RIMES MASCULINES ET RIMES FÉMININES
. Ouvrons, au hasard, un livre de vers et lisons:
L'évangéliste Jean, le peintre Raphaël, Ces deux beaux envoyés de l'amour éternel. Ont un frère en Jésus, digne que Jésus l'aime, Bien qu'il soit né païen et soit mort sans baptême ; Virgile est celui-là : tant l'aimable douceur Au vrai Dieu nous élève et fait toute ûme sœur. Donc, comme une couronne autour de l'Evangile, Inscrivez ces trois noms : Jean, Raphaël, Virgile, Le disciple fervent, le peintre au pur contour. Le poète inspiré qui devina l'amour.
(Auguste Brizeux, La Fleur d'Or.)
Ces vers sont tous des « alexandrins », des vers de douze syllabes sonores; mais, si nous les examinons d'un peu près, à la rime, nous nous apercevons aussitôt que les uns s'arrêtent, par une cassure nette du son, sur la douzième syllabe sonore: Raphaë/, éternel, douceur, sœur, contour, amour,
tandis que les autres ont, après la douzième syllabe forte, une syllabe formée par un e muet, qui n'entre point dans la mesure du vers, car la consonne seule en est articulée et la voyelle en est si peu entendue qu'elle ne fait guère que renforcer légèrement le souffle nécessaire à l'articulation de la consonne pour donner au vers une sorte d'expiration douce et lente: ann(e), bapfêm(e), Evangfil(e), Virgfil(e).
Les premières de ces rimes, celles qui se terminent par une syllabe sonore, sont dites masculines; les secondes, celles dont la dernière syllabe, la syllabe surnuméraire, est constituée par un e muet, sont dites léminines.
Pour qu'il y ait vraiment rime, il faut, dans les rimes masculines, que les mots rimant entre eux aient leur dernière voyelle identique (plaisir, saisir) ou du moins, équivalente par le son (drapEAUx, dispos); mais il n'est pas absolument nécessaire que la consonne précédente soit la même et c'est pourquoi comoiir peut rimer suffisamment, sinon richement, avec auour. Dans les rimes féminines au contraire, — outre l'identité ou l'équivalence de la dernière voyelle sonore, — la similitude de la consonne ou des consonnes précédant l'e muet est encore exigée, puisque l'articulation de ces consonnes est entendue; c'est pourquoi, si le mot 77ièRe rime avec chimène, il ne rimera pas avec ChimèNC, mais ne formera plus, avec ce mot, qu'une assonance, tout comme liynme avec subliMe ou a\/juc.s avec vaaues.
Il pourrait y avoir hésitation sur le sexe des rimes dans certaines terminaisons de verbes, à la troisième personne du pluriel; et nous verrons bientôt que l'intérêt de la distinction est dans la règle classique d'après laquelle une rime masculine ou féminine ne peut être immédiatement suivie d'une rime du même genre. Voici ce qu'on admet:
Les troisièmes personnes plurielles de l'imparfait du subjonctif et du conditionnel présent en aient sont rangées parmi les mots à terminaison masculine; ainsi, dans cette strophe de Sainte- Beuve:
Surtout, ses pleurs avec délice En ruisseaux d'amour s'écoulaient Chaque fois que, sous le cilice.
Des fronts de seize ans se voilaient.
(Les Consolations.)
L'e muet est ici, en effet, absolument sourd, et le son de la syllabe est aussi net, aussi dépourvu de prolongement sonore que si cet e n'existait pas. Et c'est, d'ailleurs, parce que la synérèse est à ce point évidente en ces sortes de mots qu'on peut, nous le savons, les employer dans le corps des vers, en tenant leurs trois voyelles consécutives pour une seule diphtongue. Au reste, dans l'ancienne orthographe de ces troisièmes personnes, ■ — où on les écrivait avec un o, au lieu d'un a, — on les tenait déjà pour des rimes masculines:
De là sont nés ces bruits reçus dans l'univers, Qu'aux accents dont Orphée emplit les monts de Thrace,
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Les tigres amollis dépouillaient leur audace ; Qu'aux accents d'Amphion les pierres se mouvoient Et sur les murs thébains en ordre s elevoient.
(BoiLEAU, L'Art Poétique.)
Mais n'oublions pas qu'on prononçait alors se /POUVAIENT et s'é/evAiENT ; sinon, nous devrions en conclure que les troisièmes personnes du pluriel, qui s'écrivent encore en oient, sont des rimes masculines, tandis qu'elles comptent, au contraire, pour féminines, et avec juste raison, car l'oreille nous avertit ici de ce prolongement, de cette lente expiration du mot par l'e muet, que nous ne sentions point dans les mots en aient. Au moins, l'oreille nous donne-t-elle cet avertissement lorsque ces mots en oient se trouvent à la rime, à la fm d'un vers, où le rythme expiratoire a le loisir de s'étaler. C'est pourquoi, si le mot soient compte pour une seule syllabe dans le corps du vers:
Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère !...
