‹ L'art devant le christianisme, (conferences de Notre-Dame, 1867);Chapitre 9 sur 19 · TROISIÈME CONFERENCE · texte numérisé non relu

TROISIÈME CONFERENCE

Messieurs^

L'art est né et Tartiste existe pour glorifier Dieu et agrandir Thumanité. J'aurais voulu montrer à la fois ces deux fins de Tart si divinement harmonisées dans le plan de la Providence. J'ai insisté sur la seconde de ces fins subordonnée à la première : élever Vhumanité. Cette vocation glorieuse de Tartiste , nous l'avons montrée sortant, avec les signes qui nous la révèlent, des exigences mêmes de Tart. La nature de Tart, le génie de Fart, la puissance de Tart conspirent ensemble à proclamer cette fonction providentielle de l'artiste dans Thumanité. De là, la part glorieuse et vraiment efficace qu'il est appelé à prendre dans

l'œuvre totale du progrès humain , et la responsabilité,

devant Dieu et les hommes , que cette puissance lui fait.

Ainsi deux choses jusqu'ici nous sont acquises : nous avons répondu à ces deux questions : qu'est-ce que l'art, et quelle est la destinée de Tart ? quelle est l'essence de l'œuvre artistique? quelle est la vocation de l'artiste et sa vraie fonction dans l'humanité ? Nous marchons lentement pour avancer sûrement.

Aujourd'hui nous allons pénétrer plus avant dans la vie et la fonction pratique de l'artiste : il s'agit de rechercher quelles sont les conditions que doit apporter l'homme de l'art pour remplir la vocation qui est faite à l'artiste. Question éminemment grave dans le sujet qui nous occupe. L'artiste est une personne humaine qui applique ses puissances à la création du beau ; et la valeur de l'artiste est dans une dépendance nécessaire de la valeur de l'homme. Entre l'homme et l'artiste la séparation est impossible ; l'un influe néces«» sairement sur l'autre. Quelle est cette influence? Quelles sont^ du côté de l'homme^ les conditions des grandes œuvres artistiques ?

Deux choses^ avons-nous dit, sont nécessaires à la . création des chefs-d'œuvre : le travail et le génie. Ces deux conditions tiennent à l'artiste considéré comme

tel. Mais ce serait une erreur de croire que ces deux conditions nécessaires suffisent pour Télever et surtout pour le maintenir à la hauteur de sa mission. Dans Tartiste, et au-dessous de l'artiste^ il y a V hommes l'homme avec ses convictions, ses amours et ses libres déterminations, Thomme avec sa valeur et sa physionomie personnelles. Or Fhomme, plus qu'on ne saurait dire, réagit sur Tartiste ; et selon qu'il croit, qu'il aime et qu'il agit, selon qu'il est religieux ou impie, croyant ou sceptique, homme de cœur ou d'égoïsme, homme de volupté ou de chasteté, son génie dans ses créations prend des directions tout à fait différentes. L'art est la manifestation de la vie ; et il faut avoir perdu le sens pour croire que Tartiste dans ses œuvres ne met autre chose que son travail et son génie. La vérité est qu'il s'y met lui-même. L'art est une parole; l'art est un style ; et ce style , comme tout style, manifeste une personne. Voyons aujourd'hui, étant supposé tout le reste, ce que l'homme doit mettre de lui-même dans les œuvres de l'artiste ; c'est tout le sujet de cette conférence.

L — Et d'abord, ce que l'homme doit apporter à l'artiste pour agrandir et élever ses œuvres, c'est la reli-

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gion. Le génie de Tart^ pour aller loin et monter haut^ doit être avant tout éminemment religieux.

