‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 159 sur 343 · Cf. Ximeno, I, 241 et Barrera · texte numérisé non relu

Cf. Ximeno, I, 241 et Barrera

3. Cf. la préface de miss Bourland dans l'édition citée à la Biblios^raphie, rnais miss Bourland ignorait la date de la mort de Târrega.

Les loas dont la plupart des pièces de Târrega sont précédées provoquent, elles aussi, la défiance. D'aucune il n'est possible de. prouver qu'elle lui appartient en toute propriété. De deux au moins, il n'est certainement pas l'auteur. La loa « à la louange des femmes laides », imprimée au début de La enemiga favorable , parle de fêtes données en l'honneur de la (( Reine de France » ; cette reine c'est Dona Ana, fdle de Philippe in, qui éjiousa Louis XÎII, mais le mariage fut concerté et célébré longtemps après la mort de Tàrrega. La loa n'est pas de lui, pas plus que le Baile de Leganiios qui la suit, et qui trahit dans tous ses détails une origine madrilène. La loa de La daquesa constante, sous la forme où nous la possédons, a été récitée avant une représentation de la pièce donnée par les soins de Claramonte. Or, ce directeur et sa troupe séjournèrent à A alcncia pour la première fois à la fin de l'année 1608, et il ne semble pas qu'il ait exercé une direction antérieurement à cette date. La loa fut donc écrite pour une reprise posthume de la comedia. Elle atteste, à défaut de mieux, la persistance de la faveur publique envers Târrega.

Telle qu'elle nous est parvenue, l'œuvre dramatique de Târrega n'est certainement pas celle que l'on était en droit d'attendre d'un ministre de l'Evangile et d'un tempérament aussi primesautier. Ses comedias ne s accordent ni avec sa profession ni avec la nature de son esprit. Rien n'y manque autant que l'onction sacerdotale. Il n'a aimé, au théâtre, ni la simplicité ni la douceur. Une intrigue ne lui semble bonne que si elle est compliquée et violente. Il n'hésite pas, le cas échéant, à accumuler plusieurs intrigues dans une même pièce. El cerco de Rodas entremêle trois sujets différents, en premier lieu une aventure militaire, puis une rivalité amoureuse entre deux frères, Gonzalo et Diego, qui sont épris l'un et l'autre de Lidora, enfin l'histoire d'une infidélité d'amour. Or, cette infidélité, qui vient en troisième lieu dans une pièce déjà surchargée, comporte deux cas distincts : d'une part Lidora, dès qu'elle a été délivrée de l'esclavage, a abandonné le Grand Turc, dont

l'amour pour elle atteint cependant les pires exagérations ; d'autre part, Diego, qui avait engagé sa parole de fiancé à Blanca, l'a abandonnée sous le prétexte d'entrer dans la religion de Saint-Jean. Il est vrai que la personne de Lidora lie entre eux la plupart de ces épisodes; mais par le seul fait qu'ils existent et qu'ils se juxtaposent lun à 1 autre, ils donnent à la pièce une apparence extraordinairement touffue.

Cette recherche de la complexité a conduit Târrega à instituer auprès de l'intrigue principale une ou plusieurs intrigues accessoires. El prado de Valencia, qui est la plus unie de toutes ses pièces, offre un bel exemple de ce qu'il se croyait obligé de faire, même lorsque le sujet ne s'y prêtait point. La pièce nous montre Laura et Margarita se disputant l'amour de Juan ; Laura, au dénouement, triomphera de sa rivale. Que va donc devenir la délaissée? Il lui faut, évidemment, un mari de consolation, et Târrega y a pensé dès le début de la pièce. Un capitaine, fraîchement revenu des guerres d'Italie, a courtisé Margarita au temps où celle-ci avait les yeux encore fixés sur Juan. Ce capitaine est veuf et, pour manifester sa flamme, il prend comme intermédiaire sa propre fdle, qui, avec un fond d'honnêteté, montre une extrême effronterie. Décidée à servir les amours de son père. Reatriz déploie une ingénieuse espièglerie. Elle capte, pour elle et pour l'intrigue quelle mène, une jiart de notre attention, introduisant dans cette comédie de mœurs une véritable duplicité d'intérêt. Peut-être Târrega se rendait-il compte qu'il excellait dans ces digressions, et, en effet, quelques-unes des silhouettes qu'il a tiacées en marge de ses comedias sont charmantes, telle dans El prado de Valencia cette commère de Felicia, qui ne voit goutte aux intrigues amoureuses de sa fille Margarita, toute occupée qu'elle est avec un égal entrain à réciter ses patenôtres et à satisfaire sa goinfrerie. A ce jeu, le danger était que la dextérité de l'auteur ne suffisait pas toujours à éviter la confusion. Trop d'événements, trop de personnages! Quelle maîtrise n'aurait-il point fallu pour laisser chacun d'eux à sa vraie place, pour distribuer la lumière à proportion de l'intérêt qu'ils comportaient! C'est une

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peine véritable, à lire La Sangre leal de los Montaneses de Navarra, de constater comment Tarrega a gâté un beau sujet par l'abus qu'il en a fait. Une fois allégée et clarifiée, la pièce serait certainement le chef-d'œuvre du poète tant par la hauteur de la conception que par le pathétique des situations.

