‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 145 sur 343 · A. H. N., Inq. de Va. Libros de ados, les;. 1, ï · texte numérisé non relu

A. H. N., Inq. de Va. Libros de ados, les;. 1, ï

2. « La virreyna, marquesa de Caracena, adoro y puso sobre su cabeza este vaso immundo, pero à pesar de la reliquia y de este pseudo-santo muriô esta senora... » Sur les désordres de l'église de Saint-André : « Muchas doncellas perdieroQ alli su virginidad... Alli hacian agiias niayores y nienores, y de esto era tanta la hediondez que havia en la iglesia (]ue niuclios no querian cntrar en eila a oyr missa por no poderlo sufrir... » Ces détails, et bien d'autres, se trouvent dans un ms. de la Bibliothè(iue Provinciale de Tolède : Vida de Mosen Francisco Geronymo Simon, Clerigo, Nalitral de Valencia, ... Sacada de varias notas archivadas, que se guardan en el cDnvento de Padres Dominicos, vulgo Conveato de Predicadores de la Ciudad de Valencia. Le ms. est du dixhuitième siècle, puisqu'il insère à la fin une lettre de 1705. Il s'ouvre par un avis an lec/enr, signé de Francisco Xavier de Santiago Palomares. — Cf. aussi A. H. N., Inq. de N'a, Causas, Icg. 47> »° '6 bis, un dossier sobre la rida, niuerte y sacesos despaes de ellu de mosen Jeronimo Si/non, daté de iG58.

Sqo l'art dramatique a valencia.

crement clairvoyants, toutes les occasions étaient bonnes aux Yalenciens pour affirmer un zèle qui ne souffrait pas de rester inactif.

Les antiques murailles de la cité ne renfermaient pas dans leur enceinte toute lactivilé des habitants. C'est sur la rive opposée du fleuve et un peu en aval que se trouvait la promenade à la mode, le prado, qui a aujourd'hui cédé la place à Valameda et à la double rangée de ses eucalyptus. On s'y rendait par le pont du Palais-Royal, on traversait devant le palais la fameuse esplanade, ou llano., qui servait aux manœuvres ou aux revues, puis on pénétrait aussitôt dans le prado, qui était, presque au niveau du fleuve , une prairie oîi des ruisseaux détournés du Turia entretenaient la fraîcheur à l'ombre de quelques arbres. En dépassant le prado, dans la direction de l'est, on arrivait après une petite heure de marche au port, ou Grao, de Valencia. Les promeneurs s'y rendaient volontiers. A proprement parler, il n'y avait pas de port, une simple estacade en bois qui servait au débarquement des marchandises et des passagers. Mais des chantiers de constructions maritimes, la troupe bigarrée des pêcheurs, des matelots et des mousses, les exercices des « gardes de la côte » dont une compagnie avait là sa caserne, enfin le va-et-vient des voyageurs et parfois l'arrivée d un convoi de captifs rachetés par les Mercenaires aux pirates barbaresques, tout cela amusait les regards et divertissait l'esprit'.

Les élégants, les élégantes ne s'éloignaient guère du Prado. Ils y venaient parés de leurs plus beaux atours. Les hommes portaient des hauts-de-chausses si amples qu'ils étaient autour de la jambe comme des « vessies gonflées ». Les dames disparaissaient dans d énormes vertugadins, qui étaient comme le (( cercueil » où elles ensevelissaient leur beauté ; plusieurs, non contentes d'abriter leur chef sous un chàle ou manlo. le surmontaient encore d un chapeau, double emploi qui ne se

I. Sur le Grao, cf. Escolano, Z^ecof/a />A"//?Jcra, libre VII. Le 27 novembre i502 débarquèrent au Grao 420 captifs rachetés, « la quai fon la niayor redempcio que jamay se hauia fet ». B. N. P., ms. esp. il\'], O49.

LA CO^FEDIA. SqI

constatait qu7\ V alencla , au témoignage du chanoine Tarrega. En signe de deuil, les prêtres portaient un bonnet rond, et les jeunes veuves une coilTure blanche, obligées qu'elles étaient par hyprocrisie à dissimuler sous ce linceul menteur leur verte gaillardise ^ Au demeurant, on suivait à peu près les modes castillanes : les chapines, ou chaussures valenciennes, tendaient à disparaître.

