B. N. M.. Cane. Noct., II, f
4- Cf. Lorenzo Valls, Del juego de las Damas, por otro nombre el Juego del Marro, Valencia, 1697.
ô. Menéndez y Pelayo, Orûjenes de la novelu, II, vi.
388 l'art dramatique a valexcia.
les parties étaient interminables; à la cnrteta qui n'était guère pratiquée que par les bonneteurs (capeadores) et les étudiants, aux quinolas, que leur simplicité mettait à la portée de tous, notamment des pages pendant qu'ils attendaient leur maître, — enfin au trufjuo, ou billard, qui avait la clientèle la plus vulgaire, celle des laquais, des cochers, des aubergistes et que le gouvernement de France, Languedoc, Pyrénées, Béarn et Armagnac avait proscrit de ses domaines, en même temps que le trop fameux Narboneta, qui en était un amateur impénitent*. Tant de jeux, et si variés! c étaient pour les \alenciens bien des occasions de se damner. Ils rachetaient leurs A'ices par une dévotion qui était sincère, et plus démonstrative encore que sincère. Ils ne concevaient pas que la religion peut avoir elle aussi sa pudeur et que pour les âmes délicates le secretum aliqiiid niihi s applique principalement aux vérités de la foi. Il leur fallait des manifestations extérieures, des cortèges bruyants ou extraordinaires, le déploiement d'une pompe insolite et brillante. Le i8 septembre i58i, leTuria, dans une crue extraordinairement rapide, se répandit sur la rive gauche, arracha 5oo arbres dans le jardin du Palais-Royal et envahit le couvent de Xotre-Damc du Uemède : vite on organisa une procession, le religieux qui portait le Saint-Sacrement était juché sur un cheval, et les fidèles, élevant un cierge au-dessus de leur tête, s'avançaient avec de l'eau jusqu'à la ceinture'". Ce goût du spectacle, qui se manifestait jusque dans la pratique de la religion, fit que les Valenciens se complurent aux autos de fe dont l'Inquisition les régalait, h'aiito lui-même était précédé de plusieurs cérémonies qui l'annonçaient. A l'approche du Carême, un héraut convoquait les fidèles pour le prochain dimanche dans la cathédrale oii à l'heure de la grand'messc r (( édit de la foi » était solennellement promulgué ; défense était faite aux autres églises, pour empêcher la concurrence, d'avoir le même jour sermon ou messe chantée. Le second
1. Tout ceci résume un discours de Pehffro [Mtro. Gaspar Graciàn] sur les jeux. B. N. M., Cane. Noct., III, f. 189 sq.