Ce qui agrandit les aspirations^ ce qui approfondit le regard du génie artistique^ ce sont les perspectives de rinfmi et les horizons de l'invisible; et ce qui donne Tessor^ pour lui^ comme pour Toiseau^ c'est le souffle qui le saisit^ Fenlève, et le porte vers les hauteurs. Or, le souffle qui porte en haut, c'est le souffle religieux; vrai souffle de l'esprit descendant de Dieu sur l'homme pour l'emporter au ciel ; et ce qui ouvre larges et radieux, devant les regards et les aspirations de l'artiste, les horizons de l'infini étales perspectives de l'invisible, c'est la religion, et la religion seule. Supprimez un moment, pour l'homme de l'art, tout commerce avec Dieu, c'est-à-dire toute religion : à l'instant, je ne sais quelle barrière de ténèbres vient fermer devant lui toutes les ouvertures sur le ciel; une épaisse muraille intercepte pour lui la grande lumière de l'immortel et de l'infini; l'idéal disparaît comme un soleil couchant derrière un nuage; et le voilà seul, enfermé dans les limites obscures de la nature et du temps, comme un prisonnier dans un cachot; L'idée de Dieu, qui, pareille un lustre suspendu sur le monde, en éclairait toutes beautés visibles d'un reflet de l'invisible, s'est

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éteinte pour ce déshérité de la grande lumière ; et vous le voyez, dans un triste face-à -face avec les beautés opaques et les spectacles obscurs^ sans rayon du ciel et sans souffle de Dieu, sans rien d'au delà, pour éclairer son regard et inspirer soii génie, réduit à demander à cette réalité qu'il veut peindre et à cette beauté qu'il veut exprimer une lumière qu'elles n'ont pas et une inspiration qu'elles ne peuvent donner.

Aussi qu'arrive-t-il d'ordinaire? L'instinct artistique, dans l'homme de génie, triomphe tôt ou tard de la tyrannie du préjugé philosophique. Une inconséquence heureuse arrache l'artiste aux étreintes étouffantes de son matérialisme et de son athéisme. Ses maîtres en impiété ont beau lui dire que la nature est tout, et qu'ati delà il n'y a rien ; le génie suit son instinct; il cède à son besoin d'invisible et d'infini: il cherche et plus haut et plus loin ; et alors même qu'il se persuade que seule la réalité l'illumine et que seule la nature l'inspire, il reçoit, même sans s'en rendre compte, une irradiation de cet invisible qu'il méconnaît, et peutêtre une inspiration venue de ce Dieu qu'il blasphème. C'est qu'il n'est pas donné à l'homme, si impie soit-il, de violer jusqu'au bout la loi de son génie et de briser

l'indissoluble lien qui unit d'un hymen sacré Tart et la religion. Il y a, bon gré mal gré, une attraction de l'humanité vers l'infini. « La puissance attractive qui lie « les mondes aux mondes jusqu'aux extrêmes limites (( de l'espace^ selon la remarque d'un écrivain^ n'est ce qu'une manifestation particulière de la loi générale « qui pousse tout vers le principe infini. » L'homme sent cette attraction et la comprend. Par elle^ quand il n'est pas soumis à des influences perturbatrices, ses pensées montent^ ses désirs montent^ ses amours monieniy toutes ses puissances montent vers leur éternel principe ; et alors même que l'homme^ regardant en bas^ ne songe plus même à cette loi de la vie qui l'appelle en haut^ il la subit encore. L'infini, même à notre insu^ nous appelle et nous séduit toujours. Le génie, ah ! le génie surtout^, aspire à se plonger dans cet océan du vrai, du bien et du beau; il voudrait y abreuver ses désirs, que toutes les réalités d'ici-bas laissent inassouvis et trompés : et quand ce besoin d'infini vient à s'incarner dans une œuvre magistrale, il se répand en des harmonies, il s'exhale en des accents, ou bien il resplendit sur la toile ou sur le marbre, dans une lumière qui atteste en ses inspirations une céleste origine, et en ses œuvres un reflet du surnaturel.

