'avoir que deux ou trois dessins un peu grands qu'une dizaine de petits, qui sont de vrais colifichets. »

Avant d'exécuter un dessin de jardin, on devait songer à ce qu'il deviendrait vingt ou trente ans après, et non à son aspect présent, « qui peut être petit sans le paraître tout d'abord ».

Quand les allées se croisaient, il fallait abattre les angles aigus, d'un mauvais effet, et traiter les carrefours en pans coupés.

On avait trois sortes de jardins : les jardins plans ou de niveau, les jardins en pente et les jardins en terrasse.

Les jardins de niveau étaient préférés aux deux autres.

Les jardins en pente, où l'on monte et descend toujours sans trouver de repos, étaient les plus désagréables.

On préférait les jardins à terrasses, d'où la vue est belle et les scènes variées, et qui donnaient libre carrière à l'artiste pour exercer son talent.

A ces règles théoriques, j'ajouterai l'énoncé des caractères principaux qui distinguaient les jardins symétriques du xvn*' siècle, dérogeant pour une fois à la loi que je me suis faite d'esquisser très-brièvement cet aperçu historique. Je trouve, en effet, qu'on a trop souvent traité l'histoire des jardins au point de vue poétique, pittoresque, anecdotique et trop rarement au point de vue technique et descriptif. Dans un ouvrage de la nature de celui-ci, il faut accorder plus de place aux faits qu'aux hommes, à l'œuvre qu'à l'ouvrier, et le lecteur aimera mieux connaître la manière dont se faisait un jardin que de savoir comment vivait son auteur.

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