(Racine, Esther.)
le même mot et les autres verbes en oient, placés à la fm du vers, deviennent, sans conteste, des rimes féminines par le détachement léger de Ve muet suivi des consonnes finales:
Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voi-ent ;
Il vieillit sans soutiens.
Puisque ces choses sont, c'est qu'il faut qu'elles soi-ent ;
J'en conviens, j'en conviens !
(Victor Hugo, Les Contemplations.) Les autres troisièmes personnes des mêmes
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temps, soit en ient, soit en ouent, forment, de même, des rimes féminines :
Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient, Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient ; La honte de mourir sans avoir combattu Arrête leur désordre et leur rend leur vertu.
(Corneille, Le Cid.)
Ce choix me désespère et tous le désavou-ent, La partie est rompue, et les dieux la renou-ent ! Rome semble vaincue, et, seul des trois Albains, Curiace en mon sang n'a point trempé ses mains.
(Corneille, Horace.)
Au reste, ces troisièmes personnes plurielles ne pouvant rimer qu'entre elles, et amenant ainsi des rimes trop faciles et trop prévues, il convient de n'en user que rarement, à l'exemple des meilleurs poètes.
Les rimes masculines et les rimes féminines donnant aux vers une musique sensiblement différente, les poètes, à mesure que leur oreille s'affinait, arrivèrent à appliquer d'instinct, puis à formuler la loi qui préside à leur mélange, et qui est celle-ci:
Une rime masculine ne peut jamais précéder ou suivre immédiatement une autre rime masculine différente, de même que deux rimes féminines différentes ne peuvent se succéder immédiatement.
Cette règle de l'alternance des rimes masculines et des rimes féminines, — alternance qui comporte, nous le verrons bientôt, toutes sortes de combinaisons, — est peut-être celle qui donne, non plus au vers isolé, mais à la strophe ou à la page de vers,
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son plus grand pouvoir musical; et quelques lignes de Marmontel disent, en fort bons termes, la raison de son observance, en même temps qu'elles justifient, sans que l'auteur y ait pensé, quelques dérogations heureuses qui ont pu y être apportées de nos jours. <( Les vers masculins, sans mélange, dit-il, auraient une marche brusque et heurtée; les vers féminins sans mélange auraient de la douceur, mais de la mollesse. Au moyen du retour alternatif ou périodique de ces deux espèces de vers, la dureté de l'un et la mollesse de l'autre se corrigent mutuellement. »
Depuis Ronsard, on n'a fait à cette règle que de rares et intentionnelles infractions; et il a fallu, pour que quelques poètes contemporains voulussent nous ramener, sur ce point, à la poésie bégayante d'avant la Pléiade, que leur sensibilité poétique fût déplorablement émoussée, ou naturellement médiocre. Et ils en donnent une preuve nouvelle lorsqu'ils prétendent que la distinction classique du sexe des rimes est arbitraire et que, dans une foule de mots, le son est le même, qu'il y ait ou non un e muet, perçu seulement par les yeux, disent-ils, non par l'oreille. Erreur! Pour une oreille tant soit peu sensible, les mots 'mer et amer, par exemple, ne se prononcent point comme arrière et Homère. Pris isolément, peut-être; mais, dans un vers, non pas. Si, à l'intérieur du vers, la syllabe muette des mots de cette seconde sorte compte dans la mesure:
Je puis faire les rois, je puis les déposer,
(Racine, Bérénice.)
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tandis, que les mots de la première espèce, eussent-ils le même son à leur syllabe forte, ne comptent que pour une syllabe :
Tendre au fer de Calchas une tête innocente,
(Racine, Iphigénie.)
pourquoi cette distinciion ne subsisterait-elle point à la rime? Croyez-vous que, dans Andromaqiie, Oreste ne fera pas entendre le prolongement du vers par l'e muet lorsqu'il s'écriera:
... Quoi, Pyrrhus, je te rencontre encor-e ! ïrouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
tandis qu'Andromaque se gardera bien, si elle sait dire, d'ajouter un e muet inexistant à ces deux rimes:
... Digne objet de leur crainte !
Un enfant malheureux qui ne sait pas encor Que Pyrrhus est son maître et qu'il est fils d'Hector !
Un poète dramatique de mes amis m'assure qu'il n'y a rien de plus horripilant, au théâtre, que d'entendre des interprètes inexpérimentés prononcer obstinément, à la rime amou-REU, alentou-REij . . . Or, ces jeunes artistes, insensibles à l'exquise nuance qui sépare les terminaisons féminines des terminaisons masculines, ont précisément la même infirmité d'oreille que les récents poètes dont je vous parlais tout à l'heure.