En efFet^ Messieurs, Fartiste religieux répand sur ses œuvres une lumière qui ne vient pas de la nature seule, et que je nomme volontiers le rayon transfigurateur du surnaturel. Le surnaturel est à Fart ce qu'il est à riiomme même ; il est une gloire, une couronne, une auréole. Les artistes, qui jettent sur la toile Texpression vraie de la figure de nos saints, mettent d'ordinaire autour de leur tête ce qu'on nomme le nimbe de la sainteté ; ils éclairent de rayons plus éclatants ces douces et sereines figures ; ils en font, à la lettre, des figures rayonnantes : physionomies célestes qu'on croirait éclairées par une lumière venue directement du cieL Ce que ces nimbes sont aux figures de nos saints reproduites par le génie de fart, le surnaturel Fest pour l'art lui-même tout entier. Le surnaturel donne au génie Fidée d'une lumière supérieure à celle que le soleil de la nature laisse tomber sur ses œuvres : il lui ouvre des perspectives qui demeurent éternellement fermées pour le génie confiné dans le naturalisme pur, si élevé soitil encore. Et sous ce rapport je n'hésite pas à dire que Fartiste chrétien a des illuminations qui se dérobent au génie purement naturaliste. Le surnaturel est comme une ouverture sur Finfini entrevu à travers le mystère : il fait flotter à de lointains horizons, dans un azur mille

fois plus éthéré que celui de notre ciel, de ravissante images ; et il donne à l'artiste des visions qui le transportent par-delà toutes les naturelles beautés. Le surnaturel est pour le grand artiste comme un firmament plus reculé, au fond duquel il entrevoit des étoiles plus pures et des astres plus beaux. Ce ciel plus reculé apparaît de loin à ses regards illuminés comme ces aurores boréales qui inondent les pôles d'un mystérieux éclat. Et ce mélange de splendeurs et d'ombres, de vision et de mystère, devient la souveraine fascination du génie artistique; il exalte l'imagination , il épure le sentiment, il séduit par un charme indéfinissable toutes nos puissances créatrices, et il fait rêver à des créations dont la beauté surpasse toutes les beautés de la nature. Les clartés qu'il envoie aux regards de Tartiste ressemblent à ces douces clartés du soleil couchant, qui bordent d'une franche d'or des nuages de pourpre ; elles surexcitent en lui la passion sublime de découvrir de plus en plus et de reproduire de mieux en mieux cette beauté dont il n'aperçoit que les reflets, et qui se découvre même en se voilant. Quiconque est artiste me comprend. L'instinct du surnaturel est dans le génie de l'art quelque chose d'inné. Je conçois le génie rationaliste aux prises avec le surnaturel; le génie artisti-

que^ jamais. Je ne comprends pas un roi arrachant son diadème et jetant sa couronne.

Ah ! cette alliance aussi nécessaire et sacrée qu'elle est puissante et féconde^ si vous la niez, malgré ses témoignages historiques et ses manifestations vivantes^ malheur à vous ! vous n'êtes pas de la grande race des artistes ; vous n'êtes pas digne de figurer dans cette légion choisie qui porte étincelants sur son front la lumière du ciel et le rayon de Dieu. Vous qui^ le pinceau ou le ciseau à la main y prétendez laisser de votre vie sur la terre un vestige éclatant; quoi ! vous posez en naturaliste? en impie? en athée peut-être? Ahî je vous plains^ non- seulement comme homme^ mais aussi comme artiste. Tous les grands artistes m'apparaissent religieux. Je ne me place pas encore^ pour le moment, au point de vue rigoureusement chrétien. Je regarde les artistes du sommet sublime de l'idée de Dieu : ils passent sous mes regards^ couverts devànt les hommes d'une gloire qui n'est surpassée que par le respect qui les prosternait eux-mêmes devant Dieu. Je vois Michel- Ange et Raphaël, inondés de l'éclat de leur gloire, marcher le regard fixé sur Tinfini; j'entends Timmortel Haydn, commençant ses œuvres prodigieuses par ces mots sublimes : In nomme Domini, et les terminant

par ce cri de glorification plus sublime encore : Laus Deo; louange et gloire à Dieu î J'entends Mozart et Palestrina faisant retentir sur la terre ces mélodies que Ton croirait empruntées à la musique du ciel, et communiquant aux âmes ce charme du divin et ce sens de rinfmi qu'ils portaient en eux-mêmes; et je m'écrie : Oui^ j'en jure par la vérité^ oui le génie de Tart est vraiment religieux ; et l'apostasie de toute religion est comme une apostasie de l'art lui-même.