Ce qui n'appartenait qu'à Valencia, c'est l'animation qui régnait au prado. Cette méchante prairie, exposée aux injures de la rivière qui l'inondait plusieurs fois par an, fut le sanctuaire de la galanterie valencienne. La beauté du panorama en relevait la laideur : d'un côté, le Palais-Royal, qui dressait sa masse robuste parmi des jardins enchanteurs; d'un autre côté, par delà le Turia, la grande cité, vivante et toujours jeune, qui répondait fièiement aux caresses du soleil par les reflets métalliques de ses coupoles multicolores. On ne se souciait guère, à la fin du seizième siècle, de ce paysage pittores-

I. Cane. Noct., I, f. 0 Siieno [Pretcl], Copias contra los verdurjados :

« De piramitle es su forma

para que tengan por cierto

que lialla denlro vn cuerpo muerto

el que por oro no informa. »

I, f. 17, Aguilar, Copias contra los balones :

« Del balon clice que es lai

que su origen y ralea

es de gente tan bestial

que por guardar lo que mea

le lleua por orinal. »

III, f. (il V., Resplandor [Eslacio Gironella], Sàtira contra los que trahen ligas grandes. — III, f. io3 r., Târrega, Ouartetos à iina biada nioça enfadada con sus tocas. — Sur quelques usages propres à Va, voyez Xoct., I, f. ao/j v., à la fin du discours de Tàrrega, Recopilaciùn de las necedades nais ord inarias en r/(ie solemos caer hablando : « Quisiera escudrirïar las causas de los sombreros sobre el manto (jue superttuamente asta a([ui las mugeres de \'a han vsado, de los boneles redondos que los clérigos por luto en ella vsan, del quitarse por el los vélos del sombrero, del no ser liçjito dansar con greguescos 0 <;apatos blancos, del recebir las senoras sobre colcliones las visitas de los mortuorios, del repartir la paz con el sombrero y el agua bendila con los dedos, del no poder lleuar con propiedad sobre silla de giueta coleto o boemio , y Hnalmente del lleuar los frayles geronymos aquellos desusados cstribos de palo... »

que. Les initiés aux mystères galants dont le prado était un temple à ciel ouvert, n'avaient d'yeux que pour les prêtresses de leur cidle, d'attention que pour les rites qu'elles célébraient. Croyons-en là-dessus Târrega et D. Gaspar Mercader ; car il n'a pas fallu moins qu'un chanoine et un grand seigneur pour écrire l'éloge du prado. L'un s'en est acquitté dans une comedia, qui est de 1,089; Vautre, dans un roman bizarrement pastoral, publié en iGoo. Ces deux dates encadrent la période où le prado connut sa plus éclatante splendeur. Jamais il n'a souffert l'abandon. Aujourd'hui encore, sous un autre nom et avec d'autres mœurs, il voit se succéder, à l'heure où le soleil décline, le défdé des équipages, tandis que de fiers cavaliers, qui caracolent auprès des voitures, interprètent sans aucun faux sens le muet langage des éventails, que l'on parle si savamment en Espagne.

La société qui y fréquentait s'occupait d'abord à bavarder. La cbronique locale ne chômait pas, et comme les papotages mondains ne prennent leur valeur que par la manière de les dire, il se créa à leur usage un langage particulier, abondant en locutions toutes faites, d'autant plus respectées qu'elles étaient plus insignifiantes. Un contemporain s'est amusé à en noter quelques-unes : reir como un descocido, loco como candil ou como tâhann, alegre como ima azufayfa, taner, canfar ou jusiar como un diahlo, corrcr como nn Tilolivio, represenlar un Quinto Curcio, vender caro como un fuego, dormir como un principe, comcr como un papa^ . La meilleure société avait son argot, comme les picaros.

Peut-être lui était-ce un moyen d'atténuer certaines crudités. Car on n'était point chaste parmi les habitués du prado. Si les hommes étaient entreprenants, les femmes ne les décourageaient pas. Les \alenciennes de la fin du seizième siècle se sont laissé faire une double réputation de beauté et d'immoralité. De leur beauté, nous ne pouvons plus juger, et il semble qu'au grand jour elles n'en aient pas laissé voir grand chose,

Page 1