I. « Tu por interes quisiste, ] yo por interes olvido
LA COMEDIA. OOO
che rinltation. L'àme était trop candide, le cœur trop bienveillant pour que l'observervatcur se changeât en Juvénal. En vain a-t-il vécu auprès des grands dans un poste qui aurait pu faire de lui, comme de notre La Bruyère, un censeur redoutable; c'est le peuple qu'il a regardé plus volontiers, et c'est à lui qu'il est redevable de quelques-unes de ses inspirations les plus heureuses, de ses tableaux les plus pittoresques. Dans La vengaiiza honrosa (acte I) il nous montre une grande dame faisant l'aumône, dans la cour de son palais, à des miséreux, à des soldats libérés; ailleurs (acte III), nous entrevoyons un chantier de maçons oii la conversation ne chôme pas. Un joaillier, à l'acte premier de La fuerza ciel interés, étale ses marchandises avec l'aide de ses commis, soieries authentiques de Chine, tissus d'Italie, perles et grenats, branches de corail, porcelaines des Indes orientales, fleurs artificielles et gants parfumés, colliers et rivières de diamants*. El mercader amante nous conduit à une vente d'esclaves sur la place publique, et dans El gran patriarca nous assistons à l'aube, sur la place publique, à l'embauchage des ouvriers agricoles. Jolie scène en vérité, si elle ne laissait point un arrière-goût d'amertume! L'un, Vermejo, se lamente de toucher à grand'peine un salaire quotidien de trois blanquilles (Ires hlancas) : combien de fois ses enfants ont-ils manqué de pain à l'heure du souper! Un autre, Machado, refusera de travailler à si mauvais compte : mieux vaut chômer l'année entière! Berruga, qui arrive le dernier, ne s'attarde pas à récriminer, il organise la lutte contre les patrons : a Puisque ceux-ci, à la manière des sangsues, boivent le sang du pauvre, accordons-nous contre eux et refusons d'aller aux champs à moins de trois réaux". » L'inévitable
1. A rapprocher d'une scène analojçue où un joaillier est aussi mis en cause, dans El gran palriarca.