IL — Mais^ Messieurs^ ce n'est pas assez que l'artiste soit^ dans un sens vague^ homme religieux. Il y a une religiosité vaporeuse et vide^ qui ne suffit pas à donner le souffle à l'artiste et le vol à son génie. Il faut que l'artiste soit un croyant ; ce n'est pas assez qu'il soit un homme de religion^ il faut qu'il soit un homme de foi; il faut, du moins, qu'il ait la foi exigée par le sujet qu'il traite.

La foi, du moins une foi relative, est la condition fondamentale de toutes les grandes choses de l'art. Les créations artistiques ressemblent, sous ce rapport, à ce grand chef-d'œuvre de Dieu qu'on appelle l'Église; elles reposent sur la foi; elles ont pour principe efficace une conviction profonde. Et comment, je vous prie, en

serait-il autrement? Où donc ces lis et ces roses, qui embellissent et parfument le merveilleux jardin de r*art, pourraient-ils fleurir^ si ce n'est sur la tige vivante de ces convictions sincères^ qui ont leurs racines au plus profond mystère de notre vie? Ahî ne Foubliez jamais^ Tart est une affirmation. Dans un tableau^ dans une sculpture^ dans un chant, . dans un édifice, dans un poëme^ Fart affirme quelque chose^ un fait;, un mystère, une idée ; et ce fait^ ce mystère^ cette idée^ il Taffirme dans la lumière même dont il Tenvironne. Or^ pour affirmer quelque chose^ la première condition c'est de croire à quelque chose. L'art est une parole; c'est la splendeur donnée par le génie à la pensée humaine; quelle que soit la forme que lui donne Tartiste^ son œuvre est une parole^ c'est son verbe intérieur qui se fait extérieur; qu'il soit peintre^ sculpteur^ musicien^ poëte^ l'artiste est un homme qui parle. Or^, quiconque parle a le devoir absolu de dire quelque chose; et quiconque parle aux intelligences^ pour leur dire quelque chose, a la stricte obligation de croire ce qu'il dit. Si vous ne croyez ce que vous dites^ de quel droit me parlezvous?* . .Vous ne croyez pas en votre âme d'homme ce que vous me parlez dans votre œuvre d'artiste? taisez-vous, Votis ne croyez rien^ ne me dites rien. Le nihilisme de la

foi n'a droit qu'au niiiilisme de la parole, c'est-à-dire au silence. Si votre art n'est pour moi la manifestation de l'idée^ alors il n'est plus l'art; je n"ai pas souci de vos œuvres; mieux me vaut entendre parler la nature. Mais si votre œuvre prétend dire quelque chose, et si vousmême ne croyez pas ce qu'elle dit, alors votre art est convaincu de n'être qu'un verbe insincère, une parole hypocrite, une affirmation menteuse, oui menteuse, entendez-le bien, et d'autant plus menteuse, que cette parole qui sort de vous doit être par-dessus tout la traduction vivante de votre être vivant, et que, dans cette œuvre ironique qui semble vouloir vous manifester, vous n'avez rien mis de vous, rien, si ce n'est la misère de ce doute qui vous appartient, et qui, malgré vous, percera, pour la défigurer, à travers cette œuvre de mensonge.

