‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 109 sur 343 · I. Cf. Gallardo, II, col · texte numérisé non relu

I. Cf. Gallardo, II, col

284 L AlU DUAMATIOUE A VALEXCIA.

le bouc symbolique, c'est une Antigone doublement grecque, par 1 origine et par 1 inspiration, qu il mit à la scène. En Espagne, on ne peidit jamais entièrement, pour se rapprocher de la tradition classique, le sens des léalités nationales. Cueva a mis au théâtre plusieurs épisodes de l'histoire d'Espagne. Bien plus, en insérant des romances traditionnels dans la trame de ses vers, il a conservé mieux que le souvenir, la teneur même des récits héroïques oiî revivaient les prouesses des ancêtres. Le théâtre patriotique qu'il a créé a éclipsé les tentatives plus timides de ses rivaux. Mais est-il juste d'oublier que Artieda, pour écrire ses Amantes, a exploité une légende régionale; que Cervantes, dans sa Numancia, a exalté la farouche indépendance de l'Espagne antique: qu'Argensola enfin place à Saragosse, dans le palais royal, 1 action de son Isahela et que la pièce, mi-chrétienne mi-musulmane, symbolise les vicissitudes de l'Espagne médiévale, tiraillée tour à tour entre deux' maîtres et deux religions.'^ En vérité, si Jios auteurs ont pris le cadre de leurs pièces aux grands classiques de l'antiquité, ils y ont mis des sujets empruntés poui" la plupait aux traditions nationales.

Ce cadre lui-même, ils 1 ont retouché pour l'adapter plus exactement aux nécessités nouvelles de l'art dramatique. L'un d'entre eux, Lupercio Leonardo de Argensola, a indiqué dans le prologue de son Alejandra^ les principales de ces retouches : (( A mesure que j'ai pris de 1 âge, fait-il dire à la Tragédie, j'ai enfreint les préceptes posés par Aristote; j'ai perdu un acte sur les cinq entre lesquels j'avais coutume d'être partagée; puis j'ai perdu aussi ces chœurs qui étaient intercalés entre mes scènes et, à vrai dire, je ne regrette pas semblable perte, puisque j'évite à ce prix le reproche de prolixité*. » Réduction du nombic des actes, suppression des chœurs : il y a autre chose encore qu Argensola a passé sous silence et qui est la versification. La poésie espagnole pouvait prétendre, dans une certaine mesure, à l'imitation des rythmes antiques : non pas

Page 1