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partie d'icelle parée, et l'autre herbiie

Mais c'est un élève de Le Nôtre, d'Argenville, qui, dans son livre : La théorie et la pratique du jardinage, dont une nouvelle édition parut chez Mariette en 1713, a donné du jardin français la meilleure description. Il estime qu'un bon jardin exige un terroir choisi, de l'eau, une heureuse situation, une grande commodité de lieu, et une exposition convenable. Quatre maximes fondamentales doivent guider l'horticulteur : faire céder l'art à la nature; ne point trop offusquer (couvrir d'ombrages) un jardin ; ne le point trop découvrir ; le faire paraître toujours plus grand qu'il n'est effectivement. Le jardin français se compose essentiellement d'un perron de trois marches, devant lequel s'étend un parterre, entouré de bosquets, quinconces, salles vertes, avec boulingrins, treillages et fontaines; deux allées principales, se coupent en équerre.

CONSIDERATIONS GÉNÉRALES 187

une perpendiculaire au bâtiment, l'autre transversale.

riG. 05. CIlAKMILI.i: DANS UN PARC.

D'après Le Barbier et Masquelier.

Tel est l'aspect général des jardins à niveau parfait, à pente

I8ô LARTDESJARDINS

douce, ou à terrasses. Etudions-en les éléments particuliers Le parterre est de forme géométrique [ûg. 66) ; il contient des rinceaux, fleurons, palmettes, becs de corbin, traits, volutes, agrafes, culois, cartouches, guillochis, enroulements, massifs, sentiers, plates-bandes, etc. Susceptible d'affecter cinq ou six dessins, il peut être à broderie de buis ; à compartiments (fig. 67}, où le dessin se répète en symétrie, en haut, en bas, et sur les côtés ; à l'anglaise, quand il est composé d'un tapis de gazon entouré d'une plate-bande de fleurs avec sentier ratissé; à pièces coupées ou à découper, quand toutes les pièces sont coupées avec symétrie. La ligure du parterre doit être conforme à la largeur du lieu, et à la longueur du pays.

Les plates-bandes servent à défendre les parterres qu'elles entourent d'une ligne continue de fleurs, ou par des lignes coupées en compartiments ; elles peuvent être encore unies et plates, sans fleurs, ou nues et sablées avec des caisses d'orangers, droites, circulaires ou à pans : « Les sentiers des parterres ne sont point faits pour marcher, c'est seulement pour détacher les pièces de compartiment ; il n'y a que dans les parterres de pièces coupées où les sentiers, étant plus larges, peuvent servir à la promenade. » Les allées sont comme les rues d'une ville ; elles font communiquer les différents quartiers du jardin ; couvertes ou d couvertes, elles sont simples, ou doubles, blanches, c'està-dire sablées, ou vertes : semées de gazon, parallèles, droites, de traverse, tournantes, retournées d'équerre, diagonales ou de biais, de niveau et à pente douce- Leur largeur doit être proportionnée à la longueur ; en général, dans une allée double, celle du milieu a la moitié, les latérales chacune un quart delà largeur.

CONSIDÉRATIONS GKNÉRALES I Sq

Les paliss.ides de tapisserie verte sont à éventails et

IIG. 66. PARTERRE DAXS U\ PARC.

D'après Le Barbier et Masquelier.

rideaux appuyés aux hautes futaies, ou à banquettes avec boules ou à hauteur d'appui, comportant des renfonce-

ments et niches pour les bancs, ou en arcades et en portiques.

Les Bois et Bosquets, c'est-à-dire « tout ce qu'il y a de plus beau et de plus agréable dans un jardin », constituent

Kh

IIG. 67. PARIS. JARDIN" Di; M. Dr. ClIAMBLAY, RUE DU COLOMBIER.

D'après une estampe du xvii" siècle.

le deuxième élément. Le bosquet est un petit bois de peu d'étendue, un bouquet de verdure, qui fait valoir les parties plates du jardin. Les formes générales affectent l'étoile, la croisée, la patte d'oie; on y pratique aussi les cloîtres.

CONSIDERATIONS GENERALES

labyrinthes, quinconces, boulingrins, salles, cabinets, chapelets, salles couvertes, berceaux, fontaines, îles cascades, galeries d'eau et de verdure. 11 faut distinguer la forêt ou grande futaie, dont les arbres sont très élevés ; le taillis, coupé tous les neuf ans; et la moyenne futaie, mar-

rie. 68. — berci;au de treillage.

D'après Daniel Marot, xvii' siècle.

manteaux et de touches, qui n'atteint jamais plus de trente pieds de haut. Les bois parés sont à découvert et à compartiment, entourés d'une petite palissade à hauteur d'appui ; les arbres en quinconces constituent des allées plantées en échiquier, sans palissade. Les bois verts sont « les plus beaux de tous, par leur verdure continuelle pendant l'hiver, comme pendant l'esté ».

Par boulingrins on entend « certains renfoncements et glacis de gazon qui se pratiquent au milieu de grandes pièces et tapis de gazon, dans un bosquet, et quelquefois

au milieu d'un parterre à l'anglaise ». Ce renfoncement, caractéristique du boulingrin, empêche de le confondre avec le parterre à l'anglaise ; il est simple, sans orne-

FIG, 69. — PORTIQUn DE TREILLAGE. DU JARDIK DE M. MOXTIGNI.

D'-iprès une est.impe de Pérelle.

ments, ou composé avec des compartiments, et même de broderie. 11 comporte aussi des rampes, des tapis et des pelouses.

Autour de lui. se disposent des berceaux artiticiels

CONSIDÉRATIONS GENERALES I93

(fig. 68, 70), faits de treillages montants, transversaux ou

iiG. 70. — BERCEAU DANS ux l'AKL. D'upics Le Barbier et Née.

arcs-boutants. et des cabinets, difféients du berceau, en ce que celui-ci est en longueur. Les portiques constituent les

entrées extérieures de ces deux constructions (fig. 69). Pour embellir les jardins français, il faut y placer des Fontaines : cascades, buffets d'eau, pièces d'eau, canaux avec des gondoles, des poissons et des cygnes ; des terrasses, supportant des vases à fleurs et agrémentées d'escaliers, de rampes, de voûtes et de grottes : des serres ou orangeries, exposées au midi, et servant parfois de galerie; des sculptures en bronze, plomb doré, marbre, fer, stuc, pierre, termes, bustes ou académies de naïades, fleuves et tritons pour les fontaines, de sylvains, faunes et dryades pour les bosquets, de sacrifices, bacchanales, jeux d'enfants, festons, feuilles, moulures sur les vases. Il y a encore des belvédères, ou pavillons de l'aurore, propices au repos ; des grottes ci perspectives ^ des grilles: des ah ! ah ! ouvertures de murs sans grilles, à niveau des allées, avec un saut de loup par devant « ce qui surprend la vue en approchant, et fait crier ah I ah ! dont ils ont pris nom » ; des caisses vertes pour les orangers, jasmins, grenadiers, myrtes, lauriers ; et enfin des bancs en bois, à dossier, ou simples, en pierre.

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