‹ L'art des jardinsChapitre 47 sur 341 · Loudon. Encyclopœdia of Gurdening, p. '136 et sui · texte numérisé non relu

Loudon. Encyclopœdia of Gurdening, p. '136 et sui

çaisc. On y voyait do grandes allées rectilignes, des comparLiments formés de haies d'aubépine, des pyramides, des fontaines, des bassins de marbre entourés de liias symétriquement placés, un boulingrin entouré d'une balustrade de pierre, sans parler de ce qu'on appelait alors un parc, c'est-à-dire un bois absolument sauvage dont on semblait goûter assez peu les agréments. La mode des arbres taillés, importée de Hollande, y avait accumulé les dessins ridicules d'animaux, d'hommes, d'armures, de devises. On y voyait l'arche de Noé en houx, un saint Joseph en buis, la reine Élisabeth en

tilleul, des statues de poètes, un porc, et autres extravagances dont Pope s'est agréablement moqué. Pendant ce règne, furent tracés les jardins de "Whitehall, où l'on vit pour la première fois des jets d'eau, et ceux d'IIampton-Couï't, créés par le cardinal Wolsey et dont la célébrité s'est conservée jusqu'à nos jours. Mandelso, qui visitait ces jardins sous le règne de Jaques I", vante leur beauté et leur bon entretien. Le labyrinthe y était tellement inextricable, qu'un jardinier, monté sur une plate-forme élevée, remettait dans le bon chemin les promeneurs égarés dans ses détours.

Ilolland-IIouse et Hatfield, deux autres lieux également renommés en Angleterre, furent dessinés sous le règne d'Éhsabeth (1558-1603) ; ces jardins étaient ornés de belles avenues, d'eaux jaillissantes et de statues.

LES JARDINS CLASSIQUES

On nous a conservé (fig. 20) un ancien plan qui donne la physionomie des jardins de HoUand-House. — En A était située l'habitation; B était un grand bassin avec jet d'eau; en C le parterre ou jardin fleuriste. Deux bandes gazonnées D encadraient une avenue d'arbres (lél)ouchant sur le promenoir E. Des plantations découpées donnaient en face d'une statue G. En H se trouvait un parterre de broderie, avec parties sablées I. Une longue allée J était entourée de plates-bandes fleuries, tout près d'un grand parterre de broderie K, ditïérent de ceux que nous avons vus en France, et précédant les bosquets toulïus plantés en L.

Sous le règne suivant, les jardins de Théobald et de Greenwich furent dessinés, toujours dans le même style. Les vergers plantés en échiquier, les jets d'eau, le parc aux daims, en étaient les principaux ornements. On vantait davantage les jardins du palais de Saint-James, qui furent depuis remaniés par Le Nôtre, et qui à cette époque présentaient des caractères assez curieux. On y avait construit une grotte faite de toute sorte d' « csquillages » (coquillages) représentant le Parnasse, et recouverte d'herbes et de fleurs. Apollon et les Muses y trônaient et, au sommet de la petite coUine artificielle, se dressait le cheval Pégase en bronze doré. Au-dessous, quatre voûtes abritaient des nymphes portant des urnes et répandant de l'eau dans un bassin qui baignait le pied du monticule.

Le chancelier Bacon, né en 1560, mort en 1626, paraît avoir eu sur l'art des jardins des idées plus larges que celles de ses contemporains et en rapport avec son génie si profond et si varié. On dit qu'il avait composé, pour un prince resté inconnu, des jardins où il appliqait ses théories, nouvelles pour le temps : il voulait des fleurs [)Our chaque mois de l'année, des pelouses à l'entrée des jardins avec entourage de portiques en bois, des haies taillées, entremêlées de colonnes et de pyramides^ un monticule au milieu, surmonté d'un pavillon « à boire » . Dans la plaine , il su[)posait de grands bassins très-ornés de « curiosités ». Enfin, dans le dhcrt, il cherchait la sauvagerie complète, les plantes et arbustes indigènes, et se rapprochait évidemment de l'idée des jardins de la nature. Les jardins, créés par ce grand homme, étaient parmi les plus beaux qu'on pût voir en ce temps, au dire de sir Henry Wolton, qui n'en donne pas d'ailleurs de description suffisante.

