LES JARDINS MEXICAINS ET PÉRUVIENS
Si d'un bond nous franchissons les mers et demandons au nouveau continent ce qu'étaient les jardins dans ces contrées lorscpie les « conquistadores » y pénétrèrent, notre tâche sera rapidement remplie.
Dans cette x\mérique tropicale et équatoriale où la nature a formé, spontc sua, les plus beaux jardins que l'homme puisse rêver, Christophe Colomb trouva de merveilleux éléments de décoration pour les jarduis du
roi d'Espagne, et, à son retour, tous les regards se portèrent vers ce Dorado qu'il venait de conquérir à son souverain.
A Saint-Domingue, il constata la présence de quelques jardins dessinés par les indigènes et où croissaient des plantes utiles : le manioc, l'arracacha, la batate, la colocase et quelques fleurs.
Au Mexique, où la civilisation des Aztèques était si avancée quand Cortez y pénétra, les immenses palais dont les ruines de Palenqué nous donnent encore une idée exacte, avaient certainement de superbes jardins, et sur tout le plateau de l'Analuiae on en trouvait les plus riches exemples. On sait que les jardins de Netzahuatlcoyotzin (IZi02-H02) étaient plantés de grands bois de cèdres ( Cupressus) ornés de grandes volières, de fontaines, de viviers à poissons. Les jardins de Huetecpan et de Cillan étaient situés dans sa capitale, nommée Tetzcuco, et ceux de Tezcotzinco, aux escaliers de porphyre, aux vastes réservoirs, aux rochers sculptés, jouissaient aussi au loin d'une grande célébrité.
On signale encore les jardins de Mocteùczuma, à Mexico : il n'en reste rien aujourd'hui qu'un ohvier sauvage. Les belles promenades de Cliapultépec ont transporté d'admiration tous les voyageurs qui les ont vues, et l'on sait que Fernand Cortez fit à Charles-Quint la description la plus enthousiaste de ces merveilles.
La plupart de ces jardins formaient des terrases comme ceux de Sémiramis. Des travaux hydrauliques grandioses y amenaient des eaux abondantes et y entretenaient une éternelle fraîcheur.
Enfin il faut noter au passage les jardins flottants des Mexicains ou chinampas, sortes de radeaux de joncs et de broussailles sur lesquels un peu de terre permettait de cultiver des légumes et des fleurs, à l'instar de ces jardins d'Arabie, mentionnés par Diodore de Sicile, et comme on en voit encore actuellement sur les lacs du Cachemyr.
Au Pérou, les jardins « aux fleurs d'or » des Incas, à Jauja, ont été l'objet de légendes fantaisistes, et les descriptions, si souvent mensongères, de Garcilazo de la Véga, ne doivent nous inspirer qu'une médiocre confiance dans leur beauté. Les ornements d'or et de pierres précieuses y abondaient, mais on ne dit rien des cultures qui y étaient mises en pratique.