DOS JUAN
Non, vous ne serez point femme d’un paysan ;
Non, non, je ne veux pas que le soleil vous brûle. Eh! que dirait le roi, s’il savait que don Juan Vous a vue, et permet qu’un manant vous épouse ! Qu’en d’ignobles travaux vous noircissiez vos mains. Des mains blanches à rendre une infante jalouse !
Et que vous déchiriez aux cailloux des chemins,
Vos pieds, vos petits pieds de comtesse andalouse ! Non, à ces mains des gants, à ce cou des colliers; Pour ces pieds des tapis ou la molle pelouse De mes grands bois de citronniers;
Et sur ce front charmant, des gazes diaphanes.
Qui, vous entourant de leurs plis.
Défendront la rose et les lis Des insectes du soir et des regards profanes.
Qu'en dis-tu, mon amour î Laisses-tu volontiers Pour nos palais brillants l’ennui de leurs cabanes Et tes lourds paysans pour nos beaux cavaliers?
Don J mn, 1834.
Les enjambements de vers, les parenthèses abondent eu ce couplet, et le récitatif les amène toujours avec grâce.
Les Italiens ne riment pas les vers destinés au récitatif; il suffit que les deux derniers, précédant la cavatine, le duo, le quatuor etc., le chœur, portent des rimes féminines. Cette condition suffit pour des vers libres, sciolti, dont la mesure ne présente aucune difficulté.
Bette, tutto farô, ma senza riserve Tutto a me palesate.
Avrai gran gusto di dur in moglie La mia serra antica,
A chi mi fece un di rapir l’arnica.