Tarrega, lorsqu'il combine quelque catastrophe, ne la déclanche pas ex abrupto. Ce serait trop de lui attribuer un art complet des préparations; il n'a ni la délicatesse dans la gradation ni le juste sentiment des convenances. Il sait du moins nous mettre sur nos gardes. Par exemple, dans El esposo Jîngido, qui est un cas de bigamie, une lettre qui arrive de France pour Arnaldo, donne à penser qu'il est bigame; mais, comme Arnaldo a momentanément changé de nom avec son secrétaire, un doute se produit dans notre esprit; notre méfiance est éveillée, sans qu'aucune certitude nous soit donnée; des événements sont annoncés, mais une part d'imprévu subsiste. L'auteur n'a point renoncé tout à fait aux bénéfices que l'intérêt de curiosité lui promettait.

Plutôt que de nous surprendre, il se propose de nous tenir en haleine. Un combattant enveloppé d'une armure s'avance dans la lice. Quel est cet inconnu.^ Tantôt c'est un homme, Belisario, qui dans un « combat de Dieu » tenait le rôle d'accusateur (L« enemiga favorable); tantôt c'est une femme, Lidora, qui a dissimulé son sexe en même temps que son identité (^El cerco de Rodas). Jusqu'à ce que la visière du heaume soit relevée, l'intérêt est suspendu. Cette suspension de l'intérêt, c'est une des règles que, docile par avance aux conseils de Boyl, Tarrega a le mieux respectées, et d'elle il a tiré des effets vraiment dramatiques. Dans La sangre leal, à la fin du premier acte, le roi a mandé au Conseil sa noblesse, parmi laquelle le vieux Bermudo qu'il a tiré de l'obscurité et que ses pairs accablent de leur jalousie. A la porte du Conseil, Fruela et Lambra, les enfants de Bermudo, inquiets par cette convocation inopinée, épient les événements; des cris « à mort, à mort )) éclatent; ils ne doutent pas que leur père ne soit la victime désignée. Au début du second acte, leur inquiétude croît

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à mesure que la séance du Conseil se prolonge; elle monte au paroxysme lorsque le bourreau, sur l'ordre du roi, est introduit dans la salle. « Je ne sais, lui dit le soldat qui lui ouvre la porte, s'il s'agit d'une main ou d'une tête. Tout ce que je sais, c est que tu dois trancher. » A quoi le bourreau réplique laconiquement : (( Je ferai le nécessaire. » Alors, dans le doute atroce qui l'étreint, de plus en plus persuadé que son père a été sacrifié par le roi à la rancune de la noblesse, devant cette porte obstinément fermée derrière laquelle un drame se déroule, d'ori son cœur probablement recevra un deuil éternel, Fruela, est assailli par les souvenirs de son enfance. Il pense à la rustique demeure où il a vu le jour, au « plafond enfumé » des salles ruineuses, où il connaissait du moins le bonheur d'être obscur, et son évocation, plus concise, plus angoissée, rappelle la forte et belle description de « la Châtaigneraie » que D. Garcia déroule dans la pièce de Rojas Zorilla. Quel soulagement, lorsqu'enfin s'ouvre la porte fatidique! Ce n est pas le vieux Bermudo, c est son rival Anselme qui a subi d'ordre royal une mutilation ignominieuse. Târrega nous a conduits cette fois avec une sobriété inaccoutumée aux limites du pathétique.

