J-IG. II). BETZ, KUINLS DANS LE PARC
(Laborde.)
Les PLinlatîons n'exigent pas Unrtioindre soin : « Tartde planter des masses ou des arbres isolés consiste à con-
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noilre les arbres qui réussissent le mieux sur les bords ou dans l'intérieur des massifs, ceux qu'il convient d'avantage dïsoler, ceux qui se groupent entre eux, ou qui se refusent à cet assemblage... Le mélange et la savante distribution des couleurs locales font le mérite du peintre de paysages : il en est de même du compositeur de jardins. »
Ainsi des Bâtiments ou Fabriques : « Pour embellir un château, il faut surtout avoir égard au style qu'il présente, à sa situation, et rendre l'habitation analogue au pays qui l'entoure, ou le pays analogue au bâtiment... Il en est ainsi des fabriques au milieu des différents sites du parc ; si elles sont de mauvais goût, ou peu naturelles dans la situation où on les a placées, elles deviennent une disgrâce au lieu d'être un ornement. 11 faut en tout être fort sobre de ces sortes de constructions, à moins qu'elles n'aient en même temps un côté utile; on ne sauroit, par exemple, tirer trop de parti de l'aspect d'un moulin, qui, sous quelque forme qu'il soit, fait toujours un effet piquant (fîg. ii8); mais à quoi bon des kiosques, des pagodes, de mauvaises petites ruines, ces temples en bois peint, des tours mesquines, et cette multitude de constructions peu vraisemblables dans le même lieu, et la plupart du temps déplacées. «
Telles sont les sages recommandations de Laborde, nées des abus. Tantôt, en effet, on contourna à l'excès les routes et le cours des rivières, afin de produire des méandres « plus ridicules et plus fatigants que la ligne droite » ; tantôt, selon les prescriptions de Carmontelle, on y transporta « les changements de scène de l'opéra » ; on s'efforça d'y faire voir « en réalité, ce que les plus habiles peintres
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pouvaient y offrir en décoration, tous les temps et tous les lieux » ; on multiplia les temples, pagodes, ruines « dont l'assemblage était parfois bien hétéroclite ; il fallait absolument un mort à un faiseur de jardins autrefois, comme il fallait un malade au médecin de Pourceaugnac (fig. 119); lorsqu'on avait le malheur de n'en pas posséder, on en empruntait un dans l'histoire. Tout le monde envia au jardin d'Ermenonville le corps de J.-J. Rousseau, et à Maupertuis le tombeau de Coligni. Ces deux jardins ont perdu leurs morts à la Révolution, et n'en sont pas moins remarquables ». Il y avait des devises sur les rochers ; les arbres étaient écorchés d'inscriptions sentimentales. « Ces emblèmes cependant ne produisoient pas toujours l'effet que l'on désiroit. Des gens distraits, des femmes légères rioient dans la vallée des tombeaux; on se disputoit sur le banc de l'amitié; on jouoit gros jeu sous le chaume d'une cabane rustique ; et les voûtes sombres de l'abbaye ou de l'hermitage n'inspiroient pas toujours des pensées bien religieuses. » Comme en toutes choses, la pratique ne suivit pas les enseignements de la théorie, et des disciples maladroits, ou même les novateurs, par zèle de néophites, compromirent l'œuvre nouvelle.
Bien souvent l'imitation de la nature devint la contrainte de la nature, qui est aussi « forcée >» pour ainsi dire, dans tel jardin irrégulier qu'à Versailles même. Il n'en reste pas moins que le jardin pittoresque avait sa raison d'être, qu'il fit mourir l'art dégénéré du jardin régulier, devenu si monotone, et qu'il offrit aux comtemporains un cadre adéquat à leur tempérament. Des esprits de bonne composition, qui ne peuvent étudier les choses sans les hiérarchiser, se sont ingéniés, maintes fois, à affirmer la supériorité
OU l'infériorité de l'un et l'autre système. Charles Blanc, dans sa Grammaire des arts du dessin, n'y a pas échappé : « Nous trouvant en Angleterre, écrit-il, au château de Knebworth, qui appartenait à l'illustre poète et romancier lord Lytton (Buhver), nous eûmes le loisir de vérifier ces diverses impressions dans le jardin du château, qui