Loudon, Encyclop. of Garden., p
LES JARDINS CLASSIQUES
taclc encore inconnu en Europe, celui d'une orangerie couverte en verre. De cette ébauche devaient naître nos serres modernes.
Le roi Guillaume avait commencé les jardins de Kensington. Ils furent terminés par la reine Anne, qui les fit dessiner par Loudon et Wyse, et leur œuvre mérita les plus grands éloges d'Addison, qui la comparait modestement à un « poëme épique ». Windsor reçut également des modifications; on y remplaça les parterres par des terrasses gazonnées. Wyse créa Blenlieim en trois ans; Wanstead, dans le comté d'Essex, et Edger, dans le llerefordshire, furent les derniers travaux de London.
Bridgeman succéda à ces deux hommes habiles et instruits. Le goût s'épurait; les broderies et autres colifichets tombaient en désuétude. Sous les coups de cet artiste, les arbres sculptés disparurent. Il n'eut pas encore le courage de supprimer les allées couvertes, mais au moins il laissa les masses supérieures de leur feuillage croître en liberté.
Dans la période qui vient d'être résumée et qui s'étend de 1060 à 1713, on compte un grand nombre de belles résidences en Angleterre, parmi lesquelles plusieurs ont conservé jusqu'à nos jours une partie de leur caractère primitif. Telles sont Blenlieim, Castle-Howard , Cranbourne, Busly-Park, Edger-Althorp, New-Park, Bowdcn, Hackwood, Wrest.
Les jardins de Kensington furent continués par la reine Caroline, sous le règne de Georges II (i7'27-l760), et l'étang nommé la Serpentine, dans Hyde-Park, fut créé en réunissant une suite de petits bassins. On arrivait peu à peu à un genre nouveau, ennemi des dessins rectilignes, et qui allait se développer bientôt avec une grande puissance. Déjà lord Bathurst avait dévié de cette inflexible ligne droite en modifiant un étang à Ryskins, près de Colnbrook, et Christophe Wren, chapelain de Charles L', bien longtemps auparavant, avait essayé d'augmenter le développement d'un ruisseau en le faisant serpenter dans une vallée. A la superficie primitive de Kensington, qui était de 56 acres après les travaux de Wyse, la reine Caroline avait ajouté 300 acres pris sur les terrains de Ilydc-Park et en avait confié l'arrangement à Bridgeman, qui paraît avoir donné carrière, dans cette dernière conception, à des idées larges, simples et sobrement exécutées.
Peu après, en 1728, la magnifique terre du duc de Chandos fut confiée au docteur Blackwell, médecin et agriculteur, cpii ne fit que copier les préceptes alors publiés dans la traduction anglaise du livre de Le Blond {Théorie et Pratique du jardinage).
Enfin, en 1730, le nom de Kent apparaît pour la première fois, à l'occasion des travaux du château d'Exton, dans le Rutlandshire, où il fut appelé par le comte de Gainsborough.
Tels sont les traits principaux qui caractérisent la période des jardins classiques en Angleterre, c'est-à-dire d'un art tout d'imitation auquel le génie anglais était si réfractaire, qu'il en fut réduit à l'état de copiste. Nous
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verrons bientôt quel large essor prit l'art des jardins dans ce pays dès qu'il eut trouvé sa véritable voie.