‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 146 sur 343 · I. Tàrrega, Cane. /Yod., I, f. 202 r · texte numérisé non relu

I. Tàrrega, Cane. /Yod., I, f. 202 r

si épaisse était la couche de fard dont elles se chargeaient le visage. Mais, de leurs intrigues, nous ne connaissons que trop de détails. Tout leur était hon pour satisfaire leur curiosité malsaine. Il y avait surtout, non loin du Turia, un établissement de bains où se dissimulaient les rencontres galantes : Jaime Orts a donné là-dessus, à ses confrères de l'Académie des Nocturnes, des précisions qu'il est impossible de transcrire. Uetenons-en seulement que, pour se ridiculiser, il suffisait à un mari d'encourager sa femme à fréquenter les bains ou de lui demander si elle y avait été ^ Ay anau al hany, Dianeta * ? Au retour, les carrosses qui ramenaient en ville les baigneuses, traversaient lentement le Pont-Royal, et les galants, assiégeant les portières, envoyaient à leurs dames des regards assassins. Tout ce manège était facilité par une armée d'entremetteuses : Carlos Boyl assure qu'on les affublait du surnom de « tantes » (tias)en vertu d'une parenté qui remontait à Adam ! En réalité, les liens de la famille n'avaient pas de plus actif dissolvant que ces vieilles femmes, si expertes à « tenir le rôle du serpent'^ ». Une armée de rufians les assistaient. Pourvoyeurs et pourvoyeuses du vice, ils formaient en marge de la société valencienne une redoutable association^. Sous leur influence, on acceptait sans protester des situations équivoques : un père de famille des plus respectables, une mère des plus dévouées à tous les siens ne croyaient pas jouer un jeu dangereux; ils pensaient, au contraire, satisfaire aux usages de leur monde en choisissant une dame de leurs pensées ou un galant en titre. Lui, il ne se montrait qu'à la suite de sa belle, et les couleurs dont elle avait fait son emblème étaient celles dont il s'habillait. Elle, on ne la voyait que flanquée de cet amoureux transi qui

1. Cane. Xoct., III, f. 3i v.-32 r. Qiiartetos a las mujeres que van al baïio.

Page 1