Aspera i fiera suerte
hallar mi vida convertida eu muerte. »
2. Ici encore, Virués a trouvé des indications dans la Sumn de todas las crônicus del inandn, f. ccLVy.
3oo l'art dramatique a valencia.
nous y voyons, c est moins encore Attila qu un personnage mixte, Flaminio ou Flaminia, qui est en réalité une femme, mais qui, habillée en page, passe pour un homme à tous les yeux, sauf à ceux d Attila. Celui-ci ne se borne pas à connaître le sexe de Flaminia , il aime cette femme équivoque, et son amour est payé de retour. D autie part, la reine, épouse d'Attila, est éprise du pseudo-Flaminio. En sorte que ^ irués a réussi, en usant d'un travesti, à ce que le roi et la reine fussent illégalement amoureux de la même personne. La reine a donné un rendez- vous à Flaminia : celle-ci y envoie Gerardo, qui est un des soupirants de la reine, et elle avise Attila, certaine qu'il massacrera, sans leur permettre de s'expliquer, sa femme et l'innocent Gerardo. Aussitôt dit, aussitôt fait. Attila est veuf et Flaminia entend qu'il la choisisse comme reine de Hongrie. Mais une reine détrônée, Celia. est amenée en captivité à la cour d'Attila, et ce volage séprend d elle. Déçue, sentant crouler ses ambitions, Flaminia prépare sa vengeance. Au banquet qui suit le mariage d'Attila avec Celia, Flaminia verse dans le verre du roi un poison qui provoque la folie. Et, en effet, le monstre se déchaîne avec une sauvagerie effroyable; il égorge Celia, sépare sa tête du tronc avec un fer rouge, et s'élance, plein de menace et d'injures, sur les assistants en fuite. Flaminia l'attend de pied ferme, sans peur sinon sans reproche, et c'est alors de la part du dément un délire d imprécations, un interminable monologue qui prétend exprimer l'inexprimable, je veux dire les sursauts d'un esprit en déroute, les divagations d une raison à l'agonie. Bientôt, Attila se précipite sur Flaminia, la massacre et se détruit lui-même. Les courtisans s'attardent à ensevelir les cadavres, à évoquer en hendécasyllabes sonores l'histoire du défunt : la pièce ne saurait se continuer puisque tous les protagonistes ont disparu, la reine aussi bien que Celia, Flaminia aussi bien qu'Atlila»ou Gerardo.
Sans attendre au dénouement, la rage dévastatrice d'Attila s'était déjà exercée dans quelques épisodes qui ne font pas corps avec la pièce, mais par lesquels \ irués avait donné à son héros des occasions de se faire connaître. Lorsque Guillermo,
LE l>SELlDO-CL VSSICISME. OOl
roi crEsclavoilic . arrive à la cour de Hongrie, Attila le (ait sans délai jeter dans la fosse aux lions : tel est laccueil réservé à ses hôtes (aele II). Au conseil des ministres, toutes les questions d'Etat se résolvent par des pendaisons ou des morts à petit feu; tel est son système de gouvernement (acte I). Nous demanderions grâce, avant que se fût déroulé sous nos yeux ce panorama des horreurs, si nous n'avions plutôt envie de sourire.. Car Virués s'est trompé : cette pièce, où il a étalé ses procédés favoris, est aussi la plus ridicule. Il a cru trouver dans la folie un ressort dramatique d'une puissance insoupçonnée : en fait, il a confondu le dramatique avec le théàti'al.
Les analyses qu'on vient de lire suffisent à montrer que les quatre tragédies modernes de Virués sont marquées de quelques traits communs. Admirateur des Anciens, imitateur des Italiens, il ne se pouvait pas que Virués étouffât complètement sous ces modèles l'originalité de son espiit.
La structure de ses pièces se conforme à un type qui n'est ni celui des Italiens, lesquels s'en tenaient aux cinq actes traditionnels et conservaient les chœurs, ni celui usité auparavant en Espagne. Los A niantes , de Rey de Artieda, avaient quatre actes sans prologue préliminaire et sans autre conclusion qu'un sonnet déclamé par la Renommée. Les tragédies de Virués éliminent un acte, mais elles encadrent les trois actes entre un prologue et un épilogue, que déclament deux personnages spéciaux, Prôlogo et Tragedia, dûment inscrits dans la liste des acteurs. L'épilogue dégage avec concision la morale de la pièce; le prologue, plus développé, se partage entre un éloge de la vertu et une invitation à faire silence. A la différence d'Artieda, Virués n'indique pas de subdivision en scènes, mais chaque fois que de nouvelles combinaisons de personnages vont se produire, il insère leur liste dan? le texte. L'acte devient chez lui une unité fortement constituée, quel que soit d'ailleurs le nom dont il le désigne (jornada dans Seniiraniis et dans Atila, parle dans Marcela et Casandra) . II veut que chacun d'eux soit comme une petite tragédie dans la
grande*, et il s'efforce de ménager vers la fin une catastrophe qui soit comme un dénouement provisoire. En cela il se séparait absolument de Giraldi, qui ne reconnaissait à chaque acte d autre objet que de préparer le dénouement. Il tâche, de plus, que dans chaque acte l'œil aussi bien que 1 esprit trouve à se satisfaire; il combine de grands spectacles, qui se déploient de jDréférence au début de l'acte; dans La cruel Casamlni un brillant cortège se montre à trois reprises, soit qu'il aille à un tournoi, soit qu'il en revienne. A l'intérieur de chaque acte, le passage d'un épisode à l'autre est gauchement marqué; très souvent il se fait au moyen d'un monologue, qui sert de transition entre les deux scènes. Quant aux unités, l'auteur ne s'en est point inquiété. Sauf dans Semiramis, dont l'action, commencée sous les murs de Bactres, se continue à Ninive, et oii des périodes de seize et six années s'écoulent entre chaque acte, on peut soutenir qu'il les respecte, car il est invraisemblable, mais non impossible, que les catastrophes qu'il accumule se soient succédées en vingt-quatre heures; à coup sûr l'unité de lieu est sauve, et l'abus des récits aide Virués à ne pas la transgresser. Ses pièces ont une coriection superficielle, une régularité apparente, qui leur donne un air de famille. Avec tout l'appareil de pièces bien bâties elles n'en sont pas moins ruineuses.
Leur inspiration manque d homogénéité ; elle est tour à tour réaliste et romanesque, elle n'est presque jamais tragique. On a peine à croire que dans ces pièces où l'exaltation est l'habitude, le détail familier ait pu trouver place; et pourtant elles sont semées de traits empruntés à l'observation quotidienne. Jusque dans les épisodes les plus pathétiques, Yirués a glissé de ces détails pris sur le vif qui sont comme l'ébauche d'une peinture de mœurs : entendez, par exemple, Marcela parlei' du gâteau- qu'elle va manger ou du train de la maison pater-