VERSAILLES. — LA FONTAINE DU POINT DU JOUR
Etat actuel.
s'entendait à en faire apprécier toutes les beautés. 11 avait rédigé lui-même un guide, dont plusieurs exemplaires sur vélin calligraphiés sont conservés au Cabinet des Estampes delà Bibliothèque nationale, et qui va nous diriger dans notre promenade.
« En sortant du chasteau par le vestibule de la cour de marbre », on rencontre la terrasse qui se déploie sur toute
la longueur du palais, le parterre d'eau, qui étend ses deux bassins de marbre, entourés de statues en bronze : fleuves, nymphes, génies, enfants potelés et souriants, et les cabinets de Diane et du Point du jour (fig. 72). Ce sont des bassins carrés, surmontés de groupes d'animaux : lions, tigre et limier terrassant un loup, un sanglier, un ours, un cerf, et de statues charmantes de Vénus, Diane, de l'Eau, du Printemps, de l'Aurore qui s'enlèvent sur le fond des charmilles avoisinantes.
'< Il faut ensuite aller droit sur le haut de Latonne et faire une pause. » Trois degrés, et deux rampes douces y conduisent ; au-dessus de trois bassins superposés, Latone, accompagnée de ses deux enfants. Apollon et Diane, adjure Jupiter de changer en grenouilles les Lyciens, qui lui ont refusé à boire et se sont moqués d'elle ; le dieu se rend à ses prières, et la métamorphose s'accomplit. « Ayant tourné à gauche pour aller passer entre les Sfinx, on ira droit sur le haut de l'orangerie, d'où l'on verra le parterre des orangers et le lac des Suisses. »
L'orangerie (fig. 75) s'étend au bas du parterre du midi, qui était aussi appelé le parterre des fleurs, et qu'un perron de marbre blanc, accosté de deux sphinx, sépare de la terrasse du château. Elle est composée de galeries, dont la plus longue a 156 mètres d'étendue, et qu'éclairent d'immenses fenêtres cintrées. En 1686, les ambassadeurs siamois ne purent assez admirer cette maison des orangers, que bien des rois, disaient-ils, auraient pu désirer pour abriter leur propre personne. Par devant, un parterre de six boulingrins cantonnent un bassin circulaire; il fut dessiné par La Quintinie, et planté de lauriers-roses, de myrtes, de grenadiers et d'orangers surtout, pour les-
VERSAILLES ET TRIANON
quels le roi avait une véritable passion ; il en fit venir de Saint-Domingue, de Flandre, de Fontainebleau, que l'on dépouilla pour !a nouvelle résidence ; et les contemporains sont unanimes à célébrer l'enchantement que produisaient,
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VURSAILLES.