Tel n'est pas, bien entendu, le cas des poètes artistes qui ont, par simple jeu, accouplé ks rimes masculines avec les rimes féminines cffrant à
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l'oreille un son analogue, ainsi Théodore de Banville en une de ses Stalactites :
Tombez dans mon cœur, souvenir confus
Du haut des branches touffues !
Oh ! parlez-moi d'elle, antres et rochers,
Retraites à tous cachées !
Parlez, parlez d'elle, ô sentiers fleuris !
Bois, ruisseaux, vertes prairies !
O charmes amers ! en ce frais décor
Elle m'apparalt encore.
Ici, le bon diseur arrêtera net le dernier son du mot décor^ par exemple, tandis qu'il ne manquera de prolonger, par l'expiration de Ye muet, le mol encore, auquel le poète a laissé à dessein son orthographe ordinaire... Ces sortes de rimes, je le redis, ne sont qu'amusettes, et Théodore de Banville, comme Catulle Mendès, qui les a employées aussi une fois dans ses Intermèdes, ne nous les a présentées que comme telles; mais elles n'en sont que plus démonstratives, puisqu'elles reposent uniquement sur la sensible différence musicale des deux terminaisons.
Je ferme cette parenthèse et je reviens à la règle d'alternance des rimes masculines et féminines, pour faire observer que Ronsard et son école, qui en sont les vrais législateurs, ne se croyaient obligés de s'y soumettre que dans les vers suivis, mais non pas toujours dans les poèmes divisés en strophes, où ils ne s'interdisaient pas de finir une strophe par un vers féminin, par exemple, et de commencer la strophe suivante par un vers éga-
lement féminin; ils estimaient, sans doute, que la strophe est un organisme complet, qui se suffit à lui-même, et qui est séparé de la strophe suivante par un arrêt assez long pour que la sonorité du vers final en soit effacée quand recommence l'autre strophe.
Les poètes du dix-septième siècle ne s'interdirent pas non plus cette faculté : on la trouve encore chez Malherbe et chez ses disciples; et Corneille lui-même, dans son admirable Imitation de Jésus-Christ, traduite et paraphrasée en vers Irançais, ne se fait pas faute d'en user quelquefois :
Je te bénis, Père Céleste, Père de mon Divin Sauveur, Qui rends en tous lieux ta faveur Pour tes enfants si manifeste.
J'en suis le plus pauvre et le moindre. Et tu daignes t'en souvenir ; Combien donc te dois-je bénir, Et combien de grâces y joindre !
O père des miséricordes,
O Dieu des consolations.
Reçois nos bénédictions
Pour les biens que tu nous accordes...
Il y a là une sorte de dissonance qui choque d'abord un peu, à laquelle on s'habitue au bout de quelques stances, et dont on peut, d'ailleurs, tirer un effet, comme ici Corneille: car ne vous semble-t-il'pas que ce passage d'une rime féminine à une autre rime féminine donne, à cette prière, je ne sais quoi d'humble, d'hésitant, de timide, qui correspond au sentiment exprimé?
Plus sûrement encore pourra-t-on tirer des effets de l'emploi exclusif de la rime masculine, si l'on veut donner au poème cette marche brusque et heurtée dont parlait Marmontel, ■ — ou de la rime féminine, si l'on cherche à rendre quelque impression de douceur ou de mollesse. Encore qu'on puisse y arriver par le mélange habituel des deux sortes de rimes, il ne faudrait pas s'interdire, à titre exceptionnel, ce moyen qui a servi plus d'un poète.
Par l'emploi des seules rimes masculines dans un quatrain célèbre. Corneille a donné, à son épigramme sur le cardinal de Richelieu, quelque chose de lapidaire :
Qu'on parle bien ou mal du fameux cardinal, Ma prose ni mes vers n'en diront jamais rien : Il m'a fait trop de bien pour en dire du mal, II m'a fait trop de mal pour en dire du bien.
Dans son recueil de la Bombarbe, Jean Richepin a écrit une sorte de danse macabre : les Deux Ménétriers, qui est un petit chef-d'œuvre et qui doit son étrange beauté à l'exclusion des rimes féminines. Et, déjà, il avait, du même procédé, tiré des effets surprenants dans ses Blasphèmes, où vous lirez une série de Marches Touraniennes, tout en vers masculins :
Toujours, par monts et vallons,
Nous allons Au galop des étalons,
Toujours, toujours, à travers
L'univers Aux espaces grands ouverts,
DF; LA KTME 123
Toujours, toujours, de l'avant,
En buvant La liberté dans le vent...
