ALLEMAGNE
on interroge les documents artistiques, la moisson de renseignements ne sera ni moins nombreuse, ni moins intéressante. Il est vrai qu'ils ne sont guère antérieurs au
IIG. 15. LH PARADIS TERRIISTRi;.
(D'après la Création de Piero di Puccio da Orvietoj (Camp.3-Santo de Piss
XIV" siècle, et que tous ne sont pas caractéristiques ; mais il suffit de faire un choix, et, pour le surplus, inférer des
jardins récents aux jardins plus anciens ; car, dans les lignes générales, les changements ne durent pas être d'importance. Au Campo-Santo de Pise, Orcagna, qui travaillait aux environs de 1360, a peint à fresque le groupe* des Bienheureux dans un parc : ce sont de jeunes hommes, des femmes aimables, qui chantent, rient et jouent, sans souci du lendemain; ils sont assis sous des orangers en fleurs et en fruits, sur un banc carré, barré, de distance en distance, de traverses droites, avec l'apparence d'un banc de gazon, comme il y en a tant au moyen âge (fig. 14). Au même Campo, on peut voir également une peinture de Pietro di Puccio da Orvieto, contemporain d'Orcagna ; la scène se passe ici dans l'éden, au moment de la création, parmi les palmiers et les orangers : au milieu est une belle fontaine à bassin hexagonal, dont les panneaux sont décorés de têtes de lion ; dans la vasque est un pilier qui sup-^ porte un vase renflé, et garni sur son pourtour de petites têtes léonines, d'où l'eau s'échappe; plusieurs oiseaux, perchés sur le rebord, sont en train de boire (fig. 15).
C'est aussi une magnifique fontaine qui est figurée dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale : la cité de Dieu, de saint Augustin. (Fonds français, n" 19.) Elle se cache derrière des tours et des murs crénelés ; et son eau bien^ faisante, coulant par des masques semblables à ceux de l'antiquité, féconde en tous sens le paradis terrestre, ses arbres bien alignés, et ses gazons. Ici et là se trouvent sans doute des treilles (fig. 16), comme celle d'un manuscrit du Décaméron. ou du manuscrit latin 9473, dont les arceaux recourbés ploient sous le faix des grappes, qui font une ombre douce au front de sainte Claire en méditation, et que viennent picorer des oiseaux sans gêne.
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