Voir Diogcne de Laerle, liv. IV, ch. i
ESTHÉTIQUE
La théorie de Platon fut reprise par IMotin, qui rétendit, sans l'éclaircir, avec des considérations dérivées d'un panthéisme et d'un mysticisme hors de propos.
Avec saint Augustin, l'idée du beau, qui procède de Platon, s'élève aux plus hauts sommets. En montrant la suprême beauté de Dieu dans l'unité et la multiplicité de ses attributs, d'où découlent toutes les autres beautés, l'auteur do la Cité de Dieu ^ s'écrie : « Proportion, unité, ordre, loi, voilà les caractères évidents de la beauté dans le monde. »
Cette large définition clôt le résumé des travaux dus à l'antiquité sur la question du beau.
Au moyen âge, saint Thomas définit les trois caractères de la beauté : l'intégrité, la proportion et la clarté. Après lui et jusqu'au xvni'^ siècle, les philosophes sont plutôt occupés aux luttes de la scholastique qu'à la métaphysique pure, aux sciences plutôt qu'aux arts, et la question du beau sommeille pour n'être reprise que par un disciple de Descartes. En 1715, Crouzas publie un traité du beau oii les leçons des anciens se font sentir, mais sans présenter de formes nouvelles. Vers cette épo(pie, Shaftesbury effleurait le même sujet. Mais c'est à Hutcheson, le philosophe qui fonda l'école écossaise, qu'il faut recourir pour voir l'idée du beau étudiée de haut. Selon lui, le beau est l'union de l'uniformité et de la variété, définition qui serait trop vague s'il ne l'avait accompagnée de nombreux éclaircissements. Il distingue le beau de l'utile et de l'agréable, lui assigne l'ordre comme qualité essentielle, croit que nous en avons l'idée innée et que cette idée ne provient pas de la coutume, de la sensation et de l'éducation. Ces distinctions sont excellentes, mais on peut reprocher à Hutcheson d'avoir confondu l'idée avec le sentiment du beau.
En 1745, parut XEssai sur le hcun du P. André, œuvre inspirée par les écrits de saint Augustin, (ju'elle suit fidèlement en y ajoutant quelques considérations personnelles. Il distingue le beau visible et il y ajoute un beau arbitraire que l'habitude nous fait admirer dans l'art et qu'il applitpie au monde moral comme au monde physique. Les passages du discours du P. André sur les Grâces^ sur ce ([u'on a appelé Vâme des fleurs, sont pleins de charme et de vues saines, sans avoir l'autorité d'un traité didactique.
Sous le nom iï Esthétique , (|ui est resté depuis, Baumgarten publia en 1750 un traité où il cherchait à faire du beau une science distincte, sans réussir à autre chose qu'à échafauder une théorie obscure dont il ne reste que des pensées vagues.
Selon le philosophe irlandais Burke, dans son Traité du sublime et du beau (1767), les objets nous paraissent beaux (|uaiul ils produisent « un relâchement dans nos fibres nerveuses et une certaine langueur dans nos