Messieurs, ce que, même sans la foi intime et la conviction sincère, vous pouvez réalj|^er dans le domaine de l'art, je ne l'ignore pas. Vous pouvez vous promener avec grâce et quelquefois même avec éclat dans le champ fleuri où se joue la fantaisie. Mais nous ne parlons pas ici des amusements de Tart, nous parlons de ses créations. Or, les grandes créations de l'art ne sortent pas d'ordinaire de ces jeux artistiques. Vous pouvez aussi,

même sans croire aux divinités du paganisme^ lui emprunter^ pour les reproduire^ des légendes où la grâce poétique dissimule Tabsence de la croyance dogmatique. Mais^ il faut bien le dire, les grands chefs-d'œuvre de l'art ne jaillissent plus guère parmi nous de ces sources taries et trop souvent infectes. Ce que nous empruntons au paganisme, sans croire à ses divinités, ce n'est pas ce que d'illustres païens ont créé de plus beau en regardant, du fond des ténèbres mythologiques, les splendeurs de Tidéal; presque toujours, hélas! ce que nous allons demander à ce paganisme qui survit à la chute de ses dieux, c'est ce que lui-même a produit de plus honteux, le sensualisme et le matérialisme dans Fart. Ce que vous pouvez atteindre enfin, sans une foi sincère, c'est l'imitation qui, à force de travail et d'habileté, arrive à surprendre des admirations; c'est le prodige de la couleur, du modelé, de l'exécution matérielle et de la perfection technique. Mais la grande chose de l'art, cette chose que l'imitation est impuissante à suppléer, l'inspiration, ahî l'inspiration vraie, ardente, enthousiaste, où donc la puiserez-vous? Artiste, c'est à vous de répondre : dites, si la vérité que vous entreprenez de faire resplendir dans une œuvre créée vous trouve incrédule, sceptique, et peut-être

même railleur^ de quelle' source F inspiration pourrat-elle vous venir?

Ah! Messieurs, alors même qu^il ne s^agit que de reproduire dans Tœuvre d'art un fait purement humain, mais un fait sublime^ un dévoûment magnanime^ un sacrifice héroïque : si vous ne croyez ni à la vérité du fait, ni à la sincérité du héros, comment ferez-vous passer dans votre âme quelque chose de cette flamme qui fait éclore l'héroïsme? et comment mettrez-vous au front du héros une auréole vraiment digne de lui? Qu'est-ce donc, quand il s'agit d'exprimer ce qui plus oii moins immédiatement touche au céleste^ à l'invisiblCj au divin? Qu'est-ce^ quand il faut traduire sous une forme éclatante, mais sincère^ ce qui touche à la fois et au plus intime de la religion divine et au plus profond de l'âme humaine? Que va faire votre génie égaré dans le sanctuaire^ essayant de reproduire ce monde de la foi^ où votre scepticisme ne voit qu'un monde fantastique créé par la crédulité ou la sottise humaine?

J'entends dire que c( les scènes évangéliques et le^ c( légendes chrétiennes offrent à l'artiste^ quelle que (c soit sa conviction personnelle^ le merveilleux avanie tage d'une donnée admise de tous^ idéalisée par la

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a conscience de chacun^ et environnée par Fimaginaa tion d'un prestige de sainteté, » J'entends dire que (( Tartiste dans ce cas ne crée pas la poésie de son sujets (( mais qu'il la reçoit toute faite; que la moitié de son « œuvre est esquissée par la croyance populaire^ et que (( Topinion générale ceint d'une auréole la tête de ses (c héros; » j'entends dire enfin « qu'il suffit à l'artiste^ (( pour réaliser le grand arty d'accepter un ensemble a d'idées religieuses reçues non pas comme un symbole a dogmatique y ce qui est assez indifférent, mais « comme un langage commun par lequel on se corn- « prend ^ »

Ainsi vous l'entendez^ la conviction personnelle., la foi dogmatique de l'artiste^ n'entrera plus pour rien dans la création de son œuvre! Qu'importe ce qu'il croit ou ne croit pas sur la vérité absolue de son sujet? La poésie en est toute faite; il n'a qu'à la recevoir de l'imagination et de la conscience populaire^ et à la traduire avec force et souplesse. En vérité^ on se demande comment une telle pensée a pu tomber dans l'intelligence d^n homme , alors surtout que cet homme, affectant dans des œuvres non sans quelque

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