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AUTRES JARDINS REGULIERS EN ERANCE

Les jardins de Versailles et de Trianon ne furent pas les seuls auxquels Louis XIV et la famille royale s'intéressèrent. En 1665, le roi acheta pour 7500 livres, non loin de son château, la terre de Clagny, qui appartenait aux Incurables parisiens, et en fit cadeau à M'"'' de Montespan. On y ajouta bientôt la terre de Glatigny, sur la demande de Le Nôtre, qui se trouvait un peu à l'étroit pour combiner l'ordonnance des jardins. La construction se fit de 1674 à 1684 (fig. 84).

Le palais a tout entier disparu depuis longtemps ; il n'en reste plus maintenant que les descriptions enthousiastes des auteurs contemporains. Voici ce qu'en écrit M™^ de Sévigné, à la date du 7 août 1775 : « Nous fûmes à Clagny; que vous dirai-je? C'est le palais d'Armide ; le bâtiment s'élève à vue d'œil ; les jardins sont faits. Vous connaissez la manière de Le Nôtre; il a laissé un petit bois sombre, qui fait fort bien ; il y a un petit bois d'orangers dans une grande caisse; on s'y promène; ce sont des allées où l'on est à l'ombre; et, pour cacher les caisses, il y a des deux côtés des palissades à hauteur d'appui, toutes fleuries de tubéreuses, de roses, de jas-

mins. d'œillets; c'est assurément la plus belle, la plus surprenante, la plus enchantée nouveauté, qui se puisse imaginer ; on aime fort ce bois. »

M. Pierre Bonnassieux, dans son ouvrage sur le château de Clagny, cite aussi un passage du Mercure de France de novembre 1686, relatif au même sujet : « Le jardin tire son plus grand ornement d'un bois de haute futaye, de plusieurs parterres en broderie, et des boulaingrains de diverses ligures, ainsi que des bosquets de charmille et des cabinets de treillages ornez d'architecture. Il y a de très belles palissades de myrthes qui sont assez garnies pour enfermer des quaisses remplies d'orangers et d'autres arbrisseaux, de manière que les caisses n'estant point veiies, il semble que les orangers soient néz dans les palissades. L'étang appelé de Clagny sert aussi de canal à la veùe du Chasteau. » La dépense totale atteignit trois millions de livres.

C'est une bagatelle en comparaison de ce que coûta Marly, « derrière Lucienne, dit Saint-Simon, dans un vallon étroit, profond, à bords escarpés, inaccessible par ses marécages, sans aucune vue, enfermé de collines de toutes parts, extrêmement à l'étroit, avec un méchant village sur le penchant d'une de ces collines... Repaire de serpents et de charognes, de crapeauxet de grenouilles, uniquement choisi pour y pouvoir dépenser. Tel fut le mauvais goût du roi en toutes choses, et ce plaisir superbe de forcer la nature, que ni la guerre la plus pesante, ni la dévotion ne put émousser. » Le château fut édifié par Mansart de 1677 à 1684.

Cinq terrasses descendaient du palais au vallon, où était le jardin ; les hauteurs comprenaient le parc au midi, le

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