Il se sent d'autant plus à l'aise pour provoquer en nous la terreur qu'au dénouement, dût la vraisemblance en souffrir, les plus atroces situations se résolvent chez lui en douceur Cette heureuse perspective le rassure, et dès lors il se croit tout] permis. Lisez patiemment, d'un bout à l'autre, Las saertes\ trocadas y el torneo venturoso : vous verrez à quelles horrifiques) extravagances un esprit paisible se laisse parfois entraîner Vous y apercevrez sur la scène le spectre de la folie, vous yj verrez dans leur émouvante précision des tableaux d'une sau-!| vagerie raffinée. Car les ressources de la poésie n'ont pas suffi à Târrega, c'est par les yeux aussi qu'il veut s'imposer à nous. En véritable dramaturge il a compris tout ce que la représentation ajoutait à l'œuvre écrite, et il a essayé de faire voir en même temps que de faire comprendre. Il s'est complu à nous montrer dans El cerco de Rodas des soldats transformés en moutons, il s'est complu à encadrer El esposo fingido entre

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deux tableaux symétriques, où, renouvelant le serment imposé par le Cid à son roi dans Santa Gadea de Burgos, un père oblige le mari de sa fille à jurer sur une arbalète qu'il la rendra éternellement heureuse*. De préférence, il a montré des scènes qui ne sont pas seulement émouvantes, qui sont encore barbares. Dans El cerco de Rodas, D. Diego subit le supplice du chevalet. Dans El esposo Jîngido, Theodosia, les mains liées, les yeux bandés, est marquée au fer rouge; vivante, elle est enfermée à notre vue dans le tombeau d'une rivale qu'elle a empoisonnée, auprès du cadavre de sa victime. Faut-il signaler encore ce qu'il y a de puéril dans l'emploi de ces poisons qui suppriment les acteurs juste le temps nécessaire à l'action, endormant au lieu de tuer, et limitent au délai indispensable une. léthargie opportune.^ Les dénouements de Laduquesa constante et de El esposo Jlngido sont dus exclusivement à ces drogues deux fois bienfaisantes. Le mélodrame par là s'insinue dans la comedia, et, une fois entré, il y développe l'inépuisable richesse de ses raffinements et de ses atrocités. Notre chanoine montrait, dès qu'il écrivait pour le théâtre, une âme de tortionnaire.

Voici bien une autre surprise que le saint homme nous réserve. Lui que les soucis administratifs et son pieux ministère retenaient à l'ombre de la cathédrale, il a été au théâtre le peintre par excellence de la femme. Je sais bien que son cas n'est pas unique, et que Tirso de Molina, sous la bure du mercenaire, avait appris à connaître le cœur féminin avec une délicatesse dont ses comedias rendent témoignage. Mettons, si l'on veut, qu'à exercer la direction spirituelle de leurs contemporaines ils ont acquis une expérience qui leur était interdite autrement et que sous une forme licite ils ont violé au profit de leurs spectateurs le secret d'innombrables confessions. Il n'empêche : à mesure que s'éloigne le souvenir des moines

I. Le second de ces tableaux est répété deux fois, et l'effet en est accru par une invention grandiose. Au moment où le mari jure, un rideau se lève et découvre le groupe vengeur de sa femme et des autres victimes qu'il a maltraitées au mépris de son serment.

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immortalisés par Boccace, nous croyons de moins en moins que les amateurs du beau sexe se cachent immanquablement sous le froc ou la soutane. Le cas de Târrega nous surprend. Il nous choque même un peu. Car la première conséquence de la curiosité qu'il porte aux femmes, c'est une inflexible sévérité envers les hommes. Ah! le rude censeur! Et quels tristes exemplaires d humanité masculine il a forgés! Voici, dans La daquesa conslante, Torcato c^n' Iraliil la confiance qu'mi mari a mise en lui et empoisonne, après les plus basses manœuvres, l'épouse fidèle qui lui résiste. Voici, dans El esposo fiiigido, Arnaldo, bigame et parjure, aussi prompt à abandonner qu'à séduire, s'ofPrant à tuer de sa main, pour apaiser lune de ses épouses, celle qu'il n'a possédée que par un faux mariage. Lamentable galerie, où les veitus se trouvent peut-être, mais ne se montrent pas !

Du côté des femmes, la diversité des physionomies se marque mieux que du côté masculin. Laura, dans El prado de Valencia, représente excellemment la femme candide et droite, qui triomphe, à force de simplicité, d intérêts coalisés qu'elle ne soupçonne même pas. Au contraire, Clodosinda, dans El esposo Jlngido, montre en elle toutes les exagérations de la méchanceté; c est elle qui, contre sa rivale déjà vaincue, trouve cette vengeance ignoble de la défigurer au fer rouge et de lui voler son enfant, la frappant à la fois dans sa beauté de femme et dans son cœur de mère. L'Infante de La sangre leal est un joli modèle de jeune fille déliée et alerte, point du tout bégueule et nullement timide, qui offre son amour avec une gentille résolution au probe et timoré Fruela, fée gracieuse et primesautière qui éclaire de son sourire une sombre tragédie. Amalthée, enfin, dans La perseguida Amallea, est une robuste et saine montagnarde, la gallarda montanesa, comme elle se nomme elle-même, dont la franchise un peu drue et la mâle résolution sont en harmonie avec lâpreté de son pays. En elle se retrouvent quelques traits de cette légendaire Serrana de la Vera qui, depuis Lope de Vega jusqu'à \é\ez de Guevara, a heureusement inspiré plusieurs dramaturges espagnols.