Nous arrivons au temps où Charles II était sur le trône d'Angleterre. La réputation des monuments de Paris et de Versailles incita ce prince à demander à Perrault, l'immortel auteur de la colonnade du Louvre, et à Le Nôtre, de traverser la Manche pour doter l'Angleterre de quehjues-unes de leurs compositions. Perrault déchna cet honneur, mais Le Nôtre accepta et planta les jardins de Greenwich et de Saint-James. Un enthousiasme général pour les jardins français se répandit alors en Angleterre ; on commença à Hampton- Courtle grand hémicycle, qui ne fut jamais achevé; le comte d'Essex et lord Capel se firent les Mécènes de l'horticulture, et le premier envoya étudier à

Versailles son jardinier Rose, qui dirigea les jardins du roi à son retour. C'est encore à cette époque que s'éleva Chatswortli, le magnifique palais du duc de Devonsliire. Beaconsfield fut également dessiné par le poëte Wallcr, avec beaucoup d'art et surtout de dépense. Evelyn, l'auteur du beau livre intitulé Sylva et de plusieurs autres ouvrages sur l'horticulture, habitait vers 1652, à Woolon, dans le Surrey, la résidence de son père et contril)ua beaucoup à l'embellir. On lit dans les Mémoires de Bray (Londres, 1818) qu'Evelyn laissa des dessins de ces jardins, oii l'on voit de longues avenues, des parterres de broderie et des bosquets assez étendus, percés en étoile. Lui-même, Evelyn, a parlé des plus beaux parcs et jardins de l'x^ngleterre. Ceux de lady Brook, à Hackney, de lord Craven,àCaversham, de lord Essex, à Cashiobury, de lord Pembroke, à Wilton, furent visités par lui en 1654; il en a publié de courtes descriptions. Il continua ses courses en 1662, et décrivit : Wanstead-House, à sir J. Child ; Wells, à M. Buschnell; Ditcliley, Ham-IIouse, etc.

On parlait encore de Kew, d'Althorp, de Beddington, Marden, Alburie Howards, Swallowfield, tous cités par Bray\ et un peu plus tard des belles résidences du roi Guillaume et de la reine Marie (1689-1702). Suivant Barrington, les arbres taillés furent alors dans leur plus grande vogue, et l'on cite surtout ceux que Switzer avait formés à Leeswold, dans le Flintshire. Le roi embellit considérablement Hampton-Court, qui s'enrichit d' « alcôves », d'arches de verdure, de sculptures végétales. D'après les publications de Le Blond, Longleat, à la marquise de Bath, reçut des ornements du même genre.

En 1691, J. Gibson publia une notice sur les jardins des environs de Londres; elle comprend la plupart de ceux qu'Evelyn avait cités, et appuie surtout sur les principaux caractères de ces résidences à la fin du xvn" siècle : allées en terrasse, haies d'arbustes verts, arbustes tondus en vases, caisses d'orangers et de myrtes. Le parterre de Hampton-Court ressemblait, dit-il, V à une dentelle ».

C'est à ce moment que parut VE.ssai sur les Jardins d'Épicurc de sir William Temple, qui les décrivit comme une succession de terrasses basses, descendant de la maison, et plantées en arbres fruitiers ou en légumes. La comtesse de Bedford voulut réaliser cette fantaisie, et les jardins qu'elle créa d'après ces données à Moor-Park, dans le Herefordshire, passaient pour les plus beaux du temps. Une vaste promenade, des escaliers de pierre, des parterres à compartiments, des fontaines, des pavillons, des portiques, avaient été inspirés par les souvenirs de la Rome antique. Les jardins de Wollaton-Hall, près de Nottingham, figurés en 1696, quatre ans seulement avant la mort de Le Nôtre et dessinés dans son style par London et Wyse, les plus célèbres pépiniéristes de ce temps, présentèrent un spec-

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