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LE SPIIIXX DE E ESCALIER DE LA TERRASSE

Etat actuel. "^ *.

dans les fêtes royales, les milliers d'orangers disséminés partout, et dont le feuillage tendre émergeait des roses, chèvrefeuilles ou jasmins entourant les caisses où ils étaient conservés.

De là on passe au labyrinthe (fig. 74), appelé depuis le bosquet de la reine, et où il y avait « une infinité de petites allées tellement mêlées les unes dans les autres qu'il était presque impossible de ne s'y pas égarer ; mais aussi, afin que ceux qui s'y perdaient pussent s'y perdre agréablement, il n'y

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avait pas de détours qui ne présentât plusieurs fontaines en même temps à la vue, en sorte qu'à chaque pas, on était surpris par quelque nouvel objet ». Les sujets représentés étaient les fables d'Fsope, qu'expliquaient des quatrains de Benserade sur des plaques de bronze : « Les animaux en plomb coloriés selon le naturel étoient si bien désignés, qu'ils sembloient être dans l'action même qu'ils représentoient, d'autant plus que l'eau qu'ils jetoient imitoit la parole que la fable leur a donnée. » C'était un véritable musée d'histoire naturelle où tout un monde s'agitait : coqs, paons, dindons, chiens, cigognes, chèvres, lapins, loups, grenouilles, aigles, tortues. 11 n'en reste plus que des débris, mais une belle série d'estampes gravées par Sébastien Leclerc permet de juger avec quel soin ces fontaines avaient été exécutées (fig. 75, 76, "j"], 78). Le labyrinthe a été détruit en 1775, et remplacé par le bosquet de la reine. « On ira voir la salle de bal, on en fera le tour, on ira dans le centre, et l'on en sortira par le bas de la rampe de Latonne. » Ce bosquet, de forme elliptique, comprenait une cascade de rocaille « d'où tombent, dit Blondel, des nappes d'eau qui produisent un murmure agréable et un effet très brillant aux lumières ». Au-dessus était l'orchestre, et, en face, des gradins pour les spectateurs. On dansait dans l'arène^ De là, Louis XI\' conviait ses visiteurs à rebrousser chemin jusqu'au bassin de Latone, pour y jouir encore une fois du point do vue : « On y fera une pause pour considérer les rampes, les vases, les statues, les lésars, Latonne et le chasteau. de l'autre costé, l'allée royalle, l'apoUon, le canal, les gerbes des bosquets, Flore, Saturne, à droite Cérès, à gauche Bachus. » Après avoir traversé le bosquet de !a Girandole, aujour-

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d'hui quinconce du midi, on arrive au bassin de Saturne, dont une gravure de Pérelle donne la description suivante : « Au milieu est représenté l'hiver accompagné de plusieurs enfans ; autour de lui est une guirlande de coquillages, qui de distance en distance porte quatre horloges de sable, entre-meslez d'enfans et accompagnez d'un jet d'eau. » Quand on en a fait « le demy-tour » on trouve l'île royale ou le jardin du roi. Dussieux croit qu'on l'appela île d'amour au xv!!!*^^ siècle ; cette dénomination se trouve déjà dans la légende d'une estampe éditée par Langlois : « Le bassin de Fisle d'amour ou Tlsle royale est en forme de canal au milieu duquel est une isle environnée de 80 jets d"eau qui, jaillissant de tous côtés, n'empêchent pas qu'on ne s'y promène sans estre mouillé. 11 est à main gauche au-dessous du labyrinthe; il a une toise de profondeur et 20 de longueur, sans conter la pièce d'eau ou cascades qui sont au bout qui s'achèvent en cette présente année 1681. » 11 y avait d'abord deux bassins : les vertugadins ou miroir et la grande pièce ; Louis XIV prescrivait de faire le tour de celle-ci : « Quand on sera au bas, on fera une pause pour considérer les gerbes, les coquilles, les bassins, les statues et les portiques. » Cet ensemble harmonieux a disparu à la Restauration pour cause de salubrité; il n'est reste que le miroir; on Ta entouré d'un beau jardin anglais, qui est maintenant le jardin du roi, pour faire pendant au jardin de la reine. L'itinéraire conduit ensuite à la Colonnade, dessinée par Mansart ; elle est circulaire et a un rayon de 16 mètres ; au centre est un groupe de marbre ; tout autour, trentedeux colonnes,- supportant des arcades qui encadrent des vasques rondes d'où jaillissent des jets d'eau. Le

VERSAILLES ET TRIANON

groupe central, dû à Girardon, représente renlèvement de Proserpine : des nymphes, sylvains et naïades, des génies et des amours complètent la décoration. De là, Louis XIV recommande le coup d'œil sur l'allée royale ou

JIG. 74. — VLRSA1LU;S. Li: UKAND LAliVKlNTlIU Tl^L QU IL Ï.IAIT

AU XVH° SIÈCLE.

D'après une estampe de Pérelle.

tapis vert; c'est un immense rectangle de gazon, qui s'étend entre les bassins de Latone, et celui d'Apollon : à gauche et à droite, des arbres de haute futaie l'accompagnent de leur magnificenee ; le long des charmilles, de beaux vases décorés de fleurs et de vignes, des statues de marbre, la Vénus de Médicis, la Vénus de Richelieu, sculptée par Legros d'après l'antique, jettent leur note blonde sur le

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fond vert du feuillage. Si l'on regarde ensuite du côté du canal, on aperçoit le grand bassin ou bassin d'Apollon qui est octogone et a 87 mètres de large. Au milieu de dauphins et de tritons, Apollon accourt sur son char traîné par quatre chevaux marins. Le groupe a été dessiné par Lebrun, et sculpté par Tuby.

En quittant ce bassin « on entrera dans la petite allée qui va à Flore, on ira aux bains d'Apollon et l'on fera le tour pour considérer les statues, cabinets et bas-reliefs ». C'était d'abord le Marais, ainsi appelé parce qu'on avait placé dans un bassin carré, autour d'un chêne en fonte, tout ce qui constitue un marécage : roseaux, joncs, herbages, qui étaient autant de minuscules jets d'eau. L'idée venait de M"« de Montespan ; le marais dura autant qu'elle. En 1704, il fut bouleversé, et Mansart lui substitua les bains d'Apollon ; il y eut tout profit pour l'art, puisqu'on orna le bosquet des groupes de Girardon, qui décoraient auparavant la grotte de Thétis. Apollon, dieu du soleil, est descendu de son char, au couchant, la route du ciel finie, et vient se reposer chez Thétis, épouse de l'Océan et la plus belle des Néréides; six nymphes, au corps harmonieux et souple, s'empressent autour de lui pour le servir, tandis que, de chaque côté, ses chevaux reprennent haleine. Les bains furent remaniés une dernière fois, en 1778, par Hubert Robert, dans le genre anglais ; on plaça le chefd'œuvre de Girardon dans des grottes taillées à même un rocher postiche, et, au pied, un étang irrégulier, bordé de joncs et de salicaires, servit de miroir pittoresque à cette sculpture classique (fig. 79).

Des bains d'Apollon le visiteur passe à la fontaine d'Encelade, où le géant est écrasé de rochers ; puis à la salle

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du Conseil, appelée aussi les Cent tuyaux, la gerbe, l'obé-

FIG. 75. VLRSAILLLb. LABYRINTHE. VUE DE L EN TKLL

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