Voilà, entre bien d'autres, quelques-uns des types féminins que Tarrega nous présente. Il se propose moins de nous les faire admirer que de nous éclairer sur le sort réservé à la femme. Non qu'il prétende professer un cours de morale féminine, il veut simplement étudier la destinée que chacune se forge à elle-même. La diiquesa constante nous montre qu'une épouse fidèle aime mieux mourir que s'affranchir de ses devoirs. Dans La enemiga favora/jle, l'abnégation féminine est poussée au point qu'une épouse n'hésite pas à mettre sa vie en péril pour épargner celle de son mari. Mais, de tous les problèmes féministes, celui qui a le plus intéressé Tarrega, c'est le problème le plus féminin qui soit, celui qui met en présence, non pas une, mais deux femmes, c'est la rivalité de deux femmes auprès d'un seul homme. Dans El prado, ce sont Laura et Margarita qui sont également amoureuses de D. Juan. Dans Ainallea, la compétition éclate entre Artemisa etAmalthée. Dans El esposo Jîng'ido, Clodosinda et Theodosia font plus que solliciter l'amour d'un même galant; elles sont l'une et l'autre mariées avec lui. Dans El cerco de Rodas, Lidora fait valoir sur D. Diego le charme de sa beauté, Blanca les droits qu'elle lient d une promesse de mariage. Partout, on le voit, c'est le même duo féminin qui se dispute ou se partage la propriété d'un inoffensif séducteur. Ne semble-t-il pas, après cela, qu'à \alencia, autour du chanoine, tous les hommes aient été des Don Juan auxquels les conquêtes s'offraient sans même qu'ils les sollicitassent, et toutes les femmes d'impétueuses et ardentes Vénus ? Assez d'autres ont mis à la scène une femme entre deux hommes. Pourquoi Târiega n'aurait-il pas renversé l'équilibre habituel du ménage à trois ?

A cette étrange situation, les dénouements qu'il apporte ne sont pas des solutions. Sa connaissance du cœur ne va point jusqu'à en redresser les égarements. Il peut imaginer une crise, camper quelques personnages féminins; mais sa psychologie est incapable de résoudre ces crises, de faire évoluer ces personnages. Tout ce qu'il sait de la complexion humaine se réduit à quelques axiomes, qui sont pour lui comme des véri-

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tés révélées, et à de menues et fines remarques, qui sont des vérités observées. Ces axiomes, qu'il affirme et ne démontre pas, concernent la hiérarchie de la société, les règles du devoir, la conception de l'amour. La société dresse entre les hommes, selon leur naissance, d infranchissables barrières; un roturier, un noble de petite souche ne peuvent en aucun cas s'allier à la famille royale ou à une famille d un rang supérieur ; la pièce de La sangre leal est tout entière construite sur cette idée qui est reprise à l'acte premier de La perseguida Amaltea. Le devoir repose sur le sentiment de l'honneur. L honneur ne se discute pas', il s'impose. Chez la femme il est particulièrement chatouilleux. Entre deux amoureux, un soufflet n'a pas besoin d'être donné à pleine mains ; il suffit d un doigt pour blesser mortellement. De même l'honneur de la femme : on ne peut l'elïleurer sans le mettre à mal'^. C'est pourquoi une femme bien née le sauvegarde au prix même de son existence. « Si vous me laissez mon honneur, s'écrie Irène dans La enemiga favorable, vous pouvez prendre ma vie^ ». L'amour n'est pas indissoluble, mais tant qu il dure il ne soufTre pas le partage. Theodosia et Arnaldo se sont aimés ; aussi longtemps que Theodosia portera Tenfant qu'elle a eu d' Arnaldo, elle sera à Arnaldo. et lorsque celui-ci veut la marier à un tiers, elle lui répond magnifiquement : « Te plaît-il donc de sculpter le blason d'un ennemi sur la poterne d'un palais oij un enfant de ton sang est logé avec honneur .^*^ » Belle réponse et qui montre à quelle hauteur se tient Tarrega dans les axiomes qui règlent sa conception de la vie.

D'autre part, il a semé ses comedias de remarques, souvent malicieuses, toujours piquantes, que le spectacle de 1 humanité lui inspirait. « Le cœur, déclare-t-il, voilà ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de l'homme. » Il ajoute : « C'est au

1. « No llevemos | Lo que es honor por circunloquios vanos. » B. A. E., 42 a.

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