Esta rosquilla es mui buena
ques de alcorra de Lisboa... (Fol. i5o v.)
, Que el menino, que la duena,
que el mayordomo acudia a cuanto yo apetecia, haziendo solo una sena.
Que coD tanta revereocia le traian a Marcela con el agua de canela las conservas de Valencla, » (Fol. i56 r.)
2. Dans Atila, qui se passe en Hongrie, au début de la jornada II, Flaminia demande à la Reine :
« Goza tu alteza del viento que causa en el mar ruido ? »
Marcela est inspirée de l'histoire d'Isabelle, au ehant XIÏI du (( Roland )>. La princesse surprise par des brigands, ses amours avec un prince traversées par la rivalité d un officier, le cadre même de la scène qui est placé de part et d autre en Galice, ce sont coïncidences significatives. II n'est pas interdit de penser que Virués a subi, par ailleurs, l'influence de cette œuvre. Certes, il n'en a pas reproduit l'esprit chevaleresque et galant, mais, de part et d autre, le chaos d'aventures est aussi touffu. Le (( Roland » ne pouvait qu'y gagner, mais des tragédies ne pouvaient qu'y perdre : elles y compromettaient, notamment, cette rigueur dans l'enchaînement des péripéties, cette lutte de la volonté humaine contre la destinée, et surtout cette unité supérieure dans l'action, qui sont les conditions du genre tragique.
Dans ce dédale d'événements, les personnages s'agitent plutôt qu'ils n agissent. Leur nombre fait illusion sur leur insignifiance : s'ils ne sont que douze dans Elisa Dido, il y en a seize dans Atiki et dans Semiraniis, dix-neuf dans Casandra, vingt dans Marcela, en augmentation sur la moyenne de ce temps-là qui semble avoir été de seize (c'est le chiffre adopté par Artieda dans Los Amantes). Si leur nombre est imposant, leur psychologie est sommaire : elle se caractérise principalement par l'horreur des gradations. Leurs sentiments, nous les supposons plutôt que nous ne les connaissons. Virués a senti la nécessité de guider son public en donnant à ses pièces des titres significatifs, formés invariablement par la combinaison du nom du héros ou de l'héroïne et d'un adjectif qui exprime sa qualité principale : Casandra est cruelle, Marcela est malheureuse, et, en effet, elles ne sont que cela; mais l'infortune et la cruauté seront portées chez elles à un degré incroyable, comme si cette exagération pouvait faire illusion sur l'indigence de leur personnalité. Cette passion dominatrice, toujours tendue, toujours égale à elle-même, se maintient sans répit à son paroxysme. Attila, tel que ^ irués nous la représenté, trouve le moyen d'être farouche jusque dans le madrigal. Sémiramis réduit son premier mari au suicide, assassine le
second et finit par un inceste. Entièrement méchants (à l'exception de deux ou trois qui sont insignifiants plutôt que franchement hons), hatis tout d'une pièce, compacts et frustes, tels sont les personnages qui peuplent ses tragédies. Luimême a fait, en terminant La cruel (kisaiulrn, un aveu dépouillé d'artifice : « Puisse-t-on comprendre par cette peinture que la réalité se complaît aux extrêmes M » Et voilà hien le défaut des fantoches qu'il nous montre, fanfarons du vice, qui se plaisent à souligner l'atrocité de leurs forfaits'^.
Une action découpée en tranches bien nettes dont chacune est bourrée de péripéties, — la réalité bassement copiée dans ses menus détails et violemment déformée dans tout l'essentiel, — des personnages qui ne sont pas les maîtres ou les victimes de leurs passions, mais les jouets de leur instinct, — voilà comment se présentent à nous les pièces de Yirués. Reconnaissons-les pour ce qu'elles sont, et refusons-leur ce titre de (( tragédie » qu'il a revendiqué pour elles. Le romanesque de leurs intrigues, la violence des situations, l'exagération des sentiments, et jusqu'à cette pointe de vulgarité qui perce en plus d'un passage, tout cela permet de discerner en elles cette variété du genre dramatique qui est comme la caricature de la tragédie : je veux dire le mélodrame. Etrange illusion de Virués! Ces pièces qui, par la grossièreté de leurs procédés, semblent faites pour plaire surtout au peuple, il croyait qu'elles auraient le sufiVagc des délicats. Dans le prologue de La inj'elice Marcela, il nous a confié ses craintes et ses espérances : le « vent inconstant du vulgaire » pourrait bien faire chavirer son œuvre avant qu'elle ne trouvât la sécurité dans le port; il aura du moins « une précieuse consolation, car les connaisseurs seront de son côté^ ». S'imaginait-il donc que ceux-ci ne dis-
1 . « I assi por lo que pinto aqui, lo bivo se entienda ser eu termino ecessivo. »