(Les Blasphèmes.)
Le procédé contraire — l'excliLsion des rimes mcscidines, — a beaucoup servi Paul Verlaine en quelques-uns de ses poèmes les plus caractéristiques :
Ecoutez la chanson bien douco
Qui ne pleure que pour vous plaire
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !...
Elle dit, la voix reconnue.
Que la bonté c'est notre vie, Que de la haine et de l'envie Rien ne reste, la mort venue...
Accueillez la voix qui persiste Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme Que de faire une âme moins triste !.
(Sagesse.)
VA Victor Hugo lui-même, qui a tenté presque toutes les voies légitimes, n'a-t-il pas écrit, en rimes fémmines exclusivement, ce Chant sur un Berceau, dont voici les premières strophes ?
Je veille. Ne crains rien. J'attends que tu t'endonnes. Les anges sur ton front viendront poser leurs bouches. Je ne veux pas, sur toi, d'un rêve ayant des tonnes Farouches.
Je veux qu'en te voyant là, ta main dans la mienne, L/3 vent change son bruit d'orage en bruit de lyre, Et que, sur ton sommeil, la sinistre nuit vienne Sourire.
124 l'abt des vers
Le poète est penché sur les berceaux qui tremblent ; Il leur parle, il leur dit tout bas de tendres choses, Il est leur amoureux, et ses chansons ressemblent Aux roses.
Il est plus pur qu'avril embaumant la pelouse Et que mai dont l'oiseau vient piller la corbeille ; Sa voix est un frisson d'âme, à rendre jalouse L'abeille.
(L'Art d'être Grand-Père.)
Il ne faudrait pas abuser de ces rimes d'un seul genre : ce qui, employé avec discrétion, nous apparaît comme une recherche d'art, deviendrait vite un procédé puéril. Tenons-nous-en donc, en principe, à l'usage alterné, même entre une strophe et une autre, des rimes féminines et masculines, qui adjnettent toutes sortes de combinaisons, dont je définirai les principales :
1° Les rimes suivies^ appelées aussi rimes plates, sont celles qui se succèdent par couples de deux, alternativement masculines et féminines. Ainsi dans les vers de Brizeux, cités en tête de ce chapitre; ainsi dans nos comédies ou nos tragédies classiques.
2° Les rimes croisées présentent alternativement un vers masculin et un vers féminin; ainsi dans cette petite pièce d'anthologie; le Soldat de Marathon :
Ce n'était qu'un soldat obscur entre dix millG. Quand on eut la victoire, il voulut, le premier, En porter la nouvelle à sa lointaine ville, Et partit, fier coureur agitant un laurier.
Epuisé par sa course effrayante et sans trêve,
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Il mourut, dès qu'il fut au terme du chemin. Heureux qui peut de même, ayant atteint son rêve, Mourir, la flamme au cœur et la palme à la main !
(Armand Renaud, Drames du Peuple.)
3° Dans les rimes embrassées, deux vers féminins sont enclavés dans deux vers masculins, ou, au contraire, deux vers féminins embrassent deux vers masculins, et ainsi de suite, les deux combinaisons alternant toujours :
Le printemps, couronné de folles marjolaines. Sur la pointe des monts a mis son pied léger ; Une flûte à la main, comme un jeune benjer, Du pays de l'azur il descend vers les plaines.
Quelque musique flotte à l'horizon lointain. Pareille à l'oiseau bleu qui jamais ne se pose, Et la colline d'or se perd dans le ciel rose Comme un rêve d'amour dans la paix du matin,
(Gabriel Vicaire, L'Heure Enchantée.)
4° Les rimes sont dites redoublées lorsqu'elles se répètent plus de deux fois :
Oh ! que ne suis-je un de ces hommes Qui, géants d'un siècle effacé.
Jusque dans le siècle où nous sommes Régnent du fond de leur passé !
Que ne suis-je, prince ou poète, De ces mortels à haute tête, D'un monde à la fois base et faîte, Que leur temps ne peut contenir, Qui, dans le calme ou dans l'orage, Qu'on les adore ou les outrage, Devançant le pas de leur âge, Marchent un pied dans l'avenir !
(Victor Hugo, Les Feuilles d'Automne.)
5° Enfin, les rimes mêlées sont celles qui peuvent être, tour à tour, dans la même pièce, au gré du poète : croisées, plates, embrassées, redoublées, pourvu que la loi de l'alternance soit observée toujours, c'est-à-dire qu'un vers masculin ou féminin ne soit jamais suivi d'un vers du même genre, à moins qu'il ne rime avec lui. Les combinaisons de rimes mêlées sont innombrables et il est inutile que je vous en donne des exemples : relisez une fable de La Fontaine.