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LES JARDINS CHINOIS

Ces jardins, dont j'ai cité (p. 6) quelques exemples datant du iv° siècle avant Jésus-Christ, n'avaient changé qu'en affirmant leur tendance à procéder de la nature. Au xi' siècle, on signala les jardins de Sé-ma-Kouang, qui occupaient une superficie de vingt arpents. Au milieu était une bibliothèque contenant cincj mille volumes. Un ruisseau divisé en cinq branches formait un bassin peuplé de cygnes, bordé de rochers, et dont les bords étaient plantés de beaux arbustes et semés de coquillages. La nature avait été prise ici pour modèle, et le souverain paraissait en goûter le charme poétique. Telles nous apparaissent les peintures que Chambers nous a laissées des jardins plus modernes de la Chine.

Mais ce serait une erreur de croire que le goût de la nature avait exclu du Céleste empire les jardins symétriques. Dans le parc du temple du Ciel, plusieurs voyageurs modernes, entre autres M'"' de Bourboulon, ont vu des avenues droites, des ornements réguUers en pierre, des bassins, des statues, etc., qui semblent procéder des jardins de l'antiquité européenne et qu'on ne s'attendait guère à retrouver dans l'extrême Orient. Les jésuites, auxvni^ siècle, développèrent ce style dans les jardins de Youen-ming-Youen et reproduisirent les effets de ceux de Versailles. Près du palais de la Mer sereine, les jardins étaient un composé de ce genre avec le goiit chinois, c'est-à-dire le mélange des lignes architecturales avec les caprices pittoresques d'une naturê rapetissée et rendue grotesque à force de recherche

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