‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 160 sur 343 · Y entregândome el honor | Podéis quitarme la vida · texte numérisé non relu

Y entregândome el honor | Podéis quitarme la vida

4. « Que pones de su eneniigo | las armas sobre el postigo | de un palacio, donde honrado j lienes un hijo alojado ». El esposo fingido, II.

moment où il perd qu'un joueur se fait vraiment connaître, et un amant au moment où il conçoit des soupçons. » * La femme surtout provoque les traits menus de la satire. En moins d'un acte, farrega nous donne sur elle bien des avertissements : (( Chez la femme, la vanité naît en même temps que la beauté. » Dès lors, comment s'étonner « si jamais femme na loué le physique d'une autre femme )) ? L'amour-propre lui interdit de contrarier les mouvements de son humeur: (( L'absence de mobiles c'est pour une femme le meilleur des mobiles. ))'^ Le jeu peut continuer longtemps, et Târrega ne s'est pas privé de recommencer. Son tort, c'est de n'avoir pas coordonné, pour en faire une sculpture parfaite, les menus fragments qu'il avait détachés du modèle vivant. Il y a chez lui un mélange vraiment déconcertant, d'une part une psychologie d'ensemble volontiers invraisemblable, d'autie part, de-ci ' de-là, de fines et spirituelles notations psychologiques.

Cette incapacité de s'élever au delà du détail explique que souvent Târrega ne satisfasse pas dans ses comedias à toutes les exigences du sujet. El esposo fingido est construit de telle sorte que, deux femmes se disputant le cœur d'un homme, pas une seule fois ces rivales ne se rencontrent avant le moment où elles seront enfermées, lune morte, l'autre vive, dans le même tombeau. Belle comedia où manque la scène capitale ! Dsius El pr ado de Valeiicia, Juan s'éloigne de Laura, quoiqu'il l'aime et soit aimé d'elle, par dépit amoureux. Entre ces amants, qui se sont pris à des pièges plus fragiles que des toiles d'araignée, allons-nous avoir une série de brouilles et I de raccommodements, au bout desquels, ayant connu leur ■j erreur, ils s'aimeront plus tendrement? Ah! que non pas! Târrega laisse passer l'occasion de ces jolies scènes, qu'il

1 . « Y es lo màs fuerte y mâs flaco | en el hombre el corazôn » Esp. fing, I. « Al paso se han de aguardar, | al perder el jugador, | y el amante al sospechar. » Cerco de Rodas, II.

2. « Que en la mujer nacen junlas | la soberbia y la herrnosura. » — « Mas nunca mujer alaba | el rostro de olra mujer. » — « Pero en no tener porque, | es porque de las mujeres ». Cerco de Rodas, I.

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aurait écrites aussi bien que personne, et il nous montre ces personnages figés dans une attitude hostile ou résignée dont la monotonie contrarie l'intérêt dramatique. Au total, des traits piquants, mais trop de débilité pour aller au delà. Târrega a été psychologue à la manière fragmentaire et superficielle d'un académicien Nocturne, plus préoccupé de bel esprit que de vérité.

Allait-il donc, puisquaussi bien il se souvenait si peu qu'il était prêtre, allait-il porter à la scène ses habitudes de rimeur galant et de faiseur de petits vers? Le « Nocturne » allait-il au théâtre supplanter en lui le chanoine.^ Il est certain qu en écrivant ses pièces la tentation dut être forte pour lui de s'abandonner à ces gentillesses maniérées oij il excellait à l'occasion. Il ne s'en est pas toujours gardé, et je sais dans ses comedias telle comparaison qu'il a filée avec une détestable insistance^ Mais le savoir-faire qu'il avait acquis dans les cénacles valenciens, l'a aidé ailleurs à trousser de délicieux couplets. Entendez-le se moquer des petits-maîtres indiscrets : (( Je sais des jeunes gens maniérés, qui affichent jusque sur leur chapeau les faveurs secrètes qu'on leur accorde; ils sont de verre aux regards d'autrui, comme les boutiques des pâtissiers... Entendez-les, comme pour la vigile d'une grande fête, carillonner leur passion... C'est vouloir nuire à lamour : mieux vaut le faire et n'en point parler qu'en parler et ne point le faire "^. )) Tant de malice n'empêche pas que la tirade ne fasse hors-d'œuvre.

Târrega a senti le danger. Il a voulu que le style de ses comedias fût exactement approprié aux exigences de l'art dramatique. Non que, pour se faire mieux entendre du gros public, il ait mêlé à son castillan des locutions du terroir; il est extraordinaire à quel point les valencianismes dans ses

I. Cf., par ex., B. A. E , XLIII, .^o b, le passage où Lanra est comparée à un renard et Juan à un oiseau.

?.. « Ay mozos ademaneros, | que las privanzas inciertas | las ponen en los sombreros, ] que no tienen mas que puertas | como tiendas de buhoneros. | No priuan, y todos son | pretales, carreras, muestras, | campanillas que hacen son; I y como a visperas nuestras | repican una aficion. | Don Gonzalo, no me place. I Esto del amor desdice, | porque nienos lo deshace | aquel que hace y no dice | que aquel que dice y no hace. » Cerro de Rodas, III.

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vers dramatiques sont rares et insignifiants. A peine quelques formes mériteraient-elles d être relevées, bono pour bueno*, cualque pour cualquier'^ , pobreto ^our pobrete^, resolato

Bp' pour resuello'', legista, au sens de «lectrice^)), etc., etc. Aucune d'elles, je crois, ne lui appartient en propre. Il a réussi, du moins, à s exprimer avec une limpidité dont ses devanciers,

H les Artieda et les Virués, n'avaient jamais approché. Il est clair, il est direct, il est accessible. De-ci de-là une recherche de mauvais goût trouble encore le cours de ses dialogues. Mais il semble que ce soit pour mieux goûter ensuite le plaisir de s'avancer en pleine sécurité. Les scènes se développent, comme les dialogues, sur un rythme bien marqué. Et lorsqu'une situation se noue dont il faut représenter clairement les données, il trouve de ces formules exactes et simples, qui s'imposent aux spectateuis. D. Diego, épris maintenant de Lidora, retrouve Doiia Blanca, qu'il a délaissée après lui avoir engagé sa parole ; le remords, un réveil de sa tendresse provoquent de sa part des sentiments dont il marque la nuance à Dona Blanca : « Ni je ne puis t'aimer, déclare-t-il, ni je ne puis t'oublier. » Et c'était traduire joliment l'état d'une âme toute en demi-teintes.

Le style se plie aux circonstances. Il faut, en outre, qu'il soit en harmonie avec le caractère des personnages. La duègne ne s'exprime pas comme le galant, ni le spadassin comme la dame : vérité évidente dont les dramaturges espagnols ne se sont guère souciés. Târrega n a pas toujours observé les distinctions nécessaires, mais du moins il s'y est appliqué. Voyez dans El prado de Valencin^ D. Juan, l'amoureux dépité. Parle-t-il de la trahison qu'il impute à sa belle, il emploie les grands mots, les mots violents (aunrjae reventéis Uorando. l Ah traidova ! ... (a liviano procéder. ..). Parle-t-il du galant qui

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