‹ L'art des jardinsChapitre 36 sur 341 · DES ALLÉES ET DES PALISSADES · texte numérisé non relu

DES ALLÉES ET DES PALISSADES

On distinguait plusieurs sortes d'allées : les couvertes et les découvertes, les simples et les doubles, les allées blanches et les allées vertes.

Les allées couvertes étaient formées par des arbres taillés qui se rejoignaient par le haut; elles devaient être moins larges que les autres, pour être ombragées plus rapidement.

Les allées découvertes se divisaient en allées de parterres et de boulingrins, formées par les bordures et les ifs des plates-bandes, et allées de pahssade et de futaie, dont les arbres ne se joignaient pas par le haut.

Les principales allées devaient être découvertes, pour ne pas cacher la façade des bâtiments. L'allée des Tuileries était alors considérée comme défectueuse sous ce rapport.

Les allées simples étaient composées seulement de deux rangs d'arbres en palissades.

Les allées doubles avaient quatre rangs d'arbres et formaient trois allées dont les latérales, simples et plus étroites, se nommaient contre-allées. Les deux rangs d'arbres du milieu étaient en arbres isolés et libres par le pied, les deux autres rangs extérieurs pouvaient avoir le pied engagé dans une palissade de charmes ou d'arbustes toujours verts taillés en haie.

Les allées blanches étaient entièrement sablées.

Les allées vei-ies étaient gazonnées au milieu, avec les deux contreallées sablées.

Les allées étaient dénommées : allées droites^ partdUles, de traverse, tournantes, diagonales, de niveau, en rampe, suivant leur forme ou leur situation.

Les allées en pente douce étaient bombées au milieu pour rejeter les eaux sur les côtés, et celles de niveau étaient planes, avec des puisards d'assainissement au miheu, de distance en distance.

La largeur des allées devait être proportionnée à leur longueur. Les meilleures dimensions étaient les suivantes :

Allées de 400 mètres (200 toises) de long, l/t-16 mètres de large. — 600 — 18-20 —

LES JARDINS CLASSIQUES

Pour les allées doubles, la meilleure proportion était de donner à la voie du milieu la moitié de la largeur générale et de diviser l'autre moitié en deux pour les contre-allées.

Les allées du pourtour du parc et des bosquets éloignés pouvaient être

moins larges.

Le meilleur sol pour les allées était un solide fond de gravois bien battu, sur lequel on répandait du sable. Quand le gravier était rare, il fallait battre fortement le sol après l'avoir bien uni, et y répandre une épaisseur de sable de quelques centimètres. Le sable de rivière un peu gros passé à la claie était préféré au sable de terre.

Les palissades servaient à couvrir les murs de clôture, cacher certaines

Fig. 9. — Vue perspective d'un parterre dans le stylo du xvii'' sit'clc, conservé à Castres (Tain).

vues désagréables, corriger les biais et coudes des limites, border les carrés de forêt et séparer les diverses parties du jardin. C'étaient des murailles ou tapisseries vertes, garnies du pied, peu épaisses, bien tondues, et généralement faites de charmes, de buis ou d'ifs. On les nommait aussi éventails ou rideaux quand elles étaient très-élevées, et banquettes quand elles étaient à hauteur d'appui et laissaient la vue passer au-dessus d'elles.

On y pratiquait souvent des niches ou enfoncements pour placer des bancs, statues, vases ou fontaines, qui ressortaient mieux sur leur fond de verdure opaque.

Page 1